Ludwig Revolution (Yuki)

Ludwig Revolution, tome 1
Yuki © Tonkam – 2007
Ludwig Revolution, tome 2
Yuki © Tonkam – 2007
Ludwig Revolution, tome 3
Yuki © Tonkam – 2008

Le prince Louis est un coureur de jupons. Excédé par son attitude immature, le Roi le chasse du Château prétextant un voyage initiatique. « Tel que tu es, tu n’es pas prêt pour hériter du trône. Tu vas te rendre au pays voisin en tant qu’ambassadeur pacifique et tu vas demander en mariage la fille unique du Roi, Blanche ! (…) Sinon, je ne te laisserais pas revenir au pays ».

Ludwig part donc à la recherche de l’épouse idéale, celle qu’il sera capable d’aimer et qui conviendra à son père. Sa quête commence, quand rentrera-t-il chez lui ?

Kaori Yuki revisite avec cette série l’univers des contes de Grimm. Quatre chapitres par volume et le premier album qui nous emmène du coté de Blanche Neige, du Petit Chaperon Rouge, de la Belle au bois dormant et de Barbe bleue. A partir du second volume, Yuki explore des contes de Grimm moins connus (Raiponce, le Roi Grenouille…).

Cette mangaka campe un univers déjanté, loufoque qui est assez agréable au premier coup d’œil… premier coup d’œil oui !! Car à partir du moment où on se pose dans la lecture, ce récit est d’aussi mauvais goût que les visuels de couverture. Le shojo est rythmé mais la narration est saccadée et les chapitres de qualité inégale (j’ai dit qualité ??). Le récit passe parfois du coq à l’âne rendant certains passages confus et incohérents, l’auteur semble incapable de gérer les scènes d’action et, cerise sur le gâteau, certains dénouements tombent comme des couperets, sans morale ni intérêt. Connaissant l’aspect « rentabilité » qu’un auteur doit offrir au Japon, j’ai donc essayé de relativiser un peu : Kaori Yuki n’avait pas le temps de peaufiner ses chapitres, bla bla bla… mais cette technique n’a pas été opérante. L’humour de cette série est grossier voire vulgaire, on flirte avec le puérile… j’ai passé l’âge de rire à gorge déployée à la lecture de running-gags qui ont pour sujet les gros nichons (passez moi l’expression, mais je me mets au niveau de la série pour mieux parler d’elle).

Côté graphique, le prince Louis est un bel androgyne au point de parvenir à se faire passer pour une jeune femme auprès d’un Barbe-bleue trop crédule. Les personnages aux traits angéliques posent pour le Musée Grévin pendant la moitié du temps, singent quelques grimaces (ce qui est très mangas et seul point logique dans cette série) sur un quart de l’album et sur le quart restant… disons qu’ils s’agitent un peu comme des marionnettes désarticulées puisque, non contente de ne pas maîtriser la gestion des dialogues pendant les scènes d’action, l’auteure ne sait pas non plus proposer un agencement pertinent des cases sur ces temps de lecture. Le regard se perd et papillonne à mesure que les personnages s’éparpillent. Ôh comble du bonheur, cela se reproduit d’un chapitre à l’autre.

Enfin, touche exotique : l’auteure intervient directement dans le récit, s’autorisant des encarts pour expliquer le choix de tel ou tel conte, l’envie d’affubler tel ou tel personnage d’un défaut ou d’un trait de caractère… petit effet de style qui n’apporte aucun « plus » au récit. Elle échoue là même où d’autres y arrivent sans difficultés apparentes (Ma voie de père par exemple). Si je suis parvenue à lire en plusieurs étapes le premier tome de cette série, j’avoue avoir été moins consciencieuse sur le tome 2… et absolument pas concentrée du tout sur le tome 3 (Tigger Lilly posait récemment la question de savoir si le fait de commencer la lecture d’un livre par le milieu était une hérésie : pour cet album, ça ne l’est pas  !! ^^).

Une grosse déception pour cette série. J’ai tenté de m’accrocher (je n’aime pas abandonner une lecture) et j’ai espéré qu’au fil des tomes l’auteure trouve un consensus d’écriture/dessin plus pertinent… vaine attente pour cette ridicule farce. Une série en cours, 4 tomes sont parus en France entre 2007 et 2008.

J’avais pourtant un bon souvenir d’adaptations de contes (Fables, Château l’Attente par exemples) et je souhaitais voir ce que ce travail pouvait donner du côté des mangas. J’ai vu, j’ai lu… j’ai vaincu mais ne me demandez pas d’y revenir, c’est sans intérêt. Ce qui me gêne le plus, c’est que cet article compte pour le Challenge ABC de Babelio… j’ai choisit le mauvais « Y ».

Des critiques enjouées sur la série ?? Peut-être, mais ne comptez pas sur moi pour vous en donner !

Ludwig Revolution

Série en cours

Éditeur : Tonkam

Collection : Shojo

Dessinateur / Scénariste : Kaori YUKI

Dépôt légal : septembre 2007 (tome 1), novembre 2007 (tome 2) et janvier 2008 (tome 3)

Bulles bulles bulles…

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Ludwig Revolution, tome 1 – Yuki © Tonkam – 2007