L’Âge d’Or, volume 1 (Pedrosa & Moreil)

Dehors, la chasse bat son plein dans cette grande forêt. On est en plein Moyen-Age et trois gaillards ont trouvé un petit coin pour se poser. Ils racontent des anecdotes comme celle de Mathurin qui s’est fait couper le nez après avoir braconné sur les terres du seigneur. Ils racontent la faim qui tenaille leurs corps. Ils racontent les conditions de leurs vies miséreuses. Ils racontent leurs vies qui ne leur appartient pas et sur lesquelles les nobles ont tous pouvoirs. Ils racontent la vie comme un fardeau, une fatalité. Il ne leur viendrait pas à l’esprit de se rebeller. Le seul luxe qu’ils s’octroient, c’est de rêver à un monde meilleur, un Eldorado imaginaire… un âge d’or depuis longtemps disparu.

Le cœur de cette contrée est le Château du Bois d’Armand. En son sein, le roi est mort et Tilda, sa fille aînée, s’apprête à lui succéder. Tankred et Bertil sont venus l’épauler dans ce moment douloureux.

La veille du sacre de la princesse, elle est victime d’un coup d’état fomenté par un des ennemis de feu son père. Cette prise de pouvoir par la force vise à placer sur le trône son jeune frère cadet. Privée de liberté, elle est contrainte d’assister impuissante à son exil sur une île du royaume. Durant son transfert, ses amis Tankred et Bertil vont l’aider à s’échapper.

Personne ne se doute de rien mais les premiers remous du changement se font sentir.

Le changement de ton progressif de ses albums ne m’avait pas préparée à un tel virage artistique lorsque j’ai découvert « Sérum » . Sorti en 2017, cet album m’avait profondément surprise. Il amenait Pedrosa à se risquer dans un registre narratif que je ne lui connaissais pas : celui de l’anticipation politique. Un changement de cap parfaitement réussi mais je pensais le voir revenir à des récits plus intimistes. Et voilà « L’Âge d’or » qui fait son apparition. Pour l‘occasion, Cyril Pedrosa collabore avec Roxanne Moreil avec qui il a co-fondé les éditions La Vie moderne et mené à terme plusieurs projets artistiques.

« L’Âge d’Or » est l’occasion de disséquer une nouvelle fois les arcanes du pouvoir et d’en observer les mouvements sous un angle différent de celui pris pour « Sérum » . Il y est aussi question de lutte des classes, d’inégalités sociales, d’autoritarisme, de pouvoir, de censure et… d’idéal social. On reste aussi dans le registre de l’utopie mais cette fois, c’est la trame de la quête – ou de la prophétie – qui va donner le rythme au récit. Rien qu’à voir l’illustration en couverture, on rêve déjà à tout le potentiel de l’héroïne.

Le décor est très vite planté et on a vite fait de repérer qui des « gentils » et qui des « méchants » sans que jamais le scénario ne tourne à quelque chose de convenu. Ce tome annonce un diptyque plus que prometteur !

L’Âge d’Or
Volume 1/2
Edité chez Dupuis dans la Collection Aire Libre
Scénaristes : Cyril PEDROSA & Roxanne MOREIL
Dessinateur : Cyril PEDROSA
Dépôt légal : septembre 2018, 232 pages, 32 euros
ISBN : 979-1-0347-3035-3

Les Louves (Balthazar)

Balthazar © Dupuis – 2018

« L’homme est un loup pour l’homme » … on peut malheureusement constater la véracité de cette expression tous les jours. Des petites vengeances quotidiennes aux grands drames humains, l’homme a de tout temps été un prédateur pour les autres membres de son espère.

Seconde Guerre Mondiale. Les Allemands sont aveuglés par la perspective d’étendre leur territoire. Leur race est pure, du moins le croient-ils. Les Aryens rêvent de fertiliser tous les territoires jusqu’aux contrées les plus éloignées.

Sur leur chemin se trouve la Belgique qu’ils envahissent sans ménagement.

Sur leur chemin, La Louvière. C’est dans cette ville belge que vit la famille de Marcelle. Marcelle a quinze ans lorsque la Guerre éclate. Pour elle, la guerre devient réalité l’année suivante, quand les hommes sont mobilisés et que son père part rejoindre les troupes belges.

Marcelle reste à La Louvière avec sa mère et ses autres frères et sœurs (Jacques, Yvette, André et René). Les hommes ayant quitté les foyers, la vie se réorganise tant bien que mal.

C’est un récit factuel de cette période particulière dans la vie d’une communauté. On a un aperçu assez complet de ce que la guerre implique : entre ceux qui tentent de tirer la couverture à eux, ceux qui cherchent à se faire bien voir des Allemands, ceux qui conservent leurs habitudes avec dignité, ceux qui prennent des risques et mènent des actions clandestines… Il est autant de réactions humaines pour faire face à la peur provoquée par la guerre. Et puis il est des façons différentes d’aborder la situation comme par exemple la grand-mère de la narratrice qui a davantage de recul ; elle a déjà vécu en temps de guerre et ne cherche pas à se rassurer (oui les hommes vont être mobilisés, oui les femmes vont devoir aller travailler, oui les civils vont être rationnés…).

Flore Balthazar s’inspire des souvenirs de sa famille et les mélange à un récit fictionnel. Elle explique en début d’album qu’elle a conservé certains prénoms et maquillé d’autres, qu’elle a parfois fusionné plusieurs personnes en un même personnage pour éviter les redites ou la profusion de protagonistes. Le scénario est fluide et on voit très bien comment, à l’arrière des lignes, les femmes ont pris les choses en main pendant que leurs hommes étaient au combat. L’autrice parle également des privations, de la presse clandestine, de la résistance, des diffusions de la BBC, de la délation, de la vie dans les camps de prisonniers… De l’angoisse et du temps qui s’étire pendant cette période d’attente : attendre qu’un être cher reviennent du front, attendre la libération, attendre…

Ces jours-ci, j’ai compris à quel point le temps est une notion relative ; objet étrange, qui passe en un éclair ou se dilate à l’infini…

Les événements sont rapportés de façon chronologique. Des marqueurs de temps apparaissent régulièrement dans le récit et nous permettent de nous repérer dans les grandes dates de cette guerre. Le temps passe de façon linéaire et excepté quelques soubresauts dans la narration, les jours succèdent aux jours sans trop de changements. Je me suis un peu ennuyée à certains moments mais la bonne humeur reste très vivace dans cette famille et cela donne du charme au témoignage. Cela donne aussi envie de continuer la lecture et de savoir si cette famille est sortie indemne de la guerre. L’ouvrage rend enfin un hommage vibrant à Marguerite Bervoets, résistance exécutée en 1944 par les Allemands.

Un témoignage intéressant et enrichit d’une partie documentaire intégrée en fin d’album. Pendant la lecture, je n’ai pu m’empêcher de pense à Collaboration horizontale.

La chronique d’Aurore.

Les Louves

– Femmes en résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale –
One shot
Editeur : Dupuis
Collection : Aire Libre
Dessinateur / Scénariste : Flore BALTHAZAR
Dépôt légal : février 2018
200 pages, 18 euros, ISBN : 978-2-8001-6778-7

Bulles bulles bulles…

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Les Louves – Balthazar © Dupuis – 2018

La Boîte à musique, tome 1 (Carbone & Gijé)

Carbone – Gijé © Dupuis – 2018

Nola est une petite orpheline qui a perdu sa maman.

Pour ses 8 ans, son père lui offre un superbe cadeau : la boîte à musique qui appartenait jadis à la maman de Nola. Alors qu’elle rêvasse devant l’objet, bercée par ses mélodies, Nola voit soudain un mouvement dans la boîte à musique. En y regardant de plus près, elle aperçoit une petite fille qui lui fait signe d’approcher. En tendant l’oreille, Nola comprend que l’autre fillette lui demande d’entrer dans la boite à musique.

Tu dois faire un tour à droite, deux tours à gauche et mets la main sur le gobe ! Prête à nous rejoindre !

Sans trop comprendre comment elle est parvenue à ce tour de passe-passe, Nola entre dans la boîte à musique. Elle fait la connaissance d’Andréa et de son frère Igor mais surtout, découvre le monde de Pandorient, un royaume fascinant et dangereux. Elle sympathise très vite avec sa nouvelle amie qui lui demande de sauver sa mère qui est en train de mourir.

La Boîte à musique, tome 1 – Carbone – Gijé © Dupuis – 2018

Dépaysement garanti pour ce premier tome d’une nouvelle série d’aventures. Au scénario, Carbone nous livre très vite les éléments qui vont nous accrocher au récit : une fillette, un monde merveilleux, un voyage qui n’est pas sans dangers.

Au dessin, c’est Gijé qui s’y colle et son trait rond et généreux fait le reste. Une atmosphère largement saupoudrée de paillettes et de teintes rose bonbon qui, en temps normal me fait fuir. Pourtant, en compagnie de cet album jeunesse ce ne fut pas le cas. Cette fillette très dégourdie pour son âge a l’art de piquer au vif notre curiosité. A force de me dire « encore une page et j’arrête » , c’est tout l’album que j’ai dévoré en un rien de temps, intriguée par les expressions de surprise de l’enfant dont on suit l’histoire. Les yeux de Nola ne cessent de s’écarquiller face à tout ce qu’elle découvre et comme elle, on a réellement envie d’en savoir plus sur cet univers.

Pas le temps de faire une pause une fois la lecture engagée, on est pris dans les rebondissement et la vivacité des personnages. Un premier contact avec un univers beau et intriguant, une vraie richesse à exploiter. Une atmosphère de défiance ? Différentes espèces qui cohabitent dans une même cité ? Des règles qui interdisent à certains individus de s’aimer ? Un secret préservé depuis longtemps et que l’on confie enfin à Nola ?

Les auteurs posent très vite le décor et l’enrichissent à chaque page de petits indices qui épicent le récit. On y ajoute un peu de bonne humeur et une rencontre entre des fillettes de deux mondes différents et la magie opère très vite. Sans compter toutes les possibilités de voyages offertes par la petite boîte à musique. Voilà un tome de lancement réussi et on dit vivement la suite !

La chronique de Au fil des livres.

La Boîte à musique

Tome 1 : Bienvenue à Pandorient
Série en cours
Editeur : Dupuis
Dessinateur : GIJE
Scénariste : CARBONE
Dépôt légal : janvier 2018
56 pages, 12 euros, ISBN : 978-2-8001-7319-1

Bulles bulles bulles…

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La Boîte à musique, tome 1 – Carbone – Gijé © Dupuis – 2018

La petite Souriante (Zidrou & Springer)

Zidrou – Springer © Dupuis – 2018

« Protch » fait le bruit de la massue lorsqu’elle casse un os.

« Protch » … il met tout son cœur, toute sa force et toute sa haine dans les coups de masse qu’il donne sur le crâne de sa femme.

Josep Pla, dit « Pep » , met ainsi un terme à treize années d’un mariage raté. Un venin s’est répandu peu à peu dans leur couple.

« Protch » … un dernier coup de masse pour la faire taire à tout jamais. Et déjà il pense à l’apaisement de ne plus avoir à vivre avec elle. « Protch » … il frappe. S’acharne.

« Protch » … le crane devient bouillie… « Flotch ! » « Flotch ! » « Flotch ! » Pendant qu’il met tout son cœur à l’ouvrage, une chanson que lui chantait sa grand-mère lui revient à l’esprit : « Elle était souriante »

Puis il jette le corps dans un puits et rentre.

Sitôt chez lui, Pep est accueilli par… son épouse.

Prenons déjà un instant pour parler de l’objet, d’un format plutôt intimiste (19.5 * 25.8 cm) que l’on tient bien en main et que l’on manipule sans difficulté. En caressant la couverture, on découvre qu’elle est rugueuse. Et pendant qu’on savoure ce petit détail éditorial, on observe l’autruche qui est venue se camper juste devant nous… et rapidement, on se met à loucher sur ce qu’elle tient dans son bec. Impossible de retenir une moue de dégoût à la vue de ce nerf optique sanguinolent. On ne tarde pas trop à ouvrir l’album pour savoir de quoi il en retourne…

… et on confie donc notre sort à Zidrou, scénariste de talent qui tour à tour a su m’enchanter (Lydie, Les beaux étés…) et me décevoir (La peau de l’ours, La Mondaine…). Ça passe ou ça casse, il n’y a pas de demi-mesure. Auteur de scénarii en tous genres, Zidrou est un auteur plein d’humour et capable de livrer des personnages profondément humains qui m’ont émue ou, à l’inverse, de parfaits clichés que je n’ai pas trouvés crédibles. Quoi qu’il en soit, il m’impressionne par sa capacité à écrire de façon aussi prolifique. Une demi-douzaine d’albums par an tout de même !

Quant à Benoît Springer, je l’ai découvert avec Les funérailles de Luce. L’album m’avait chamboulée. La dernière fois que je l’ai lu, c’était justement sur un album qu’il avait réalisé avec son acolyte Zidrou (Le beau voyage)… et l’album ne fut pas à la hauteur de mes attentes. Autant dire que La petite Souriante n’arrivait pas en terrain conquis.

Pourtant, j’ai été d’emblée charmée par l’ambiance graphique installée par Benoît Springer. Ce dernier joue sur les contrastes entre des couleurs chaudes et des couleurs froides et parvient à nous faire sentir à l’étroit sitôt qu’on pénètre dans un bâtiment. Cette impression s’accentue lorsque l’épouse assassinée entre dans notre champ de vision. L’atmosphère se charge alors d’électricité au point que l’on ne sait plus qui est la proie et qui est le prédateur. Je n’ai pu m’empêcher de me demander si elle était au courant qu’elle avait été sauvagement abattue et quelles pouvaient être ses intentions.

Le scénario fait le reste et rend cet huis-clos absolument malsain. Il y a une haine sourde qui se répand son poison à mesure qu’on cerne les personnages. Dès la première planche, on est pris dans le feu de l’action. Il n’y aura aucun suspense sur la nature de l’affection que cet homme ressent pour sa femme. Il s’acharne, évacue toute son amertume sans aucune retenue. Les pages se tournent et on découvre à chaque nouvelle étape une nouvelle variante de la haine, de cette violence pernicieuse qui guide les personnages dans cette tragédie familiale. Par moment, j’ai regretté que le récit nous blackboule autant, précipite les choses et présente une succession si rapide de différents événements.

Un étrange thriller psychologique où tout se précipite. Un album qui glace, qui dérange et qui se lit si vite qu’on se demande si on ne l’a pas rêvé.

Un concours est ouvert jusqu’au 28 février sur le site de l’éditeur pour tenter de gagner l’album.

Noukette et moi partageons notre lecture commune avec les bulleurs de la « BD de la semaine » que l’on retrouve aujourd’hui chez Stephie.

La petite Souriante

One shot
Editeur : Dupuis
Dessinateur : Benoît SPRINGER
Scénariste : ZIDROU
Dépôt légal : février 2018
72 pages, 14.50 euros, ISBN : 978-2-8001-6859-3

Bulles bulles bulles…

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La petite Souriante – Zidrou – Springer © Dupuis – 2018

Les Gens honnêtes (Gibrat & Durieux)

Gibrat – Durieux © Dupuis – 2017

Le jour de son anniversaire, Philippe reçoit un vélo (cadeau de sa famille) et un coup de fil pour lui annoncer son licenciement (cadeau de son patron). Un coup dur pour Philippe qui reste sourd aux discours optimistes de ses proches. « Fais pas cette tête ! T’en avais ras le bol, de toute façon ! » , « C’est les vacances mon pote ! Faut te faire à l’idée » , « Allez, secoue-toi. Tu vas pouvoir faire du vélo toute la journée ! »
Philippe a pourtant bien raison de ne pas se joindre à la liesse ambiante. Il est si estomaqué qu’il va lentement sombrer, tentant de se raccrocher à la première bouteille qui passe à sa portée. Les choses s’enchaînent très vite ensuite : son ex-employeur ayant délocalisé récemment en Hongrie, il est contraint de faire une croix sur ses indemnités de départ. Quelques semaines plus tard, l’huissier force sa porte et fait emporter tout ce qui a un semblant de valeur. Et comme sa maison était un logement de fonction, Philippe se retrouve à la rue. Tous ses proches le tiennent à bout de bras. Sa fille tente d’apporter sa pierre à l’édifice, Fabrice – son meilleur ami – l’héberge et un copain l’embauche en tant que serveur.
Qu’à cela ne tienne ! Bon an mal an, Philippe se laisse porter par les autres dans sa nouvelle vie tout en faisant l’amer constat de ses échecs. Et puis il faut reconnaître, malgré les tuiles, que la vie réserve tout de même de jolies surprises : sa fille lui apprend qu’il va être grand-père, son plus jeune fils trouve enfin sa voie professionnelle et de nouvelles rencontres vont apporter un souffle d’air frais. Autant de raisons d’aller de l’avant même si rien n’est jamais simple.

Le premier tome de cette tétralogie est sorti il y a presque 10 ans et… la série n’a pas pris une ride. Presque 8 ans entre le premier et le dernier tome et j’aurais poursuivi volontiers s’il y avait eu d’autres tomes. Pourtant, dans les coulisses de la série, il y a eu quelques changements, le principal tient au fait que, faute de temps, Jean-Pierre Gibrat a dû confier entièrement le « bébé » à son compère Christian Durieux. Le lecteur n’y voit que du feu tant on a l’impression que tout est écrit par une seule et même personne.

(Réédition) Les gens honnêtes, tome 3 – Gibrat – Durieux © Dupuis – 2014

Le duo Gibrat-Durieux est sur la même longueur d’ondes. Alors oui, le pari de nous faire aimer ce personnage était risqué. Dès le début, c’est une avalanche de tuiles qui lui tombe sur la tête. Un divorce en cours et des relations avec son ex qui sont plutôt électriques, un licenciement qui annonce une période difficile de remise en question, l’arrivée d’un petit-fils alors que le costume de père ne lui allait déjà pas très bien et en dernier lieu, ce penchant pour l’alcool qui prend des proportions inquiétantes. Le premier tome contient donc beaucoup d’ombres au tableau côté scénario, nous donnant faussement l’impression qu’on s’engage dans une histoire plombante. Ce n’est pourtant pas le cas. Le dessin est enjoué, les boutades fusent et si le personnage principal se laisse aller, son entourage ne l’entend pas de cette oreille.

Au final, on rit de cet humour parfois grinçant, jamais méchant ni trop cynique et nos pupilles savourent ces planches pleines de fraicheur. Les illustrations ont plutôt tendance à border amoureusement cet univers et ceux qui le peuplent. Les couleurs sont gaies mais elles s’autorisent parfois un peu de noirceur pour coller à l’état d’esprit du personnage principal, à ses sentiments, émotions, colères, déceptions… Puis c’est l’occasion de sourire des aléas d’un homme qui a tendance à somatiser pour un rien et ses penchants hypocondriaques prêtent à rire de bon cœur.

Cerise sur le gâteau : un nouveau personnage entre en scène dès le tome 2. Il est libraire et son amour pour la littérature va contaminer tout le récit. Dès lors, des extraits de romans (classiques ou contemporains) s’inviteront régulièrement dans les cases. A savourer.

Je n’étais pas très loin du coup de cœur pour cet fiction. Moment de détente garantie.

Sur les premiers tomes : la chronique de Stephie, celle de LaSardine et celle de Cristie.

Une lecture pour « La BD de la semaine » que l’on retrouve aujourd’hui chez Stephie.

Les Gens Honnêtes

Intégrale
Editeur : Dupuis
Collection : Aire Libre
Dessinateur : Christian DURIEUX
Scénariste : Jean-Pierre GIBRAT
Dépôt légal : septembre 2017
296 pages, 35 euros, ISBN : 978-2-8001-7065-7

Bulles bulles bulles…

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Les gens honnêtes – Gibrat – Durieux © Dupuis – 2017

Le Meilleur ami de l’homme (Tronchet & Nicoby)

Tronchet – Nicoby © Dupuis – 2017

A première vue, Vincent a réussi sa vie. Marié, deux enfants, un métier plutôt bien payé (il est proctologue), une maîtresse aussi chaude que la nounou polonaise de sa fille est glaçante… et une passion depuis l’enfance pour le foot. A première vue.
Si on y regarde d’un peu plus près, on se rend vite compte que le couple de Vincent prend l’eau, que son collègue l’excède et que les soirées entre amis sont un vrai calvaire parce qu’il y en a toujours un pour sortir une boutade sur son métier. Heureusement qu’il y a le foot et les matchs qu’il va voir avec sa fille. C’est d’ailleurs lors d’un de ces matchs qu’il tombe nez-à-nez sur un de ses anciens co-équipiers : Kevin Delafosse. Kevin était son meilleur ami jusqu’à ce que leurs routes se séparent après leurs études supérieures. Et si aujourd’hui Vincent a réussi sa vie, celle de Kevin n’a rien d’enviable. Après avoir lamentablement raté ses études de médecine, après avoir été un piètre joueur que l’entraîneur de foot faisait lanterner sur le banc de touche, Kevin a fini bon an mal an à vivre dans un bouge et tentant tant bien que mal de joindre les deux bouts en fin de mois. Kevin est tatoueur. Et Kevin va prendre la désagréable habitude d’envahir la vie de Vincent…

C’est tout d’abord le duo d’auteurs qui a attiré mon attention. Didier Tronchet (qu’on ne présente plus et auteur de Jean-Claude Tergal, Raymond Calbuth, Le peuple des endormis… entre autres) et Nicoby (qu’on ne présente plus non plus et que j’avais a-do-ré sur Les ensembles contraires et 20 ans ferme !). Puis, le résumé de l’album a fini de me convaincre (il faut reconnaître que même écrit avec trois pieds gauches, j’étais déjà partante).

Alors oui, malgré le côté agaçant du personnage secondaire (Kevin), cet album est agréable. Malgré les coups bas et le fait qu’à partir du moment où Vincent croise son vieil ami, sa vie ne va plus si droit et les choses s’accélèrent. Ça pourrait sembler trop cette succession de tuiles qui lui tombent dessus mais non, parce que l’humour de Tronchet déride et le trait de Nicoby arrondi les angles.

C’est loufoque et tendre à la fois, c’est la vie de tout les jours avec le bon et le mauvais côté des choses, c’est exagéré et non dénué d’intérêt. Cyniquement drôle, c’est cruel aussi mais l’album se lit d’une traite !

Je ne suis pas certaine que l’histoire me marque au point que cet album se fasse une place dans ma mémoire mais ce qui est certain, c’est qu’il permet de passer un excellent moment de lecture.

Le Meilleur ami de l’Homme

One Shot
Editeur : Dupuis
Collection : Aire Libre
Dessinateur : NICOBY
Scénariste : Didier TRONCHET
Dépôt légal : septembre 2017
144 pages, 19 euros, ISBN :978-2-8001-7162-3

Bulles bulles bulles…

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Le meilleur ami de l’homme – Tronchet – Nicoby © Dupuis – 2017