Koma (Wazem & Peeters)

Koma, tome 1 : La voix des cheminées
Wazem – Peeters © Les Humanoïdes Associés – 2003
Koma, tome 2 : Le grand trou
Wazem – Peeters © Les Humanoïdes Associés – 2004
Koma, tome 3 : Comme dans les Westerns
Wazem – Peeters © Les Humanoïdes Associés – 2005
KOma, tome 4 : L'Hôtel
Wazem – Peeters © Les Humanoïdes Associés – 2006
Koma, tome 5 : Le duel
Wazem – Peeters © Les Humanoïdes Associés – 2007
Koma, tome 6 : Au commencement
Wazem – Peeters © Les Humanoïdes Associés – 2008

« Addidas. Une toute petite fille qui passe le plus clair de son temps avec son papa ramoneur. C’est qu’il y en a des cheminées à nettoyer dans la mégapole industrielle où vit la petiote. Et comme une cheminée, c’est surtout des boyaux sales et étroits, Addidas est bien utile à son papa. Elle peut s’y glisser avec facilité et contribuer à la pérennité de l ‘entreprise familiale.

Bon, sa maman est morte et elle lui manque, à Addidas. Tout comme à son papa d’ailleurs. Tellement que le ramoneur aurait tendance à ressasser de bien douloureux souvenirs. Et c’est pas bon pour les affaires de se noircir l’esprit. Surtout pour un ramoneur. Sans parler de la maladie d’Addidas. Un drôle de truc qui la fait tomber raide d’un coup, sans autre forme d’explication.

Même les spécialistes y perdent leur latin. C’est dire. Mais la solution se trouve peut-être au fond des énormes cheminées. Enfin, en dessous plus exactement. Là où existe un monde des profondeurs. Avec des monstres. Et des machines » (synopsis éditeur).

Des monstres, des tunnels et des machines… C’est un monde souterrain que l’on découvre dès les premières planches. Là, dans la pénombre, une créature aussi noire que le charbon se démène pour faire fonctionner un immense engin ; il actionne les bras articulés, fait couiner les vérins hydrauliques, tente d’éviter la surchauffe et la panne. Visiblement, l’appareil est plutôt capricieux, le point de rupture est proche puis aussi soudainement, ses rouages se remettent en branle. On quitte alors les bas-fonds pour remonter à la lumière. C’est alors qu’on découvre une petite fille inanimée qui reprend peu à peu ses esprits. L’enfant se lève, s’installe confortablement sur une banquette de l’estaminet, sort crayon et calepin. Elle y trace un petit trait qui nous apprend qu’elle est loin d’en être à sa première absence, le compte de ses absence a déjà rempli un petit carnet et le second est bien entamé.

Il n’en faut pas plus pour nous inviter à plonger dans ce récit, comprendre ce monde et en percer l’intrigue… ne trouvez-vous pas ? Addidas, petit bout de fille aux cheveux ébouriffés, aux grands yeux pétillants de vie, au caractère que l’on sent déjà bien affirmé est la compagne idéale du lecteur. La fillette intrigue et attendrit, on apprend rapidement qu’elle vit seule avec son père depuis qu’il est veuf. Tous deux vivent très modestement. Pas d’école pour Addidas, le paternel n’a pas les moyens. Alors elle descend dans ces grandes cheminées pour aider son père ramoneur, elle y prend des risques et se glisse dans les conduits les plus étroits… La concurrence les oblige à repousser sans cesse leurs limites physiques pour honorer leurs contrats. Un jour, malgré l’avis paternel, Addidas se faufile dans un conduit et ne revient pas… du moins pas à la lumière. Elle tombe nez à nez avec la créature couleur ébène, l’occasion pour nous, lecteur d’en apprendre plus sur le monde souterrain, d’observer d’autres colosses affairés à l’entretien des machines. Chacun d’eaux est affecté à une seule machine dont on apprend rapidement la fonction… Surprenant. La lecture nous emmène de surprises en émotions. J’ai plongé.

Pierre Wazem s’amuse, s’emballe. Il crée des rencontres insolites, s’amuse avec les rebondissements de son scénario, redistribue les cartes en permanence. Ainsi, plusieurs récits parallèles s’installent, les éléments narratifs rendent le scénario très crédible et ludique. De séparations en retrouvailles, les personnages évoluent sous nos yeux, nous font réfléchir, nous émeuvent. Addidas prend les chemins de traverse. Ce petit personnage principal nous invitera ensuite à prendre part à une réflexion métaphysique, existentielle, philosophique… très appréciable.

Côté graphique, cette série est la première que Frederik Peeters a mis en couleurs alors que jusque-là, il travaillait en noir et blanc. Rien de nouveau à dire – me concernant – sur le dessin de Peeters : reconnaissable, expressif, dynamique. Idem au niveau des couleurs : ses choix sont justes, les teintes présentes créent une ambiance que seul cet auteur sait créer. J’ai découvert ensuite qu’une intégrale de Koma avait été publiée en 2010 ; pour l’avoir feuilleté, et malgré les avis que j’ai lus sur ce travail de compilation, je ne regrette pas d’avoir acquis la série telle qu’elle a été publiée initialement. En effet, j’apprécie les teintes de l’auteur et les subtilités qu’elles injectent dans la narration. Ces atmosphères accompagnent le lecteur à chaque instant, elles sont les fidèles traductrices des émotions des personnages.

PictoOKPictoOKMa chronique n’est finalement pas très longue et peu argumentée mais cela fait des mois que j’ai commencé la série… et l’envie de la lire date de plus longtemps encore. Pourtant, ce n’est que lorsque mon chemin a croisé celui de Strawberry que j’ai découvert Koma. Le premier tome à la maison a été dévoré puis, relu lorsque je me suis procuré le second… et ainsi de suite jusqu’au tome 6. Mon engouement pour Koma a été immédiat mais je n’explique pas pourquoi je me suis procuré les tomes au compte goutte.

Mes notes de lecture sur Koma me suivent donc depuis deux carnets de notes. Il a fallut que je ressorte mon ancien calepin pour retrouver mes impressions sur les tomes 1 et 2 pourtant, mon ressenti est solide comme le roc et inébranlable. J’ai apprécié cet univers, cette petite fille… et tout le reste. Passer à l’écriture d’une chronique ne s’est pas fait sans difficultés. Cela fait quelques mois que je planche dessus… il est parfois des lectures que l’on garde jalousement pour soi, comme un petit plaisir solitaire. Mais il y a parfois quelques engagements qui nous mettent au pied du mur… ^^ Insatisfaite de la manière dont j’ai partagé mon ressenti, j’ai eu envie de laisser la parole aux internautes bédéphiles qui ont su trouver les mots justes :

Sceneario : « Avec Koma Pierre Wazem nous prend par la main et nous emmène dans une histoire pleine de tendresse et d’émotion mais également teintée d’onirisme métaphorique et métaphysique. Le récit est d’une grande richesse, d’une densité et d’une profondeur rare qui naissent de l’alchimie entre les mots de Wazem et le dessin de Peeters. (…) Au fil des pages l’histoire imaginée par Pierre Wazem s’assombrie, le ton se durci et la cruauté imbécile des hommes s’exprime, (…). Et puis Koma c’est aussi le dessin de Frederik Peeters. Par son trait, les personnages prennent vie, Peeters leur offre un charisme incroyable ! Comment ne pas être troublé quand la petite Addidas fixe ses grands yeux noirs des les vôtres ? ».

Muziksetculture : « Oscillant sans cesse entre réalité et onirisme, science-fiction et chronique urbaine, Koma porte un regard plein de tendresse sur les personnages. Addidas est touchante, ce petit bout de femme déjà bien cabossée par la vie. Malgré la mort de sa mère, sa maladie et ses conditions de vie très modestes, elle est pleine d’espoir, de tendresse et de naïveté enfantine et rêveuse ».

Yvan : « Avec Koma, Pierre Wazem et Frederik Peeters invitent à suivre le récit d’une petite fille particulièrement attachante. Si cette héroïne aux grands yeux ronds est craquante au possible, l’univers dans lequel elle évolue est particulièrement sombre et le contraste entre les deux fonctionne à merveille ».

David : « Encore, une merveilleuse histoire raconté par ces deux très bons auteurs. Elle tient par cette fantaisie incroyable qui s’en dégage, par un scénario totalement imprévisible, par ses personnages (la petite Addidas, son père et le monstre) et également par le dessin énergique et sensible de Peeters. Si certains spécialistes du noir et blanc perdent parfois en qualité avec la couleur, il reste égal à lui-même ».

Nocolor : « Toutes les émotions sont réunies pour faire de cette histoire un chef d’œuvre : la peur, la tristesse, la joie, le rêve, la haine ou le rire. La fin est poétique jusqu’à l’absurde ».

PlaneteBD : «  De même, le dessin plein de tendresse de Frederick Peeters demeure une petite merveille de lyrisme et de lisibilité, dont la spontanéité confine à l’efficacité ».

PlaneteBD (a l’occasion du tome 6) : «  Dans cet univers où la frontière entre le fantasmé et le réel n’est plus très claire, il est bien ardu de se lancer dans un résumé sans apporter les réponses aux multiples questions développées par les intrigues scénaristiques. Cette attachante série du scénariste Pierre Wazem (La Fin du monde) et du dessinateur Frederik Peeters (Lupus, Pilules bleues, Les zombies) joue jusqu’au bout la carte du rêve, sans regarder en arrière ni fournir d’explications fumeuses, même si elle nous apporte enfin la plupart des réponses. Mais là n’est pas l’essentiel. Si jusqu’au bout Wazem aura gardé le suspens, c’est pour mieux nous plonger dans un univers onirico-industriel où l’imagination fait loi. Et même si cet univers pâtissait au départ d’une impression de vide accentuée par la quasi-absence de bulles et caractérisée par une lecture très rapide de l’album. Il a écrit ici une ode à l’imagination et au rêve, les deux clefs pour créer un monde meilleur. Le scénario est porté par le dessin toujours plus beau et évocateur de Peeters, qui a réussi au fil des tomes à faire coller son dessin avec la couleur. A travers un graphisme toujours aussi simple et frais, il conclut ainsi en beauté une série tendre et poétique, destinée aux adultes, un récit fantastique qui fait réfléchir en nous divertissant, traitant de façon ludique de l’industrialisation à outrance, d’écologie bien sûr dans un univers « big brother » à souhait. La série n’a eu de cesse de s’améliorer au fil des tomes, Wazem y multipliant les surprises, assombrissant au passage son histoire et la rendant de plus en plus mature. La fin est d’autant plus cynique d’ailleurs… L’homme n’apprend rien de ses erreurs, car il aura toujours ce ver en lui ».

… et enfin si vous ne l’avez pas encore compris, Phylacterium nous convainc de l’intérêt de lire Frederik Peeters dans cet article.

Une interview de Fred Peeters sur VirusBD.

Extrait :

« Je me demande à partir de quand nos soucis nous empêchent de dormir et si ça vient d’un coup ou petit à petit. Et à partir de quelle hauteur exacte on dit qu’une colline devient une montagne et comment était ma mère, et comment mon père était avec elle et comment ils étaient tous les deux » (Koma, tome 2).

Koma

Challenge Petit Bac
Catégorie Personne connue

Série de 6 tomes

Éditeur : Les Humanoïdes Associés

Dessinateur : Frederik PEETERS

Scénariste : Pierre WAZEM

Dépôt légal : octobre 2003 à octobre 2008

ISBN : pour les références des différents titres : fiche série de BDGest’

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Koma, tomes 1 à 6 – Wazem – Peeters © Les Humanoïdes Associés – 2003 à 2008

Aâma, tome 1 (Peeters)

Aâma - Tome 1 : L'odeur de la poussière chaude
Peeters © Gallimard – 2011

Un homme se réveille amnésique. Les paysages qu’il découvre autour de lui ne lui sont pas familiers, il remarque qu’il pleure. Pourquoi ? Où est-il ? Arrive un singe-robot qui se présente à lui sous le nom de Churchill. Ce dernier semble le connaître, lui vouloir du bien d’ailleurs, il lui remet un petit carnet de note qui n’est autre que son propre journal intime. Les pages manuscrites de cet objet contiennent sa mémoire sur les sept derniers jours qui ont précédés cet inquiétant réveil. Churchill lui apprend son nom, l’homme s’appelle Verloc.

Verloc n’a désormais plus qu’un désir en tête : se lire et comprendre le contexte de sa présence sur cette planète.

Tout a commencé il y a un peu plus d’une semaine, lorsque Conrad – le frère de Verloc – le découvre vautré dans une flaque d’eau, sous l’influence de psychotropes. Les deux hommes ne s’étaient pas vus depuis une dizaine d’années ; ils échangent quelques banalités et font le point sur leurs vies respectives. Pour Conrad, le cadet, il est question de promotion sociale, de poste à responsabilité. Pour Verloc, il s’agit plutôt de rupture affective, d’échec professionnel, de dépravation. Puisqu’aucun engagement ne semble retenir son frère sur Terre, Conrad demande à Verloc de le seconder dans son prochain déplacement professionnel. Il s’agit de reprendre contact avec les membres d’une mission scientifique installés sur la Planète Ona(ji), l’organisation pour laquelle travaille Conrad n’a plus de contacts radios avec eux depuis plusieurs années. La crise politico-financière étant résorbée, il est désormais possible de réinvestir des fonds pour permettre à cette expédition de mener à bien son projet.

Je n’avais encore jamais suivi jusqu’ici le développement d’un projet d’envergure comme celui-ci. D’envergure ? Oui, car Aama est prévu sur plusieurs tomes, plus que d’accoutumée concernant cet auteur qui souhaite de plus qu’il y ait au maximum 1 an d’attente d’un tome à l’autre. J’ai lu que la série était tantôt prévue en 4 tomes, tantôt en 10… mais cette question est finalement assez secondaire. Tant que l’auteur se fait plaisir à étirer ce monde, je suis convaincue que le lecteur en tirera toute sorte de bénéfices. Frederik Peeters a ouvert un blog en décembre 2010. Il est dédié à cette série et je le suis depuis l’origine. Des inspirations artistiques, de voyages, des façonnages physiques de personnages à des fins narratives, le travail de recherche d’un nom approprié à chacun… et la possibilité de tenir enfin l’album entre mes mains pour lire l’histoire de ces personnages qui m’étaient déjà familiers. Quant à la question de la découpe en album et nom d’un récit en histoire complète, on peut lire ces propos laissés par Peeters sur le forum de BDGest :

Et ce premier tome s’arrête donc à la fin du quatrième jour. Quand vous reprendrez au tome 2, vous entamerez un nouveau jour. Et dans ce cadre-là, je trouvais amusant de finir avec un post-scriptum. L’idée du post-scriptum, qui appuie sur la dimension littéraire, voire épistolaire du récit, me plaisait. J’ai l’esprit taquin.

Logiquement, on face à un contenu d’album typique d’un tome introductif d’une longue série. S’il n’y avait eu cette lecture commune organisée par kbd, je n’aurais pas eu la démarche de présenter ce tome isolément. Sans douter un instant que j’apprécierais cet album – Fred Peeters oblige, j’étais prête à partir pour une aventure de plusieurs centaines de pages. Certes, il pose parfaitement les rôles et personnalités de chaque personnage, l’intrigue se met en place ; force est de constater que c’est avec une certaine frustration que j’ai refermé l’ouvrage.
Ce qui m’a fasciné ici, c’est la manière dont tout s’imbrique et tout prend sens (suite à la connaissance que j’avais déjà de l’univers). Le blog d’Aâma m’avait permis de faire progressivement la connaissance de plusieurs personnages. Le travail d’élaboration partagé par l’auteur, la recherche d’une « apparence » pertinente pour chaque protagoniste. Voyez comment l’auteur mêle les images de ses voyages et son univers fictif avec la présentation du Pr. Rajeev  ou comment la physionomie du Professeur Kaplan a évolué avec le temps.

Il me souciait donc réellement de découvrir quelle place était réservée à ces pièces d’un même puzzle avant toute chose. Pour le reste, je ne cacherais pas non plus le plaisir que j’ai eu à voir Fred Peeters revenir à la Science-Fiction… le premier tome de Lupus étant sorti il y a 9 ans, une série en 4 tomes que l’on avait refermée en 2006 ! Désormais sensibilisée aux univers de cet artiste, c’est donc sans aucune appréhension que j’ai acquis ce premier tome d’Aama, les autres viendront sans aucun doute compléter ma collection. On est accueilli par une expression graphique propre à cet auteur qui crée avec beaucoup de crédibilité des situations improbables (Château de sable, Koma…) ou ancrées dans notre réalité (RG, Pilules bleues). Une fois encore, le lecteur est face à un univers fouillé et cohérent. Les choix retenus pour la mise en couleur accentuent le dépaysement et créent un ailleurs qui nous oblige à trouver de nouveaux repères. On a tout à apprendre des technologies décrites, des répercussions physiques de drogues de synthèse « nouvelle génération », des lobbyings pharmaceutiques répondant à de nouvelles logiques politico-économiques… même le rapport à l’autre a mué dans cette société futuriste. Les humains y côtoient des robots dotés de raison mais également de leurs congénères qui, atteints d’un virus foudroyant, les transforment en individus à l’apparence animale. « Le nuancier pastel utilisé par l’auteur, tantôt vert bleu, tantôt rose mauve, tantôt jaune ocre, renvoie directement aux univers esthétiques des fondamentaux du genre. La temporalité du récit est ici magnifié par des aller-retours et quelques flashbacks sans trucage technologique. L’opposition Verlock/Conrad symbolise la lutte entre la nature et la technologie à son paroxysme. Les indices égrenés par l’auteur nourrissent le suspense et éveillent la curiosité du lecteur… » (extrait de la chronique de Bulles D’encre).

Lecture de février pour kbd

PictoOKUne fiction qui nous invite à réfléchir sur la nature humaine.

« J’avais envie d’une histoire arborescente, ambitieuse, qui mêlerait aventure, personnages solides et complexes, et questionnements sociaux et métaphysiques » avait confié Frederik Peeters lors d’une interview… les bases de cet univers riche et complexe sont posées, la suite s’annonce très prometteuse.

Frederik Peeters joue avec les codes de la BD et traite la question de la cohabitation entre l’homme et l’intelligence artificielle. Dans ce fatras organisé, la mémoire de l’individu et de l’humanité sont des sujets centraux autour desquels se construit le récit. A n’en pas douter, je suivrais cette aventure inter-planétaire et déjà, il me tarde de découvrir la suite dont les essais de couverture sont déjà visibles sur le blog Aâma, déjà l’auteur annonce avoir encré la page 56… L’auteur sait très bien où il nous emmène et j’ai hâte de le laisser me guider dans ce second opus dont je ne devine seulement que quelques contours. A suivre !

Le blog dédié à la série est superbe. Je remercie l’auteur pour ce partage.
En bonus : L’interview de Fred Peeters par PaKa et trois planches d’Aâma analysée par l’auteur sur le site de Telerama.

Extrait :
“Les humains ne sont qu’une bande de singes avec des habits… Ce sont nos habits qui nous empechent de nous jeter à la gorge les uns des autres et de nous entre-dévorer… Il n’y a plus que ça qui nous sépare de nos ancêtres préhistoriques… Et ce n’est pas ton vaisseau tordeur de continuum qui va y changer quelque chose ! » (Aâma, tome 1).

Aâma

Tome 1 : L’odeur de la poussière chaude

Série en cours

Éditeur : Gallimard

Collection : Hors Collection

Dessinateur / Scénariste : Frederik PEETERS

Dépôt légal : novembre 2011

ISBN : 9782070638109

Bulles bulles bulles…

Les 5 premières planches à feuilleter sur le site de Gallimard.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Aâma, tome 1 – Peeters © Gallimard – 2011

Pendant ce temps-là… les artistes travaillent

Voilà l’occasion de faire un petit tour de toile pour déposer ici les quelques pépites en préparation.

Tout d’abord, la sortie attendue du prochain Frederik Peeters. Une série qui débute et dont le premier tome sera en vente la semaine prochaine. Un travail de création que l’auteur partage depuis près d’un an sur un blog consacré à cette série : Aama.

Pour découvrir cet univers : http://projet-aama.blogspot.com/

Je vous l’ai fait découvrir il y a quelques semaines : Nancy Peña. It is not a piece of cake est dans les bacs depuis le 20 octobre mais un Artbook est également attendu. Pour en prendre (de nouveau plein les yeux), c’est ici :

http://nancypena.canalblog.com/

De nombreux lecteurs ont découvert Julie Maroh et apprécié Le bleu est une couleur chaude (récompensé à de multiples reprises l’année dernière et cette année).

L’auteure travaille sur son nouvel album… et on ne peut que s’en réjouir !

Un blog à suivre également : http://www.juliemaroh.com/

Toujours dans les futures sorties attendues, la suite d’Ida de Chloé Cruchaudet. Le tome 3 est en bonne voie !

Le blog de Chloé Cruchaudet : http://cruchaudet.blogspot.com/

Les amoureux de comics ne seront pas en reste. Voici une pépite récemment livrée par Akiléos : le prochain tome de Courtney Crumrin de Ted Naifeh prévu pour le premier semestre 2012 !

Pour vous mettre en appétit : http://akileos-editions.blogspot.com/2011/10/pour-le-plaisir.html

Et n’oubliez pas la parution du Coffret d’Abélard (Régis Hautière et Renaud Dillies) le 10 novembre prochain ! Un petit aperçu sur le blog de Régis Hautière.

La Maison Close (Collectif d’auteurs)

La Maison Close
Collectif d’auteurs © Guy Delcourt Productions – 2010

Mettez trente auteurs ensemble et faites-les travailler sur un projet artistique qui n’a, comme seules contraintes, celle de faire évoluer leurs personnages dans le décor d’une maison close dessinée par Ruppert et Mulot.

Secouez bien fort et laissez leur ensuite donner libre court à leur imagination…

Impulsé et encadré par Florent Ruppert & Jérome Mulot, le projet de réaliser une maison close virtuelle s’est concrétisé en 2010 avec la publication de cet ouvrage dans l’excellente collection Shampooing de Delcourt.

Une fine équipe s’est constituée et compte dans ses rangs quelques auteurs savoureux. D’un point de vue graphique, excepté la partie des décors assez uniforme et suffisamment discrète pour offrir un terrain de jeux idéal aux intervenants, se côtoient les styles hétéroclites ; chaque auteur utilise sa touche personnelle pour se mettre en scène.

Cela crée quelques forts contrastes entre un Guy Delisle tel que nous le connaissons dans ses BD reportages et Nadja dont le personnage (un ours dessiné au feutre et grisé à la peinture) ressort fortement sur ces aplats à forte dominance de blanc. Sans réelle difficulté on situe immédiatement Lewis Trondheim avec sa gueule d’oiseau déjà vue dans OuBaPo Oupus ou dans Les petits riens de Lewis Trondheim (récit autobiographique).

Trondheim

Pour le reste : Anouk Ricard, François Ayroles, Boulet, Charles Berberian, Aude Picault, Emile Bravo, Hélène Bruller, Fanny Dalle-Rive, Florence Cestac, Lucie Durbiano, Caroline Sury, Tom Gauld, Patrice Killoffer, Sébastien Lumineau, Peggy Adam, Anna Sommer, Olivier Schrauwen, Catherine Meurisse, Lisa Mandel, Pauline Martin, Morgan Navarro, Christian Aubrun, Zep, François Olislaeger, Frederik Peeters, Frantico.

auteurs Maison Close

Lecture du mois de mai pour kbd

PictoOKOriginal, cocasse et le traitement du sujet est réellement intéressant. Les auteurs se mettent en scène et illustrent leurs fantasmes de façon tout à fait spontanée. Qui a dit que parler de sexe devait se faire obligatoirement de manière grossière et sirupeuse ? Allez !! c’est amusant et cela permet de découvrir les petits travers de nos auteurs préférés.

La maison close

One Shot

Editeur : Delcourt

Collection : Shampooing

Dessinateurs / Scénaristes : collectif (voir détails plus haut dans l’article)

Dépôt légal : janvier 2010

ISBN : 978-2-7560-2134-8

Bulles bulles bulles…

Quatrième de couverture : « La Maison Close est un travail collectif organisé et initié par Ruppert & Mulot. Répondant à une invitation de Dupuy & Berbérian qui furent les présidents du festival d’Angoulême en 2009, La Maison Close fut d’abord montrée sur le site internet du festival en parallèle d’une exposition à la CIBDI. Un mode d’emploi en ligne, à l’intention des auteurs participants, comprenant notamment une visite guidée de la maison close, fut créé pour l’occasion. Cette visite guidée ainsi que le salon de thé de la maison close sont disponibles à cette adresse :

http://www.succursale.org/visiteguidee/

Cette visite vous permettra de découvrir les différents décors et, ça et là, en cliquant sur les personnages, vous pourrez accéder à quelques unes des scènes de l’album.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La Maison close – Collectif d’auteurs © Guy Delcourt Productions – 2010

RG (Dragon & Peeters)

RG, tome 1
Dragon – Peeters © Gallimard – 2007
RG, tome 2
Dragon – Peeters © Gallimard – 2008

Pierre Dragon bosse aux Renseignements Généraux. Depuis qu’il a bouclé sa dernière affaire, il vivote, ne supportant pas l’inactivité. Il ne se fait donc pas prier quand son supérieur lui confie une enquête particulière visant à démanteler un réseau qui, sous couvert d’une enseigne de prêt-à-porter, finance des filières terroristes.

J’en reviens toujours à des auteurs que j’affectionne et Frederik Peeters en fait partie. Récemment, j’avais lu ses dernières publications : Ruminations, Pachyderme et Château de Sable.

Avec RG, voici deux albums assez sympathiques dans lesquels on plonge très facilement. Loin des ambiances tapageuses des films où éclatent les pneus, où se froissent les taules de bagnoles et où un coup de poing fait voler les malfrats à 10 mètres de là, RG nous propose d’entrer dans le quotidien d’un flic français de manière crédible (derrière le pseudo de Dragon, il y a un vrai flic qui s’est inspiré de son expérience), efficace et prenante.

La série commence par un avant-propos de Joann Sfar (c’est lui qui a présenté Frederic Peeters à Pierre Dragon). L’accueil de Sfar nous met déjà l’eau à la bouche concernant ce que l’on va lire : « ces deux-là se ressemblent tellement peu que le courant passe bien : un flic du Sud-Ouest taillé comme King Kong et la crème des dessinateurs suisses, ironique et malicieux. (…) Parce qu’il fouille le ventre d’une cité moderne. En ça, il est très semblable à Pierre Dragon : il fait son boulot. Il raconte. Ils ne font pas la morale. On les suit. On se fait une idée. Comme des grands garçons ».

Que dire de plus ? Que les deux tomes de cette série sont réussis, qu’ils présentent des enquêtes policières dans lesquelles le lecteur s’investit, que l’on s’attache au personnage principal comme aux personnages secondaires (ses coéquipiers et son univers en général). Dragon est un policier modeste, intègre, aimant son boulot et peu enclin à se plier aux enjeux politiques et aux rivalités entre services. Chaque album dispose d’un scénario bien huilé qui respecte les codes du polar. Un bonne alternance entre les scènes d’actions et les périodes, plus calmes, qui nous permettent d’avoir accès à la vie privée d’un flic complètement polluée par son engagement professionnel. Les états d’âmes de Dragon sont présents en voix-off, ce qui nous donne l’impression d’avoir mis un mouchard dans son cerveau. Conséquence directe : on est rapidement partie prenante. Un lecteur confident et spectateur. Les personnages secondaires sont complémentaires et permettent des jeux de complicité / animosité qui enrichissent l’intrigue. Dans l’ensemble, cet univers m’a plu, d’autant qu’il s’en dégage beaucoup d’humanité (« c’est un Peeters ! » me direz-vous). Dans le second tome, les personnages évoluent, leurs personnalités s’affinent en même temps que se déroule l’enquête (sur des réseaux de trafics de clandestins). Un humour fin et pesé cohabite avec des dialogues « virils » et plutôt francs… un bon moment de lecture que voilà.

Au niveau du graphisme, le travail de Peeters est abouti et rend très bien compte des mouvements. Les dessins, tantôt instrumentalisés par le récit tantôt menant la danse, reproduisent avec justesse les expressions et les émotions. Les périodes d’action sont prenantes, on évolue de manière fluide entre gros plans, grands angles et jeux de regards. Chaque tome dispose de sa propre ambiance graphique grâce aux choix de colorisation de Fred Peeters. Pour le premier tome, il a misé sur les ambiances chaudes de l’été (ocres, orangés et divers variantes de verts) tandis que le tome 2, se déroulant au cœur d’un rigoureux hiver parisien, sera plus dans des teintes bleutées/violacées assez réussies.

Une lecture que je partage avec Mango et les participants aux

MangoUne lecture plusieurs fois conseillée par David, cet avis intègre le Challenge PAL Sèches

PictoOKHumour, action, planque et quotidien d’un flic et des enquêtes qui permettent d’aborder de réels problèmes de société. Un bon polar à la française et en images, j’en redemande !  Un troisième tome était annoncé à la fin de Bangkok-Belleville mais il semble que la projet ne pourra pas aboutir. Dommage.

En dehors de cela, j’aime beaucoup les romans policiers. Dans ce registre, mon cœur balance pour l’univers des Harry Bosch de Michael Connelly. Avec RG, j’y ais retrouvé cette ambiance où l’intrigue et la connaissance du personnage principal avancent de concert.

D’autres avis sur cette série : celui de PlaneteBD, HopBD.

Extraits :

« J’ai reçu une belle enveloppe dont je tairai le montant pas pudeur protestante ! En gros, je te sors du système pendant le temps nécessaire, plus de rapports, aucune trace officielle, on se limite aux notes blanches. Personne ne doit rien savoir. Tu lis sur mes lèvres ? Je ne veux savoir que ce qui m’arrange… si tu merdes tu ramasses… si tu réussis, c’est moi qui ramasse… Alors ? » (RG, tome 1).

« Il y a comme ça des périodes de l’année où les jours pourris tombent d’eux-mêmes… Même parfois des grappes entières de jours pourris… Plaf ! A la suite… Et lma plupart du temps, on sent arriver le moment. On reconnaît l’apparition d’un signe annonciateur, une petite péripétie banale qui, malgré nous, dans une certaine configuration d’événements, prend de l’ampleur et propage un écho, et nous fait dire : Ah ! L’heure de la récolte est venue ! » (RG, tome 2).

RG

Tome 1 : Riyad-sur-Seine

Tome 2 : Bangkok-Belleville

Série finie ?

Éditeur : Gallimard

Collection : Bayou

Dessinateur : Frederik PEETERS

Scénaristes : Pierre DRAGON & Frederik PEETERS

Dépôt légal : mais 2007 (tome 1) et mars 2008 (tome 2)

ISBN : 9782070579075

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

RG, tomes 1 et 2 – Dragon – Peeters © Gallimard – 2007 et 2008

Château de sable (Levy & Peeters)

Château de Sable
Lévy – Peeters © Atrabile – 2010

C’est l’été, les vacances et l’occasion de venir en famille passer une journée à la plage. Le petit Félix a fait un cauchemar cette nuit-là, il a réveillé sa sœur et ses parents à une heure très matinale… ça tombe bien au final, la famille va pouvoir profiter pleinement de cette journée si particulière…

Ce n’est quand même pas si courant de lire Fred Peeters quand il n’est pas à la fois au dessin et au scénario. J’ai vérifié (tout de même) pour être sure de pas vous dire de bêtises et sur les 15 séries qu’il a publiées (j’exclus le collectif de 2007), il a réalisé les deux tiers de sa bibliographie absolument seul. Château de sable vient donc s’ajouter à la liste de ses collaborations, aux cotés de RG (co-scénarisé avec Pierre Dragon), Koma (scénarisé par Pierre Wazem), Friture et Les Miettes (scénarisés par Ibd Al Rabin).

Château de Sable m’a fait penser à un film de François Ozon (Sitcom) : on y perd la notion du temps. On est pris dans une bulle et on se laisse guider, avide de connaître l’histoire.

Pas évident non plus de vous parler de Château de Sable sans trop en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir. Le mieux c’est de laisser les auteurs en parler :

PictoOKPictoOKUne réflexion sur le temps qui passe à lire de toute urgence !

Château de Sable

One Shot

Éditeur : Atrabile

Collection : Bile Blanche

Dessinateur : Frederik PEETERS

Scénariste : Pierre Oscar LEVY

Dépôt légal : octobre 2010

ISBN : 978-2-88923-008-2

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Château de Sable – Lévy – Peeters © Atrabile – 2010