Local (Wood & Kelly)

Local
Wood – Kelly © Guy Delcourt Productions – 2010

Elle s’appelle Megan McKeenan. Son nom, c’est la seule chose qui la raccroche au monde.

A 20 ans, Megan est une fugueuse. Elle fugue depuis toujours. Vers 12 ans, elle est partie au fond du jardin, « c’était la première fois que je fuguais. Je suis allée jusqu’au chêne, devant la maison. Partie quatre heures et, au crédit de ma mère, elle n’est pas venue me chercher. Bien que sur le coup, ça m’ait vraiment blessée ». La suite n’est qu’un enchainement de faux-départs et de retours jusqu’à ce jour où, suite à une altercation avec son ex-petit ami toxicomane, Megan décide de partir pour de bon.

Que fuit-elle ? La vie et toutes ses attaches possibles. De ville en ville, une année par ville, elle va parcourir tout le Nord des États-Unis. Un long voyage identitaire.

Voici un épais volume (320 pages) qui va nous faire parcourir les États-Unis d’Ouest en Est sur une période d’une décennie. Le voyage se fait aux côtés d’une jeune femme audacieuse. Lorsque le lecteur fait sa connaissance, elle est insouciante et peu à peu, nous allons voir comment elle gagne en maturité.

On débute cette lecture avec une seule information : elle part sur un coup de tête, lasse des pressions de son mec en manque de dope. On ne saura rien de plus durant plusieurs chapitres mais peu à peu, son histoire personnelle et familiale se dévoile à nous et interpelle. Elle semble choisir ses destinations au hasard et n’avoir aucune attache affective. Débrouillarde, elle trouve une collocation et un petit job dans chacune des villes où elle se pose. J’ai immédiatement accroché avec ce personnage mystérieux et qui a de la prestance.

« 

Depuis plusieurs années, Brian Wood a peu à peu imposé son nom dans l’univers des comics publié en France. Il signe notamment les scenarii de DMZ, Supermarket et Northlanders. Avec Local, il signe un road-trip très prenant. Il développe et donne vie à un personnage féminin touchant dont le parcours interpelle. L’album est découpé en 12 chapitres : un par ville et une ville chaque année.

Encore une ville à rayer de la liste, un billet de train à acheter. Encore un « nouveau départ ». Combien de fois as-tu décampé en ne laissant derrière toi qu’un mot minable ? Tu vas recommencer ? Te réduire à une anecdote marrante pour un groupe d’inconnus ?

Entre anecdotes et rites de passages, elle tâtonne pour deviner en elle l’adulte qui sommeille et l’accepter -s’accepter- ensuite en tant que tel. On va la voir murir au fil de ses expériences de vie. De chaque halte elle tire une leçon, chaque expérience la rend plus forte. En parallèle, cette succession de villes, de petits boulots, d’amants et de colocataires offre le portrait d’une Amérique désabusée. Autour du personnage principal qui évolue en électron libre, des personnages plus « repérant » interviennent et montrent le décalage entre « normalité » et perte de repères. Megan, l’héroïne, oscille entre les deux pour mener à bien cette quête identitaire que l’on sent tour à tour fantasmée, impossible ou souhaitée. S’accepter en tant qu’adulte, trouver sa place dans la société, se poser quelque part de manière définitive, ces éléments seront sous-jacents durant tout le récit. Fuir n’est pas une solution et puis, que fuit-elle au juste ? Le lecteur va cheminer avec ce personnage qui peu à peu va tenir compte de son environnement familial pour mener à bien sa réflexion et sa quête identitaire.

Même avec des gens, j’avais toujours l’impression d’être une étrangère. Je me sentais seule. On n’est jamais aussi seul que quand on se sent déconnecté au milieu des autres.

Graphiquement, les dessins de Ryan Kelly collent parfaitement au rythme narratif. Le dessinateur est parvenu à créer une ambiance propre à chaque ville traversée par Megan. De plus, en fin d’album, on prend la mesure de l’évolution de son trait : il s’est affirmé et il a mûri en parallèle du personnage qu’il met en scène. Une lente métamorphose qui contribue à investir ce personnage itinérant, comme si Ryan Kelly avait cheminé avec son personnage durant les deux années qu’il a consacré à cet album. Le visage de l’héroïne va progressivement quitter ses rondeurs pour s’affiner, les rides d’expression vont apparaître et ainsi faire le deuil d’une certaine superficialité. Un cheminement graphique logique qui délaisse l’importance du paraître de l’adolescence pour s’attarder sur l’Être et sur son devenir.

Une lecture que je partage avec Mango et les lecteurs du mercredi

MangoPictoOKPictoOKSuperbe album. Je trouve ce graphic novel très réussi tant au niveau narratif que graphique, une très belle collaboration entre deux auteurs. Un récit d’apprentissage comme on en fait peu et qui m’a poussé à rentrer complètement dans le récit, à m’approprier les personnages voire à m’identifier à certains d’entre eux. Une réflexion sur le sens de la vie et des valeurs… je vous conseille cette lecture.

Je ferais volontiers le parallèle avec La Perdida (Jessica Abel) qui présente une démarche similaire (quête de soi, quête des autres, remise en question permanente) et cela me conforte dans l’idée que je devrais creuser du côté de l’album de Saulne que présentait Noukette en février.

Le site dédié à la série.

La chronique de Champi, L’Art en bulles, Enna, Jean-Mi.

Extraits :

« T’as besoin de gâcher la vie de tout le monde rien que pour te sentir un peu mieux dans la tienne » (Local).

« Les autres voudraient qu’on fasse les mêmes choix qu’eux. Ils voudraient qu’on fasse comme eux, pour les rassurer sur le fait qu’ils ont pas merdé. Ne laisse personne te persuader de faire ça. Tu dois faire ce qui est bon pour toi, même si ça veut dire quitter des gens, brûler des ponts, couper des liens. Sinon, tu ne te le pardonneras jamais. On n’a qu’une seule chance. Saisis la tienne quand tu peux et ne la plante pas » (Local).

Local

One Shot

Éditeur : Delcourt

Collection : Contrebande

Dessinateur : Ryan KELLY

Scénariste : Brian WOOD

Dépôt légal : septembre 2010

ISBN : 978-2-7560-2050-1

Bulles bulles bulles…

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Preview sur BDGest.

Local – Wood – Kelly © Guy Delcourt Productions – 2010

Chroniks Expresss #1

Il y a quelques temps, je vous avais parlé de l’envie de mettre en ligne des chroniques succinctes d’albums. En effet :

– je trouve que saucissonner des séries en les présentant album par album n’est pas pertinent. Les sites généralistes (comme BDGest, PlanèteBD, Krinein…) le font déjà très bien.

– offrir un regard d’ensemble sur une série est plus enrichissant et convient mieux à la blogosphère. Puisque nous n’avons pas vocation à assurer la promotion de telle ou telle sortie (hormis dans le cadre des partenariats), autant apporter une présentation globale d’une histoire : la série se bonifie-t-elle au fil des publications ? quelle est son ambiance  et comment ses personnages évoluent-ils ?… Autant d’éléments qui offrent une réelle valeur ajoutée à un article.

– limiter les spoils.

Aujourd’hui, je présenterais trois séries pour lesquelles j’avais rédigé une présentation du ou des premier(s) tome(s) sur ce blog. J’ai poursuivis la lecture de ces épopées, qu’en est-il ?

DMZ

DMZ, tome 7
Wood – Burchielli © Panini Comics – 2010
DMZ, tome 8
Wood – Burchielli © Panini Comics – 2011

Les tomes 1 à 6 ont été présentés individuellement sur ce blog (voir l’index des titres pour accéder aux différentes chroniques). Depuis, la série s’est poursuivie avec la publication des Pouvoirs de la guerre (tome 7 publié en aout 2010) et Notes de l’autre monde (tome 8 publié en janvier 2011).

Je continue de suivre la série même si j’y suis moins accro. Les deux derniers tomes se consacrent davantage à l’aspect politique de la situation, nous laissant la possibilité de suivre les détails de la campagne électorale de Parco Delgado et son installation au pouvoir. Désagréable sensation que nous partageons avec Matty (personnage principal) d’avoir été instrumentalisé. Le rythme de la série ne mollit pas, de nouveaux éléments viennent enrichir le scénario et le travail de Riccardo Burchielli (dessinateur) toujours aussi impeccable. Des bémols cependant sur les contributions des autres dessinateurs.

Un avis argumenté sur le tome 7 et sur le tome 8.

Une série intéressante, j’attends le tome 9 plus par curiosité qu’autre chose.

Mutafukaz

Mutafukaz, tome 3
Run © Ankama – 2010
Mutafukaz, tome 0
Run © Ankama – 2008
Mutafukaz, tome 2
Run © Ankama – 2007

J’avais présenté le tome 1 en février dernier (voici le lien vers mon avis). Depuis, j’ai engouffré les autres tomes de la série (on attend la publication du quatrième tome).

Ici en revanche, je reste conquise par la tournure des événements. J’apprécie l’évolution des personnages, les rebondissements qui relancent régulièrement le rythme de la série. C’est pêchu, enlevé et réellement ludique. Run alterne différents graphismes (accompagnés par un grammage de papier et une colorisation propres à chaque style) ce qui donne une richesse supplémentaire au récit.

Petit bémol sur le tome 0 (publié entre le tome 2 et le tome 3) qui nous apporte sur un plateau les « raisons historiques » de ce monde. Il nous fait remonter en 1933 et s’intéresse à la propagande nazie. Si j’apprécie le fait que ce tome situe clairement cette série comme une uchronie, si j’apprécie le côté « fun » de certaines planches (16 au total) en 3D (les lunettes sont fournies avec l’album) globalement, j’ai failli abandonner la lecture en cours. Certaines escapades sont vraiment loufoques et verbeuses, certains chapitres m’ont donné l’impression de n’être là que pour meubler… Un tome qui ne fait pas la jonction avec le tome 1 puisqu’il nous laisse 20 années (environ) avant le moment où la « réelle histoire » commence. S’il m’est arrivé d’apprécier des fins ouvertes… ici, je n’ai pas adhéré. Run assume pleinement ce choix qui divise les lecteurs.

Le Magasin général

Le Magasin Gnéral, tome 6
Loisel & Tripp © Casterman – 2010

A une autre époque, j’avais présenté sur le blog les tomes 1 à 5 de manière isolée (je vous renvoie une fois encore vers L’index des titres présent sur le blog). Changement d’optique (pour les raisons expliquées plus haut) : le tome 6 ne fera pas l’objet d’une chronique détaillée.

Pourtant, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce dernier tome.

Découvrir Marie profiter pleinement de son séjour à Montréal pendant que les habitants de Notre-Dame-des-Lacs font face au joyeux bordel créé par son départ. Décidément, le fait que cette série se poursuive quelques tomes encore me réjouit.

Pour accéder à une chronique détaillée sur cet album, je vous renvoie vers Oliv’.

Brèves de comptoir…

Je profite de l’occasion pour passer quelques informations concernant la Vie du blog.

Création d’une catégorie « Chroniks Expresss » pour accueillir ces brèves présentations d’albums. Je ne sais pas encore si les albums présentés dans ce contexte seront linkés sur les pages d’index (index par auteurs, index par titres d’albums). Pas de rythme de publication définit pour ce type d’articles.

Je planche toujours sur la présentation résumée de la discussion que nous avions eue concernant les devoirs des blogueurs (vous pouvez accéder à ce billet en cliquant ICI). L’échange a été riche, les arguments (qu’ils soient ou non favorables à cette démarche) sont nombreux. Nous sommes 25 à y avoir mis notre grain de sel et je voudrais tenir compte de l’avis de tous. J’ai déjà rédigé plusieurs textes sous Word… tous ont fini à la poubelle ^^ Comment énoncer certaines règles de savoir-être et de savoir-vivre sur Internet sans paraître niais ou prétentieux ?? Comment rédiger un texte sur les devoirs des blogueurs qui, tout en reconnaissant la liberté d’expression, ne serait pas privatif de libertés ?? Je planche sur la question et je ne trouve pas de solutions satisfaisantes pour le moment. Je ne souhaite pas botter en touche quant à l’engagement que j’avais pris… la rédaction de ce texte nous (David et moi) prendra plus de temps que prévu. En attendant, j’ai supprimé la modération des commentaires sur le blog.

Ensuite, je voudrais rapidement parler de la page dédiée au Challenge PAL Sèches. Récemment, Fildediane et MrZombi m’ont signalé qu’il n’était plus possible de poster un commentaire sur cette page. J’ai donc fait un tour dans le panneau d’Administration du blog et je n’ai trouvé nulle part un endroit qui me permettait de modifier les paramètres des commentaires. Il semble que WordPress ne prévoit pas qu’un article ou qu’une page regroupe plus de 500 commentaires. Étant donné qu’il n’est pas pertinent d’ouvrir une seconde page pour le Challenge, je vous suggère de me signaler vos futures participations sur les bilans intermédiaires. Plusieurs billets ont été publiés (à 1 mois, à 3 mois et à 6 mois de Challenge), ils sont linkés sur la page du Challenge dans la partie consacrée aux bilans. Trois possibilités pour me signaler vos dernières publications/contributions.

Je peine actuellement à finir la lecture de Cerebus – High Society de Dave Sim. Entre l’objectif de finir cette pavasse (512 pages) qui manque chaque jour de me tomber des mains et le travail de synthèse sur la réflexion « Devoirs du blogueur »… je n’ai aucun article prêt à être publié dans les prochains jours. Loin de moi l’envie de faire une pause mais je suis simplement en manque de matière première pour rédiger un article ! Pas d’inquiétude si je ne mets rien en ligne avant mercredi prochain.

DMZ, tome 6 (Wood & Burchielli)

DMZ, tome 6
Woord – Burchielli © Panini Comics – 2010

Manhattan Island.

La guerre civile se poursuit. Un cessez-le-feu est mis en place et globalement respecté.

Afin d’aider à la stabilisation de la situation, les États-Unis veulent mettre en place un gouvernement provisoire sur l’Ile et organiser des élections afin que les habitants de Manhattan élisent leurs propres représentants au gouvernement provisoire.

Le seul problème, c’est que dans les personnalités proposées, aucune n’est originaire de Manhattan et aucune n’a réellement conscience de ce que vivre en ce lieu implique.

Parco DELGADO va imposer sa candidature et embarquer Matty dans sa campagne…

On peut dire que je l’ai attendu de pied ferme cet album qui avait été annoncé pour décembre… et je ne regrette pas de l’avoir guetté car je suis largement récompensée.

Rythme, intrigue, développement des personnages… tout y est. Avec plaisir, je retrouve la qualité des premier et quatrième tomes (mes préférés).

WOOD et BURCHIELLI maîtrisent de main de maître cet univers légèrement futuriste.

PictoOKPictoOKTrès très bon ce dernier tome de DMZ qui s’est légèrement fait attendre.

Mes avis sur les autres tomes de la série sont facilement accessibles via les index du blog ou les catégories :auteurs ou éditeurs situées en fin d’article.

Ailleurs : la chronique de Francis Brasilis.

DMZ

Tome 6 : Un Jeu sanglant

Série en cours

Éditeur : Panini Comics

Collection : 100% Vertigo

Dessinateur : Riccardo BURCHIELLI

Scénariste : Brian WOOD

Dépôt légal : janvier 2010

Bulles bulles bulles…

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DMZ, tome 6 – Wood – Burchielli © Panini Comics – 2010

DMZ, tome 5 (Wood & Burchielli)

DMZ, tome 5
Wood – Burchielli © Panini Comics – 2009

Ce cinquième tome comporte 6 chapitres qui traitent chacun d’un personnage en particulier.

Certains de ces personnages font partie intégrante de l’intrigue principale (Amina, Wilson, Soames, Kelly). Pour RF (chapitre 5), il a  très très rapidement été question de lui à la fin du tome 2. Enfin DECADE (chapitre 1) est une découverte mais tout comme les autres, il apporte sa pierre à l’édifice de DMZ.

Album semblable à un hors-série, qui donne des éléments importants sur cet univers, approfondi certains personnages sans pour autant embarquer DMZ dans des sous-séries et sous-sous-séries de sous-séries comme en ont pris l’habitude certains auteurs.

Un temps de lecture dans lequel on se détache complètement de Matty qui est très peu présent et reste en personnage secondaire.

Des chapitres qui se construisent en trois temps : bien avant la guerre, avant la guerre et la période de la DMZ. Ce qui nous permet également de se rendre compte de tout le travail réalisé sur l’élaboration des personnages et la construction de cet univers.

PictoOKUn moment sympa, intéressant… une parenthèse en attendant la sortie du tome 6. Et dire que le tome 7 est sorti ce mois-ci au Canada…

Les autres tomes de la série sont accessibles via les « catégories d’auteurs » présentes en fin d’article et les index du blog.

DMZ

Tome 5 : La guerre cachée

Série terminée en 13 tomes

Éditeur : Panini COMICS

Collection : 100% Vertigo

Dessinateur : Riccardo BURCHIELLI, Danijel ZEZELJ

Scénariste : Brian WOOD

Dépôt légal : juillet 2009

ISBN : 978-2-8094-0783-9

Bulles bulles bulles…

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DMZ, tome 5 – Wood – Burchielli © Panini Comics – 2009

DMZ, tome 4 (Wood & Burchielli)

DMZ, tome 4
Wood – Burchielli © Panini Comics – 2009

Durant le « Jour 204 », 198 manifestants pour la paix ont été tués par l’armée américaine qui les avait pris pour des insurgés.

Ce jour-là, le cours de la guerre a changé, et placé les États-Unis sur la défensive. Manhattan a été abandonné, est devenu une DMZ et l’armée des États libres s’est retrouvée en position de remporter la guerre. L’opinion mondiale en a été ébranlée et les survivants à l’intérieur de la DMZ sont devenus autant de nouveaux insurgés.

Matty est amené à suivre le procès des soldats de l’Armée américaine, qui ont participé au massacre, pour le compte de Liberty News (média clairement engagé au point qu’il est parfois difficile de le dissocier du gouvernement). Matty est donc titulaire d’une carte d’accès d’une semaine pour couvrir l’événement.

Il rencontre en premier lieu le principal accusé, STEVENS, petit caporal qui porte sur ses épaules la responsabilité de ce carnage.

A mon sens le meilleur album de la série.

Un rythme très sympa, un scénario qui se construit comme un puzzle et qui nous permet de recueillir plusieurs regards croisés sur les événements du « Jour 204 ». Des habitudes d’ambiances qui s’installent également, lorsque BURCHIELLI passe la main à d’autres dessinateurs sur certains chapitres, permettant rapidement de repérer flash-back ou de savoir qui a les rênes de la narration. Bref, c’est réellement un très bon album et réflexion faite, je continue à faire des parallèles entre l’univers de cette fiction et le jeu GTA (construction du monde, manière dont les pièces du puzzle s’imbriquent, jeux de gros plans / grands angles…).

Je fais le choix de rester assez succincte sur cette chronique car je trouverais dommage, pour ceux qui souhaiterait dévorer cette série, de dévoiler trop de choses sur l’intrigue. C’est vrai que le problème est le même pour chaque chronique : ne pas spoiler. En dire « juste assez » pour parler de l’ouvrage pour donner des envies éventuelles de lecture ou créer des réactions, mais je trouve cette difficulté encore plus prégnante sur cet album. Cas de figure que j’ai peu rencontré depuis que je papote sur le blog.

PictoOKPictoOKC’est réellement un album que je mets dans le haut du classement des BD auxquelles j’ai le plus accroché.

WOOD a également déposé sur son blog quelques planches si vous voulez avoir un aperçu, c’est ici.

Oxymore…. Tirs Amis – Extraits :

« Croyez-moi, ça n’existe pas. C’est une jolie expression qu’on peut utiliser en société. Demandez à n’importe quel soldat ce que ça signifie et il vous répondra foirage. Eh bien, faites-moi confiance, c’est exactement ce que ça veut dire. Quand quelqu’un de plus haut que vous dans la chaîne alimentaire fait une énorme connerie et que vous vous retrouvez dans la merde sans aucun soutien, vous n’avez pas envie d’être poli » (DMZ, tome 4 : Tirs Amis).

« J’ai fait comme si c’était un jeu vidéo. Tu tires sur tout ce qui apparaît. Nettoyer. Recharger. Niveau suivant » (Caporal Stevens dans DMZ, tome 4).

DMZ

Tome 4 : Tirs Amis

Série en cours

Éditeur : Panini COMICS

Collection : 100%

Dessinateur : Riccardo BURCHIELLI

Scénariste : Brian WOOD

Dépôt légal : janvier 2009

Bulles bulles bulles…

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DMZ, tome 4 – Wood – Burchielli © Panini Comics – 2009

DMZ, tome 2 (Wood & Burchielli)

DMZ, tome 2
Wood – Burchielli © Panini Comics – 2008

Les combats se poursuivent entre les États libres et les États Unis.

Manhattan reste une enclave prise entre les feux des deux camps et connaît chaque jour des tirs hostiles tuant des civils. Les new-yorkais savent depuis longtemps qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes…

L’eau potable est une denrée rare, les attaques terroristes sont quotidiennes et Matthew (Matty pour les intimes) poursuit ses investigations afin de faire savoir au reste du monde que l’on continue à vivre ici, à se battre, parfois juste pour survivre. Matty est maintenant reconnu de tous, au sein même de la ville comme ailleurs. Il est devenu un symbole pour certains, un moyen de faire pression pour d’autres. Son plus grand combat est de gagner le respect de son employeur.

Quand la  FSA (Armée des États libres) le kidnappe, Matty ne  s’imagine pas qu’il sera obligé de servir d’intermédiaire entre les deux camps dans une guerre médiatique. En perdant sa neutralité de journaliste, il se sait en danger et va se laisser aveugler par une forme de paranoïa qui le fera agir sous l’impulsion. Déstabilisé par le fait de voir ses appuis mis à mal…. ses certitudes vont être ébranlées.

Une quête pour son garantir son intégrité.

Un style de narration original et très prenant, une position assez intéressante des auteurs quant aux rôles des médias, aux enjeux politiques en temps de conflit. Des perspectives de scénario assez intéressantes (en rapport à la marge de manœuvre existant autour du personnage principal) : sa personnalité, les liens qu’il peut avoir avec les différents camps (DMZ compris)… Un sentiment « étrange » (pour moi) ressort de ce tome où Matty est amené à sortir de la DMZ. La manière dont les auteurs créent une ambiance à ce qui est hors DMZ nous met sur le qui-vive. Matty est mal à l’aise, on sent des tensions palpables dans les relations. Pour nous lecteur, c’est aussi la première fois que l’on découvre ce qu’il y a « dehors ». On en arrive rapidement au constat que la DMZ est un lieu plus contenant que l’extérieur et surtout moins agressif pour Matty…  car il a plus de marge de manœuvre dans la DMZ, plus de libertés… phénomène que je trouve assez intéressant ! Matty est exposé à lui-même alors qu’il sait se protéger dans la DMZ car il y a sa place. C’est de l’extérieur que vient le danger.

Petit bémol sur le passage de relais au niveau dessin sur le chapitre 4 (« Zee, NYC »). Burchielli laisse la place à Kristian DONALDSON et son trait dans DMZ me déplaît. Les planches du lien que je vous ais mis ne sont pas colorisées, mais ça donne une idée du décalage avec les dessins de Burchielli.

Tout à la fois fiction critique sur nos sociétés et leurs outils médiatiques et politiques, DMZ a cette richesse de pouvoir aborder des sujets parfois tabous et dérangeants.

PictoOKPictoOKA l’identique du Tome 1 qui avait été une réelle surprise pour moi, le Tome 2 conserve un rythme soutenu et un scénario très crédible. Les personnages sont intéressants, le graphisme est superbe et le découpage des planches (et chapitres) donnent une réelle dynamique à l’ensemble. La construction de ce monde, la manière dont les personnages se construisent et les intrigues s’imbriquent, me fait penser à GTA (pour ceux qui aiment les jeux vidéos… je creuse l’idée ^^).

Une lecture que je vous conseille. Les autres tomes de la série accessible via les catégories en bas d’article.

Une interview de Burchielli si vous suivez ce lien. Et le site de Brian WOOD si vous suivez celui-là.

Extraits :

« Si tu as peur de mourir, mais pas de tes patrons, tout ira bien. Travaille sous tes conditions. Les gens le verront et te respecteront » (DMZ, tome 2).

« Je ne me suis jamais intéressé à la politique. A quoi bon ? La politique suivait son cours indépendamment de ce que les gens pensaient ou faisaient » (DMZ, tome 2).

« Cette ville a cassé l’élan de la guerre. Le seul endroit du pays qu’aucun côté n’arrivait à s’approprier. C’est la DMZ. C’est là qu’on vit. C’est chez nous. On ne la quittera jamais » (DMZ, tome 2).

DMZ

Tome 2 : Le corps d’un journaliste

Série en cours

Éditeur : Panini COMICS

Collection : 100% Vertigo

Dessinateur : Riccardo BURCHIELLI & Brian WOOD

Scénariste : Brian WOOD

Dépôt légal : janvier 2008

Bulles bulles bulles…

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DMZ, tome 2 – Wood – Burchielli © Panini comics – 2008