Ruminations (Peeters)

Ruminations
Peeters © Atrabile – 2008

« iwishyouamerrychristamsiwishyouamerrychristmas

iwishyouamerrychristmas… and a Happy New Year ! »

Et voilà, on rentre de nouveau dans l’univers de Frédérick Peeters d’une manière un peu atypique puisque cet album est un recueil de nouvelles. Ainsi, 26 histoires courtes publiées entre 1998 et 2007 se succèdent, campant des univers variés : reportage, récit autobiographique, fable futuriste, essai philosophique, critique de société, polar… Il m’a donc été difficile de vous faire une sélection de visuels tant les ambiances sont différentes.

En postface, le mot de l’auteur :

 » Soyons francs. J’aurais pu retravailler quelques histoires que je trouve datées, ou faire une sélection plus drastique. Mais je me rappelle mon grand-père qui me disait que lorsque l’on entreprend quelque chose, on le fait jusqu’au bout ou pas du tout. D’ailleurs, la preuve, mon grand-père a fini par se suicider. Bref. C’est comme l’histoire de la chaise bancale. On commence par scier un bout de pied, puis deux, et on se retrouve finalement le cul par terre. J’ai donc décidé de livrer ma chaise telle quelle, un poil déglinguée, soit, mais avec les pieds d’origine. Elle fera bien le bonheur de quelques antiquaires scrupuleux. A signaler toutefois que certaines couleurs ont été rafraichies en quadrichromie, les bichromies de base n’étant techniquement plus présentables.

Bonne lecture ».

En petit antiquaire scrupuleux, je me suis donc lancée dans cette lecture. Voici un aperçu du sommaire si vous voulez vous faire une idée du contexte initial de publications :

Les histoires sont de qualité inégale, plus ou moins passionnantes, plus ou moins intéressantes. Mon coup de cœur va au « Petit Pays du bonheur » : le narrateur est un chien qui habite sur une île paradisiaque du Pacifique (euh… je crois) et il nous décrit la lente invasion des touristes : « il me semblait qu’ils ne venaient que pour se montrer… que c’était pour eux le moyen de grappiller un peu du bonheur de mon monde… comme on grignote un gros gâteau, petit-à-petit… pour n’en laisser finalement que des miettes… ».

Des différences visibles dans la qualité des dessins, ce qui est assez normal compte tenu de la fourchette de 9 ans qui sépare la plus ancienne de ces nouvelles  (février 1998) et la plus récente (janvier 2007). L’occasion de découvrir des facettes de cet auteur que je ne connaissais pas : deux BD-reportages et 4 BD muettes ou quasi muettes (présence d’onomatopées). Des apparitions de ci – de là de références à la BD franco-belge comme Nestor (nouvelle sans titre publiée dans Écritures n° 14 de février 2004). La couleur fait son apparition dans le dernier quart de l’album mais on voit-là des bichromies/quadrichromies assez basiques incomparables au travail qui avait été réalisé sur Pachyderme.

Une difficulté à entrer dans certain de ces récits, c’est trop bref pour du Peeters, parfois frustrant. En revanche, certaines nouvelles se  suffiront amplement de  leurs 6 planches pour faire passer le message.

PictoOKJ’ai bien aimé mais je ne suis pas très objective car Frédérick Peeters est un auteur que j’affectionne tout particulièrement.

Une lecture pour les BD du mercredi de Mango.

Extraits :

« Chaque jour, elle choisit d’être heureuse… ou pas… en fonction des informations du matin… Lætitia avait besoin de sa dose quotidienne de références préfabriquées, comme un bébé de son biberon » (Ruminations).

« Et puis chaque soir, je me couche… je laisse la lumière allumée… je me claquemure dans ma tête… j’oublie la cage… j’oublie mes mains… j’oublie mes doigts… j’amarre mes yeux au plafond… et je me dis que vivre, c’est soit rêver, soit se souvenir… qu’il n’y a pas d’autres choix et que ma seule angoisse, c’est de perdre la mémoire ou de me réveiller » (Ruminations).

Ruminations

One Shot

Éditeur : Atrabile

Collection : Fiel

Dessinateur / Scénariste : Frederick PEETERS

Dépôt légal : mars 2008

ISBN : 978-2-940329-87-8

Bulles bulles bulles…

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Ruminations – Peeters © Atrabile – 2008

Pilules bleues (Peeters)

Pilules bleues
Peeters © Atrabile – 2001

De nouveau je me suis plongée dans un récit autobiographique. Celui-ci couvre une période d’un peu plus d’un an et parle principalement de la relation affective de l’auteur.

Ce récit est à la fois une réflexion sur ses propres sentiments, mais aussi un témoignage sur les conséquences de la séropositivité de Cati, sa compagne, et du fils de Cati (un petit bout d’homme âgé de 4 ans). Un quotidien pas toujours évident… « Trois mois que je dessine ce que je vis ou ce que j’ai vécu…. 3 mois que je retourne ma vie avec eux dans tous les sens…. que j’écris, que je décris, que je cogite… sans répit, sans sortir la tête de ma propre vie sentimentale… je suis vidé »  dira Frederik Peeters.

« Ma référence » concernant les ouvrages de PEETERS, c’est Lupus (j’y reviens à chaque fois, je suis désolée).

Pilules Bleues a été publié en 2001 (début de publication de Lupus en 2003). Après avoir lu cette autobiographie, je pense que Lupus en est la prolongation. Dans ma chronique sur Lupus, j’avais repéré l’importance des symboliques dans le récit. La lecture de Pilules Bleues m’en donne maintenant un éclairage. Et puis je trouve les similitudes impressionnantes, ne serait-ce que dans la physionomie des visages (Frederik PEETERS / Lupus, Cati / Sanaa, l’homme des planches 150 à 159 / Tony). Je ne pense pas que PEETERS soit incapable de dessiner autrement les visages de ses personnages puisqu’il a démontré le contraire notamment dans Pachyderme. Je ne renonce pas encore au fait de donner l’envie à quelqu’un de lire Lupus et peut être pouvoir en parler avec ce potentiel lecteur qui aurait également lu Pilules Bleues (je complique).

Quoiqu’il en soit, Pilules Bleues est un album touchant dans lequel PEETERS se dévoile et nous livre beaucoup de son intimité, ça m’a presque gênée à certains moments. Sans détours, il aborde la naissance d’une relation affective, la maladie qui pendant longtemps a tenu en main les cartes de leur quotidien. L’acceptation progressive de la maladie : « mais je me rappelle qu’il arrivait aussi à Cati de se confondre avec le virus… ses rapports à la maladie étaient très instables et conflictuels », la trithérapie, les angoisses de mort… l’humour les aide à relativiser leur situation.

En parallèle, se jouent d’autres choses à l’égard de l’enfant, Frederik se rend progressivement compte de la place qu’il doit prendre dans cette famille recomposée, l’acceptation lente du fait qu’il soit un  » repère affectif  » important pour le petit.

PictoOKPictoOKTouchant, sincère, très intime et véhiculant un message positif sur la vie. Le genre d’ouvrages qui mettent une grande claque dans la gueule et nous remuent.

Un livre intelligent qui, sans banaliser la question du Sida, bouscule les préjugés et les idées reçues que beaucoup peuvent encore avoir sur cette question.

Extraits :

« J’ai accordé une seconde de ma vie, dans ma tête et mon coeur, à tous les sentiments les plus extrêmes » (Pilules Bleues).

« Je trouve toujours fascinante la confiance et la facilité avec lesquelles la propriété de la vie de certains individus se retrouve transférée dans les mains de personnes totalement étrangères, uniquement légitimées par leur savoir scientifique » (Pilules bleues).

« Je comprends que l’on puisse épisodiquement trouver éprouvant de regarder tous les jours sa maladie dans un miroir » (Pilules Bleues).

Pilules Bleues

One Shot

Éditeur : Atrabile

Collection : Flegme

Dessinateur / Scénariste : Frederik PEETERS

Dépôt légal : octobre 2001

ISBN : 978-2-9700165-6-4

Bulles bulles bulles…

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Pilules bleues – Peeters © Atrabile – 2001

Pachyderme (Peeters)

Pachyderme
Peeters © Gallimard – 2009

Suisse dans les années 1950.

Caprice SORREL se rend à l’Hôpital pour visiter son mari accidenté. En chemin, elle est immobilisée par un embouteillage… un éléphant est tombé d’un camion. Caprice décide alors de terminer son chemin à pied.

La suite est une succession captivante d’événements.

Cet album me fait penser au Roi des Mouches : teintes ? ambiances ? La même impression d’être tombée dans le laboratoire d’un artiste fou qui expérimente de nouveaux sons, de nouveaux effets visuels… J’ai eu beaucoup plus de plaisir à la lecture de Pachyderme… c’est PEETERS me direz-vous.

Il me fait aussi penser à certains épisodes de la Quatrième Dimension que je regardais quand j’étais petite.

Tout est y magique et inquiétant. On nous fascine.

Ensuite, pour avoir lu Lupus, j’ai été étonnée de voir comment PEETERS instrumentalise la couleur pour jouer sur la profondeur et donner de la rondeur à ses dessins… Je trouve que le tout donne un ensemble réellement vivant.

Petite Alice égarée aux pays des merveilles, l’héroïne est le fil rouge auquel on se raccroche tant les personnages secondaires essayent de lui voler la vedette. Quoiqu’il en soit, j’espère qu’Angoulême sera favorable à PEETERS car c’est un auteur qui mérite d’être connu.

Je me penche bientôt sur Pilules Bleues et R.G. viendra certainement dans l’année.

PictoOKDéroutant ! Et je vous le conseille vivement.

Loula et Madmoizelle en parle aussi. Ici le lien vers une interview de PEETERS sur Bodoï.

Pachyderme

One Shot

Éditeur : Gallimard

Dessinateur / Scénariste : Frederik PEETERS

Dépôt légal : septembre 2009

ISBN : 9782070627042

Bulles bulles bulles…

En attente de l’autorisation de la Maison d’Édition pour la mise en ligne de planches (depuis le 9 mars 2010)…

Lupus (Peeters)

Lupus, tome 1
Peeters © Atrabile – 2003
Lupus, tome 2
Peeters © Atrabile – 2004
Lupus, tome 3
Peeters © Atrabile – 2005
Lupus, tome 4
Peeters © Atrabile – 2006

Lupus LABLENNORRE et Tony UFFIZI se prennent une année sabbatique ensembles. Lupus sort de l’Université et Tony s’est fait virer de l’armée. Amis d’enfance, ils ont mis de l’argent en commun pour s’acheter un vaisseau et se retrouver un peu.

Leur quête leur fait croiser la route de Sanaa, une jeune femme paumée qui rêve de pouvoir admirer des paysages verdoyants.

En vadrouillant sur « les indispensables BD » de Bedetheque.com, j’ai repéré des titres qui m’étaient inconnus.

Lupus en faisait partie, bien que j’en avais entendu quelques bonnes critiques. Depuis, Lupus est sorti de ce classement, chassé par des sorties plus récentes. Ensuite, lorsqu’on m’a dit « science fiction », je m’attendais à autre chose, quelque chose de plus prévisible pour de la SF. Lupus aborde des questions existentielles et la manière de s’y confronter dans des conditions peu communes. On ne sait que le strict nécessaire sur les personnages principaux, ce qui de prime abord pourrait sembler austère. Cependant, Frederik Peeters nous aide rapidement à faire partie intégrante du voyage et de nous familiariser avec le trio… avec Lupus.

On évolue pendant quatre tomes en quasi huis-clos, peu de personnages extérieurs interviennent. Beaucoup de choses passent grâce à un humour décalé, toutes les vérités ne sont pas forcément bonnes à dire, mais elles sont dites.

Nous allons assister à la métamorphose de Lupus, son acceptation progressive pour sortir de l’adulescence dans laquelle il est emmuré. Le changement est réel. Sous nos yeux, le personnage va mûrir.

Il y a beaucoup de symbolique dans la manière de dessiner et de construire le scénario. Chaque tome est un thème. Chaque thème est une acceptation supplémentaire de soi, un cap à franchir. Chaque cap à un nom et un lieu :

Norad et la rencontre avec Sanaa, la fin d’une amitié avec Tony (tome 1),
Necros et la complicité avec Sanaa, Lupus s’ouvre aux autres (tome 2),
– la station de Lumen et le début de la prise de responsabilités (tome 3),
Arganis ou le retour aux sources (tome 4).

A la fin de la lecture, je me suis documentée un peu :

– Lupus : forme d’arthrite. Le système immunitaire, censé protéger l’organisme, se dérègle et se retourne contre lui. Des processus inflammatoires toxiques se déclenchent sans raison à différents niveaux : peau, articulation, etc… merci Doctissimo ! Quel excellent choix de prénom pour son enfant…
– Noradrénaline : composés organiques qui jouent un rôle dans l’attention, les émotions, le sommeil, le rêve et l’apprentissage… Dans le Volume 1, Lupus et Tony sont en permanence défoncés.
– Necros : signifie mort en grec… Dans le Volume 2, Lupus doit faire face à la disparition tragique de son ami.
– Lumen : signifie lumière en latin… Dans le Volume 3, Lupus change, il accepte de devenir responsable, il se prend en main… un nouveau Lupus.
– Arganis : l’Argan est une huile tirée de l’Arganier (un arbre très présent au Maroc) et sert à faire de la cuisine… euh, là je sèche !

Lupus s’épanouit dans des relations duales privilégiées. Tout d’abord avec Tony, son ami d’enfance, avec qui il passe la majeure partie de son temps à voyager ou à pécher dans les différents coins de la galaxie. Avec Sanaa ensuite, avec qui il ne s’avoue que difficilement ses sentiments et accepte tout aussi difficilement de se confier. Le temps d’une gestation sera nécessaire à Lupus pour se sortir de la rêverie de toute une vie.

PictoOKPictoOKLupus ou « la chronique d’une introspection ».

Très bonne série BD qui mérite sa place dans nos bdthèques. Quatre tomes noir et blanc d’une petite centaine de pages chacun. J’adore avoir des bonnes surprises… Lupus en est une. Une lecture que j’aimerais partager avec vous qui avez découvert cette série depuis longtemps… ou l’envie de la faire découvrir à ceux dont le cœur leur en dit. Un style agréable, je pense que d’autres ouvrages de PEETERS viendront rejoindre ma collection d’ici peu.

Lupus

Challenge Bu / Lu
Challenge Bu / Lu

Tétralogie terminé

Éditeur : Atrabile

Collection : Bile blanche

Dessinateur / Scénariste : Frederik PEETERS

Dépôt légal : de janvier 2003 à mars 2006

ISBN : voir le site de l’éditeur

Bulles bulles bulles…

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Lupus – Peeters © Atrabile – 2003 à 2006