Paul à la pêche (Rabagliati)

Rabagliati © Editions de La Pastèque – 2006
Rabagliati © Editions de La Pastèque – 2006

L’été arrive et avec lui, les vacances. Paul et Lucie se font une joie de rejoindre Monique (la sœur de Lucie) et Clément, son conjoint. Ensemble, ils vont passer une semaine dans une pourvoirie. Clément est passionné par la pêche.

Dès leur arrivée, Paul et Lucie sont enchantés par le cadre idyllique. Ils vont habiter un petit chalet en bois qui donne directement sur le lac, la vue est imprenable ! Et puis, Lucie est enceinte et l’environnement est parfait pour prendre un peu de repos.

Entre passé et présent, Michel Rabagliati développe une nouvelle fois une belle chronique sociale, très humaine. Paul a une trentaine d’année et se prépare doucement aux joies de la paternité tout en se heurtant à la difficulté d’en avoir (le personnage de Lucie va connaitre deux fausses couches). De plus, l’auteur profite de cet opus pour aborder – par le biais des personnages de Monique et de Clément – le contexte socio-économique de Québec. Ainsi, il est question d’entraide avec la situation professionnelle de Monique qui intervient dans une association d’aide aux mères célibataires. Quant à Clément et son poste dans une grosse entreprise d’aéronautique, il sera question des nouvelles techniques de management dans les entreprises, de capitalisation… et logiquement de plans sociaux en vue d’atteindre d’ambitieux objectifs de rentabilité. La course au profit au détriment de l’humain.

Grâce au personnage de Paul, les témoignages de vie convergent vers le lecteur qui prend ainsi connaissance, par petites touches, d’une réalité sociale proche de la nôtre. A ceci près que le vocabulaire employé et la présence d’expressions typiquement québécoises dépaysent. Ce qui est plaisant dans la série « Paul », c’est cette manière de profiter de la vie et d’être au monde. Les coups durs, les accidents de la vie, les joies du quotidien et les petits plaisirs simples ne sont pas plus pas moins présents que dans la réalité. Paul a une saine conception des choses et sa tendance à prendre la vie du bon côté offre – à cet univers semi-fictif – l’opportunité de s’appuyer sur une ambiance douce, sereine. Le « héros » relativise assez rapidement en cas de difficulté et ne laisse jamais la situation lui échapper totalement ; pour autant, on ne le sent jamais lutter réellement sur un problème, excepté peut-être lorsqu’il s’agit de ses échéances professionnelles.

Le trait de Michel Rabagliati porte cette forme de nonchalance à merveille et contribue à rendre les personnages touchants, accessibles. Adepte de la ligne claire, Michel Rabagliati réalise une ambiance graphique dépourvue d’artifices superflus.

PictoOK« Paul à la pêche » est un album on ne plus agréable. Comme à son habitude, l’auteur y propose de nombreuses parenthèses durant lesquelles, par association d’idées, Paul se remémore le passé et nous fait profiter de quelques anecdotes quant à son parcours et/ou celui de ses proches.

La chronique de Sabine.

Paul

Tome 5 : Paul à la pêche

Série en cours

Editeur : La Pastèque

Dessinateur / Scénariste : Michel RABAGLIATI

Dépôt légal : septembre 2006

199 pages, 24,60 euros, ISBN : 978-2-922585-39-1

Bulles bulles bulles…

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Paul, tome 5 – Rabagliati © Editions de La Pastèque – 2006

Paul à Québec (Rabagliati)

Rabagliati © La Pastèque – 2009
Rabagliati © La Pastèque – 2009

« Quelqu’un meurt, et c’est comme des pas qui s’arrêtent. Mais si c’était un départ pour un nouveau voyage ?
Quelqu’un meurt, et c’est comme un arbre qui tombe. Mais si c’était une graine germant dans une terre nouvelle ?
Quelqu’un meurt, et c’est comme une porte qui claque. Mais si c’était un passage s’ouvrant sur d’autres paysages ?
Quelqu’un meurt, et c’est comme un silence qui hurle. Mais s’il nous aidait à entendre la fragile musique de la vie ? »

(“L’Arbre et la graine” – Benoît Marchon)

Dans cet album qui se passe à la fin des années 1990 – début des années 2000, Paul est père de famille, il a un travail stable et s’est même pris un agent. C’est la période où il devient propriétaire d’une petite maison à Québec, où Internet commence à modifier les habitudes de travail, le bug informatique annoncé pour le passage à l’an 2000 fait flop…

Son couple est solide, Paul a une relation complice avec sa femme Lucie. Ce quotidien implique aussi une vie de famille riche. Les temps passés avec la famille de Lucie contribuent à l’harmonie avec les visites régulières de ses belles-sœurs (Suzanne et Monique) et les week-ends passés à la campagne chez ses beaux-parents. Depuis, leur retraite, ces derniers se sont installés à la campagne, à quelques heures de Québec. Aller les voir est toujours synonyme de retrouvailles car la maison est remplie de monde, les enfants courent partout, les adultes plaisantent… Mais c’est aussi la période où le cancer de Roland (le père de Lucie) se déclare. Suite à une intervention chirurgicale à l’intestin, le corps médical diagnostique un cancer généralisé. Ce qui est annoncé à la famille est douloureux : Roland n’a plus que trois mois à vivre…

Cela faisait quelques mois que je n’avais pas visité l’univers de « Paul ». Désormais, je me plonge facilement dans ces albums, confiante, bien décidée à me laisser porter par le récit de Michel Rabagliati. J’ai accepté depuis longtemps le fait que rien ne se passe réellement dans ces opus, rien de spectaculaire, rien de trépidant. C’est la vie qui est décrite ici, avec ses petits riens de banalité, ces petits gestes d’attention, cette douce autodérision. Beaucoup d’humilité dans la manière de raconter, de mettre en scène des personnages altruistes attachés à leurs proches et dotés d’un fichu caractère (pour certains). Dans cette série de Michel Rabagliati, il est aussi question d’actualité puisque l’auteur permet aussi de comprendre le contexte social sur lequel se déroule l’histoire. Le découpage en chapitre nous fait faire de minuscule saut de puce dans le temps. Le scénario respecte fidèlement une chronologie classique et donne ponctuellement quelques coups d’œil dans le rétroviseur afin de revenir sur des événements qui se sont déjà passés (ce qui permet au lecteur de mieux comprendre certains protagonistes).

Paul à Québec – Rabagliati © La Pastèque – 2009
Paul à Québec – Rabagliati © La Pastèque – 2009

Dans cet album, il est question de deuil. La maladie d’un proche noue la gorge, mouille les yeux. Le pronostic vital est engagé et le temps échappe à tout contrôle, les secondes filent, l’issue douloureuse se rapproche. Septembre… octobre… novembre… se referment, le temps se resserre… mercredi… jeudi… vendredi… La famille se soude davantage, il s’agit de soutenir les uns et les autres, de ne pas se laisser emporter par la vague de tristesse qui cherche à nous emporter, se faire à l’idée que la vie va continuer sans ce proche cher à notre cœur, commencer lentement à faire son deuil, refuser le diagnostic… puis l’accepter. Regarder ce proche qui fond comme neige au soleil, sa perte de poids est vertigineuse, son corps change, ne le porte plus, ne l’écoute plus. Se résoudre à ce qu’il entre dans un centre de soins palliatifs. Faire face à son opposition, s’entendre prononcer des mots pour le convaincre en masquant sa propre peur de la mort, de sa mort.

PictoOKSuperbe et triste, profond et touchant, ce « Paul à Québec » est une petite pépite que je découvre en même temps que Noukette. Absent de cette lecture commune, Jérôme y a pourtant largement contribué en nous incitant vivement à plonger dans cette lecture. Je vous invite à lire sa chronique.

D’autres albums de la série sont sur le blog.

Extraits :

« Ici, plus personne ne vous sermonnait sur les méfaits du tabac. On n’en était plus là. Une seule chose primait : offrir une atmosphère détendue aux malades et soulager leurs souffrances jusqu’à la fin » (Paul à Québec).

« Frères, sœurs, cousins, amis, clients, collègues, fournisseurs… on mesurait ici à quel point Roland avait été aimé. Recevoir pour lui en rafales ces bouffées d’émotions vives fut une expérience éprouvante. Nous avions du mal à contenir nos larmes » (Paul à Québec).

Paul

Tome 6 : Paul à Québec

Série en cours

Editeur : La Pastèque

Dessinateur / Scénariste : Michel RABAGLIATI

Dépôt légal : avril 2009

ISBN : 978-2-922585-70-4

Bulles bulles bulles…

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Paul à Québec – Rabagliati © La Pastèque – 2009

Paul au parc (Rabagliati)

Rabagliati © La Pastèque – 2011
Rabagliati © La Pastèque – 2011

Eté 1969. Paul a environ 9-10 ans. Alors qu’il flâne dans le parc de son quartier, il rencontre Hélène, une fille de son école. Quelques semaines plus tard, il la retrouve. C’est la rentrée scolaire. Cette année, ils sont dans la même classe. La fillette multiplie les occasions pour pouvoir passer un peu de temps avec lui : un spectacle en plein-ait, une collection d’autocollants à regarder, une chanson à écouter… Paul se plaît avec elle mais il ne voit pas qu’elle a le béguin, trop pris par sa passion pour le dessin. Depuis qu’il a lu un ouvrage réalisé par Jijé et Franquin (« Comment devenir créateur de bande dessinée »), Paul n’a plus qu’une idée en tête : mettre tout en œuvre pour devenir auteur de bande dessinée. Un second événement va amener l’esprit de Paul à vagabonder ailleurs.

En effet, lors d’une sortie dominicale à l’église, il va croiser Patrick, un vieil ami. Ce dernier lui parle de son engagement avec les scouts, de la bonne ambiance des réunions hebdomadaires du vendredi, du plaisir à vivre les séjours organisés par les adultes qui encadrent les louveteaux. La curiosité pousse Paul jusqu’à aller espionner l’une de ces réunions du vendredi soir et à faire la connaissance d’un des encadrants. Paul rejoints les scouts peu de temps après.

Septième album de la série « Paul » que je ne connais encore que partiellement, « Paul au parc » revient sur la période dorée de l’enfance. Alors que le personnage principal s’apprête à rentrer dans l’âge plus tumultueux de l’adolescence, Paul a ici l’occasion de vivre ses premières expériences en dehors du cocon familial. En demandant à rejoindre les louveteaux, c’est tout un code de l’honneur qu’il revendique, un état d’esprit dans lequel il se reconnait. La camaraderie et la solidarité qui unissent les jeunes scouts vont l’aider à prendre de l’assurance, à gagner en confiance.

On le sait maintenant depuis un moment, Paul est l’alter ego fictif de son auteur Michel Rabagliati. Ce dernier y met un peu de lui (son vécu, sa propre expérience), un peu de ce qu’il a entendu en laissant trainer ses oreilles dans différents cercles amicaux et un peu d’imagination aussi. Le personnage de Paul se trouve donc à la croisée de plusieurs routes, Michel Rabagliati le fait d’ailleurs évoluer dans un univers réalistes. Chaque album est l’occasion de vivre le quotidien (somme toute assez banal) d’un individu qui sera tantôt adulte (« Paul à la campagne »), tantôt enfant (« Paul au parc ») ou jeune adulte (« Paul en appartement »)… Le fil rouge est composé de toutes ces petites choses qui font le sel de la vie : les amis, les projets, la famille, les déceptions, les émotions… Chaque lecteur, quel que soit son âge, sa profession, sa situation (etc) peut retrouver en Paul une bribe de lui-même. La somme des petites anecdotes que contiennent les « Paul » donnent naissance à un récit à la fois tendre et amusé. On lit ainsi une tranche de vie qui surprend par son côté chaleureux et familier.

Michel Rabagliati ne se contente pas de décrire l’environnement immédiat de son personnage. Il ouvre ainsi sa narration à la cellule familiale dans laquelle il a grandi (une cohabitation atypique entre ses parents et la famille de son père) et le contexte social dans lequel se déroule cette tranche de vie. Concernant cet album, le lecteur a ainsi l’occasion de découvrir un regard sur l’actualité de l’époque (pour cet album, il s’agit en l’occurrence des actions du FLQ).

PictoOKJe me rappelle encore la première fois que j’ai lu un album de Paul (« Paul en appartement »). A l’époque, j’avais eu l’occasion de lire divers avis dithyrambiques sur différents albums de la série. Tout me poussait à découvrir l’univers à mon tour, d’autant que David n’avait de cesse de me recommander chaudement certains titres. J’avais donc des attentes importantes à l’égard de cette première lecture. Malheureusement, face à l’histoire que j’ai découvert, à son côté très banal ressemblant souvent à quelques chose que j’aurais pu vivre moi-même, sans paillettes, sans froufrous… quelque chose de très « plat » au demeurant, j’étais sortie dubitative de ma lecture avec cette question criante : qu’est-ce que les lecteurs peuvent bien trouver d’intéressant dans les albums de la série ?? Alors, lorsque La Pastèque a réédité le premier tome pour fêter les quinze ans de la série, j’ai voulu « donner une seconde chance » à ce personnage dont de nombreux lecteurs ont vanté les mérites. C’est là, durant la lecture de « Paul à la campagne », que je me suis attachée à ce jeune homme. Touchant de simplicité, émouvant à certains moments, naïf et curieux de la vie, une figure profondément humaniste… j’ai compris ce que d’autres lecteurs lui trouvaient. C’est donc tout naturellement que j’ai découvert « Paul dans le Nord » dès sa sortie et que j’ai cette curiosité de poursuivre ma lecture, connaître davantage cet univers, les liens qui unissent les uns et les autres, ramasser les petits cailloux déposés dans un album… comme des indices que l’on retrouvera forcément dans un autre tome de la série.

A lire également : un portrait chinois de Michel Rabagliati et la chronique associée à cette interview (site du magazine « La presse »).

Et je remercie Kikine qui m’a offert cet album. J’ai mis un peu de temps pour lire ce « Paul » mais tu vois, le plaisir est au rendez-vous ! J’en ai profité pour relire ta chronique et je partage complètement ton ressenti. Merci !

Paul

Tome 7 : Paul au parc

Série en cours

Editeur : La Pastèque

Dessinateur / Scénariste : Michel RABAGLIATI

Dépôt légal : octobre 2011

ISBN : 978-2-923841-05-2

Bulles bulles bulles…

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Paul, tome 7 – Rabagliati © La Pastèque – 2011

Paul dans le Nord (Rabagliati)

Rabagliati © La Pastèque – 2015
Rabagliati © La Pastèque – 2015

Paul a 16 ans.

Cet été 1976 est le temps des premières expériences : premières sorties avec les copains, premiers flirts, première relation affective qui lui fait pousser des ailes, premiers joints, première mobylette, la première virée en auto-stop… Paul est adolescent. C’est aussi la période des conflits, principalement avec son père vis-à-vis tout prétexte est sujet à désaccord. En cet été 1976, c’est aussi les images des Jeux Olympiques d’été qui tournent en boucle sur les postes de télévision, d’autant qu’ils se déroulent au Canada.

Cette année-là, c’est aussi l’année des premières désillusions. Un corps rebelle que l’on ne parvient pas à accepter ; acné, cheveux rebelle… l’impression d’être extérieur à soi par moment. Après s’être senti porté par des sentiments amoureux nouveaux, c’est aussi la période des désillusions. L’impression de mourir lorsque celle qu’il aime le quitte abruptement. Rien ne va… la solitude devient un fardeau d’autant que les amis, eux aussi, sont investis dans leurs propres amourettes.

Paul dans le Nord – Rabagliati © La Pastèque – 2015
Paul dans le Nord – Rabagliati © La Pastèque – 2015

Sorti en librairie depuis le 15 octobre au Canada, ce huitième tome de la série « Paul » se penche sur l’adolescence du personnage principal. Sans suivre une quelconque chronologie dans le parcours de vie de son personnage, Michel Rabagliati s’intéresse cette fois à la période de l’adolescence. Constitué d’une petite dizaine de nouvelles (qui cette fois, racontent de façon chronologique), « Paul dans le Nord » raconte un été de tous les possibles et des premières expériences. Paul s’émancipe mais surtout, il découvre les sensations dues aux sentiments amoureux.

Sans jamais généraliser, l’auteur fait évoluer son personnage dans un contexte familial relativement apaisé si ce n’est que deux changements récents déstabilisent Paul-l’adolescent. Tout d’abord, un déménagement (la famille habite désormais un autre quartier de Montréal) oblige Paul à changer quelques habitudes. Ensuite, sa sœur (désormais en âge de vivre seule) s’est installée en couple et laisse ainsi Paul seul avec le couple parental. Ceci explique un peu le contexte du début d’album, sans compter qu’une nouvelle rentrée scolaire se profile… avec tout son lot de changements elle aussi. Malgré ces points de tension (ou de contrariété, cela dépend de la manière dont on perçoit les choses), le personnage va retrouver peu à peu des repères. La naissance d’une nouvelle amitié y contribue pour beaucoup. Sa personnalité s’affirme et il est désormais en mesure de percevoir plus finement ce qu’il recherche chez les personnes qu’il va accepter dans son environnement immédiat.

C’était exactement le genre de gars que j’aimais : drôle, intelligent, sensible et cynique à la fois. Nous passions toutes nos périodes libres, affalés sur un banc du couloir principal, à jacasser et à passer des remarques sur tout et sur rien

Par ailleurs, le scénario bénéficie de cette humanité qui permet de traiter un sujet de façon pertinente (homosexualité, filiation, drogue…) sans jamais recourir au jugement de valeur. Le lecteur est donc libre d’apprécier le propos sans jamais être pris à parti. La lecture de ce récit nous laisse serein malgré le fait que le personnage soit parfois balloté par ses émotions. L’univers de la série est désormais bien installé : un trait rond fait évoluer des personnages dans un univers en noir et blanc. La veine graphique contribue largement à entretenir l’impression de quiétude qui se dégage de ce monde.

Paul dans le Nord – Rabagliati © La Pastèque – 2015
Paul dans le Nord – Rabagliati © La Pastèque – 2015

Pour autant, comme je l’expliquais dans ma chronique sur le tome 1 (« Paul à la campagne »), Paul est le double fictif de l’auteur. Je pourrais reprendre à l’identique ce que je disais à l’époque : « Michel Rabagliati puise dans sa propre histoire pour nourrir et construire les récits de cette série. On est là dans un quotidien simple, profitant de moments passés en famille, de souvenirs qui remontent à la période de l’enfance et de l’adolescence. La nostalgie parsème l’ouvrage d’une tendresse agréable et chaleureuse. »

PictoOKTrès bel album que je vous invite à découvrir également. Il traite de thèmes universels qui font notre quotidien. Une douceur.

D’autres « Paul » sur le blog en cliquant sur la catégorie « Rabagliati ».

Extraits :

« – Heille Beubé ! Viens-tu t’assire su’ ma face ? Ha ha !
– ?!
– Oups…
– Pourquoi ?… Ton nez est-tu plus long que ta queue ? » (Paul dans le Nord).

« Trainer, glander, se fréquenter. Les Anglais ont une très jolie expression pour exprimer cette idée : hanging out. C’est exactement ça, nous pendions dehors » (Paul dans le Nord).

Paul

Tome 8 : Paul dans le Nord

Série en cours

Editeur : La Pastèque

Dessinateur / Scénariste : Michel RABAGLIATI

Dépôt légal : septembre 2015

ISBN : 978-2-923841-78-6

Bulles bulles bulles…

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Paul dans le Nord – Rabagliati © La Pastèque – 2015

Paul à la campagne (Rabagliati)

Rabagliati © La Pastèque – 2013
Rabagliati © La Pastèque – 2013

Quoi de mieux qu’une réédition pour fêter le 15è anniversaire de la naissance d’une série ?

C’est à cette occasion que La Pastèque a décidé de mettre les petits plats dans les grands et de (re)proposer la découverte de cet album paru pour la première fois en décembre 1999. C’est une aubaine. Alors que l’ouvrage comportait initialement 48 pages, le lecteur profite désormais d’une édition agrémentée d’une préface de l’auteur ; ce dernier y explique la genèse de Paul et la complète de quelques croquis préparatoires de… 1998.

L’histoire est simple : le narrateur part en vacances chez son père. Il est accompagné de sa femme et de sa fille. Dès le début du voyage, les souvenirs affluent. On oscille en permanence entre passé et présent. On le voit tour à tour enfant, adolescent ou adulte, au gré de l’anecdote qu’il souhaite aborder.

Michel Rabagliati puise dans sa propre histoire pour nourrir et construire les récits de cette série. On est là dans un quotidien simple, profitant de moments passés en famille, de souvenirs qui remontent à la période de l’enfance et de l’adolescence. La nostalgie parsème l’ouvrage d’une tendresse agréable et chaleureuse.

Les mots d’enfants de l’attendrissante Rose, fille de Paul, sont autant de vecteurs qui incitent auteur, narrateur et lecteur à laisser affluer leurs souvenirs, à piocher goulument dans sa mémoire pour en extraire quelques morceaux de choix.

L’ouvrage contient un second récit : Paul apprenti typographe. Cette fois, on prend la mesure de la relation privilégiée qui existe entre Paul et son père. En effet, ce dernier sensibilise son fils à sa passion dont il a fait son métier. Initialement, cette seconde histoire était destinée à compléter « Paul à la campagne » (qui ne fait que 28 pages) et ainsi augmenter la pagination du premier album. Il a également permit à Michel Rabagliati de tester et de vérifier le plaisir qu’il pouvait avoir à faire de la bande dessinée.

Le propos est spontané, il glisse au gré de la pensée avec fluidité. Le récit se construit d’entrelacs, enchevêtrant passé et présent, avançant par association d’idées ; un geste, la vision d’un oiseau ou d’un arbre, un ruisseau… des petits riens dont se saisit l’auteur pour laisser filer ses pensées. Les scènes s’imbriquent les unes aux autres, se donnent la réplique. Enfin, l’emploi d’expressions typiquement québécoises donne aux dialogues un côté dépaysant pour le lecteur de métropole.

Nouveautés : le format de l’album (assez grand : 29,2 x 39,3 cm) et le fait de découvrir cette fois un univers coloré alors que jusque-là, Paul était en noir et blanc. Des couleurs toniques renforcent la convivialité de cet univers d’auteur. Elles portent à merveille ce quotidien sucré-salé présenté avec beaucoup de simplicité. Le tout est servi par un dessin rond qui accroît la douceur de l’univers et porte parfaitement la nostalgie induite par l’évocation de souvenirs de l’enfance.

PictoOKMa première rencontre avec Paul (Paul en appartement) m’avait laissée sur ma faim, ne répondant pas aux attentes que je pouvais avoir et m’offrant seulement le côté divertissant et frais d’une lecture.

Cette fois pourtant, je me suis laissée convaincre. Les propos que David ont pris tout leur sens (je suis allée relire ses chroniques de Paul au parc et du duel d’anthologie de Paul vs Atar Gull). Je ne suis pas loin du coup de cœur et j’ai la certitude que je reviendrais à l’avenir vers cet univers personnel avec beaucoup de plaisir et sans aucune appréhension.

Un bel objet-livre qui contient un récit vivant, drôle et généreux.

Une lecture que je partage avec avec Mango !

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Paul à la campagne

[Edition 15è Anniversaire]

Tome 1

Série en cours

Editeur : La Pastèque

Dessinateur / Scénariste : Michel RABAGLIATI

Dépôt légal : novembre 2013 (août 2014 pour son arrivée en France)

ISBN : 978-2-923841-47-2

Bulles bulles bulles…

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Paul à la campagne – Rabagliati © La Pastèque – 2013

Paul en appartement (Rabagliati)

Rabagliati © La Pastèque - 2004
Rabagliati © La Pastèque – 2004

Au lendemain de ses études, Paul s’installe en appartement avec Lucie à Montréal. Le jeune couple découvre sans heurts la vie en concubinage.

L’occasion pour Paul de revenir sur quelques souvenirs : ses années de formation dans une école de graphisme, sa rencontre avec Lucie et quelques événements familiaux passés ou actuels.

Sceptique ! Voilà dans quel état d’esprit j’étais avant de découvrir cet album. Compte tenu de mes lectures ces derniers temps, j’appréhendais que la sérénité de cette tranche de vie réalisée tout en « finesse, simplicité et sensibilité » (à en croire la présentation de l’éditeur) ne me laisse de marbre. Que Paul pouvait bien avoir de nouveau à raconter ?

Puis, d’échange en échange, je retins le conseil de David qui m’orientait en me disant que si je n’avais qu’un Paul à lire, ce devait être Paul en appartement.

Une rencontre avec l’auteur m’a permis de me procurer cet album prometteur. Le temps de s’installer et la lecture commence. Une lecture que j’ai appréciée. Il est vrai qu’on se laisse facilement porter par ce récit tranquille de jours heureux sans réelles anicroches du quotidien. La mise en scène est ludique est même la découpe des planches (chaque page se découpe invariablement en 3 bandes) ne crée aucun ronronnement, aucune lassitude. Les dialogues des personnages n’ont pas été retravaillés comme cela a été le cas pour Le magasin général. Le lecteur francophone profite donc du franc-parler québécois. Comme le disait Suzanne, personnage qui fait une courte apparition dans Journal d’un corps (l’avez-vous lu ?) : « Vous autres, maudits Français, toujours à parler avec votre bouche en cul-de-poule, comme si vous chiiez des œufs en or sur nos pauvres têtes ! (…) L’accent disait Suzanne, c’est la langue telle qu’on la mange ! Toi le français tu le chipotes, moi je m’en goinfre » (page 131 ; Journal d’un corps © Futuropolis 2013). L’accent donc, c’est certainement ce qui donne cette touche d’originalité et de fraicheur au récit. Du moins, ce phrasé vient pimenter les pages de cet album.

C’est avec beaucoup plus de plaisir que je découvre le trait de Michel Rabagliati. Juste, précis, explicite, fluide et mettant en scène des personnages longilignes. Le dessin au feutre est fluide et équilibré.

PictoOKDouce découverte de l’univers de Paul. J’ai aimé mais le coup de cœur est resté loin de moi. Il me semble ne pas avoir eu le temps d’apprivoiser ce personnage qui se livre de manière spontanée. J’étais mal à l’aise également de débuter cette série par le tome 3… Pour autant, je ne suis pas certaine que je découvrirais d’autres Paul car je suis peu tentée à l’idée de financer l’acquisition des autres tomes (à 17 euros l’ouvrage…).

Le combat Atar Gull versus Paul chez David et les chroniques de Cuné, Moka.

Une adaptation cinématographique est prévue, le tome 8 est annoncé pour 2014 et Les éditions La Pastèque n’en finissent pas de s’épanouir

Extrait :

« Ce fut ma première visite dans une vraie grande ville, et je ressentirai la même chose dans les autres grandes villes que je visiterai plus tard. Les grands centres se ressemblent tous : des mers de voitures, des quantités démentes d’affiches publicitaires, des gens qui courent dans tous les sens et toujours cette sensation de vide social, malgré tout ce qui s’y passe » (Paul en appartement).

Du côté des challenges :

Petit Bac 2013 / Prénom : Paul

Petit Bac 2013
Petit Bac 2013

Paul

Tome 3 : Paul en appartement

Série en cours (7 tomes publiés à ce jour)

Editeur : La Pastèque

Dessinateur / Scénariste : Michel RABAGLIATI

Dépôt légal : avril 2004

ISBN : 978-2-922585-22-3

Bulles bulles bulles…

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Paul, tome 3 – Rabagliati © La Pastèque – 2004