Où es-tu Léopold ?, tome 4 (Schmitt & Caut)

Schmitt – Caut © La Boîte à bulles – 2015
Schmitt – Caut © La Boîte à bulles – 2015

Cette fois, rien ne va plus. Léopold maîtrise désormais plutôt bien son pouvoir d’invisibilité. Il n’a même plus besoin de se mettre tout nu pour être invisible d’autant plus depuis qu’il a son costume de Super-Leo fabriqué par sa grand-mère et qu’il sait lire à l’envers les étiquettes de ses vêtements pour les rendre invisibles eux aussi. Tout va donc plutôt bien dans un environnement familier (maison, école, rue)… mais à la campagne… Car le temps des vacances est venu et il est l’heure pour Léopold et Céline – sa sœur – d’aller chez Papy et Mamie. Durant le trajet, Léopold rêve déjà de faire une peur bleue à tout le monde mais Céline n’a pas le même avis sur la question.

Sitôt arrivé, Léopold découvre le sort bien peu enviable qui attend les animaux de la ferme. Poulets, cochons… tous sont destinés à terminer sur les étals du boucher du village. Léo se met au défi de les sauver de l’abattoir. Lorsqu’un jour, c’est la panique chez les habitants. Tous se sont fait voler leurs clés, que ce soit celles de la maison, de la voiture ou du travail. Et tout le monde s’inquiète. Voilà l’occasion rêvée pour faire savoir aux gens que super-Léo est un héros très gentil.

Quatrième tome de la série qui est née en 2011. Initialement publiée chez Dupuis (tome 1 : On voit ton pyjama !, tome 2 : Un pacte en hiver), la série a ensuite migré chez La Boîte à bulles à l’occasion de la sortie du troisième tome (Cache-toi, voilà Alice !).

Dans cet univers écrit par Michel-Yves Schmitt, on côtoie un petit bonhomme au début aussi étonné que nous de se découvrir le don d’invisibilité, surprise qu’il tournera à son avantage dans le premier tome afin de faire bisquer sa sœur à la moindre occasion. Depuis, ce petit énergumène a appris à utiliser son pouvoir sans essuyer de mauvaises surprises. De nature espiègle et doté d’une imagination fertile, Léopold ne pouvait voir son don que comme une aubaine. Le scénariste n’a de cesse que d’inventer mille et un prétextes pour pouvoir mettre en scène son petit héros dans des situations assez cocasses. A l’école, à la maison, au parc, tout est bon pour se dérober à la vue des autres et faire des tours pendables. Où es-tu Léopold ? offre ainsi à ses jeunes lecteurs la possibilité de plonger dans un univers proche du leur. Ce dernier est saupoudré d’une généreuse dose de fantastique qui permet de placer au centre du récit des préoccupations enfantines mais celles-ci trouvent leurs solutions grâce à des cas de figure originaux. De fait, les choses sont légèrement décalées et permettent à l’enfant lecteur de profiter d’un moment de lecture ludique.

Le crayon de Vincent Caut a depuis longtemps trouvé son crédo. Sur les bouilles rondes des personnages, les émotions et expressions de visages sont explicites. Les couleurs punchy des illustrations installent une bonne humeur qui est quasi omniprésente. Enfin, le coup de crayon de l’auteur permet une grande lisibilité. Il y a quelque chose de très fluide dans la manière dont il fait se mouvoir ses personnages.

PictoOKCe tome offre un bon moment de divertissement. Le lecteur, petit ou grand, a plaisir à découvrir les facéties de Léopold et de sa sœur. Ces deux-là ne manquent vraiment aucune occasion de se faire des tours pendables. De nouveau, ils vivent de passionnantes et complices aventures.

Où es-tu Léopold ?

Tome 4 : Micmac à la ferme

Série en cours

Editeur : La Boîte à bulles

Collection : La Malle aux Images

Dessinateur : Vincent CAUT

Scénariste : Michel-Yves SCHMITT

Dépôt légal : juillet 2015

ISBN : 978-2-84953-213-3

Bulles bulles bulles…

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Où es-tu Léopold, tome 4 – Schmitt – Caut © La Boîte à bulles – 2015

Où es-tu Léopold ?, tome 3 (Schmitt & Caut)

Schmitt – Caut © La Boîte à bulles – 2013
Schmitt – Caut © La Boîte à bulles – 2013

Il y a deux ans, Léopold découvrait qu’il avait le don d’invisibilité. Au début, il y avait pourtant un gros inconvénient : Léopold était incapable de faire disparaître ses vêtements. Puis, il fit une seconde découverte : en lisant à l’envers les étiquettes de ses habits, ceux-ci pouvait disparaître en même temps que lui. Depuis, Léopold utilise son don à sa guise : à la maison, à l’école, à la boulangerie… il n’a plus de raison de se priver de faire des farces à tout va. Sa sœur, qui est pourtant la seule à connaître son secret, en fait souvent les frais.

Mais pour un petit garçon, c’est très facile de se laisser prendre par le jeu… et d’oublier de prendre ses précautions. C’est ce qui lui arrive un jour à l’école. Trop occupé à rire de la sale blague qu’il vient de faire à sa sœur Céline, Léopold se cache derrière un arbre pour réapparaître sans que sa frangine ne le remarque. Sauf que non loin de là se trouve Alice, une camarade de classe de Léopold. Et Alice a tout vu !! Du moins, elle est certaine que Léopold a un pouvoir. Mais en bonne première de la classe, elle a besoin d’avoir la certitude qu’elle est dans le vrai. Elle décide donc de ne plus lâcher Léopold d’une semelle… au grand dam du garçon qui va découvrir qu’Alice aussi a un super pouvoir : « Elle est super casse-pieds ! »

Le premier tome d’Où es-tu Léopold est sorti en février 2011. Une jolie découverte que nous avions faite grâce à Jérôme.

Chaque tome propose une douzaine d’histoires courtes (trois ou quatre pages). Le héros est malicieux. L’humour potache accompagne le lecteur d’un gag à l’autre. Une bulle de chewing-gum éclatée, une part de gâteau au chocolat volée à sa grande sœur, la bouteille de mousse à raser qui n’en fait qu’à sa tête ou un pet odorant lâché en pleine cour de récré… Michel-Yves Schmitt semble avoir gardé son âme d’enfant pour savoir aussi bien rebondir de bêtise en bêtise. A entendre les rires de nos petits lecteurs, il est évident que l’auteur fait mouche auprès de son lectorat. Chaque objet et chaque situation sont détournés avec beaucoup de naturel, on ne peut que s’amuser de tant d’espièglerie.

Le travail de Vincent Caut porte à merveille cet univers. Les couleurs pétillent sur un dessin minimaliste et souvent caricatural. Chaque page se découpe en trois bandes de deux cases, offrant ainsi au jeune lecteur la possibilité de profiter d’une lecture fluide. Les dialogues sont succincts même si, dans ce tome, on est ponctuellement face à certains passages un peu plus volubiles. Le texte des bulles est écrit en gros caractères… parfait pour des enfants qui sont en plein apprentissage de la lecture.

L’avis concis de Monsieur Lutin :

« Ça parle de Léopold. Qui est Léopold ? Mais c’est l’homme invisible !!
Le livre parle de Léopold, de Céline (sa sœur) d’Alice (une fille qui embête Léopold) et Scanner (le chien d’Alice). Léopold est à l’école et Alice l’embête parce qu’elle a vu qu’il savait se rendre invisible. Et Léopold essaye de trouver des moyens pour se protéger d’Alice.
J’aime beaucoup Léopold parce que c’est rigolo quand il se rend invisible et quand il fait des blagues à sa sœur Céline. Et j’adore les blagues où Scanner (le chien d’Alice) fait pipi sur Léopold. Ça me donne envie d’être invisible pour faire des blagues à tout le monde… »

Une lecture que je partage avec Mango

Logo BD Mango Noir

PictoOKUne lecture ludique où le jeune lecteur a tendance à s’identifier facilement au personnage principal. Du moins, il faut reconnaitre que Léopold crée bien des convoitises avec son don d’invisibilité ! une fois n’est pas coutume, le fait de profiter d’un vocabulaire plus châtié qu’à l’accoutumée provoque généralement chez l’enfant-lecteur un rire franc et tonitruant…

Le tome 4 est en préparation.

Du côté des challenges :

Petit Bac 2013 / Prénom : Léopold

Petit Bac 2013
Petit Bac 2013

Où es-tu Léopold ?

Tome 3 : Cache-toi, voilà Alice !

Série en cours

Editeur : La Boîte à bulles

Collection : La malle aux images

Dessinateur : Vincent CAUT

Scénariste : Michel-Yves SCHMITT

Dépôt légal : mars 2013

ISBN : 978-2-84953-168-6

Bulles bulles bulles…

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Où es-tu Léopold, tome 3 – Schmitt – Caut © La Boîte à bulles – 2013

Ma vie d’adulte (Bauthian & Schmitt)

Ma vie d'adulte
Bauthian – Schmitt © La Boîte à Bulles – 2012

A l’approche de la trentaine, Elisa a des doutes. Elle qui a pris l’habitude de vivre au jour le jour, dans l’insouciance et sans s’engager, elle commence à changer son fusil d’épaule. Et s’il était temps de penser à un plan de carrière ? Et si le moment était venu de s’assumer enfin, comme tout adulte est censé le faire ?

Quoiqu’il en soit, cette crise existentielle marque la fin des petits jobs alimentaires dont elle se contentait jusqu’à présent. Et c’est sans nul doute le moment opportun de regarder sous un autre angle la relation qu’elle a depuis plus de 10 mois -un record pour elle- avec Paul. Mais que va-t-il advenir de cela ?

Pour quelles raisons ais-je souhaité découvrir cet album ? Tout d’abord, parce qu’il est dessiné par Michel-Yves Schmitt qui m’avait déridé, ainsi que Monsieur Lutin, avec Où es-tu Léopold ? Ensuite, le sujet de l’album m’intéressait : une quête identitaire, une quête de repères affectifs et professionnels. Le dossier de presse de l’éditeur était alléchant sur ce point. Enfin, et parce que je ne suis jamais avare en découverte, c’était l’occasion de découvrir Isabelle Bauthian que j’avais croisée dans En chemin elle rencontre et que je souhaitais découvrir suite à des avis que j’avais lus sur un autre de ses albums : Anathème.

Me voici donc partie à la rencontre d’Elisa. Je me suis attachée à ce personnage fictif… pire, je me suis reconnue en elle. Rien d’étonnant lorsqu’on lit la dédicace que la scénariste a rédigé en préambule :

« à tous les amis, connaissances et rencontres de passage, adultes, ados attardés, inadaptés involontaires, rebelles malgré eux, idéalistes, ambitieux, naturels, artistes réalistes, terre à terre décalés, inquiets de l’avenir ou confiants en eux-mêmes, qui m’ont permis de créer le personnage d’Élisa ».

Je ne sais pas à quelle catégorie j’appartiens, mais ce qui me plait le plus chez Elisa, c’est sa franchise. Un personnage touchant, sincère et qui porte très bien cette quête féminine que nous partageons toutes plus ou moins. Cette audacieuse héroïne a de la prestance et une force de caractère appréciable. La survenue de ses doutes existentiels ne la contraint pas à piétiner ses propres convictions. Elle n’y va pas par quatre chemins pour dire aux autres ce qu’elle a sur le cœur, ce qui a tendance à heurter les gens de son entourage, à commencer par ses collègues de travail qu’elle côtoie quotidiennement.

Le scénario d’Isabelle Bauthian mêle dialogues et voix-off d’Elisa. A feuilleter, l’album semble verbeux mais ce n’est pas l’impression que l’on a lorsqu’on est dans la lecture. La narration à la première personne permet à l’auteure de développer un personnage assez critique sur lui-même, son introspection est intéressante d’autant que la jeune trentenaire est loin d’être dupe quant au bilan à faire sur son parcours. Ce qui motive Elisa n’est donc pas la question du paraitre mais bel et bien de se donner les moyens de construire une vie qui lui ressemble. Et force est de constater que si son comportement a tendance à la desservir dans les relations qu’elle peut nouer avec les uns et les autres, au final… elle atteint ses objectifs. Petit bémol de lectrice : je trouve que le récit manque de rythme. A plusieurs reprises, on hésite quant à la manière d’accueillir l’état d’esprit du personnage : mélancolie ou simple passage à vide ? Aigreur passagère ou difficulté à assumer ses choix ? En somme, on est face à une banale « tranche de vie ». Il n’y a pas de suspens à cette histoire si ce n’est la question de savoir ce qu’il va advenir de cette prise de conscience individuelle. La force du récit tient au fait qu’il s’appuie sur une jeune femme crédible, censée et plus mature qu’elle ne le laisse à penser. Isabelle Bauthian a trouvé un bon compromis pour traiter son personnage : entre doutes identitaires, respect de ses convictions et inscription dans la vie active, cette lecture ludique aborde assez finement un sujet de société actuel.

Coté graphique, je découvre le travail de Michel-Yves Schmitt (puisqu’il signe Où es-tu Léopold ? en tant que scénariste). Le trait est parfois maladroit sur certaines expressions, j’ai notamment eu du mal à accepter l’absence de jeux de regards entre les personnages. Du moins, le fait que le dessinateur leur ait placé de simples billes blanches et vides à la place des yeux a tendance à déposséder ces individus d’une quelconque âme. Dans cet album, les visuels sont totalement au service du scénario et la découpe efficace des planches donne finalement rythme et fluidité à l’ensemble. La mise en couleur est assurée par Virginie Blancher. La grisaille et le côté conventionnel de la colorisation des premières planches laissent peu à peu la place à des teintes plus toniques, ce qui fait écho au processus dans lequel le personnage principal est inscrit. A mesure qu’il s’affirme, les couleurs gagnent en force et en contraste.

PictoOKJ’ai apprécié cet album-détente qui développe une réflexion sur le sens de la vie et le sens des valeurs assez proche de celle que je partage. C’est peut-être pour cette raison que je suis aussi enjouée alors qu’un autre lecteur n’y verrais peut-être qu’une tranche de vie assez classique, voire illusoire ?

Je remercie La Boîte à Bulles pour cette découverte.

Ma vie d’adulte

One Shot

Éditeur : La Boîte à bulles

Collection : Champ livre

Dessinateur : Michel-Yves SCHMITT

Scénariste : Isabelle BAUTHIAN

Dépôt légal : avril 2012

ISBN : 978-2-84953-141-9

Bulles bulles bulles…

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Ma vie d’adulte – Bauthian – Schmitt © La Boîte à bulles – 2012

Où es-tu Léopold ?, tome 1 (Schmitt & Caut)

Où es-tu Léopold, on voit ton pyjama !
Schmitt – Caut © Dupuis – 2011

Léopold est un petit garçon de 6 ans. Un jour, il découvre qu’il peut devenir invisible !!

Face à cette découverte étonnante, sa première confidente est Céline, sa grande sœur. Céline sera également une victime toute trouvée pour les essais et réglages auxquels Léopold se livre.

Source de chamailleries, le pouvoir de Léopold va également accroître la complicité de la fratrie.

Le postulat de base est assez sympathique et la mise en images l’est tout autant.

De farces en farces, on découvre l’univers de Léopold au rythme d’historiettes de trois pages. Le personnage évolue au fil de l’album. Un don qu’il va découvrir puis expérimenter seul ou avec son cobaye fétiche (sa sœur). C’est l’occasion, pour le lecteur, de s’amuser avec quelques gags souvent bien trouvés pourtant, j’ai trouvé que certains d’entre eux n’étaient pas forcément accessibles aux petits lecteurs, comme celui où Léopold s’imagine qu’un jour, son pouvoir sera révélé au monde entier et que la CIA débarque chez lui et le conduit dans un laboratoire où un savant fou s’acharne à comprendre l’origine de son don. Concrètement, Monsieur Lutin est totalement hermétique à ce genre d’humour décalé du moins pour le moment.

La découpe en scénettes permet de donner un bon rythme à cette bande-dessinée. On ne dispose que du minimum syndical nécessaire à la compréhension des gags mais, de sketch en sketch, la personnalité de Léopold se dévoile ainsi que celle de sa sœur. Les parents sont en revanche assez absents et leurs interventions sont utilisées uniquement à des fins comiques. En qualité d’adulte, j’ai trouvé certaines explications tirées par les cheveux mais un enfant n’y voit que du feu, d’autant que leur présence est au service du personnage et de son environnement.

Les dessins sont chaleureux. Cette impression est renforcée par les choix de couleurs retenus par Vincent Caut. L’univers est ludique et pétillant.

Quant à Monsieur Lutin, il adore malgré sa difficulté à se représenter Léopold quand il est invisible (mon Lutin a 5 ans)… c’était plus facile pour lui tant que l’enfant ne savait pas rendre ses vêtements invisibles mais dès lors qu’il a trouvé « l’astuce », l’absence d’indices pour trouver la place de Léopold dans la case le déstabilise. Il se tord de rire à certains gags, reste assez perplexe à d’autres. J’avoue que je suis sceptique quand à la pertinence de certains gags, plus accessibles (selon moi) à des petits lecteurs plus âgés – 8 ans -… un degré d’humour parfois peu adapté en somme, j’espère que les auteurs ajusteront le tir sur les albums suivants. Pour l’heure, mon Lutin a bien investit le personnage, s’amuse en imaginant les farces qu’il ferait à son petit frère (lui piquer ses jouets), son frère (lui prendre ses « petites pièces d’argent qui traînent partout)… et sa mère (lui cacher son ordinateur !! :shock:).

Sur les conseils de Jérôme, qui m’a fait la surprise de m’offrir l’album et dont voici la chronique, la lecture de cet album intègre le Challenge PAL Sèches

PictoOKUne nouvelle série jeunesse amusante, drôle et sympathique. Je suis curieuse de lire la suite (parution du tome 2 prévue le 2 septembre 2011) et de savoir si l’accueil de Monsieur Lutin (pour ce récit) sera aussi favorable.

L’album a été réédité chez La Boîte à Bulles en 2013.

Où es-tu Léopold ?

Tome 1 : On voit ton pyjama

Série en cours

Éditeur : Dupuis

Dessinateur : Michel-Yves SCHMITT

Scénariste : Vincent CAUT

Dépôt légal : février 2011

ISBN : 978-2-8001-4961-5

Bulles bulles bulles…

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Où es-tu Léopold ?, tome 1 – Schmitt – Caut © Dupuis – 2011