Angoulême : photos du FIBD 2020

La 47ème édition du Festival International de la Bande-Dessinée s’est déroulée à Angoulême du 29 janvier au 2 février dernier. Il y avait beaucoup à voir, à lire, à faire…

Il y avait vraiment une bonne ambiance cette année et j’ai trouvé qu’il était très facile de circuler entre les différents espaces du festival… cette année, on piétinait moins sur place.

Un seul bémol : j’ai fait l’impasse complète sur le Off, faute de temps.

Retour en images sur cette édition 2020

« Aparté aquatique » … quand Cécile Bidault expose

Les auteurs en résidence : Chema Peral, Claire Fouquet, Claudia Blin & Co…

« Calvo, un Maître de la fable »

« Dans la tête de Pierre Christin »

« Nicole Claveloux : quand Okapi rencontre Metal Hurlant »

« Folklorique enfance, fantastique enfance » … quand Yakari, Naruto, Petit Vampire et Hilda sont à l’honneur

« Jean Frisano : de Tarzan à Marvel, l’Amérique fantasmée »

« Gunnm, l’ange mécanique »

Oriane Lassus exposée au sous-sol de la Maison du Papier

« Les Compagnons de la Libération » au Musée de la Déportation de la Résistance

« Catherine Meurisse, chemin de traverse »

« Lewis Trondheim fait des histoires »

« Yoshiharu Tsuge, être sans exister »

« Les mondes de Wallace Wood »

Angoulême c’est aussi … Marcher sous la pluie. Rire. Echanger. Commenter. Regarder. Contempler. Se retrouver. Parler. Partager. S’orienter. Se quitter. Se retrouver. Rencontrer. Traverser une haie d’honneur. Se réchauffer. Picoler. Ne rien prévoir. Se poser. Profiter de l’instant. Avoir/Être « dans le champ de vision » . Saisir l’occasion. Croiser. Reconnaître. Tchatcher. Oser. Pisser philosophique. Prendre un mètre… voire 25 centimètres. Des plots. Prendre la vie comme elle vient. Photographier. Déambuler. Saluer. Feuilleter. Acheter. Beuguer, beuguer, beuguer… et tant de choses qui ne se diront/se montreront pas ici mais qui réchauffent…

L’homme sans talent

L'Homme sans talent
Tsuge © Ego comme X - 2004

Sukezô Sukegawa, la quarantaine, est vendeur de cailloux. Rien ne laissait supposer qu’il exercerait une jour cette activité d’autant qu’il y a quelques années, son talent de mangaka était reconnu. Entre temps, il s’est même essayé au métier de vendeur d’appareils photos.

Père de famille, il subvient difficilement aux besoins de sa femme et de son jeune fils. Son épouse est donc contrainte de distribuer des prospectus moyennant rémunération. Cette dernière est dépitée, témoin de la déchéance de son homme. Elle n’a eu d’autre choix que de se faire aux lubies de son mari, accablée par la dégradation vertigineuse de leur train de vie. En parallèle, cet homme est confronté à un immense sentiment d’inutilité (il n’a aucun client… il faut dire qu’il vend des pierre que tout à chacun peut ramasser 50 mètres en contrebas de son échoppe). Il passe la majeure partie de ses journées à attendre que le temps passe, voire à dormir.

Une trame de récit passionnante ! Immédiatement sanctionnée par un mortel ennui à lire les 220 pages de ce manga désespérant.

Le début de l’album ressemble à une fin, si bien que je m’attendais à ce que le récit ait logiquement recourt à de nombreux flash-back. Sur ce point, pas de surprises. L’agencement des souvenirs est peu pertinent : on explore les souvenirs immédiats puis on part de plus en plus loin dans la vie de cet anti-héros (est-il besoin de préciser qu’il m’est antipathique ?).

Les ambiances graphiques ne m’ont pas plu, les personnages semblent vivre dans la crasse, ils sont laids en touts points, leurs attitudes sont parfois grotesques  parfois vulgaires. Sukezô tisse ponctuellement des liens avec d’autres personnages, ce qui nous oblige à le côtoyer et à l’écouter monologuer la majeure partie du temps. Je l’ai supporté aussi difficilement qu’il se supporte lui-même. Sa femme et son fils sont tout autant démoralisants que lui. Ce livre creux est parvenu à me miner le moral. Le récit se veut philosophique et contient une tonne de questions existentielles qui pourraient être traitées de manière pertinente mais pour l’occasion, j’ai trouvé cette réflexion d’une futilité extraordinaire.

Un manga qui m’avait été conseillé en mai.

On philosophe (mal), on contemple… et une lecture profondément ennuyeuse dont j’attendais beaucoup et qui ne m’a rien appris. A la fin de l’album, j’ai l’impression d’avoir laissé le personnage au même endroit où je l’avais rencontré. Globalement, un manga laid et crasseux mais je reconnais le talent de Tsuge qui communique à merveille les idées dépressives de son personnage.

J’ai tenté de comprendre à côté de quoi j’étais passée dans l’album, en vain. Les chroniques de Sceneario, Culturopoing, Lo, Zazimuth.

Sélectionné pour le Prix du meilleur album à Angoulême en 2005.

Extrait :

« – Pôpa… C’est quoi comme insecte, la larve ?

– Ha ! Ha ! Ha ! Une larve, eh bien c’est… Une bestiole qui ne sert absolument à rien… Hm ? Qui t’a parlé de ça ?

– C’est Maman… Elle dit que t’es une larve…

– … Oui, c’est ça. Une larve, c’est une bestiole comme ton papa… ».

L’Homme sans talent

One Shot

Editeur : Ego comme X

Dessinateur / Scénariste : Yoshiharu TSUGE

Traducteur : Frédéric BOILET

Dépôt légal : janvier 2004

Bulles bulles bulles…

Des visuels sont accessibles sur le site de l’éditeur.

L’homme sans talent – Tsuge © Ego comme X – 2004