Le Jour où ça bascule (Collectif d’auteurs)

Collectif d’auteurs © Les Humanoïdes Associés - 2015
Collectif d’auteurs © Les Humanoïdes Associés – 2015

Des décisions à prendre. Suite à ces choix personnels qui seront pris, il y aura des conséquences à assumer. Bonnes… ou mauvaises.

Il est ici question de la manière d’appréhender une situation. Subir ou agir ? Être honnête avec soi-même ou opter pour l’opportunisme ? Ces actes isolés influenceront un avenir proche ou lointain, modèleront une personnalité en construction, changeront à jamais le quotidien d’un individu et/ou d’un groupe. Il est aussi question des difficultés que l’on parvient plus ou moins facilement à dépasser, une honte que l’on écarte ou – au contraire – un complexe qui s’ancre pour toujours.

Ainsi, choisir entre l’intégrité ou le mensonge, apprécier de pouvoir se regarder dans la glace ou préférer la facilité… Autant de points de rupture personnels, intimes ou universels, fantasmés ou vécus, abscons ou sensés. Tel est le thème de cet album.

Préfacé par Fabrice Giger, postfacé par Pascal Ory, cet ouvrage est enrichi de deux textes qui encadrent les 13 nouvelles qu’il contient. Ces écrits proposent quelques clés de compréhension pour mieux appréhender les différents travaux réalisés. Ils offrent aussi des pistes réflexives et invitent éventuellement à reprendre la lecture d’une nouvelle en ayant davantage de recul ou en donnant une autre dimension à la lecture.

Cet album a été publié à l’occasion des 40 ans de l’éditeur. Pour se faire, plusieurs auteurs ont été contactés. Le cahier des charges consistait à réaliser une nouvelle leur demandant d’explorer leur point de rupture, de partager « leur propre vision de ce point de non-retour, ou de nouveau départ ». Quant à la forme, libre à chacun de lui donner les contours qu’il souhaite, de définir le nombre de pages adéquats (3 pages pour la plus courte ; une dizaine de pages en général), le genre (science-fiction, autobiographie, adaptation littéraire…), le traitement graphique…

In fine, 14 auteurs ont collaboré à ce projet. Enki Bilal (auteur phare de cette maison d’édition) a réalisé le visuel de couverture et treize auteurs (aucune femme) ont réalisé chacun une nouvelle. Parmi eux, des artistes d’Europe (Boulet, Bastien Vivès, Frederik Peeters, Emmanuel Lepage, Eddie Campbell), des Etats-Unis (John Cassaday, Paul Pope, Bob Fingerman) et du Japon (Katsuya Terada, Taiyō Matsumoto, Atsushi Kaneko, Keiichi Koike, Naoki Urasawa). Je n’aurai jamais imaginé la majeure partie d’entre eux publier chez cet éditeur… l’objet-livre m’a intriguée pour cette raison.

Treize nouvelles très bien construites dans lesquelles on rentre facilement. On est face à des univers familiers, des découvertes. L’effet-miroir peut parfois nous surprendre, je pense notamment aux travaux de Taiyō Matsumoto et d’Emmanuel Lepage qui sont capables de faire remonter certains souvenirs d’enfance à certains et invitent à l’introspection. Chaque nouvelle interpelle et surprend comme celle qui a été réalisée par Atsushi Kaneko ; elle met en scène un jeune homme qui fait le bilan de sa vie. Coup d’œil dans le rétroviseur et effet-papillon en prime, le traitement graphique (des trames posées sur un dessin très comics des années 1950 réalisé dans des tons sépia).

La meilleure surprise est le récit de Bob Fingerman qui propose une réflexion sur les croyances religieuses. Eternel débat entre pratiquant et athée.

Quoi qu’il en soit, si les treize nouvelles de ce recueil sont indépendantes les unes des autres, elles se répondent néanmoins en écho (plus ou moins directement, souvent de manière implicite) et permettent de réfléchir à la question du choix et de ses conséquences. Quelle dimension lui donner (personnelle ou collective) ? Comment faire la part des avantages et des inconvénients… pourquoi écarter tel ou tel pan de sa réflexion pour aboutir à la décision ? Dans quel mesure cette orientation va faire basculer un rythme/une dynamique/une habitude/un confort de vie… pour quelque chose de différent ?

PictoOKPlutôt dubitative en sortant de cette lecture, je l’ai au final bien aimée. Peu de temps après avoir refermé l’album, certaines nouvelles restent à l’esprit, les idées cheminent. Un petit temps de recul pour mâturer la lecture pour en profiter pleinement.

Extrait :

« On est tous plutôt agnostiques, mais vous, les catholiques repentis, vous êtes les pires. Vous êtes comme les ex-fumeurs, toujours à tousser et à chasser l’air dès que quelqu’un allume une clope » (Le jour où ça bascule, extrait du « Non croyant » de Bob Fingerman).

Le Jour où ça bascule

One shot

Editeur : Les Humanoïdes Associés

Dessinateurs / Scénaristes : Collectif

Dépôt légal : décembre 2015

ISBN : 9 782731 653137

Bulles bulles bulles…

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Le Jour où ça bascule – Collectif d’auteurs © Les Humanoïdes Associés

– 2015

Monster, série en 18 tomes (Urasawa)

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1986. Kenzô Tenma est un neurochirurgien brillant de Düsseldorf. Ses fiançailles avec Eva, la fille de son Directeur, lui ouvrent les portes d’une belle carrière, même si ce jeune et modeste japonais n’avait aucune prétention carriériste à la base. Réservé, dévoué, respectueux, il accepte sans dire un mot les injonctions de son futur beau-père, tout en ayant conscience qu’il est instrumentalisé. Tenma est un pion au service d’une Institution mais les stratégies politiques et financières de l’Hôpital. Cette situation le met à mal d’autant qu’on l’oblige parfois à changer de bloc opératoire, reportant ainsi l’intervention chirurgicale sur un patient sous prétexte que l’avenir de ce dernier (un travailleur turc émigré) passe après celui d’un chanteur d’opéra hautement apprécié dans la bourgeoisie de Düsseldorf. Las de devoir piétiner ses principes d’éthique et de déontologie, il décide de tenir tête à sa Direction lorsque ce cas de figure se reproduit quelques jours plus tard. Il refuse ainsi d’intervenir sur le Maire de la ville, argumentant que ce dernier a été transféré à l’Hôpital après l’enfant de 10 ans qu’il s’apprête à  opérer. Cet enfant est grièvement blessé par balle à la tête. Tenma parvient à sauver l’enfant mais ses confrères échouent et le Maire décède. La sanction ne se fait pas attendre : le Directeur le rétrograde, les fiançailles avec Eva sont rompues et de nombreux confrères le jugent irresponsable. Quant à Tenma, il se satisfait de son choix, certain d’avoir agit selon ses convictions. La vie de Johann, le jeune patient, n’est plus en danger même si l’enfant est encore plongé dans un profond coma. Pendant ce temps, Anna, la sœur jumelle de Johann, est en état de choc suite aux événements. Son frère blessé, ses parents assassinés, la jeune fille est traumatisée.

Peu de temps après, deux événements majeurs agitent l’Hôpital : les corps du Directeur et de deux médecins sont retrouvés (l’autopsie conclut à un empoisonnement) et le jumeaux sont introuvables. Une enquête de police débute, Tenma est le principal suspect. En effet, vu que le Conseil d’Administration l’a nommé Chef de service, il semblerait que le Japonais soit le seul à qui les trois meurtres profite. Mais l’enquête finit par être classée, l’Inspecteur Runge ne parvenant pas à réunir suffisamment d’éléments pour étoffer cette hypothèse.

Dix ans plus tard, une série de meurtres ébranle l’Allemagne. Par un concours de circonstances, Tenma comprend que l’auteur de tous ces meurtres n’est autre que Johann, le jeune patient qu’il avait sauvé.

Rassurez-vous, ce long synopsis ne résume pas le dixième de cette série ! Vous comprendrez donc que l’intrigue est riche, complexe… et que je ne vous gâche en rien le plaisir que vous aurez à découvrir ce thriller palpitant.

Plus de deux ans que cette série végétait dans ma bibliothèque et ce, malgré les incitations régulières de mon Golgoth à la lire. Bon, autant dire que l’idée de se lancer dans 18 tomes était un frein. Mais dès que j’ai ouvert le premier tome, j’ai immédiatement été happée par le grand pouvoir addictif qui émane de ce récit. Six jours pour lire cette série dans son intégralité et quelques pauses faites à contre cœur. Un récit haletant et une foule de personnages secondaires pour épauler Tenma. Des rebondissements à tour de bras, des intrigues bien menées… une petite lassitude à partir du tome 15 : il faut dire que passer autant de tomes sans obtenir de réponse satisfaisante, autant de tomes qui continuent à ouvrir de nouvelles pistes et qui alimentent sans relâche le suspens, injectent de nouveaux nouveaux éléments ou de nouveaux personnages… cela m’a agacé. J’ai pourtant lu les trois derniers tomes sans rechigner mais le dénouement final me laisse perplexe. « Tout ça pour ça !! » comme le dit si bien mon Golgoth. Mais oui, je confirme qu’à la fin, on a bien peu de réponses concrètes… il faut donc savoir se contenter de celles qu’on avait imaginées pendant la lecture.

Roaarrr ChallengeUne série qui a obtenu le Grand Prix du Jury du Prix Culturel Osamu Tezuka en 1999 ainsi que trois Japan Expo Awards (Prix du Jury du Meilleur Seinen et Prix du Scénario en 2006, Prix du Public du Meilleur Seinen en 2007).

De Naoki Urasawa, je ne connaissais rien, excepté la série 20th Century Boys dont j’avais commencé à vous parler sur ce blog (j’ai arrêté au cinquième tome, ne voyant pas pour vous l’intérêt que je présente tome par tome une série de 24 albums !). Quoi qu’il en soit, voilà une belle occasion de vous présenter une série complète. Monster a été prépubliée au Japon dans le Magazine hebdomadaire Big Comic Original à partir de 1997. Elle a fait un carton auprès des lecteurs du magazine. C’est en 2002 qu’elle débarque en France et connaîtra un engouement identique auprès des lecteurs de l’Hexagone. Bref, un bon rythme pour cette cavale imaginée par un Japonais, dont l’intrigue se passe en Allemagne… et dont la traduction française est excellente ! ^^

L’intrigue s’étale sur une durée de 16 ans, période durant laquelle on suit Tenma dans sa cavale sans fin, entre Düsseldorf, Munich, Francfort… puis en République Tchèque. Au passage, il sera question de politique des soins (c’est moins incisif que dans Say Hello to Black Jack de Sato), de manipulation, d’adoption, d’espionnage, de fratrie, de bons et de mauvais sentiments. Un univers riche et prenant dans lequel on s’attend sans cesse au pire pour finalement sortir des 18 tomes relativement épargnés (une seule scène choc me concernant). A partir du tome 11, une présentation des différents personnages est systématiquement présente dès la page de garde passée. Cela permet de se remémorer des personnages qui peuvent avoir été absents deux tomes durant et qui refont leur apparition dans l’histoire. Les personnages sont construits et ce qui m’a plut, c’est qu’Urasawa a réellement pris le temps de dresser le portrait psychologique de chacun au point que vers les derniers tomes, on en vient à douter de tout monde tant les pistes d’ouverture sont nombreuses.

Au niveau du dessin de Naoki Urasawa, j’ai peu de choses à dire en revanche : le dessin est fluide, on a une bonne perception des mouvements. Les fonds de cases sont riches en détails, les  expressions des personnages sont rarement exagérées -si peu que cela m’a marqué- alors que c’est souvent le cas dans les mangas. En revanche, on peut faire le même reproche à Monster que celui fait à d’autres mangas : sortis des personnages – phare de la série, les autres se ressemblent trop pour qu’on puisse les identifier du premier coup d’œil. Cela freine légèrement la lecture sur certains passages et crée quelques confusions temporaires.

Enfin, ce qui m’a plu, c’est le contenu des bonus des tomes de la série. Un gros travail a été ici réalisé par Kana puisque la Maison d’Édition propose tour à tour : une présentation du parcours de Naoki Urasawa, sa bibliographie complète, une sélection de courriers de lecteurs (de Monster) et les réponses apportées par l’éditeur, une explication des recherches qu’Urasawa a réalisée pour alimenter l’intrigue , des articles sur la culture et le mode de vie japonais… Un contenu riche et varié pour ces extras présents en fin de tomes qui contribuent largement à ce que le lecteur accroche à cet univers.

Une lecture conseillée par mon Golgoth et qui intègre le Challenge Pal Sèches

Envie d’un bon thriller ?? Et bien… vous savez ce qu’il vous reste à lire dans ce cas ! ^^

Monster

Série terminée en 18 tomes

Editeur : Kana

Collection : Big Kana

Dessinateur / Scénariste : Naoki URASAWA

Dépôt légal : octobre 2001 à janvier 2005

Bulles bulles bulles…

Monster, série – Urasawa © Kana – 2001

20th Century Boys, tome 2

20 Century Boys, tome 2
Urasawa © Panini Comics - 2002

Dès qu’il peut se libérer du magasin, Kenji reprend son enquête pour faire la lumière sur le décès de Donkey. Entre le suicide de son ami, la disparition du Professeur, le décès d’un de ses étudiants… il a du mal à croire à un simple jeu de coïncidences.

Par hasard, il croise Yukiji, une amie d’enfance devenue agent des Douanes. Yukiji veut le mettre en contact avec Ichihara, une amie avocate qui travaille sur le dossier d’Ami, le gourou de la secte qui utilise le dessin de Kenji comme symbole (je vous renvoie tout de même à ma chronique du tome 1 où la base du récit est expliquée).

Kenji découvre de nouveaux éléments qui vont le pousser à poursuivre son enquête… d’autant que la Police piétine.

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De nouveaux personnages entrent dans la danse et vienne apporter encore plus de piquant à cette aventure qui se dévore très facilement.

Aucune difficulté pour mémoriser les personnages identifiables facilement grâce aux dessins d’Urasawa. C’est fluide et captivant.

J’ai l’impression de retomber en enfance quand je regardais les dessins-animés japonais en rentrant de l’école ! Ce tome est bien rythmé, les nombreux éléments du scénario, le nombre important de personne… Je suis dedans : une lecture soutenue, une page qui se tourne vite pour que la suite soit enfin connue… ^^

Autres albums de la série sur le blog : le tome 1, les tomes 3 et 4, le tome 5.

20th Century Boys
Tome 2 / 22
Série finie
Éditeur : Panini COMICS
Collection : Génération Comics
Dessinateur / Scénariste : Naoki URASAWA
Dépôt légal : mai 2002

Bulles bulles bulles…

20th Century Boys, tome 2 – Urasawa © Panini Comics – 2002

20th Century Boys, tomes 3 et 4

20th Century Boys, tome 3
urasawa - Panini Comics © 2002
20th Century Boys, tome 4
Urasawa - Panini Comics © 2002

Après avoir entendu la révélation de l’ancien adepte d’Ami (fin du tome 2), Kenji comprend qu’il est l’unique garant de la Paix sur Terre.
Pendant ce temps, San Francisco, Londres et Osaka sont la cible des attaques biologiques terroristes d’Ami, un gourou à la tête d’une Secte qui dispose de plus en plus de pouvoir. Afin d’obtenir plus rapidement des renseignements sur l’identité du gourou, Kenji et Yukiji organisent une réunion d’anciens élèves de leur classe. Mais c’est une démarche totalement stérile, ne rapportant que peu d’informations. Les suspicions vont donc bon train !

Le Tome 4 nous propose un tout autre regard sur les événements puisqu’il nous emmène à BANGKOK en été 2000. On y fait la connaissance de Shogun, un jeune homme qui cache sa véritable identité et qui effectue des missions diverses de « nettoyage » pour son employeur (un Yakuza ??). Quel peut-être le lien entre Shogun et les recherches de Kenji ? On est accroché à la série, d’autant que face aux événements, Shogun va devoir  rentrer au Japon… comment ses pas vont-ils croiser ceux de Kenji ??? On sent là qu’un personnage important a fait son entrée dans la série, quelqu’un en capacité d’épauler Kenji.

A vrai dire, je ne lis pas cette série, je la dévore. Le principe de l’histoire est vraiment sympa, mais c’est vrai qu’une telle situation serait peu probable dans la réalité. Le nombre impressionnant de personnages principaux et de personnages secondaires ne nous noie pas. Le fait qu’ils évoluent en des lieux différents et à des époques différentes non plus. Pour rappel : le gros de l’intrigue se passe en 1997. Des flashs-backs dans le passé (1969 et 1973) sont réguliers. Les projections dans le futur (année 2000) sont plus sporadiques. La combinaison de ces trois éléments (nombreux personnages / nombreux lieux / nombreuses époques) est fascinante.
On ressent fortement l’influence d’autres auteurs et notamment celle d’Osamu TEZUKA. Le fait que tout se recentre en permanence sur Kenji accroît le suspens et la pression…

Le travail réalisé par Naoki URASAWA donne une très bonne série. Peu d’auteurs seraient capables de gérer un scénario aussi complexe… pour un rendu aussi captivant.
Sur le blog, vous trouverez les avis sur le tome 1, le tome 2 et le tome 5.

20th Century Boys
Tomes 3 et 4 / 22
Série finie
Éditeur : Panini Comics
Collection : Génération Comics
Dessinateur / Scénariste : Naoki URASAWA
Dépôt légal : août 2002 (tome 3) et septembre 2002 (tome 4)

Bulles bulles bulles…

20th Century Boys, tome 3 – Urasawa © Panini Comics – 2002
20th Century Boys, tome 4 – Urasawa © Panini Comics – 2002

20th Century Boys, tome 1

20th Century Boys, tome 1
Urasawa © Panini comics - 2002

Kenji a repris la gérance du magasin de spiritueux de son père pour en faire un convini (épicerie ouverte 24h sur 24). Sa mère désapprouve ce choix et se charge de le lui rappeler quotidiennement. Jeune homme célibataire, il se retrouve également responsable du bébé de sa sœur, partie sans laisser d’adresse.
Un beau matin, la Police débarque pour lui poser des questions sur la nature des relations  qu’ilsentretenait avec le Professeur Shikishima. Ce dernier a disparu avec tous les membres de sa famille. Immédiatement, Kenji pense au crédit que le Professeur a au convini… et s’empresse d’aller vérifier la véracité des propos des policiers. Sur place, un mystérieux symbole attire son attention et lui remet en mémoire quelques bribes de souvenirs d’enfance…
Quelques jours plus tard, Kanji apprend coup-sur-coup le décès d’un étudiant du Professeur (qui serait dû à une mystérieuse épidémie africaine) et le suicide de Donkey, un ami d’enfance. Kenji pense qu’il y a des liens à faire entre les trois événements. Cette conviction est renforcée par le fait qu’il reçoit un courrier post-mortem de Donkey dans lequel ce dernier a dessiné le mystérieux symbole. Kenji décide alors d’enquêter sur la mort de son meilleur ami.

Mon libraire me conseillait cette série depuis un moment et j’avais lu aussi quelques critiques. Je me souviens que beaucoup d’entre elles précisaient que la série mettait longtemps à démarrer, qu’il fallait passer le cap du premier tome.
Et puis, hasard ou coïncidence, cette série figure dans les titres du Top… ce qui a fini par me décider. Autour de Kenji et ses amis d’enfance, une myriade de personnages gravitent dans cet univers. On est un peu déstabilisé dans un premier temps car il s’agit de repérer tout le monde et, pour simplifier les choses (!), l’intrigue se passe en 1997 mais on retourne régulièrement en 1969 et 1973… avec un petit passage en 2000. Ils changent donc tous de têtes régulièrement mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, le récit est très fluide et le dessin d’Urasawa nous permet d’identifier les personnages au premier coup d’œil, qu’ils soient enfants (1969 et 1973) ou adultes (1997 et 2000)… Je tenais à le préciser car ce n’est pas toujours le cas dans les mangas.
J’ai vite accroché à l’histoire, malgré l’apparente austérité de l’introduction qui nous présente, en double-page, les principaux personnages déjà nombreux.
C’est rythmé, amusant, pas trop loufoque mais peu crédible… Qu’à cela ne tienne !! C’est une bonne fiction qui traite de l’amitié et de l’influence des sectes, sur trame de thriller.
Ludique et divertissant, un manga Shonen plutot qu’un Seinen… mais assez sympa à lire malgré tout. On part pour 22 tomes sans trop d’appréhension.
Sur le blog, les avis : du tome 2, des tomes 3 & 4, du tome 5.

20th Century Boys
Tome 1
Série terminée en 22 tomes
Éditeur : Panini COMICS
Collection : Génération Comics
Dessinateur / Scénariste : Naoki URASAWA
Dépôt légal : avril 2002

Bulles bulles bulles…

20th Century Boys, tome 1 – Urasawa © Panini Comics – 2002

20th Century Boys, tome 5

20th Century Boys, tome 5
Yarasawa © Panini Comics - 2003

On a pleinement pris la mesure de l’influence de la Secte d’Ami au niveau national. Infiltrée au sein du Gouvernement, de l’Armée, de la Police… Ami a des antennes partout et est donc capable de réagir rapidement à toute action intentée contre son organisation.
Kenji en a fait les frais. Attiré dans un traquenard par Ami, il doit rassembler autour de lui 9 compagnons afin de pouvoir éventuellement atteindre le gourou.  On apprend également la véritable identité de Shogun qui s’est rangé du côté de Kenji afin de tenter de  » sauver le monde « .
Tome charnière puisqu’il a la particularité de se passer juste avant les événements de décembre 2000, le jour des faits (juste avant) et… en 2014. Mais on ne sait toujours pas ce qui s’est passé le jour de L’An 2000 !


Assez troublante est l’ossature de ce tome ! Le rythme, déjà soutenu en début de tome, va monter crescendo jusqu’à mi-tome. On est arrivé au 21 décembre 2000, la tension est palpable puisqu’on est plus qu’à quelque jour de la date fatidique de la Fin du monde annoncée par Ami. Au chapitre 5, on se retrouve projeté en 2014. Le rythme retombe, c’est comme si on débutait une nouvelle lecture puisqu’il faut resituer contexte, personnages…

Place à la relève de Kenji ? On se retrouve dans la même situation qu’un lecteur qui entamerait une nouvelle lecture puisque tout est à redécouvrir, le seul lien apparent est la nièce. Cette sensation très particulière en cours de série que d’avoir à tout redécouvrir, d’autant que des questions : on en a à la pelle !! Mais des questions ont en a à la pelle : Qu’est-il arrivé entre le 21 et le 31 décembre 2000 (Ami avait annoncé la fin du monde) ? Qu’est-il advenu de Kenji et de ses amis ? Va-t-il falloir attendre le tome 22 pour avoir la réponse ??!!

Un joli clin d’œil est fait à des mangakas contemporains de l’auteur, comme à Osamu Tezuka par exemple : un personnage (voisin de pallier de la nièce de Kenji) va en prendre les traits… tout y est, même le béret et les lunettes ^^.
Urasawa porte ici un regard assez acerbe sur les États policiers et les atteintes aux libertés. Dans ce style, je préférais lire TEZUKA (Demain les Oiseaux par exemple) pour rester dans le registre purement fictif, bien que je n’ai pas encore une vision d’ensemble de la série. Dans 20th Century Boys, la violence est omniprésente mais elle est toujours suggérée. Je pense qu’on est là sur une lecture déconseillée aux moins de 16 ans. La série connaît un succès important au Japon. Elle a également été adaptée au cinéma sous forme de 3 films dont les sorties ont été espacées. Le premier film est sorti en Août 2008 au Japon et couvre les tomes 1 à 5 de la série.

Nouvelle période, nouveaux personnages… cette série continue son bonhomme de chemin en nous surprenant.

C’est certain que je lirais la série en entier et je pense qu’il est plus intéressant de proposer un regard d’ensemble sur la série que de la présenter tome par tome… à moins d’accepter de spoiler.  Éventuellement, je verrais par la suite si je propose ou non ce type de présentation… mais là je n’ai lu que jusqu’au 6ème tome. C’est donc prématuré, je viens seulement de lire le tome 6. En attendant, il y a les avis des albums sur MANGA NEWS.

Sur le blog, le tome 1, le tome 2, les tomes 3 et 4.

20th Century Boys
Tome 5 / 22
Série finie
Éditeur : Panini Comics
Collection : Génération Comics
Dessinateur / Scénariste : Naoki URASAWA
Dépôt légal : janvier 2003

Bulles bulles bulles…

20th Century Boys, tome 5 – Urasawa © Panini Comics – 2003