Elle s’appelait Tomoji (Taniguchi)

Taniguchi – Ogihara © Rue de Sèvres – 2015
Taniguchi – Ogihara © Rue de Sèvres – 2015

Tomoji Uchida a fondé un temps bouddhiste au Japon. Lieu ressourçant pour Jirô Taniguchi, l’auteur s’explique sur ce qui l’a amené à réaliser Elle s’appelait Tomoji dans un entretien présent en seconde partie d’album :

« La naissance de cette histoire est liée à un temple bouddhiste de la région de Tokyo. Ma femme fréquente ce temple avec assiduité depuis une trentaine d’années, et moi-même je m’y rends de temps à autre, même si je ne suis pas un pratiquant régulier. A la longue, nous sommes devenus familiers de ce lieu et de ceux qui l’animent, ce qui les a conduits à me solliciter pour que je dessine quelque chose dans leur bulletin trimestriel. Leur idée était simple et claire : valoriser ce qui fait la particularité de ce temple, et notamment mieux faire connaître la personnalité et le parcours de sa créatrice (…). J’ai accepté leur proposition. Mais à condition que ce soit à ma manière » (entretien réalisé en août 2014 par Thomas Hantson).

Loin de décrire le quotidien de Tomoji, Jirô Taniguchi a pris le parti de raconter son enfance. De son premier souffle en 1912 jusqu’aux quelques jours qui suivent son mariage avec Fumiako Itô, l’auteur s’arrête sur quelques bribes de ce que fut la jeunesse de cette femme. Née dans une famille unie et aimante, Tomoji fut orpheline de père à l’âge de quatre ans. Peu de temps après, leur mère abandonne le foyer, laissant ainsi ses trois enfants à la garde de leur grand-mère maternelle. L’aïeule les prend en charge sans que jamais elle ne remette en cause leur place à ses côtés. Tomoji grandit entre l’école, les travaux dans les champs et l’aide à apporter au magasin qu’avait créé son père. Les années se succèderont, alternées de petites joies et de peines immenses.

Une enfant dévouée et serviable. Elle fait preuve d’un altruisme important et qui ira croissant tout au long de sa vie. Dommage que cette attention à l’égard de l’autre semble irréelle au regard de notre société occidentale actuelle ! Mais Taniguchi a l’art de bien présenter les choses doublé du fait que ses fidèles lecteurs – maintenant habitués aux us et coutumes de la société japonaise – ne se froisseront pas à la lecture de ces quelques bribes de vie qui se succèdent de page en page, sans grandes surprises. Ainsi, ces lecteurs sauront se satisfaire des petits riens que procurent la vie modeste de Tomoji. Au passage, Jiro Taniguchi marque son récit de quelques événements historiques tel le tremblement de terre de 1923.

On voit le personnage principal cheminer et grandir. De la fillette en plein éveil à la femme épanouie, en passant par l’adolescente qui affine progressivement sa perception des choses et sa compréhension de l’autre, ce personnage est doté d’un altruisme certain et sait se satisfaire de peu.

PictoOKUn parcours de vie rythmé par les saisons. Un trait précis d’une douceur incroyable et une ambiance légèrement doucereuse caractérisent cet album. Il est rare que Jiro Taniguchi s’attarde aussi longuement sur un personnage féminin. Ce récit n’a malheureusement pas la force d’un Sommet des dieux ou d’un Quartier lointain mais offre malgré tout un agréable moment de lecture durant lequel on s’imprègne du mode de vie des paysans de l’ère Taishō.

La chronique de Pierre Darracq.

Du côté des challenges :

Petit Bac 2015 / Pronom personnel sujet : elle

PetitBac2015

Elle s’appelait Tomoji

One shot

Editeur : Rue de Sèvres

Dessinateur : Jirô TANIGUICHI

Scénaristes : Jirô TANIGUCHI & Miwako OGIHARA

Dépôt légal : janvier 2015

ISBN : 978-2-36981-131-2

Bulles bulles bulles…

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Elle s’appelait Tomoji – Taniguchi – Ogihara © Rue de Sèvres – 2015

La Montagne Magique (Taniguchi)

La Montagne Magique
Taniguchi © Casterman – 2007

Eté 1967 à Tottori.

Ken-Ichi a 11 ans. Il est orphelin de père depuis l’âge de 6 ans. Le début des vacances d’été coïncide avec le début de l’hospitalisation de sa mère. Elle doit subir une intervention chirurgicale délicate, son pronostic vital est engagé. Plusieurs semaines de convalescence seront ensuite nécessaires.

Ken-ichi et sa petite sœur, Sakiko, vont devoir vivre un temps avec leurs grands-parents.

Durant cet été, une étrange rencontre va marquer Ken-Ichi et Sakiko à jamais.

J’avais délaissé Taniguchi ces derniers temps et, ça tombe bien, je retrouve des vieux brouillons sur mon ancienne plateforme qui avaient pris la poussière. J’actualise légèrement mais il y a peu de contenu dans cet écrit. La lecture date un peu, c’est difficile pour moi de compléter. J’espère malgré tout que la chronique sera agréable.

La Montagne Magique est le premier album de Taniguchi qui bénéficie d’un tel support : grand format, couverture cartonnée, planches colorisées (pas d’autres « objet » semblable dans les œuvres de Taniguchi jusqu’à la parution, en 2010, du premier tome de Mon Année, fruit d’une collaboration avec Morvan). La préface de l’auteur en donne les clés de compréhension (vous pouvez agrandir l’image au besoin):

La Montagne Magique est donc son premier album au format « européen ». On y retrouve certains thèmes de prédilection de l’auteur : l’absence du père, le monde de l’enfance, le rapport à la faune et à la flore. On y retrouve aussi cette ville de Tottori et une trame de récit fantastique que l’auteur sait exploiter à merveille. On retrouve enfin des personnages spontanés, sensibles et très humains.

Les ambiances graphiques sont sereines, on se perd avec plaisir dans ces bleus-verts très présents sur l’ensemble de l’album. Le trait de l’auteur est libre et mis en valeur par cette magnifique colorisation aux pastels et une découpe de planche très aérée.

Un très beau conte dans lequel on s’emplit des atmosphères de Taniguchi à pleins poumons. Je me suis laissée porter par la magie de ce récit et qu’à cela ne tienne si l’on ressent des airs de déjà-vus avec d’autres albums, on ne s’en lasse pas.

Dans les bonus de l’album, une très belle interview de l’auteur réalisée en 2007 dont voici un extrait.

Je vous propose de découvrir la chronique de David.

La Montagne Magique

One Shot

Éditeur : Casterman

Dessinateur / Scénariste : Jirô TANIGUCHI

Dépôt légal : Septembre 2007

(Direction et coordination éditoriale : Frédéric BOILET)

ISBN : 2203003227

Bulles bulles bulles…

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La Montagne Magique – Taniguchi © Casterman – 2007

Kaze No Shô (Furuyama & Taniguchi)

Kaze No Shô
Furuyama – Taniguchi © Panini Manga – 2004

« Kaze No Shô » ou « Le livres des Vents ».

Nous sommes en 1899 à Tokyo. Des notables viennent consulter un vieil homme surnommé « Le hâbleur de Nagakawa » sur l’histoire du Japon, les luttes de pouvoir, les conflits et les enjeux politiques passés. Le vieillard se remémore ces moments et nous fait remonter en 1649, à l’époque des Samouraïs. Il retrace ainsi les événements majeurs des premières années de l’Époque d’Edo (qui a débuté en 1603).

Quatrième de Couverture :

« En l’An deux de l’ère Keian, époque d’Edo, deux clans s’affrontent dans une guerre sans merci autour d’un manuscrit secret, les Chroniques secrètes des Yagyû. Dans ses pages se trouvent des secrets capables de faire trembler le shogunat des Tokugawa. C’est à Yagyû Jûbei, escrimeur légendaire et gardien des Chroniques secrètes, d’empêcher le Japon de sombrer dans une guerre civile sanglante. Une fascinante plongée dans l’histoire du Japon, mise en scène par deux auteurs-culte du manga, Jirô Taniguchi et Kan Furuyama ».

Kaze No Shô a été publié au Japon en 1992. Il a donc mis 12 ans pour trouver un éditeur français, Panini en l’occurrence.

Avec plaisir, on retrouve ici la touche de Taniguchi. De nouveau, j’ai beaucoup aimé les ambiances sereines et cette impression de liberté, de grands espaces. Par contre, un reproche récurrent qui revient une fois encore pour cet album : les personnages se ressemblent trop et l’identification n’est parfois permise que grâce aux chevelures des personnages. C’est assez désagréable. On trouvera une bonne compensation dans les scènes de combats : les mouvements sont libres, aériens… l’action se décompose parfaitement sous nos yeux, on en a une bonne perception.

Le scénario quant à lui est fluide, riche et intéressant. On explore le Japon féodal, ses rites, ses coutumes et ses traditions…vous admirerez au passage la redondance de mes propos mais il est vrai que l’on baigne pendant tout l’album dans les us et coutumes japonaises, l’art du combat, l’importance du paraître et le respect des autres. Kaze No Shô est pourtant une des rares œuvres de Taniguchi pour lesquelles j’ai peu d’engouement.

Lecture d’Août pour k.bd

PictoOKPetit pouce levé tout de même, je ne dénigre pas la qualité de l’œuvre. La récurrence des scènes de combat provoque chez moi une certaine forme de lassitude sur un album qui compte près de 220 pages.

Je partage cette lecture dans les BD du mercredi de Mango.

Logo BD Mango Noir

Kaze No Shô

Le Livre des Vents

One Shot

Éditeur : Panini Manga

Dessinateur : Jirô TANIGUCHI

Scénariste : Kan FURUYAMA

Dépôt légal : janvier 2004

ISBN : 2-84538-292-8

Bulles bulles bulles…

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Kaze No Shô – Furuyama – Taniguchi © Panini Manga – 2004

Sky Hawk (Taniguchi)

Sky Hawk
Taniguchi © Casterman – 2009

1871. Amérique du Nord.

Deux samouraïs ont fuit le Japon et ont trouvé refuge en Amérique. Pour eux, la difficulté est réelle de se construire des repères et de s’adapter à ce nouveau mode de vie… jusqu’à leur rencontre avec les guerriers de la tribu des Oglalas. C’est alors qu’une nouvelle vie commence…

Je lis très peu de western mais je suis prête à faire des exceptions lorsque ceux-ci sont signés TANIGUCHI… et qu’ils sont introduits par une préface de Moebius. La trame du récit de l’histoire de ces deux hommes s’appuie sur des faits historiques qui sont ceux de la lente extermination, du génocide, des Indiens par les  » Blancs « . Un temps important est  consacré au clivage entre le matérialisme des Blancs avides et le spiritualisme des Indiens.

On parcourt les années 1870 et les différents conflits historiques qui se sont produits entre l’Armée des États-Unis et les tribus indiennes tentant de survivre, la lente construction du chemin de fer et sa percée au cœur des territoires de l’Amérique du Nord, la ruée vers l’or. Il y a beaucoup d’humanité chez les personnages principaux, les Indiens également.

Le trait de TANIGUCHI nous transporte comme à l’accoutumée : l’ivresse des grands espaces  ressort de ces magnifiques planches. Le temps est heureusement révolu où les Indiens apparaissaient comme de véritables êtres sanguinaires tuant sans aucune raison (ça, je le laisse au temps des western du cinéma américain des années 70).


Deux chroniques que j’avais vues concernant Sky Hawk : Sur Kroniks et chez Yaneck.

Autres albums de Taniguchi sur le blog : Le Journal de mon père, Le Sauveteur, Mon Année, Le Gourmet Solitaire, Un Ciel Radieux, L’Homme de la Toundra, Un Zoo en Hiver, Icare

J’ai sorti cette lecture de ma PAL à l’occasion du moi-s manga d’Emmyne.

Sky Hawk

One Shot

Éditeur : Casterman

Collection : Sakka

Dessinateur / Scénariste : Jiro TANIGUCHI

Dépôt légal : octobre 2009

ISBN : 9782203026179

Bulles bulles bulles…

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Sky Hawk – Taniguchi © Casterman – 2009

L’homme de la Toundra (Taniguchi)

L'Homme de la Toundra
Taniguchi © Casterman – 2006

L’homme de la Toundra est un vieil homme charismatique dont sa personnalité est un subtile mélange de dureté et de fragilité, de simplicité et de technicité.

Au cours d’un jour de chasse, il porte secours à deux américains imprudents qui se sont aventurés trop loin dans la montagne et ont été pris au piège par un violent blizzard. Parmi eux, Jack LONDON, un écrivain venu en ces terres froides de l’Alaska à la recherche d’or.

J’ai mis longtemps à venir à cet lecture et c’est l’un des derniers du maître mangaka que je n’avais pas lu. Une lecture qui offre à tous les amoureux de Taniguchi, un doux voyage dans les contrées enneigées.

C’est un recueil de 6 nouvelles. Elles ont pour quasi point commun de se dérouler entre le Nord du Canada et l’Alaska et se situent majoritairement au début du siècle dernier. Elles ont toutes trait au rapport entre l’homme et la nature.

La première de ces nouvelles donnera le titre à l’ouvrage, mais celle qui m’a le plus emballée est la dernière qui s’intitule « Retour à la Mer », une magnifique histoire d’amitié entre un homme est une baleine. Magique !

Je ne reviendrais pas sur le style de Taniguchi, toujours aussi fluide, toujours aussi pur. Et je ne reviendrais pas non plus sur la qualité du graphisme qui me pousse encore une fois à me dire qu’il faut que je relise Le Sommet des Dieux pour revoir ces magnifiques paysages de montagne.

A la base,  je suis n’est pas une grande fan des recueil de nouvelles… partant de ce principe, vous imaginez ma surprise d’avoir autant accroché sur l’ouvrage. La touche de Taniguchi est parvenue à faire une entorse à la règle !

Un petit clin d’œil vers un autre blogueur qui a également été conquis.

Autres albums de Taniguchi : Icare, Le Journal de mon Père, Un Ciel radieux, Un Zoo en Hiver, Le Sauveteur, Le Gourmet Solitaire, Sky Hawk, Mon année

L’Homme de la Toundra

One Shot

Éditeur : Casterman

Collection : Sakka

Dessinateur / Scénariste : Jiro TANIGUCHI

Dépôt légal : février 2006

ISBN : 9782203373846

Bulles bulles bulles…

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L’Homme de la Toundra – Taniguchi © Casterman – 2006

Icare (Moebius & Taniguchi)

Icare
Moebius – Taniguchi © Kana – 2005

Dans un État totalitaire dirigé par une femme Général, Icare a 20 ans. C’est un jeune homme très infantilisé.

Dès sa naissance, son existence a été placée sous secret car il vole ! Le Gouvernement en place veut en faire une arme. Séparé de sa mère alors qu’il n’avait que quelques jours, Icare a été emmené dans un centre de recherche militaire.

Ce laboratoire, c’est aujourd’hui sa maison, une jolie cage dorée. Coopérant de son plein gré, il est totalement isolé du reste du monde. Il se plie volontiers aux différents tests scientifiques, aucune réticence, aucune opposition. Jusqu’à ce que des sentiments amoureux naissent en lui…

Voici le mythe d’Icare revisité par MOEBIUS (scénario) et TANIGUCHI (dessin).

L’interview de MOEBIUS, réalisée par Numa SADOUL et présente en fin d’album, est aussi savoureuse que l’histoire en elle-même. MOEBIUS revient avec plaisir sur l’origine de cet album : un court synopsis jeté rapidement sur le papier il y a longtemps et laissé dans un coin. Puis, une opportunité de travailler avec les Japonais… Avec Jean ANNESTAY (co-scénariste), MOEBIUS ressort ce projet et demande à travailler avec TANIGUCHI. MOEBIUS et ANNESTAY avaient déjà bien avancés sur le projet et ont présentés plus de 1000 planches aux Japonais détaillant la vie d’Icare sur une vingtaine d’années. Au final, TANIGUCHI reviendra sur le synopsis initial de MOEBIUS et réduira le tout à un One-Shot de 280 planches.

On y retrouve un thème fréquemment abordé par MOEBIUS : le vol. N’en est-il pas question dans L’Incal déjà et d’autres nombreuses productions moebusiennes ?

Ici, beaucoup de vas-et-viens entre des passages au rythme assez soutenu et des passages plus posés (mettant en scène Icare et Yukiko, psychologue de l’équipe gouvernementale). On sent fortement le style de TANIGUCHI puisqu’il a régulièrement recours à des scènes très lentes, très contemplatives et dans lesquelles les personnages se replient sur eux et comme si ces planches étaient faites juste pour l’esthétique sans qu’elles ne servent directement l’histoire… mais son style s’adapte également parfaitement à des scènes d’action magnifiques.

Un discours assez politisé également où MOEBIUS projette dans un futur (proche ?) les possibles décisions qu’un gouvernement pourrait prendre quant à une situation improbable : l’arrivée sur Terre d’un homme qui possède le pouvoir de voler. Confié en pâture aux scientifiques, le choix est simple : en faire une arme ou non ? Le contenu de l’album est riche et développe l’aspect scientifique et militaire d’une telle découverte. Tout le champ sémantique des sentiments est également présent par le biais de la relation qui existe entre Icare et Yukiko. Les passages mettant en scène Yukiko et Icare apportent une dimension plus humaine et moins froide, ce qui contraste avec l’environnement totalement aseptisé et dépourvu d’affects (scientifiques et chef de l’état étant assez cartésiens et tactiques).

Un album magique sur la naïveté d’un homme volant qui sous estime ses forces… l’amour se chargera de lui donner des ailes et de constater la puissance de son incroyable don. Un album frustrant car quand sonne le glas et de la dernière page… l’histoire d’Icare ne fait que commencer. Les 280 planches de ce One-Shot nous ont aidé à mieux nous repérer dans le monde d’Icare, maintenant que nous sommes prêts, nous aimerions voler avec lui… C’est frustrant !!

Quelques liens : MangaNews et De quoi je me M.E.L.

PictoOKUne belle découverte que voilà, un album intéressant sur la forme et sur le fond. Une lecture qui m’a complètement captivée.

Le mythe d’Icare a également été revisité par Manuele FIOR : Icarus.

Icare

One-Shot

Éditeur : Kana

Label : Made In

Dessinateur : Jiro TANIGUCHI

Scénariste : MOEBIUS

Dépôt légal : 2005 (au Japon, Icare a été publié en 2000)

ISBN : 9782505004905

Bulles bulles bulles…

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Icare – Moebius – Taniguchi © Kana – 2005