La Revue Dessinée, numéro 1 (Collectif)

La Revue Dessinée, numéro 1 (automne 2013)
La Revue Dessinée, numéro 1 (automne 2013)

J’ai entendu parler de ce projet depuis bientôt un an. Mais c’est à l’automne 2011 que les choses ont commencé à prendre tournure. A cette époque, Franck Bourgeron contacte quelques auteurs pour leur proposer l’idée d’une revue :

Parce qu’ils constatent la paupérisation des auteurs de bande dessinée, ils décident que La Revue Dessinée permettra aux auteurs de prépublier leurs travaux, avant de les proposer aux éditeurs classiques. Il faut le dire, les cofondateurs sont d’abord des créateurs qui veulent redonner de la valeur à leur métier

(source : site de La Revue Dessinée)

L’équipe se constitue autour de six personnes : Franck Bourgeron, Olivier Jouvray, David Servenay, Sylvain Ricard, Virginie Ollagnier et Kris.

Début 2013 marque la seconde étape : la présentation officielle de La Revue Dessinée (LRD), la soirée arrosée lors du FIBD, l’appel aux financements ouvert sur Ulule, l’ouverture du site de LRD

Septembre 2013 : sortie du premier numéro de cette revue trimestrielle accessible en numérique et en version papier. Chaque trimestre proposera son lot de reportages, à l’instar de ce numéro de 228 pages qui regroupe :

… Reportages…

Côté reportages, j’ai notamment apprécié le reportage de Christian Cailleaux qui nous emmène explorer les mers australes. Ce voyage s’est déroulé en avril 2013. Une expérience d’un mois à bord de la frégate Floréal. En compagnie de l’équipage de l’Armée française, il partage cette mission de ravitaillement des équipes scientifiques installées sur les îles de l’hémisphère sud : Crozet, Kerguelen, Heard, McDonald, Saint-Paul-et-Amsterdam. Il relate sa rencontre avec ces marins peu ordinaires, militaires de carrière ou engagés volontaires dont la vie est conditionnée par les différentes affectations qu’on leur attribue. On partage leur quotidien, leur inquiétude, leurs ambitions.

A chaque départ d’escale, il y a une sorte d’enthousiasme de course vers le large. On veut libérer les chevaux et on oublie quelques règles de prudence.

Outre cette mission de ravitaillement, ils ont aussi une mission de surveillance des eaux territoriales françaises (faire respecter les lois en matière de réglementation de la pêche par exemple). Cette mission sera finalement écourtée puisqu’en court de route, ils devront secourir un jeune scientifique dont le pronostic vital est engagé suite à la chute accidentelle qu’il a faite ; l’équipe devra le rapatrier en urgence vers les services hospitaliers de La Réunion. Les lecteurs qui ont lu Voyage aux îles de la Désolation feront certainement le parallèle entre les deux récits pourtant ces deux expériences sont aussi différentes que complémentaires.

Deux autres reportages sont également présents dans ce numéro un : le premier est réalisé par Jean-Philippe Stassen (Le bar du vieux français, L’île au trésor, Déogratias…) et relate la manière dont la campagne électorale de Joseph Kabila est perçue par la diaspora congolaise de Matonge (quartier de Bruxelles). Quant au second, il nous emmène visiter le Zoo du Jardin des Plantes à Paris. Un reportage en deux parties (la seconde partie sera publiée dans le numéro deux) réalisé par Marion Montaigne.

Après chaque reportage, un court dossier thématique revient sur les informations-clé du sujet : dates à retenir, statistiques, interview…

… Enquêtes…

Egalement bien représentées. Ce tome de lancement nous emmène aux côté des agriculteurs du Nord-Pas-De-Calais. Une rencontre avec un jeune agriculteur qui souhaite s’installer à son compte. Pour se faire, il recherche un fermage mais se heurte au problème de l’arrière fumure, « cette pratique s’est largement généralisée mais équivaut à réclamer un « droit » à exploiter une terre, ce qui est interdit par le Code Rural ». Ces pots-de-vin sont un réel frein à l’installation des jeunes agriculteurs qui n’ont pas d’apport financier et/ou la possibilité de racheter des terres d’un proche (famille) agriculteur. Il y a un gros travail de recherches documentaires qui a été réalisé par le trio d’auteurs Manon Rescan, Damien Brunon et Sébastien Vassant.

La seconde enquête, proposée par Sylvain Lapoix et Daniel Blancou, s’intéresse au gaz de schiste. Le premier volet de l’enquête (les deux autres volets seront publiés dans les prochains numéros) explique comment l’homme a découvert ces gaz et « met en lumière les origines de l’épopée dans laquelle se sont lancées outre-Atlantique, (…) les grandes entreprises du secteur énergétique ». Le scénario est dense, le contenu est assez didactique.

Comme pour les reportages, les enquêtes sont complétées d’un court dossier thématique (d’un page) regroupant les informations essentielles à détenir et renvoie à une bibliographie pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet. J’ai eu un peu plus de mal avec ce type de travaux. C’est long, didactique et le rythme de lecture s’en ressent…

… Documentaires…

Un documentaire qui est, pour ce premier numéro, réalisé par Olivier Bras & Jorge Gonzãlez et raconte la chute du président chilien Salvador Allende. Superbe.

… Chroniques…

Enfin, des interludes plus ludiques sont insérées entre chaque dossier thématique : ce sont de courtes chroniques, souvent humoristiques, qui traitent des sujets aussi variés que l’informatique, la sémantique, l’économie, le sport. Ces rubriques nous permettront de retrouver chaque trimestre des auteurs comme Olivier Jouvray & Maëlle Schaller (chronique d’anticipation), Le Binôme (chronique économie), James (pour une leçon de sémantique), Hervé Bourhis & Adrien Ménielle (chronique informatique), Arnaud Le Gouëfflec & Nicolas Moog (chronique musicale)…

Entre chaque numéro, le site de LRD propose des contenus exclusifs qui prolongent la lecture de chaque parution et permet aussi de patienter. Prochain rendez-vous en décembre avec la suite des reportages de Marion Montaigne et de Sylvain Lapoix. Sont déjà annoncés les reportages d’Emmanuel Lepage (à Fukushima), Jean-Marc Manach & Nicoby (en Libye) et un duo que j’attends puisqu’il réunit David Servenay et Kokor (sur les marchands d’armes).

Quoi qu’il en soit, les amateurs de BD-reportages devraient apprécier. Un bon moyen de se sensibiliser à certains sujets d’actualité et de découvrir des auteurs.

La Revue dessinée sur Internet c’est un site, un blog, une page Facebook

Les articles sur LRD : 20minutes, France Inter, Blog picard.

La Revue dessinée

Revue trimestrielle réalisée par un collectif d’auteurs

Numéro 1 : automne 2013

Dépôt légal : septembre 2013

ISBN : 978-2-7548-1014-2

228 pages – 15 euros

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La Revue Dessinée, numéro 1 (Automne 2013)

Le jour où… France Info 25 ans d’actualités (Collectif d’auteurs)

Le jour où... France Info 25 ans d'actualités
Collectif d’auteurs © Futuropolis & France Info – 2012

1987-2012.

Cet album retrace les faits majeurs qui ont marqués l’actualité durant cette période : la chute du mur de Berlin, l’attentat du 11.09.2001, la tempête de 1999, l’élection d’Obama…

Chaque chapitre est couvert par un auteur ou un duo d’auteurs, mettant ainsi en exergue toute la richesse, la technicité et la variété de la bande dessinée.

Le lien vers la fiche éditeur est inséré dans les références de l’album (en bas d’article).

Cela faisait très longtemps que je souhaitais lire la première version de cette collaboration entre France Info et Futuropolis.

Mitchul présentait ici cette édition, celle dont je vais vous parler est une version augmentée de 7 chapitres (couvrant les années 2008-2012).

Chaque sujet est abordé de manière très personnelle. Le cahier des charges adressé aux auteurs semble large. Certains sont scrupuleux quant au sujet et partagent points de vue et connaissances sur l’événement. D’autres détournent le sujet et abordent ce « buzz médiatique » indirectement ; certes, quelques anecdotes rapportées ici n’apportent rien au sujet mais ce cas de figure se présente ponctuellement.

De David B. à Davodeau, de Jean-Denis Pendanx à Igort, de Stassen à Sacco… imaginez la richesse de styles, de graphismes et de points de vue !!

Je n’aborderais pas le détail de chaque nouvelle et la manière dont les sujets sont traités. Deux récits ont cependant retenu mon attention :

  • Le travail de Pierre Christin & Guillaume Martinez (repéré récemment dans Motherfucker) : la narration très journalistique tout d’abord. Christin énumère les impacts de l’événement aux quatre coins de la planète, mettant ainsi en exergue la diversité des accueils consacrés à cette information allant ainsi de la plus farouche des paranoïas (des chrétiens fondamentalistes de l’Arkansas au « obsessionnels du chiffre 11) à l’indifférence totale dans les régions les plus reculées d’Afrique Noire ou dans les communautés ouvrières du sud de la Chine. Le dénouement tombe comme un couperet au terme de 8 pages. Le graphisme de Guillaume Martinez est sombre, réaliste, délicat bref… le ton est juste de bout en bout pour ce volet d’actualité.
  • Le travail d’Etienne Davodeau sur la tempête de décembre 1999. C’est beau, poétique et la narration joue parfaitement avec une ambiguïté très bien dosée entre premier et second degré. La métaphore est belle et la narration… tant de charme et d’ironie s’en dégage ! Voici comment cela commence :

J’ai toujours bien aimé le vent. Là où je vis, c’est le vent d’ouest qui règne en maître, familier mais changeant. L’hiver, cet idiot fait du zèle, distribuant ses averses sans avarice. Pour se faire pardonner, certains soirs, il nous invite au spectacle et nous offre un crépuscule sanguine et ardoise. On pardonne. Au printemps, bon ouvrier, il se fait brise guillerette. Toujours prêt à rendre service, il transporte sans barguigner pollens et giboulées

… je vous laisse découvrir la suite lors de la lecture… Pour illustrer cette ode au vent et contrecarrer la douceur de ses mots, les visuels de l’auteur se teintent d‘ocres, de bruns et de gris et mettent en scène l’élément quand il se déchaîne. Superbe.

PictoOKLes amateurs de BD reportages devraient apprécier tant la qualité des compositions que les propos qu’elles contiennent.

Les chroniques : Jérôme, Eric Guillaud, Madoka, Gwordia et Bulles en Champagne (site consacré au Festival éponyme).

Extrait :

« Perdre sa liberté, c’est perdre sa dignité. Le rapport avec toi-même ne t’appartient plus. Tu ne peux plus décider seule ce que tu ressens dans ton cœur. Tu essaies de vivre dans ta tête… dans tes pensées. C’est là la seule liberté que l’on ne peut jamais t’enlever. Jamais. Et tu en arrives même à haïr ton corps, car il est source de douleur, même si c’est la seule chose qui te fasse sentir en vie » (Le jour où… France Info 25 ans d’actualitésLa Libération d’Ingrid Bettancourt par Igort).

Le jour où… France Info 25 ans d’actualités

Anthologie

Éditeurs : Futuropolis & Editions Radio France

Collectif d’auteurs :

en plus des auteurs pointés par les Catégories de publication de mon article (voir au début de l’article, en dessous du titre de l’album), ont également collaboré à cet ouvrage :

Thierry MARTIN, BLUTCH, Jean-Claude DENIS, Jacques FERRANDEZ, Mathieu BLANCHIN, Christian PERRISSIN, Emmanuel MOYNOT, Jean-Pierre FILIU, Cyrille POMES, TIGNOUS, Miles HYMAN & JUL

Dépôt légal : juin 2012

ISBN : 978-2-7548-0822-4

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le jour où… France Info 25 ans d’actualités – Collectif d’auteurs © Futuropolis – 2012

L’Ile au trésor (Venayre & Stassen)

L'Ile au trésor
Venayre – Stassen © Futuropolis – 2012

Dans un quartier d’une ville française, un pâté de maison est en cours de démolition. Mais les habitants du quartier sont perplexes : les travaux sont suspendus depuis un moment déjà. Vont-ils reprendre et surtout, comment expliquer la présence constante de vigiles sur ce chantier ?

Pour l’heure, Jacquot ne s’en soucie pas trop. Cette enfant d’une douzaine d’années tente de supporter l’insupportable. Son père est gravement malade. Elle espère qu’il guérira mais on lui a déjà expliqué qu’il y avait peu de chances de s’en sortir. En attendant, elle fait comme elle peut pour préserver « Le fils d’Étienne », le bar-hôtel dont son père est le patron. Avec l’aide de quelques amis, dont Thomas et David, la fillette peut donner le change aux clients de passage. D’ailleurs, ils ne seront pas trop de trois à tenir à l’œil ce drôle d’oiseau qui franchit la porte de l’estaminet. Guillaume Desnos commence par commander un repas qu’il accompagne d’une bouteille de champagne. Ensuite, vient rapidement le temps des confidences qu’il glisse à l’oreille de Jacquot : « Je vais rester ici plusieurs jours, Jacquot. Sans doute dans ma chambre à l’étage. Un peu ici aussi, dans la salle. Peut-être que quelqu’un me cherchera pendant ce temps. (…) Si quelqu’un demande Guillaume Desnos, tu réponds que tu ne sais pas qui c’est et tu viens tout de suite me prévenir, d’accord ? (…) Si l’homme qui me cherche a une sale gueule, Jacquot… tu vois ce que c’est qu’une sale gueule ? Une gueule de traître, une vraie gueule de mauvais, avec en plus une tête toute ronde et des cheveux blonds. S’il a cette gueule-là, et surtout si tu vois qu’il boîte (…) et qu’il s’appuie sur une canne avec un pommeau d’argent…  tu souffles dans ce sifflet le plus fort que tu peux, d’accord, Jacquot ? ».

C’est une aventure troublante que Sylvain Venayre nous propose. Inspirée du roman de Robert Louis Stevenson, elle aborde des sujets comme la politique, la cupidité et la corruption. Le scénario intrigue et distille lentement ses éléments narratifs. Le scénariste prend le temps d’installer ses personnages et parvient peu à peu à emmener son lecteur dans une histoire urbaine dérangeante. Quant à la forme de cet album, elle reprend les six chapitres de l’œuvre initiale ainsi que le nombre de personnages, l’écart d’âge entre chaque protagoniste, le nombre de morts et le moments où ces drames surviennent dans le récit de Stevenson. Sylvain Venayre a transposé l’univers de Stevenson à celui de la ville, la cupidité des hommes reste la même et, dans cet univers cruel, un enfant perd son innocence.

Pourtant, si j’ai apprécié la lecture de cette œuvre, c’est avec un fort sentiment de malaise que j’ai refermé l’album. La raison tient certainement à la présence de Jacquot : cette place qu’on lui accorde dans la société et dans la prise de décisions, le laxisme des adultes à son égard, leur incompétence à la préserver et à la protéger, leur incapacité à percevoir la dangerosité des événements… tout cela me semble incongru. Cette gêne a accompagné ma lecture de bout en bout, m’obligeant à rester simple spectatrice de ce drame humain. J’aurais aimé que certaines interactions entre les personnages soient plus réalistes et plus fouillées, que certains rebondissements soient plus percutants. Certaines interventions me semblent si fictives, si peu crédibles ! Ce qui me trouble, c’est l’aspect survolé de certains aspects narratifs alors que les personnages ont une réelle présence.

Je pense m’être laissée envahir par ces contradictions : la place accordée à cette enfant dénote, personne ne pense à la consoler alors qu’elle est en souffrance (mort de son père), personne ne pense à la mettre à l’abri alors qu’on sait rapidement qu’on est face à des malfrats… Et puis, il y a ce méchant qui joue double-jeu mais qui n’est pas un vrai méchant ni un vrai gentil… j’ai ressenti un flottement à l’égard du personnage de Petit Jean Dargent (Long John Silver dans le roman de Stevenson) qui s’inquiète même des répercussions que cette affaire peut avoir sur Jacquot, au point qu’il la prenne sous son aile. On n’aura jamais la certitude du bien-fondé de ses actes qui se situent quelque part entre sincérité, empathie et manipulation.

Cet album me déstabilise car les rôles sont inversés. Est-ce un aspect du roman que j’avais éludé ?

Graphiquement, c’est avec plaisir que j’ai retrouvé le trait de Jean-Philippe Stassen. Le trait est épais et accentue les expressions parfois médusées, parfois naïves ou mystérieuses des personnages. La colorisation chatoyante rehausse ce monde morbide d’une pointe d’optimisme qui m’a permis de ne pas étouffer totalement. La découpe de planches, les angles-de-vue utilisés donne une bonne dynamique à l’ensemble.

Je retrouve la même ambivalence, dans mon ressenti de lecture, que celle que j’avais ressentie après avoir lu Deogratias ou Les Enfants. Si j’apprécie généralement les univers graphiques de Stassen, je ne peux éviter  de ressentir un quelconque malaise en sortant de ses albums. La manière dont il nous montre ces enfances chahutées voire piétinées me met à mal. Excepté Le Bar du vieux français, je ne parviens jamais totalement à y trouver mes repères. Il y a quelque chose d’assez intrusif, voire d’inquisiteur dans les regards de ses personnages qui me marquent et font vivre ses œuvres au-delà du simple temps de lecture.

Entretien avec Sylvain Venayre en ligne sur BDGest.

L’avis d’Yvan.

Extraits :

« C’est pourquoi la plus belle invention de l’homme, ce n’est pas l’élevage, la roue ou l’écriture. Sa plus belle invention, c’est la société, c’est l’idéal de règles communes, acceptées par tous et permettant à tous de vivre ensemble et de progresser. Bien sûr, pour que cela fonctionne, il faut certains hommes, des hommes qui contraignent les bandits à accepter les règles communes. L’idéal, évidemment, c’est lorsque ces règles sont acceptées par tout le monde, quand elles ne sont pas imposées par un tyran. Aujourd’hui, nous vivons dans cet idéal. C’est magnifique. J’aime cet idéal. (…) Mais pour que le système fonctionne, il faut beaucoup d’argent : de l’argent pour se réunir, pour réfléchir, pour décider et pour convaincre. Il faut beaucoup d’argent. Or si l’on ne comprend pas cet idéal, on ne comprend rien. On ne fait pas le lien entre l’idéal et l’argent. On croit même que l’argent est contraire à l’idéal. Mais il est juste le moyen de l’idéal ! Heureusement, il existe des hommes qui comprennent cet idéal et j’en suis un. Il existe de l’argent qui sert cet idéal et c’est le cas des mallettes que nous recherchons tous ici » (L’Ile au trésor).

« Je vais rester ici jusqu’à la nuit. On a le temps, Jacques de Meung. Je vais t’expliquer ce que j’ai compris de la vie, moi » (L’Ile au trésor).

L’ile au trésor

Challenge Petit Bac
Catégorie Lieu

D’après le roman de Robert Louis Stevenson

Éditeur : Futuropolis

Dessinateur : Jean-Philippe STASSEN

Scénariste : Sylvain VENAYRE

Dépôt légal : février 2012

ISBN : 978-2-7548-0196-6

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’île au trésor – Venayre – Stassen © Futuropolis – 2012

Le Bar du vieux français (Lapière & Stassen)

Le Bar du Vieux Français
Lapière – Stassen © Dupuis – 1999

Voici l’histoire de Leila et Célestin racontée par le Vieux Français.

Leila est une jeune beur. Née en France, elle décide de fuguer à 17 ans en laissant derrière elle cette famille assez traditionaliste d’immigrés hyper-protectrice. Elle se sent brimée, étouffée sous le poids de sa petite vie étriquée, des traditions et de la place préconçue accordée à la femme. Sur le chemin, elle s’arrête à Barcelone où elle rencontre un jeune français… une belle opportunité de poursuivre son voyage vers le Maroc avec un moyen de transport… et de l’argent.

Célestin quant à lui est né en Afrique. A 8 ans, il fuit son village natal en emportant avec lui sa petite sœur KUDI. Leurs parents sont décédés… ils partent vers la ville… ils fuient. Quoi ? On ne sait pas, peut-être cette vie toute tracée et cette absence de reconnaissance. Leur première halte se fera par hasard, dans le village construit pas un missionnaire irlandais. Il va apprendre à Célestin à lire et à écrire. Déjà à cet âge, Célestin a le gout du dessin et marque de son trait les murs et les feuilles qui croisent son chemin. La halte ne dure qu’un temps, Rudy décède rapidement… et Célestin souhaite reprendre son envol vers ses illusions. Il monte vers le Nord, il monte vers la France.

Galères et débrouilles pour les deux, de rencontres en opportunités, leurs pas les conduisent jusqu’à leur rencontre au Bar du Vieux Français, un endroit perdu en plein désert.

Un graphisme magnifique au service du récit.

« Ses planches, à Stassens, sont avant tout climat… ses paysages, sérénité » préambule de Denis LAPIERE.

La première fois que j’ai eu l’opportunité de lire cette œuvre, la similitude d’un lieu perdu au milieu de nulle part m’a frappée avec une référence cinématographique, celle de Bagdad Café.

Mais la musique et le style de Jevetta Steele représentent mal l’ambiance africaine du Bar du Vieux Français… Il y a bien ce côté suave et chaud de la relation qui se crée entre Leila et Célestin, ces rencontres qui se font dans les lieux improbables, ces personnalités qui nous marquent… comme celle du vieux français. Mais voilà, Leila et Célestin nous entraînent en plein cœur du désert africain et leurs musiques n’ont rien à envier à celles de Bagdad Café. Entre récit initiatique et transition entre l’adolescence et la vie adulte, Le Bar du vieux français est un magnifique road-movie, une magnifique plongée dans les sentiments de deux êtres qui vont puiser, dans leur amour réciproque, l’énergie pour attei

PictoOKPictoOKC’est l’une des meilleurs BD qu’il m’ait été donné de lire, l’histoire d’une tendresse particulière qui unit deux êtres… comme une magie.

En vadrouillant sur la toile :

– une interview de Stassen,
– une autre chronique,
– un dossier assez complet d’ART 9 et proposant un bon avis sur la série.

En 1993, le premier tome de la série a obtenu le Grand Prix de la Critique ACBD, l’Alph-Art coup de cœur à Angoulême et le Prix du Jury Œcuménique de la Bande Dessinée. En 2005, le Grand Prix de la Critique ACBD est attribué au diptyque à l’occasion des 20 ans de l’ACBD.

Extraits :

« On croit toujours que la vie est différente ailleurs… non, ce n’est pas la vie qui change, c’est le voyageur » (Le Bar du Vieux Français).

« J’ai une dette de vie. Je ne sais pas si on dit ça comme ça, mais c’est parce que ma petite sœur est morte à cause de moi » (Le Bar du Vieux Français).

Le Bar du Vieux Français

Roaarrr ChallengeIntégrale du Diptyque

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

Dessinateur : Jean-Philippe STASSEN

Scénariste : Denis LAPIERE

Dépôt légal : septembre 1999

ISBN : 9782800156538

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le Bar du Vieux Français, Intégrale – Lapière – Stassen © Dupuis – 1999