Docteur Jekyll – Mister Hyde, Robert Louis STEVENSON, illustré par Sébastien MOURRAIN, traduit et adapté par Maxime ROVERE

Docteur Jekyll et Mister Hyde
Stevenson – Mourrain © Milan – 2015

Londres. La fin du XIXe siècle. Une étrange affaire hante M. Utterson le notaire. Qui est le terrifiant M. Hyde à qui, son ami, M. Jekyll a légué tous ses biens ? Comment ces deux  hommes, d’apparence si différente, peuvent-ils être liés ? « Comment un véritable suppôt du diable peut-il fréquenter un parfait gentleman ? »

M. Utterson décide de mener l’enquête….

Le père Noël a mené dans sa hotte cet album pour mon grand de 11 ans. Ravie j’ai été, de faire découvrir à mon lardon, ce classique de la littérature !

Je n’ai pas relu la nouvelle de R.L. Stevenson. Mais j’ai trouvé cet album superbement fidèle à mes souvenirs (qui datent, il faut bien le dire, des années lumières !). L’ambiance « toutafé » cauchemardesque, aux confins de la folie, est divinement bien rendue grâce, notamment aux somptueuses illustrations de Sébastien Mourrain.  Les tons, tout de noir, de gris, avec quelques touches de couleur jaune rendent l’histoire terrifiante et follement réjouissante !

A chaque page du mystère, pour tenir le lecteur en haleine !

Un album pour frissonner de plaisir et pour approcher LA littérature !  À découvrir absolument 😉

Pour l’âge, je me demande si 8/10 ans n’est pas un poil trop tôt ? Pour rentrer dans l’histoire et en comprendre toutes les subtilités, je pencherai tout de même pour des enfants au collège, ou de très très bons lecteurs….

 

Et qu’en a dit mon lardon ?

« Le livre m’a bien plu. Le début est un peu confus. Il faut être assez grand pour comprendre, plus grand que moi ! J’ai beaucoup aimé la fin. « L’analyse complète du cas par le docteur Jekyll », ça nous apporte des renseignements supplémentaires sur l’histoire. Et après on comprend enfin toute l’intrigue. J’ai bien aimé l’histoire de la double personnalité. Ce Jekyll qui devient cet affreux Edward. C’est génial comme idée !

Les images sont franchement très belles mais elles filent les jetons (et mon grand me montre : regarde, celle là est atroce ! et celle-là … Et Edward Hyde il fait super flipper, il fait penser à un clown tueur ! Ahhhh ouais, quand même ! me demande s’il va bien dormir cette nuit 😉 )

Par contre, j’ai pas bien compris ce papillon qu’on voit partout ….« 

Superbe album qu’il faut donc un peu accompagner et qui a réjoui mon fils tout comme moi (et autant dire, partager une lecture avec ses enfants est un bonheur immense ❤ )

 

Premières phrases :  » M. Utterson, le notaire, faisait un soir sa promenade en compagnie de son cousin, M. Enfield, lorsque les deux hommes arrivèrent dans une jolie ruelle. Au premier coup d’œil elle attirait et charmait le regard, mais sa perspective était interrompue par une bâtisse sinistre. Sur ce fronton sans fenêtres, tout décrépi, la peinture était cloquée et écaillée, et, vers le bas, personne n’avait réparé les dégâts faits par la malveillance des passants. »

 

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Docteur Jekyll – Mister Hyde, Robert Louis STEVENSON, illustré par Sébastien  MOURRAIN, traduit et adapté par Maxime ROVERE, Milan, 2015, 16,90€

L’Orchestre des Doigts

L'Orchestre des Doigts, tome 1
Yamamoto © Milan – 2006
L'Orchestre des Doigts, tome 2
Yamamoto © Milan – 2007
L'Orchestre des Doigts, tome 3
Yamamoto © Milan – 2007
L'Orchestre des Doigts, tome 4
Yamamoto © Milan – 2007

Japon, 1913. C’est désillusionné que Kiyoshi TAKAHASHI quitte le milieu rural dont il est originaire. Ses rêves sont brisés, il souhaitait faire de la musique, mais son frère aîné, chargé de famille depuis la mort de leur père, s’y est opposé. A Osaka, il obtient un poste d’enseignant dans une école pour enfants sourds-muets et aveugles. Sur place, il apprend qu’on lui confie un poste de professeur de musique. Pour lui, tout est sujet à découverte : côtoyer des sourds, constater leur difficile voire improbable acceptation dans une société japonaise encore très fortement rurale, découvrir un nouveau mode de communication… Touché par la situation d’Issaku, un jeune sourd au comportement violent, Kiyoshi va rapidement investir sa fonction et protéger farouchement la Langue des Signes.


A vrai dire, passées les frayeurs du premier tome, j’ai une bonne impression de cette série.

Pourquoi des frayeurs me direz-vous ? Parce qu’il y a des redites qui deviennent rapidement pesantes (avant que la 22ème page soit tournée, il nous est dit 7 fois que le récit concerne des jeunes sourds et aveugles), parce que le ton initialement employé sur les deux premiers chapitres est inapproprié car trop romancé (j’y avais adhéré dans Les Fils de la Terre, mais ici je trouve que le style donne la désagréable impression d’être parachuté dans le monde merveilleux de Casimir), parce que l’amitié qui va naître entre ce jeune professeur et un de ses élèves est plus qu’une évidence, que les conflits qui les opposent (la manière dont ils sont racontés) sonnent faux et n’évitent pas des passages assez pathétiques… Sortez les violons, on joue pour vous ce soir : « Quelles que soient les paroles de tendresse qui leurs (enfants sourds) sont prodiguées, elles ne peuvent les atteindre. Ils ne peuvent recevoir ni l’amour ni l’inquiétude ni le chagrin de leurs parents » lira-t-on rapidement. Ah ? une mère ne peut-elle serrer son enfant dans ses bras même s’il est sourd ??? me dis-je en mon fort intérieur.

Bref, un début de premier tome un peu inquiétant quand on sait que la série en compte 4 au total. L’arrivée inespérée dans ce tome de Mr FUKUDA, un enseignant sourd, va fortement influer sur le ton du récit et lui donner un autre rythme. La présence de ce personnage, aux bienfaits certains pour le lecteur, va apaiser le personnage principal, l’ouvrir à la Langue des Signes… et nous de la même manière. Dès lors que la Langue des Signes fait son apparition dans la série, les personnages font tomber leurs œillères et deviennent membres à part entière de la société japonaise. En comprenant ce qui se passe, ils s’approprient leur identité et sortent de la bulle protectrice que leur offrait l’École. Une série intéressante qui permet d’avoir une vision très large de la société japonaise. Les événements marquants comme les émeutes du riz en 1923 sont intégrés au récit.

Notons aussi que L’orchestre des Doigts est une œuvre fictive basée sur des faits réels. Le parcours de Kiyoshi TAKAHASHI, son investissement auprès des Sourds japonais, a aidé à organiser la Communauté Sourde japonaise actuelle. La série s’étend de 1913 à 1989, on voit donc les conséquences de cet investissement dans le temps (la série a été publiée pour la première fois au Japon en 1991). J’ai parcouru avec intérêt l’évolution de la Communauté sourde japonaise qui a suivi un parcours similaire à son homologue français (opposition marquée entre gestualistes et oralistes, une langue vivante qui intègre en permanence de nouveaux signes…).

Techniquement, j’avais des craintes quant à cette série. Je pratique la langue des signes française (LSF) depuis quelques années et j’appréhendais la manière dont les choses seraient abordées. Pourtant, l’ensemble est assez réaliste même si je déplore un manque d’expressivité des visages (habituellement, les sourds marquent les intonations avec des haussements de sourcils, des joues gonflées…) et des expressions corporelles (ici, les corps sont rigides, lourds). Les mains sont donc les seules à s’exprimer dans des mouvements qui sont très amples, très fluides… c’est agréable car on voit le geste (très différent de celui emprunté en LSF). Il y a quelques incohérences (un entendant ouvre un échange avec un sourd alors qu’il s’approche de lui dans son dos), mais elles sont trop peu présentes pour gâcher la lecture.

Un récit intéressant qui nous permet de parcourir les événements marquants qui ont agités le Japon au cours du XXème siècle. Des éléments  trop romancés sur certains passages, des personnages principaux mobilisés corps et âme (cela dépasse les prérogatives du statut d’enseignant, on est face à des personnes mues par une vocation). Une incohérence majeure : on nous laisse entendre qu’on assistera à l’influence bénéfique de la musique sur les sourds et pourtant, ce coté est complètement éludé alors qu’il y a matière à l’exploiter il me semble… la musique reste donc la grande absente de cet ouvrage (quelques apparitions dans la série, mais jamais par le biais d’un support éducatif).

L’énorme avantage d’aborder un thème trop peu présent en BD. Une série très engagée.

Extrait :
« Signer signifie s’identifier comme étant sourd, être pris pour un inférieur, quelqu’un de faible, de déficient  » (L’orchestre des Doigts).

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L’Orchestre des Doigts
Série finie en 4 tomes
Éditeur : Milan / Label : Kankô
Dessinateur / Scénariste : Osamu YAMAMOTO
Dépôt légal de la série en France : octobre 2006 (tome 1), janvier 2007 (tome 2), mars 2007 (tome 3) et mai 2007 (tome 4)

Bulles bulles bulles…

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L’Orchestre des Doigts – Yamamoto © Milan / Label Kankô – 2006 et 2007

Tatoo, tome 1 (Supiot)

Tatoo, tome 1
Supiot © Milan Jeunesse – 2008

Tatoo est un petit chat espiègle qui adore jouer avec sa souris. Cette nuit-là, après une course poursuite effrénée sur les toits, Tatoo chute dans le Zoo. Un à un, il va rencontrer les animaux du Zoo…

Il y a quelques mois déjà, je vous avais parlé (et vanté les mérites) de la Collection Puceron inaugurée chez Dupuis et destinée au 4 – 6 ans.

Et bien je viens compléter mon petit « Coin des Bambins » par un album qui nous vient tout droit de la Collection Petit Bonum de chez Milan Jeunesse.

Même principe donc pour cet album entièrement constitué de planches muettes mais au dessin hyper expressif. C’est amusant, idéal pour le pitchoun qui a des envies de lectures en solitaire.

Conseillé dès 4 ans… Les petits habitués aux livres n’auront pas besoin d’attendre aussi tard pour se lancer dans Tatoo.

 

Sympa, à découvrir !!

Tatoo

Tome 1 : Tatoo au Zoo

Éditeur : Milan Jeunesse

Collection : Petit Bonum

Dessinateur / Scénariste : Olivier SUPIOT

Dépôt légal : 3è trimestre 2008

ISBN : 978-2-7459-3417-8

Bulles bulles bulles…

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Tatoo, tome 1 – Supiot © Milan Jeunesse – 2008