Bonjour Tristesse (Rébéna)

Rébéna © Rue de Sèvres – 2018

C’est l’été. Cécile est en vacances avec son père sur la Côte d’Azur.
Cécile est une adolescence désabusée, un peu garçonne avec sa silhouette filiforme et sa coupe de cheveux sage et sauvage. Du haut de ses 17 ans, elle a déjà une bien piètre vision de l’amour et du couple. Son père, en pleine crise de la cinquantaine, est un coureur de jupons invétéré. L’élue du moment est Elsa, sulfureuse rousse qui doit avoir à peine 6 ou 7 ans de plus que Cécile.

L’été est torride, entre farniente au bord de la piscine, gueules de bois et baignade dans la mer. L’été est torpeur, lascivité, ennui… Jusqu’à l’arrivée d’Anne, ancienne amie de la mère défunte de Cécile. Anne est une belle femme. Charismatique, élégante et qui sait manipuler habillement ses pions dans l’échiquier de la séduction. Au point que Cécile en est presque jalouse et qu’elle voit sa présence d’un mauvais œil.

Françoise Sagan a écrit Bonjour Tristesse à l’âge de 18 ans. Je n’ai pas le souvenir de l’avoir lu ce qui m’a permis, entre autres, d’entrer dans cet album sans appréhension.

Arrêt sur image avant toute chose. La couverture m’interpelle. L’héroïne se tient droite, perdue dans ses pensées. Songeuse. On retrouve, dans les traits de Cécile, cet air rebelle que Sagan affichait au moment de la sortie de Bonjour Tristesse. Aussi maigre, aussi garçonne, comme si elle hésitait encore à assumer sa féminité.

A 17 ans, cette adolescente – qui n’est plus une enfant mais pas tout à fait une jeune femme – boit, fume et se moque royalement de la vie. Elle a peu d’empathie pour les autres excepté pour son père. On ne sait d’ailleurs pas trop si elle le respecte ou si elle le plaint. La voix-off contient les pensées et réflexion du personnage et quand elle parle de son père, ce qui frappe, c’est qu’elle le présente uniquement par le biais de ses défauts. On a l’impression d’être en présence d’un homme égoïste, volage, inconsistant. Il fume et boit immodérément et sa seule passion semble être celle qu’il voue aux femmes et aux plaisirs de la chair.

Huis clos électrique dans lequel l’adolescente se faufile comme une anguille. A pas de velours, comme un félin, elle manœuvre habillement et manipule les sentiments des uns et les autres selon son gré… contre son gré parfois, elle est comme poussée par un besoin de faire mal aux autres, de les rabaisser, de les avoir sous contrôle.

Récit sulfureux face auquel je me suis régulièrement demandé si la relation entre ce père et sa fille n’était pas incestueuse.

Drame familial où la mélancolie propre à l’adolescence colle au corps du scénario et crée une légère gêne.

Frédéric Rébéna s’approprie totalement le personnage de Cécile et la laisse glisser dans une langueur ; pour la sortir de l’indolence, ses petits stratagèmes l’aident à se divertir.

Eté de la première fois puisque Cécile a son premier rapport sexuel, intéressée à l’idée de tenir ce garçon sous sa coupe, sans raison.

Parenthèse estivale durant laquelle les corps sont dénudés, renforçant d’autant le caractère luxurieux de tout ce qui se passe et que nous ne verrons pas, que nous « entendons » tout au plus mais qui est bel et bien présent de façon permanente.

Etrange contact avec la sexualité qui est offert à cette femme en devenir. Lu d’une traite… une invitation à (re)découvrir le roman de Sagan.

Les chroniques de Madame, Au Fil des livres, Mylène, Nadège,

Bonjour Tristesse

– Adapté du roman de Françoise Sagan –
One shot
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur / Scénariste : Frédéric REBENA
Dépôt légal : avril 2018
112 pages, 18 euros, ISBN : 978-2-36981-382-8

Bulles bulles bulles…

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Bonjour Tristesse – Rébéna – Sagan © Rue de Sèvres – 2018

The End (Zep)

Zep © Rue de Sèvres – 2018

Pyrénées espagnoles. 32 personnes meurent, décimées d’un coup, terrassées par un mal mystérieux, fauchées dans la vie sans aucun signe précurseur. Scientifiques et enquêteurs tentent de trouver une cause rationnelle à ce drame.
A la même période, Théodore rejoint l’équipe du Professeur Frawley, un inconditionnel des Doors qui étudie la flore. Pour ce dernier, les arbres communiquent entre eux. Parce qu’il a présenté les résultats de cette recherche à la communauté scientifique, il est passé pour un illuminé et mis sur la touche. Depuis, il cherche à corroborer sa théorie et poursuit ses explorations en Suède afin de démontrer que les arbres détiennent la mémoire de l’Histoire de la Terre. Théo est rapidement mis dans le bain des motivations du professeur et se rallie peu à peu à son point de vue.

Donc, lorsque vous approchez un arbre, approchez-le en ami ! Si vous venez en prédateur, il escamotera les informations dans les airs ou profondément sous la terre, par le réseau des racines. J’espère que vous avez bien compris ce point… car il est essentiel dans notre recherche.

Aidée de Théo, l’équipe du professeur va constater d’étranges phénomènes dans l’écosystème qu’ils vont chercher à comprendre.

Fable écologique sur ton de thriller ou récit d’anticipation ? Un peu des deux je crois.

Contrairement à l’avis que Zep exprime dans une interview relayée sur le site de l’éditeur, j’aime croire la fin de The End comme possible. Loin de moi l’envie de dévoiler le dénouement mais je trouve qu’il y a quelque chose de rassurant dans l’idée que la nature – par l’intermédiaire des arbres – a la possibilité d’intervenir en vue de réguler les déséquilibres causés par une espèce sur son environnement.

« Un jour, mon fils m’a raconté cette incroyable histoire des koudous du Transvaal, morts mystérieusement… On a mis très longtemps avant de comprendre que c’étaient les acacias qui avaient modifié leur tanin pour les assassiner parce qu’ils étaient devenus nuisibles. Cette anecdote, encore controversée, a déclenché les recherches sur l’intelligence des arbres dont on parle beaucoup aujourd’hui. J’ai imaginé cette histoire inquiétante d’un groupe de chercheurs qui observent la nature et qui vont se rendre compte que c’est la nature qui les observe… » (extrait de l’interview).

Bien que l’histoire et la théorie que l’auteur développe soient purement fictionnelles, il a pourtant effectué des recherches pour rendre crédibles ses dires et rencontré quelques spécialistes (botanistes) qui ont suivi son travail de création. Un scénario très abouti qui permet au lecteur de rentrer rapidement dans l’histoire. Une fois la lecture commencée, impossible de lâcher l’album en cours de route. Depuis 2013, Zep réalise des albums destinés à un autre lectorat que celui féru de Titeuf ; si j’avais bien apprécié Une histoire d’hommes lors de sa sortie en 2013, Un bruit étrange et beau m’avait quant à lui convaincue que l’univers de cet auteur était finalement assez loin de mon univers de lectrice.  The End est parvenu à me faire de nouveau changer d’avis sur les œuvres de cet artiste et je trouve qu’il y a là beaucoup de maturité dans la manière de construire l’intrigue et de nous emmener progressivement vers un dénouement qui – bien qu’attendu compte-tenu de la teneur des premières pages – parvient à nous surprendre très agréablement. Ce regard sur les agissements de l’Homme n’a rien de convenu et permet d’aborder les dérives

Le dessin est dans la même veine graphique que les deux autres albums que j’ai déjà cités. Une succession de planches bichromiques mais dans des teintes qui varient (bleu-gris, marron-jaune, vert-vert…) et qui viennent marquer de leur petite musique le rythme du récit.

Un album qui m’a permis de passer un moment agréable. Pas l’album de l’année certes mais une belle découverte tout de même.

Un ouvrage que j’ai sorti plus rapidement que prévu de ma PAL après avoir lu la chronique de Jacques. Une lecture commune avec Noukette et Antigone.

Je me joins aux bulleurs de la « BD de la semaine » pour ce rendez-vous hebdomadaire qui se pose aujourd’hui chez Moka.

The End

One shot
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur / Scénariste : ZEP
Dépôt légal : avril 2018
90 pages, 19 euros, ISBN : 978-2-36981-605-8
L’album sur Bookwitty

Bulles bulles bulles…

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The End – Zep © Rue de Sèvres – 2018

Je vais rester (Trondheim & Chevillard)

Trondheim – Chevillard © Rue de Sèvres – 2018

Fabienne et Roland ont prévu de passer une semaine de vacances à Palavas. La chambre est réservée chez l’habitant, les places pour les spectacles sont achetées. Roland a des souvenirs d’enfance merveilleux ici, il voulait absolument faire découvrir le coin à Fabienne.
Parce qu’ils sont en avance, ils décident de garer la voiture le long de la plage et d’aller faire une balade. Le soleil donne, les vacanciers sont heureux. Main dans la main, le couple marche tranquillement, le sourire aux lèvres. Une bourrasque de vent sème la panique. Les parasols s’envolent, les grains de sable se nichent dans les yeux, les ballons gonflables des enfants roulent à toute allure. Amusée, Fabienne cherche son homme des yeux et découvrent, effarée, que le pire est arrivé. Des le lendemains les journaux titreront relayeront la nouvelle du vacancier décapité par un auvent.
L’enquête s’ouvre en même temps que les formalités administratives. Fabienne supervise à distances la bonne marche des choses tout en décidant de rester à Palavas et de suivre le programme que Roland leur avait concocté.
Perdue dans ses pensées cotonneuses et endeuillées, Fabienne croise la route de Paco, un drôle de monsieur qui remplit ses carnets de coupures de journaux… sa collection de « morts à la con » comme il dit.

Les histoires de Lewis Trondheim parviennent quasiment systématiquement à m’embarquer dans leur sillage. Que l’auteur se lance un défi fou de réaliser une BD en 500 pages (Lapinot et les carottes de Patagonie), qu’il mette en mots l’enfance de sa femme (Coquelicots d’Irak), qu’il se fende d’une série de science-fiction (Infinity 8), qu’il se lance dans un western (Texas cowboys) ou dans un univers jeunesse (Les trois chemins) … je suis toujours emballée. Barrés, loufoques, fictifs, anticipatifs, aventureux, tendres… chaque récit est la promesse d’un nouveau voyage, original et atypique.

« Je vais rester » ne déroge pas à la règle d’autant que je ne m’attendais pas à découvrir une tranche de vie aussi « simple ». Un récit doux et bourré de nostalgie, sans retournements de situation rocambolesques, sans « dingueries » narratives. Etonnant de la part de Trondheim.

Le scénariste pose rapidement les grandes lignes de l’intrigue. L’héroïne est là, joyeuse à l’aube de ses vacances et cinq pages plus loin, la voilà devenue veuve. A peine le couple respire-t-il l’air des vacances que la faucheuse vient jouer les troubles fêtes. Le drame est si soudain que j’ai d’abord cru à une farce. Mais en voyant la réaction des témoins, on voudrait changer notre fusil d’épaule mais l’héroïne semble aller à contre-courant. Elle flotte. On dirait qu’elle traverse cette période comme un fantôme, qu’elle ne saisit pas encore la gravité de la situation.

Je me suis pourtant raccroché à elle comme elle se raccroche au petit carnet où son homme a consigné les temps forts de leur programme de vacances. « 15 août » , « 16 août » , « 17 août » … les jours défilent lentement, entre visites, attractions, spectacles et restaurants réservés à l’avance. Elle choisit de vivre ces quelques jours en étant collée à ce qui est désormais les dernières volontés de son époux. J’ai scruté les expressions de son visage, cherché à comprendre ce qui motive ses décisions… j’ai tenté de percer le mystère de cette femme silencieuse et j’ai fini par abandonner. Rien ne sert de juger alors je me suis laissée porter par l’atmosphère si sereine de l’album.

Pendant toute la lecture, cette femme m’a fascinée. Elle reste impassible, elle est souvent mutique et les couleurs estivales posées sur les dessins léchés d’Hubert Chevillard donnent l’impression qu’elle traverse son deuil comme si elle était posée sur un nuage et sentait à peine la peine qui la poignarde.

Elle s’autorise ces quelques jours en terre inconnue, comme un droit de pouvoir garder le silence et de se dérober aux regards de ceux qu’elle connait. C’est pour elle l’opportunité de faire son deuil à sa manière, à son rythme.

Lewis Trondheim observe le couple et cette alchimie si douce qui peut se tisser entre deux individus. Que devient celui qui reste après un deuil ? Comment se reconstruire après une séparation qu’on n’a pas eu le temps de préparer ? Qu’est-ce qui motive nos choix quand, de nouveau, on se retrouve à devoir décider pour soi, sans l’autre ?

Un récit étonnant, qui interroge forcément. Le choix du personnage surprend. Quand on regarde cette femme qui interroge le sens de la vie, qui se confie une dernière fois à son homme et qui se laisse guider par le programme de vacances qu’il a prévu… ses dernières volontés.

Je vais rester

One shot
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Hubert CHEVILLARD
Scénariste : Lewis TRONDHEIM
Dépôt légal : mai 2018
120 pages, 18 euros, ISBN : 978-2-36981-228-9
L’album sur Bookwitty.

Bulles bulles bulles…

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Je vais rester – Trondheim – Chevillard © Rue de Sèvres – 2018

En ce mercredi de vacances, ça bulle aussi chez :

Soukee :                                                 Eimelle :                                                    Brize :

Jacques :                                                 Blandine :                                           Gambadou :

Enna :                                                       Mylène :                                                  Blondin :

Sandrine :                                              Karine :                                              Amandine :

Nathalie :                                                 Madame :                                             Noukette :

Jérôme :                                                   Bouma :                                                  Stephie :

Moka :                                                    Sabine :                                                   Caro :

Alice :                                                      Itzamna :

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Infinity 8, tome 6 (Trondheim & Guibert & Biancarelli)

Trondheim – Guibert – Biancarelli © Rue de Sèvres – 2018

Sixième reboot lancé par le Capitaine de l’YSS « Infinity » pour tenter de découvrir qui est le commanditaire de cet énorme mausolée qui bloque le passage du vaisseau de croisière. Cette fois, il fait appel à l’agent Leïla Sherad de la Brigade volante des douanes. Sitôt mandatée, elle demande à pouvoir être secondée par l’historien Bert Numal qu’elle avait tenté d’épingler quelques heures auparavant pour détention illégale d’une antiquité.

Après un rapide point de la situation, le duo part en exploration et tombe rapidement sur un suspect. Cet « organisme végétal à l’appétit dévorant est prêt à s’étendre comme un cancer sur la nécropole et bien au-delà. Une plante qui pense, des morts qui parlent et des révélations décisives : une sixième mission qui sonne l’heure des premières répondes ! » (extrait du synopsis éditeur).

Pour cette sixième exploration du nœud du problème, Lewis Trondheim s’associe avec Emmanuel Guibert pour réaliser le scénario. Et si j’avais un peu fait la moue sur les derniers tomes de la série (disons plutôt que je les ai appréciés avec plus de retenue que les deux premiers tomes), ce tome 6 m’a davantage intéressée.

Impossible pour moi de comparer cette série à une autre œuvre tant son concept est atypique et original ; c’est comme si nous nous mettions à explorer les différentes facettes d’une même réalité (même espace-temps)… et c’est donc un peu comme si Lewis Trondheim (qui a imaginé cette série) avait été face à plusieurs story-board pour déplier son histoire et que plutôt que de retenir un seul projet, il décidait de les sélectionner tous [je tiens à préciser que ce n’est pas le cas ici, cette hypothèse est une pure invention de ma part].

Au dessin, Franck Biancarelli propose une ambiance assez douce qui convient bien aux personnalités des personnages principaux. Le résultat est très agréable, l’œil navigue tranquillement dans les illustrations et la présence du duo central est plutôt apaisante, même dans les scènes d’action.

Contrairement aux autres tomes déjà publiés, il faut avoir lu les cinq tomes précédents avant de découvrir celui-ci (alors qu’on peut faire une entorse dans l’ordre de lecture des tomes 1 à 5). On sait notamment qui a créé cette immense nécropole et dans quel but, mais ce ne sont que des premières réponses aux nombreuses questions ouvertes dans les tomes précédents.
Le septième et avant-dernier tome sort dans moins d’un mois et je suis assez curieuse de le découvrir. Il est étrangement intitulé « Et rien pour finir » …

Infinity 8

Tome 6 : Connaissance ultime
Série en cours
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Franck BIANCARELI
Scénaristes : Lewis TRONDHEIM & Emmanuel GUIBERT
Dépôt légal : janvier 2018
94 pages, 17 euros, ISBN : 978-2-36981-269-2

Bulles bulles bulles…

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Infinity 8, tome 6 – Trondheim – Guibert – Biancarelli © Rue de Sèvres – 2018

Quatre sœurs, tome 4 (Ferdjoukh & Baur)

Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2018

Voici enfin (déjà !!?) le dernier opus de l’adaptation des romans éponymes de Malika Ferdjoukh.

Cette fois, c’est au tour de Geneviève – la seconde de la fratrie – de nous accueillir. Comme à l’accoutumée, elle s’occupe des tâches ménagères.

L’été pointe le bout de son nez et c’est l’agitation dans la maison des sœurs Verdelaine. Charlie continue à travailler d’arrache-pied pour assurer le quotidien et le paiement des factures mais elle se morfond, sa rupture avec Tancrède l’attriste et elle regrette aussi le couple qu’elle formait avec Basile. Geneviève a décroché un travail d’été à la plage, elle commence dans quelques jours. Bettina part camper trois semaines avec ses copines. Hortense part chez des cousins à Paris et Enid a réussi à faire partie du voyage.

La maison Vill’Hervé se dépeuple donc pour trois semaines, le temps pour Charlie et Geneviève de s’occuper un peu d’elles…

Un dernier tome tant attendu…

Cati Baur le souligne en postface, cela faisait neuf ans qu’elle travaillait sur cette adaptation des romans de Malika Ferdjoukh. On imagine aisément à quel point les cinq sœurs Verdelaine sont entrées dans sa vie et comme il peut être difficile de refermer cette aventure.

Cette tendresse folle pour ses personnages, on la ressent pleinement dans cet album. Peut-être cela tient-il au fait que nous savons que nous tenons en mains le dernier tome de la série ? En tout cas, l’envie est réelle de profiter de cet album sans retenue, à chaque page. Ne rien rater, savourer chaque réplique, chaque respiration de ces cinq jeunes filles dont deux sont déjà presque des femmes.

Le scénario est entraînant, gai et aucun impondérable ne saurait ternir ce plaisir à partager une petite heure en leur compagnie. Les bouilles radieuses des sœurs Verdelaine, leur sens de l’humour et de la répartie, leur capacité à retomber sur leurs pieds… tout cela crée le charme de la série. Et puis même quand elles se chamaillent, on entend déjà les rires à chaque étage de la Vill’Hervé.

Les couleurs de l’été accompagnent ce tome gouleyant où l’on suit avec une attention toute particulière la douce Geneviève. On rit, on espère que leurs envies se concrétiseront, on s’étonne de leur ingéniosité.

Je crois que j’aurais été capable de suivre cette série jeunesse pendant quelques tomes encore. Car s’il est question ici du quotidien de cinq jeunes filles, il n’y a rien de superficiel, rien de suranné. Le lecteur s’intéresse à ce qu’elles vivent, il s’immisce dans cette petite famille, s’amuse parfois de les voir tour à tour si prévisibles pourtant, depuis le premier tome, on les voit changer, mûrir et s’affirmer.

Très belle série jeunesse que je recommande. Une « série-doudou » qui diffuse de la bonne humeur. Dès le premier tome, l’adaptation de Cati Baur m’a donné envie de découvrir les quatre romans de Malika Ferdjoukh et cette impression n’a fait que se confirmer de tome en tome.

Les autres tomes de la série sont également sur le blog. Je vous invite également à lire l’avis de Madame sur ce tome 4.

Quatre sœurs

Tome 4 : Geneviève
Tétralogie terminée
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Cati BAUR
Adaptation : Cati BAUR
d’après le roman de Malika FERDJOUKH
Dépôt légal : janvier 2018
154 pages, 15 euros, ISBN : 978-2-36981-132-9

Bulles bulles bulles…

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Quatre sœurs, tome 4 – Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2018

Mon Traître (Chalandon & Alary)

Chalandon – Alary © Rue de Sèvres – 2018

Un album qui s’ouvre sur les mots de Sorj Chalandon. De la démarche initiale qui l’a conduite à écrire le roman à cette adaptation BD, en passant par son interprétation au théâtre, Chalandon chemine, prend davantage de recul sur cette période de sa vie, se l’approprie et s’en détache mais toujours, ce récit restera une part de lui-même.

Antoine, luthier parisien se prend d’amour pour l’Irlande. Fasciné par sa culture, ses paysages et par la chaleur des gens, le jeune français rencontre Jim et Cathy qui deviendront des amis précieux. Tous font partie du mouvement républicain irlandais, et mènent des actions pour le compte de l’IRA. Un soir à Belfast, il fait la connaissance du charismatique Tyrone Meehan, responsable de l’IRA, vétéran de tous les combats contre la puissance britannique. Antoine ne tarde pas à embrasser la cause de ce peuple. Captivé, le jeune Français trouve en Tyrone un mentor, un ami très cher, presque un père. Puis un traître… « Mon traître » , comme l’appelle Antoine, pour désigner cet homme qui fut en réalité, vingt-cinq ans durant, un agent agissant pour le compte des Anglais. Il les avait tous trahis, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis et lui, chaque matin, chaque soir…

(synopsis éditeur).

Un récit autobiographique. Là, sur le papier, Sorj Chalandon devient Antoine. Là, sur le papier, les mots de Sorj Chalandon, son émotion, ses souvenirs, sa colère… tout y est, tout est repris de façon à répondre aux codes de la bande dessinée. Les visages en revanche, ils proviennent de l’imagination de Pierre Alary. Les visages des protagonistes, ce sont ceux que Pierre Alary a imaginé pendant sa lecture du roman de Chalandon.

L’album se découpe en plusieurs chapitres, nous obligeant à faire des coupures, à faire des pauses. Intercalés entre chaque chapitre, des extraits de l’interrogatoire de Tyrone Meehan / Denis Donaldson réalisé en décembre 2006 par les membres de l’IRA. A cette période, l’Irlande venait d’apprendre que Meehan/Donaldson avait vendu ses informations aux Anglais.

On rentre dans l’album sans aucun préalable. Une courte fenêtre nous aspire en décembre 2006, le jour où Antoine/Sorj apprend que son ami a trahit. Puis, on referme vite cette fenêtre comme pour se protéger d’une bourrasque et on atterrit en Irlande au milieu des années 1970, lors du premier voyage en Irlande d’Antoine/Sorj, de sa première rencontre avec son traître. A chaque voyage, les amitiés se renforcent. Très vite, écourte le laps de temps entre ses voyages en Irlande. Une fois par an, puis tous les six mois… de plus en plus souvent. On évolue dans des tons vert olive, ocre, marron, gris. C’est la guerre dehors, la tension, le danger… la chaleur est dans les foyers, dans les cœurs.

La force des convictions, le combat, les joies et les peines, tout y est, à l’état brut.

Un album coup de poing. C’est à lire !

Mon Traître

– d’après le roman de Sorj Chalandon –
One shot
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Pierre ALARY
Scénaristes : Sorj CHALANDON & Pierre ALARY
Dépôt légal : janvier 2018
146 pages, 20 euros, ISBN : 978-2-369-81474-0

Bulles bulles bulles…

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Mon Traître – Chalandon – Alary © Rue de Sèvres – 2018

 

Bilan BD

Mes collègues de « La BD du mercredi » ont toujours des mots merveilleux pour introduire ce partage de liens quand c’est à leur tour de l’accueillir. Moi pas. Je sèche, je trouve mes formules fades… Une chose est sûre pourtant : cliquez sur les liens qui suivent et vous allez découvrir des pépites !

Enna :                                                Enna :                                             Nathalie :

La Sardine :                                    Moka :                                          Blandine :

Karine :                                            Sabine :                                                 Sabine :

Blondin :                                            Antigone :                                              Gambadou :

Saxaoul :                                                Jérôme :                                               Jacques :

Hélène :                                             Hilde :                                                  Laeti :

PatiVore :                                         Cristie :                                                  Mylène :

AziLis :                                           Noukette :                                              Natiora :

Stephie :                                          Bouma :                                                Caro :

Alice :                                             Khadie :                                              Soukee :

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