La Guilde de la Mer, tomes 1 et 2 (Peña)

La Guilde de la Mer, tome 1
Peña © La Boîte à Bulles – 2006
La Guilde de la Mer, tome 2
Peña © La Boîte à Bulles – 2008

Pattedôle et son fils, Gib, sont des Sinois soumis à la loi Muride.

En Muridie, un code vestimentaire très strict est en vigueur, son précepte de base étant que  « le vêtement est le garant de l’ordre social ». Même le simple mouchoir doit être réglementaire et Pattedôle va payer chez le fait d’avoir oublié ce principe.

Une nuit alors qu’elle sort malgré le couvre-feu, elle se fait arrêter par la garde Muride. Contrainte d’accueillir chez elle un contrôleur afin qu’il établisse le procès verbal de son infraction, elle panique et empoisonne le contrôleur avec de la mauvaise herbe. Gib rentre à se moment-là et aide sa mère à prendre la fuite. Mais l’alerte est déjà donnée. Gib et Pattedôle se précipitent vers les remparts du port. Au moment de sauter, Pattedôle a une brève hésitation. La garde est déjà sur eux. Malgré l’appréhension naturelle que les Sinois ont à l’égard de l’eau, Gib se jette à la baille mais Pattedôle est retenue par les gardes. Elle atterrit dans les bas fonds des prisons de Muridie alors que Gib est repêché par les légendaires marins de la Guilde de la Mer.

Aventure, société parallèle avec la Guilde, monde animalier aux personnalités fortes… beaucoup d’ingrédients pour construire une belle épopée. Légendes, mythes viennent compléter le tout pour finir de nous dépayser.

Je vais arrêter de vous le dire, j’aime cet auteur et ses univers où l’on retrouve une ambiance japonisante et, en fil rouge, des dragons qui marquent de leurs grosses pattes les différents albums. Ici, on est toujours dans le conte, à mi-chemin entre l’aventure et la fantasy. Lutte de pouvoirs, enjeux politiques, stratégies commerciales, manipulations…Un monde aux potentialités incroyables, à m’en donner l’envie de refaire des campagnes de jeux de rôles ^^

Mais à vrai dire, j’ai été un peu déçue par ce début de série (un peu j’ai dit ^^).

Pourquoi ? Parce que malgré tout le travail que cela a certainement demandé, je n’aime pas cette colorisation sur les dessins de Nancy PEÑA. Le rendu est inégal alors que le trait de l’auteur sait créer à lui seul une atmosphère envoûtante. Son trait se suffit à lui même. Globalement, les ambiances sont sombres et l’absence totale de dégradés ampute les mouvements. Autant sur d’autres albums / d’autres auteurs noir&blanc c’est un plus (Pachyderme par exemple où j’avais apprécié la colorisation sur les dessins de Peeters car elle donnait relief et profondeur), autant ici je trouve qu’elle tasse le dessin. Résultat : les scènes d’action ne sont pas fluides et les ambiances un peu ternes… dommage. Au niveau du scénario, le récit est parfois saccadé. L’absence de voix-off ne remplit pas son rôle de « transition » entre les nombreux personnages qui évoluent (en parallèle des personnages principaux). Une difficulté à me repérer sur la carte et à me représenter correctement les caractéristiques de chaque race. J’ai du reprendre ma lecture plusieurs fois pensant avoir sauté une page.

Pour le reste, passés ces désagréments, c’est un régal. Le monde est riche, construit, crédible. Les castes représentent chacune un maillon de ce monde aux codes vestimentaires très poussés. Enjeux de pouvoir, légendes et mythes des peuples… Il y a réellement lieu à dépaysement.

PictoOKQuelle épopée !! Mais je reste moins conquise que par mes autres lectures de Nancy PEÑA.

A venir le tome 3 intitulé « Au point croisé » annoncé à la fin du second tome. Je n’ai pas trouvé d’informations sur le nombre final de tomes de la série.

Extrait :

« Toute intégration à la société marchande de la Guilde procède du choix personnel et sans maniement par autrui de son habillement.
Ce choix inaugure pour le citoyen la libre conduite de son existence, de son statut et de son métier au sein de la Guilde, à condition qu’il se soumette aux valeurs communes qui soutiennent celle-ci.
Ce choix originel ne saurait toutefois être définitif. Tout citoyen est libre de changer d’habillement en conformité avec la ligne morale et sociale qu’il se donne, et ceci, autant de fois qu’il le désire.
Enfin, le citoyen s’engage à propager les valeurs de la Guilde, par son investissement dans ses activités marchandes, textiles et de confection  » (La Guilde de la Mer).

La Guilde de la Mer

Série en Cours

Tome 1 : Au point de devant

Tome 2 : Au point d’entre-deux

Éditeur : La Boîte à Bulles

Collection : Clef des Champs

Dessinateur / Scénariste : Nancy PEÑA

Dépôt légal : avril 2006 (tome 1) et juin 2007 (tome 2)

ISBN : 9782849530214 (tome 1) et 978-2-84953-051-1 (tome 2)

Bulles bulles bulles…

Synopsis quatrième de couverture :
« Dans un archipel de terres où chaque race animale (Murides, Sinois, Tigrisses…) contrôle jalousement sa propre île, seule la Guilde de la mer, consortium de marchands et d’aventuriers, préserve un lien économique entre les peuples et un certain universalisme en ses murs. Une série d’aventure alliant mondes merveilleux, chasse au trésor… ».

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La Guilde de la Mer, tomes 1 et 2 – Peña © La Boîte à Bulles – 2006 et 2007

Le Cabinet chinois (Peña)

Le Cabinet chinois
Peña © La Boîte à bulles – 2003

Hollande au 17ème siècle.

Corneel est un jeune étudiant qui veut devenir Alchimiste. Mais pour l’heure, les cours l’Université ne le satisfont pas : trop théoriques, abstraits et donc impraticables. Lorsqu’un mystérieux laboratoire le débauche, Corneel est incapable de contenir sa fougue et accepte… Il quitte la Fac et Magriete, sa fiancée, et part pour prendre ses nouvelles fonctions.

Quelques heures après le départ de Corneel, un  inconnu demande à Magriete de le suivre. L’employeur de cet homme, un riche négociant de soies, la réclame.

Une fois entrée dans la riche demeure, un manoir aux couloirs labyrinthiques, Magriete fait un triste constat : elle est retenue contre son gré parce qu’elle est le sosie parfait d’une ancienne concubine du propriétaire des lieux. Bibelot à l’effigie d’un souvenir amoureux, Magriete doit déambuler dans les interminables couloirs, ravivant à l’occasion d’une rencontre inopinée,  le souvenir d’un amour perdu.

Un jour, elle découvre le cabinet chinois, une pièce fascinante.

Difficile de décrire les univers de Nancy PEÑA pour ceux qui ne les connaissent pas. Ils sont réellement atypiques et la comparaison avec d’autres références « bédétesques » m’est impossible. Le Cabinet Chinois est la première BD qu’elle a publiée en 2003 avec La Boîte à Bulles.

On est transporté par des ambiances suaves. Le dessin est rond, reconnaissable. On y trouve déjà un univers composé d’un subtile mélange entre conte, magie, récit fantastique et aventure onirique. Des pièces d’un puzzle qui vont s’ajouter, se compléter, se déformer pour se ré-assembler.

Il pourrait être ici question d’enfermement et de chimères, d’amour impossible et de femme-objet, d’ambitions démesurées et de toute-puissance. Mais ces thèmes ne s’imposent pas, ce n’est pas eux qui se font le plus remarquer. Suggérés, le lecteur pourra s’en saisir à sa guise.

PictoOKUn univers graphique unique, un huis clos étrange et troublant. Je suis sous le charme. Pour un premier ouvrage d’auteur, je trouve qu’il y a déjà là une certaine maîtrise, bien que je préfère de loin son diptyque Le Chat du Kimono / Tea Party.

Présentation du parcours de Nancy Peña sur Phylacterium.

Extrait :

« Je vais me cogner à tous les murs de cette maison jusqu’à ce que je ne me ressemble plus » (Le Cabinet Chinois).

Le Cabinet Chinois

One Shot

Éditeur : La Boîte à Bulles

Collection : Contre-jour

Dessinateur / Scénariste : Nancy PEÑA

Dépôt légal : octobre 2003

ISBN : 9782849530016

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le Cabinet Chinois – Peña © La Boîte à Bulles – 2003

Missy (Riviere & Paluku)

Missy
Rivière – Paluku © La Boîte à Bulles – 2006

Missy est célibataire et mal aimée. Étoile de la nuit, sa représentation est le clou du spectacle quotidien du Cabaret dans lequel elle travaille.

Ses rondeurs attirent les hommes et les font fantasmer. Un homme différent chaque nuit dans son lit. Elle cherche du  réconfort et espère qu’un jour, l’un d’entre eux restera au-delà du petit matin…

Expérimentation, expérimentation !

J’avais repéré cet ouvrage dès sa sortie, intriguée par les critiques que j’avais lues. Et puis j’ai laissé faire le temps, sans me donner réellement les moyens de me procurer Missy. Jusqu’à ce que je vous demande de me faire lire  en décembre (je réitérerais une fois cette LAL éclusée) et que Lo (toujours Lo ^^) me rappelle cet ouvrage à mon bon souvenir.

Je parle d’expérimentation, car le graphisme est réellement atypique dans cet album. Les silhouettes sont belles et soignées, mais les corps ne possèdent pas leurs détails habituels (les mains sont des moufles et surtout, les visages sont vides, sans traits). Les corps ronds sont très gracieux (l’inconscient collectif, quant à lui, n’affuble-t-il pas la personne trop ronde de maladresse, de lenteur… de gaucherie ?). Le dessin est aérien et emporté.

Ensuite, le scénario intervient par bribes, laissant la place à des successions de planches muettes.  Il n’y a pas non plus de narration. Les dialogues sont disposés avec parcimonie et les pensées intimes du personnage principal interviennent par bribes. On observe le tout avec un regard parfois espiègle. La tension monte crescendo tout au long de la BD, sans même que l’on s’en aperçoive excepté sur la fin où elle nous frappe de plein fouet, comme un « coup de sang ».

Je suis réellement fascinée par ce One-Shot : les auteurs ont une technicité qui me captive. Généralement, les expressions du visage nous permettent de disposer d’éléments quant aux ambiances (peur, fatigue, tristesse…). Ici, le lecteur doit faire sans.

Alors, même si on repère qu’il nous manque, de prime abord, des éléments habituels pour pouvoir se repérer dans cette fiction, on en fait pourtant rapidement le deuil. Est-ce donc le code couleur qui fait son œuvre ? Je pense qu’il joue effectivement, mais je ne pense pas que tout lui soit du. Est-ce la prédominance d’éléments suggérés qui crée l’ambiance ? Le langage du corps se suffit-il donc à lui-même ?

PictoOKJ’ai réellement apprécié cette BD hors-norme. Le style employé fera pourtant que l’on y adhère pleinement… ou pas du tout.

Missy

One Shot

Éditeur : La Boîte à Bulles

Collection : Champ Libre

Dessinateur : Hallain PALUKU

Scénariste : Benoît RIVIERE

Dépôt légal : octobre 2006

ISBN : 9782849530467

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Missy – Rivière – Paluku © La Boîte à Bulles – 2006

Le Chat du Kimono (Peña)

Le Chat du Kimono
Peña © La Boîte à bulles – 2007

« Il était une fois… » non, non, non, ça ne commence pas comme ça d’abord. Vous voulez que je vous mette l’eau à la bouche ? Voici donc l’introduction :

« Dans l’Ile de Kyushu, juste au pied du Mont Osa, s’étendait une grande filature de soie. Son propriétaire avait une fille qui était très belle. Il faisait tisser  pour elle les plus beaux kimonos de toute la province. Mais celui qu’elle préférait était le premier qu’il lui avait offert : le kimono des chats. Ce kimono, très doux et ronronnant, avait été confectionné avec soin par le meilleur tisseur de la filature, secrètement épris de la belle. Mais elle caressait les chats de son kimono toute la journée sans lui consentir le moindre regard… ».

Et puis un jour, un chat s’échappe du kimono…

Cet album, publié en 2007, était initialement prévu pour être un One Shot. Pourtant, en novembre 2008, Tea Party (à Angoulême cette année) est venu lui donner une suite inattendue. J’ai fait le choix de les chroniquer séparément, car tant le premier peut être considéré comme un conte, tant le second ne l’est absolument pas.

Nous sommes ici à la frontière entre la légende et la réalité. Le chat évadé fait la jonction entre les différentes scénettes qui composent l’album… un trait d’union entre plusieurs destinées qu’il va réunir. En chemin, nous croiserons Sherlock Holmes et Watson en pleine enquête, ainsi que la petite Alice perdue sortie de son pays des merveilles. Ce chat fait naître en elle toute sorte de questions.

A priori, on parcourt des « tranches de vie » totalement indépendantes les unes des autres. Ce chat est leur fil rouge.

Tous ces personnages évoluent dans un monde en noir et blanc, très contrasté. C’est magnifique. Le dessin de PENA est racé, caractéristique ; il crée de réelles ambiances dans lesquelles on s’immerge complètement.

PictoOKPictoOKSublime. Encore une BD que je vous invite à lire (si ce n’est pas déjà fait) ^^ et merci à Guillaume LONG de me l’avoir conseillée dans le « Faites-moi lire » de décembre.

Quelques liens dont une bio de l’auteur, un lien vers son blog et le blog de Tea Party.

Le Chat du Kimono

One Shot initialement / Série en cours

Éditeur : La Boîte à bulles

Dessinateur / Scénariste : Nancy Peña

Dépôt légal : janvier 2007

ISBN : 978-2-84953-040-5

Bulles bulles bulles…

Des planches magnifiques sont sur le blog Tea Party (je vous ais mis le lien plus haut).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le Chat du Kimono – Peña © La Boîte à Bulles – 2007

Tea Party (Peña)

Tea Party
Peña © La Boîte à bulles – 2008

Tea Party nous projette 15 ans après Le Chat du Kimono dont il est la suite directe.

La petite Alice est désormais une jolie jeune femme qui a hérité du kimono des chats de sa mère. Son père est un notable influent qui va lancer un défi, une Tea Party, à l’un de ses confrère et embaucher Victor NEVILLE (cookery counseller) afin de s’assurer de remporter le défi et s’assurer la victoire à la tea party.

Nous retrouvons tous les protagonistes du Chat du Kimono pour notre plus grand bonheur. Cette fois l’intrigue est pleinement consacrée à la scène finale de la tea party. L’ambiance est plutôt à l’enquête menée maladroitement par NEVILLE qui sera quelque peu remis sur les rails en cours de route par HOLMES. On quitte le noir et blanc du premier opus, le rouge fait son apparition et accentue le côté fantastique/onirique du récit. Les ambiances japonisantes de Nancy Peña font le reste.

Je ne vais pas plus loin, je n’en dis pas plus (pour toute réclamation, adressez-vous à la rédaction ^^). Je vous glisse le lien vers la prépublication, elle parle d’elle-même.

PictoOKPictoOKA Angoulême cette année… très sympa. C’est réellement une belle découverte et une histoire originale (c’est rare !).

Si on sort du Bar à BD, on peut lire l’article du9, bd.blogs.sudouest. Blog Tea Party.

Tea Party

One Shot

Éditeur : La Boîte à Bulles

Dessinateur / Scénariste : Nancy PEÑA

Dépôt légal : novembre 2008

ISBN : 978-2-84953-070-2

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Tea Party – Peña © La Boîte à Bulles – 2008

L’immeuble d’en Face, tomes 1 & 2 (Vanyda)

L'Immeuble d'en face, tome 1
Vanyda © La Boîte à Bulles – 2003
L'Immeuble d'en face, tome 2
Vanyda © La Boîte à Bulles – 2007

Une « tranche de vie » assez banale de voisins « comme tout le monde » qui nous invitent à entrer dans leur quotidienneté.

Une préface de BOILET en guise d’introduction, et c’est parti pour la lecture de cette histoire, il est vrai, peu attrayante de prime abord. Le style de VANYDA m’a permis d’accrocher rapidement aux personnages malgré la banalité de leurs vies. Pas de stars, pas d’aventuriers, pas d’espions ^^… des gens simples avec des vies simples et des attentes classiques.

On retrouve bien sur les ambiances et les « humeurs graphiques » que l’on avaient croisées dans Celle que je ne suis pas (écrit plus récemment), mais Vanyda fait preuve ici de plus d’originalité que dans Celle que… entamé en 2008. Des portraits de plein-pied en pleine page au strip (comme on le voit ci-dessus), VANYDA n’hésite pas l’ombre d’un instant à nous faire manipuler son ouvrage et à nous le faire retourner, certaines pages se lisant avec le livre qui passe du format classique au format italien. Le lecteur est mis à contribution ^^

Je trouve enfin le trait est également plus appuyé, plus sur de lui, comparé à Celle que… étrange puisque le tome 1 de L’immeuble d’en face est tout de même un travail qu’elle a publié à ses « débuts » d’artiste.

PictoOKDepuis le temps que j’entends parler de cette série, je la croyais terminée… que nenni !! C’est agréable, chaleureux, attachant… mais il est vrai qu’on ne voyage pas beaucoup ^^

Toujours très manga les ambiances de Vanyda, j’ai eu plaisir ici à découvrir les jeux de l’auteur quand à l’utilisation de l’espace disponible. Vanyda nous démontre qu’elle maîtrise complètement le support qu’offre une planche… l’humour en bonus.

L’Immeuble d’en Face

Triptyque terminé en 2010

Éditeur : La Boîte à Bulles

Dessinateur / Scénariste : VANYDA

Dépôt légal : janvier 2003 (tome 1) et janvier 2007 (tome 2)

ISBN : 978-2-84953-002-3 (tome 1) et 978-2-84953-049-2 (tome 2)

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’Immeuble d’en Face – tome 2 – Vanyda © La Boîte à Bulles – 2007