Le petit Rêve de Georges Frog (Phicil)

Phicil © Soleil Productions – 2017

New-York, fin des années 30.
Georges Rainette est une grenouille. Venu de France pour suivre les cours du Conservatoire, il rêve de devenir un grand jazzman, de trouver l’harmonie parfaite entre la mélodie et l’instrument, l’alchimie poétique qui fera vibrer son public.

Cette musique, c’est toute ma vie… Je l’écoute, je la joue… J’en rêve même la nuit !

Il rêve aussi de se hisser aux côtés des plus grands jazzmen de son temps et pour cela, il a décidé de se consacrer entièrement à son art : le jazz. Il abandonne alors les cours et perd le bénéfice de sa bourse d’études. L’aventure est risquée en cette période de crise économique. Rien ne semble en mesure de résorber le chômage qui va croissant ; la pauvreté touche chaque jour de nouvelles familles. Georges est conscient des risques qu’il prend d’autant que les places sous les projecteurs de la gloire sont rares. Georges sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Il se met à travailler comme un forcené, le jour empiétant largement sur la nuit. Il compose, jette, recommence avec acharnement afin de composer la mélodie qui estomaquera, qui marquera, qui emportera l’engouement. Durant cette période, il est en tête-à-tête avec son vieux piano ; l’unique compagnon avec qui il partage toutes ces heures, l’unique compagnon qui pose un regard à la fois critique et encourageant sur les œuvres qu’il crée, son confident, son ami, son conseiller.

Tu sais Georges, je trouve que tu n’entends pas assez ce que tu joues. Tu devrais entendre intérieurement ce que tu joues. Ce ne sont pas que les doigts qui doivent jouer… Mais avant tout, la tête et le cœur.

C’est à cette période que deux événements majeurs vont influencer son devenir. Georges trouve enfin le nom de scène qu’il portera avec fierté : Georges Frog. Bien décidé à jouer des coudes pour se faire connaître, il ose envoyer ses maquettes à des producteurs et ressent un mélange d’excitation et d’appréhension. Ses projets artistiques de Georges sont cependant chamboulés le jour où il fait connaissance avec Cora, sa nouvelle voisine. Ils filent l’amour parfait mais Mister Cat, le père de Cora, ne voit pas leur idylle d’un très bon œil.

Georges Frog est né en 2006 sous la plume de Phicil. La série compte au final quatre tomes qui seront édités chez Carabas. La belle collection Métamorphose de Soleil les réunit aujourd’hui dans cette intégrale.La série compte au total quatre tomes réunis aujourd’hui dans cette belle intégrale.

Le petit rêve de Georges Frog – Phicil © Soleil Productions – 2017

Très vite, on perçoit que derrière l’auteur de bande dessinée, se cache un passionné de jazz. Phicil fait évoluer un personnage sensible aux sonorités du jazz, une musique capable de faire passer n’importe quelle émotion de la plus profonde des peines à la plus vibrante joie. Son héros, Georges Frog, ne se contente pas de jouer du jazz, il ressent le jazz.

Pour bien jouer, il faut avant tout faire ressortir la petite faille interne qui sommeille en nous, jusqu’à faire pleurer son instrument !

Dans ce récit la musique sert de support pour aborder d’autres sujets. Certains sont graves et sérieux (la misère, le chômage, la condition sociale des afro-américains), d’autres sont communs à tous les êtres humains (les sentiments, le dépassement de soi, l’envie d’atteindre ses idéaux…), d’autres sont plus personnels (les complexes, les peurs…).

Entre musique et sentiments, Georges Frog est un récit généreux, le cheminement et la réflexion d’un individu qui met tout en œuvre pour dépasser ses aprioris, acquérir une meilleure estime de soi, s’épanouir le mieux possible sans pour autant laisser les amis sur le bord de la route. Ce monde anthropomorphe de Phicil est à la fois assez réaliste mais l’apparence de ses personnages [et les couleurs de Drac] arrondit les angles et rend l’univers un peu plus doux, un peu moins sombre et laisse la place à la poésie et aux rêves alors que le contexte social s’y prête mal à première vue. Pour ceux qui auraient déjà lu les albums de Renaud Dillies (Betty Blues, Loup, Bulles & Nacelle…), il est difficile de ne pas faire le parallèle entre les deux univers [anthropomorphes de surcroît] pourtant Georges Frog me semble bien plus abouti.

Un petit bijou de série, un personnage auquel on s’attache, un scénario bien ficelé, un univers ludique et pertinent, un voyage musical que je vous conseille.

Extrait :

« Avant de jouer le blues, il faut savoir qu’il prend racine dans la culture des animaux sombres. A travers cette musique, c’est toute la douleur de l’esclavage qui transpire des centaines années d’oppression. Mais le blues traditionnel parle le plus souvent de choses bien plus banales. Comme par exemple de musiciens qui refusent d’en aider un autre, ou d’une fille qui laisse tomber son ami sans aucune explication. (…) Mais bon, on peut aussi traiter le blues de manière plus joyeuse, comme un pied de nez aux coups durs de la vie ! » (Le petit rêve de Georges Frog).

Une lecture que je partage avec les bulleurs de « La BD de la semaine ». Stephie accueille notre rendez-vous aujourd’hui.

Le Petit rêve de Georges Frog

Intégrale
Editeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Dessinateur / Scénariste : PHICIL
Dépôt légal : juin 2017
208 pages, 27 euros, ISBN : 978-2-302-06323-5

Bulles bulles bulles…

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Le petit rêve de Georges Frog – Phicil © Soleil Productions – 2017

Au pied de la falaise (ByMöko)

ByMöko © Soleil Productions – 2017

Autour du cercle, inlassablement, la scène se répète… Ici, tout n’est que parole, croire sans voir, vision noire. Les griots chantent pendant que les ombres, elles, dansent sur la terre sombre. Pleine, la lune guette… Et autour du feu, des cris de joie… Le son des instruments résonne et sur le dos des mères, les petits dorment, bercés par le silence des tams-tams.

Un petit village au pied d’une falaise. Une place centrale autour de laquelle se dressent des huttes en torchis ceinturées de petites cours où jonchent pèle mêle sur le sol des paniers en osier qui serviront à transporter quelques victuailles, de grandes jarres qui permettront de transporter l’eau de la rivière, des petits tabourets qui permettront aux femmes de préparer le repas, une hache pour couper le bois qui servira à faire le feu…

Nous sommes en Afrique. En quelques pas, nous avons traversé le village d’Akou. La vie est calme, les journées se suivent et se ressemblent. Akou est un petit garçon plein de vie et de malice. Chaque jour, il rend de menus services aux anciens, garde le troupeau de son père, sans oublier de faire quelques bêtises avec ses amis de toujours. Et puisque son père est le chef du village, Akou a parfois l’honneur de le suivre dans ses déplacements. Akou aime regarder son père lorsqu’il écoute chacun, il aime le voir lorsqu’il tente de trouver des solutions aux litiges, il aime entendre le son de sa voix.

Aujourd’hui est un jour particulier dans sa vie. Son grand-père est mort. Ce soir, une fête sera donnée pour honorer sa mémoire. Akou est triste mais sa mère le sermonne.

Akou… La vie, c’est la mort. Et inversement. Sèche tes larmes et tâche de lui faire honneur si tu veux qu’elle t’accompagne dans tes choix.

A l’aide de sauts de puce, nous allons passer de chapitre en chapitre et voir grandir Akou. Akou enfant, Akou adolescent, Akou jeune adulte puis père de famille. Chaque période de sa vie sera une étape, certaines seront marquées par des rites de passages. Grandir, devenir responsable, s’assagir, mûrir. Ce personnage principal est le narrateur. Il pose un regard malicieux sur ce qui l’entoure, ce qui a pour effet de donner beaucoup de légèreté à l’atmosphère de l’album. Les choses sont simples mais pas simplistes, les problèmes ont forcément une solution. Sa présence pétille ce qui donne à la fois davantage de rondeurs aux illustrations. En revanche, cela contraste fortement avec la morosité des couleurs utilisées (brun et gris dominent) ; j’ai parfois eu l’impression que l’auteur avait saupoudré ses planches de cendres. Visuellement, l’ambiance graphique ne correspond pas à l’idée que je me fais des couleurs de l’Afrique. Un des avantages de ce choix de couleurs : on ressent la chaleur du soleil mais elle ne nous accable pas et laisse ainsi tout loisir de nous concentrer sur ce qui se dit, ce qui se joue, sans lourdeurs superflues.

ByMöko laisse la main à Akou le narrateur, le conteur. Il nous invite à bras ouverts à entrer dans un univers de tradition orale. Les gens ne s’appesantissent pas sur leurs conditions de vie précaire, composent avec ce qu’ils ont à portée de main et s’entraident. S’ils se chamaillent, le litige ne s’enlise pas car la communauté veille. Le scénariste a construit l’histoire autour de petits bonheurs simples. On ressent une certaine joie de vivre, une fierté de réussir à franchir des étapes importantes de la vie et le plaisir simple (et sans arrière-pensées) d’aider son prochain.

Un très bel album. Chaque chapitre est succinct mais apporte une pierre supplémentaire à la vie d’Akou. Chaque chapitre apporte une petite anecdote. Chaque anecdote contient sa morale, comme une petite leçon de vie que l’on retient et qui aide à mûrir. Un récit plein d’humanité qui repose sur les épaules d’un personnage altruiste et touchant. Un univers qui se situe à un carrefour, entre passé et présent, entre superstitions et rationalité. Magique !

Extraits :

« Grand Paps, c’est le doyen. Il est tellement vieux que seul le grand arbre connaît son âge réel. C’est peut-être pour ça qu’ils sont si liés l’un à l’autre… Tous les jours, il y fait des siestes comme pour tuer le temps… à moins que ce ne soit l’inverse » (Au pied de la falaise).

« Je constate juste, en regardant vos deux récipients vides devant moi, que la bêtise c’est comme de l’huile… On a beau nettoyer, il en restera toujours un peu dans une calebasse qui en a contenu » (Au pied de la falaise).

« Ma famille, c’est comme une maison où les enfants sont les briques de terre qui délimitent la grandeur du foyer. Je ne suis que le toit de paille qui les protégera de toutes les intempéries… le pilier central étant Ma Soleil ! » (Au pied de la falaise).

Le site de l’album.

Au pied de la falaise

One shot
Editeur : Soleil
Collection : Noctambule
Dessinateur / Scénariste : ByMÖKO
Dépôt légal : mai 2017
154 pages, 17,95 euros, ISBN : 978-2-302-05387-8

Bulles bulles bulles…

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Au pied de la falaise – ByMöko © Soleil Productions – 2017

NoBody, tome 2 (De Metter)

De Metter © Soleil Productions – 2017

En 2007, un homme est interpellé sur les lieux d’un crime. Il s’accuse du meurtre de son coéquipier. Son corps est recouvert de sang mais ce n’est visiblement pas le sien. Placé en détention, le détenu demande à être exécuté mais le juge demande une expertise psychologique pour établir son profil ainsi que les chefs d’inculpation. Pendant un an, les psychologues défilent sans parvenir à entrer en communication avec lui. Ils butent sur cet homme sarcastique, retors et ombrageux. Il impressionne. Sa voix tonne, sa carrure est imposante et son corps est recouvert de tatouages. Son charisme tient en respect les experts jusqu’à ce que Beatriz Brenwan, une jeune psychologue, intervienne à son tour. Entre eux, une relation de confiance va naître et au fil des entretiens, l’homme qui se fait appeler Nobody se confie.
Après l’adolescence et la première mission d’infiltration (voir tome 1), le récit se poursuit. Nous sommes maintenant en 1978, le personnage est maintenant proche de la trentaine. Désormais, le FBI l’a intégré dans ses effectifs. Les missions qu’on lui confie sont plus délicates. Il s’agit maintenant d’infiltrer un gang de bikers un-pourcentistes : les Napalm’s Soldiers. Il raconte sa vérité à la jeune thérapeute. Charge à elle d’objectiver les faits.

« – Bien. ‘Faut pas me mentir. Je vous dis la vérité.
– Votre vérité.
– Ah ! Ah ! Mais ma vérité est-elle la vérité ? »

Les premières pages nous replongent dans ce face à face carcéral où chaque protagoniste oscille entre confiance et méfiance. Entre eux, une distance respectueuse semble les préserver. Rappelez-vous dans « Le Silence des Agneaux », cette étrange et fascinante relation qui liait Hannibal Lecter et Clarice Starling…

Christian De Metter prend un malin plaisir à soigner l’ambiance de ce thriller psychologique et maintient le suspense. Dans ce tome, on oublie l’enquête pour meurtre qui est en cours et on en apprend davantage sur le parcours atypique de cet homme que le FBI a utilisé pour mener à bien des missions délicates et d’une rare violence. Un agent-caméléon contraint de jouer un rôle, habitué à se fondre dans la psyché des personnages qu’il devait incarner… au point d’y laisser son âme. Jeté très tôt dans la gueule du loup, quasiment seul sur le terrain, il s’est construit une carapace derrière laquelle il s’est réfugié. Il fait preuve d’un sang-froid redoutable. De fait, on hésite en permanence durant la lecture. On sait qu’il joue double-jeu mais on se sait jamais sur quel pied il danse, on ne sait jamais quelles informations il détourne ni la part de mensonge qu’elles contiennent.

Le trait parfois charbonneux nous montre des scènes d’une rare violence. Avec autant de finesse et de sournoiserie que le personnage principal, elle est largement suggérée. Torture, viol, amputation… les sueurs froides nous parcourent l’échine durant la lecture. L’image même des gangs de motards proches des Hells Angels suffit à elle seule à nous faire fantasmer toute la violence contenue entre ces cases. On suffoque de plaisir, la tension est électrique mais le lecteur est accroché à ce récit comme une moule à son rocher. On aimerait parfois revenir dans cette cellule où a lieu l’interrogatoire. Face à la violence de certains passages, le confinement carcéral nous semble finalement être un havre protecteur.

La mise en couleur de ces planches est superbe, le rythme est haletant. J’ai totalement plongé dans cet univers où l’on côtoie le trio diabolique des armes, du sexe et de la drogue. Le personnage principal évolue sur un fil ; le moindre faux-pas lui sera fatal. Est-il fou ou ne l’est-il pas ? Est-il dangereux ou la simple victime d’un piège qui s’est refermé sur lui ? Si Christian De Metter maintient son rythme de croisière, le troisième tome devrait débarquer à la rentrée… Je m’en régale d’avance.

Ma chronique du tome 1.

NoBody

Tome 2 : Rouler avec le diable
Tétralogie en cours
Editeur : Soleil
Collection : Noctambule
Dessinateur / Scénariste : Christian DE METTER
Dépôt légal : avril 2017
76 pages, 15,95 euros, ISBN : 978-2-3020-5973-3

Bulles bulles bulles…

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NoBody, tome 2 – De Metter © Soleil Productions – 2017

Sacha et Tomcrouz, tome 1 (Halard & Quignon)

Halard – Quignon © Soleil Productions – 2017

Sacha est un petit garçon très doué à l’école et surtout dans le domaine des sciences. Il adore les maths mais plus que tout encore, c’est un vrai touche-à-tout qui teste, expérimente, cherche à comprendre il adore faire des expériences et en faire profiter ses copains. En classe, il n’y a pas une semaine sans qu’il aille au tableau pour partager ses connaissances et rendre compte de ses découvertes.

Pour se parfaire, il rêve d’un rat « méga intelligent » qui pourrait l’aider dans ses recherches scientifiques. D’ailleurs, pour ses 10 ans, il est persuadé que sa mère va lui offrir un rat. C’est donc tout excité qu’il rentre à la maison et ouvre son cadeau. Et qu’est-ce que sa maman excentrique lui a offert ? Un chihuahua ! Sacha va l’appeler Tomcrouz, du même nom que l’idole de sa mère.

Comble de tout, l’animal n’en fait qu’à sa tête ! C’est même le roi de la catastrophe. Il fouine dans tous les recoins de la maison et sa maladresse provoque quelques dégâts. Heureusement, il rattrape de justesse un pot de gelée incandescente avant qu’il ne se fracasse par terre mais ingurgite malgré lui quelques gouttes de ce curieux liquide qu’il recrache quelques minutes plus tard sur le pommeau d’une vieille épée de viking. Un phénomène étrange se produit alors ; Sacha et Tomcrouz sont projetés dans le passé, au temps des Vikings !

Un nouveau petit héros est né. Il est inhabituel car ce qui le caractérise ce n’est pas sa force (inexistante) ni son courage (mais il n’en est absolument pas dépourvu) mais son intelligence et sa persévérance. Il est malingre mais ne se laisse pas démonter. Mais surtout, il est attachant et sincère et quand il se lie d’amitié pour quelqu’un, il le fait sans réserve. Le dessin de Bastien Quignon est surprenant. A l’instar du personnage principal, il fait tout en retenue. Il n’est pas du tout gouailleur, choisi des couleurs douces plutôt que des teintes criardes, met en valeur les personnages plutôt que l’artillerie des accessoires dont ils sont généralement dotés. Un univers étonnant dans lequel on navigue avec plaisir. Anaïs Halard nous embarque une épopée originale où la brutalité n’a pas sa place. On se retrouve pourtant au temps des Vikings à côtoyer de solides guerriers mais même lors des scènes de combat, on ne verra pas une goutte de sang jaillir. Tout en finesse, le scénario et le graphisme s’accordent pour utiliser à bon escient les différents éléments de l’histoire. Des rebondissements, du suspense et quelques solides amitiés naissantes pour se réchauffer un peu.

J’ai été vraiment surprise par cet album. Je ne me décrirais pas comme une experte en matière de lecture jeunesse mais je pense tout de même y être suffisamment sensibilisée pour savoir à quoi m’attendre et deviner là où les auteurs souhaitent nous emmener. Alors effectivement, je me doutais un peu du dénouement de ce premier opus mais pourtant, les détours par lesquels on passe durant la lecture m’ont fait oublier l’endroit où on souhaitait nous conduire. Je me suis laissée agréablement surprendre par quelques passages, j’en ai apprécié l’originalité et la justesse. Anaïs Halard fait prendre d’inventivité. Elle utilise l’humour pour se dégager des impasses dans lesquelles elle fourre son personnage et passe régulièrement la main à son collègue dessinateur pour qu’il prolonge, par l’image, ce qui pourrait être long à formuler de manière succincte. Une belle complicité artistique.

Une série qui démarre joliment, un bon tome de lancement qui donne envie de retrouver Sacha et Tomcrouz dans d’autres aventures.

Lecture commune avec Jérôme !

Sans oublier la chronique de Noukette.

Sacha et Tomcrouz

Tome 1 : Les Vikings
Série en cours
Editeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Dessinateur : Bastien QUIGNON
Scénariste : Anaïs HALARD
Dépôt légal : mars 2017
86 pages, 16,95 euros, ISBN : 978-2-3020-5972-6

Bulles bulles bulles…

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Sacha et Tomcrouz, tome 1 – Halard – Quignon © Soleil Productions – 2017

Buck – La nuit des trolls (Demont)

Demont © Soleil Productions – 2016
Demont © Soleil Productions – 2016

« Voici venue la longue nuit… La nuit des trolls ! »

Dans cette contrée du nord de la Norvège, la nuit polaire arrive. La pénombre va recouvrir la région. C’est dans cette nuit permanente que les trolls vont pouvoir sortir, aucune lumière pourra les blesser, le soleil n’est plus un danger. Les humains terrorisés se replient dans leurs maisons.

Les mères des enfants qui n’ont pas encore été baptisés craignent pour leurs progénitures. D’ailleurs, une mère est en pleurs. Son nourrisson a été remplacé par un bébé troll alors même que l’hiver s’installe en Norvège. Buck, un chien errant qui passe par-là, va être chargé de ramener le rejeton troll aux siens et de revenir avec le bébé humain. Pour Buck, les heures sont comptées…

Le temps presse. Si la petite humaine finit son sevrage aux mamelles d’une trolle, elle deviendra des leurs

Il y avait eu l’excellent « Feu de paille » en 2015 qui m’avait vraiment impressionnée… de fait, je ne me voyais pas faire l’impasse sur cet album (hommage à Theodor Kittelsen ; on peut voir certaines œuvres du peintre norvégien sur ce site : http://kittelsen.se/ tout comme sur la page Wikipedia qui lui est dédiée).

Le travail d’illustration d’Adrien Demont est remarquable. Des personnages expressifs, quelques effets de style viennent renforcer les sentiments et les émotions qui animent les personnages. Les couleurs sépias donnent un côté intemporel et surréaliste à cette fable. Les trolls sont gigantesques, puissants et hideux à souhait. Le trait charbonneux, les jeux d’ombre, la présence omniprésente de la pénombre créent le décor. On sent le froid humide, celui qui entre entre dans chaque pore de la peau, on sent que les choses ne tiennent qu’à un fil et qu’il en faut peu pour avoir la trouille.

Le scénario nous fait découvrir le folklore norvégien. Les trolls y ont une place importante ; ils sont présents dans de nombreux contes populaires, ils sont la cause de nombreuses peurs et de vieilles superstitions.

C’est aussi l’occasion de retrouver Buck, un chien qui se balade en permanence avec sa niche sur le dos depuis qu’il a été frappé par la foudre. Si Buck ne faisait que quelques apparitions dans « Feu de paille », ramenant sa bonne humeur dans un monde étrange, on le retrouve cette fois comme acteur principal de cette quête en pays troll. Adrien Demont le place au centre de cette quête étrange et s’amuse avec cette créature expressive mais mal foutue. Buck est naturellement sympathique, il a tendance à accorder sa confiance au tout venant et remue la queue à tout bout de champ. Ajouté à cela son air bonhomme, sa gueule joviale et sa drôle de niche vissée sur son dos… tout cela le rend atypique et avenant. Impossible de le voir comme une menace. Il contraste totalement avec le décor sombre et angoissant dans lequel il évolue. Mais…

Buck, La nuit des trolls – Demont © Soleil Productions – 2016
Buck, La nuit des trolls – Demont © Soleil Productions – 2016

Ce compagnon est mystérieux. On ne sait rien de lui. Il arrive dans un endroit sans qu’on sache le pourquoi du comment. Animaux comme humains le laissent aller à sa guise, rares sont ceux qui l’évitent. Pourtant, il est difficile de savoir s’il est réel ou imaginaire. En compagnie des hommes, il se contente de remuer la queue. En compagnie d’autres animaux, il a le même air joyeux : gueule hilare, yeux rieurs mais il se contente d’être présent sans jamais leur répondre. Il semble ne pas penser pourtant il passe à l’action. C’est à se demander ce qu’il attend des autres… c’est à se demander s’il n’incarne pas tout simplement le lecteur : satisfait d’être embarqué dans une histoire prenante mais finalement pas très inquiété par ce qui va se passer (au final, que les trolls attaquent les villageois ou non, qu’a-t-on à craindre lorsqu’on est simplement en train de tenir un bon bouquin ?). Buck est nos yeux et nos oreilles. On est posé sur l’épaule d’un narrateur muet qui serait incapable de jugement. Pourtant, il y a matière à tricoter :

Beaucoup de gens ici ne croient plus en ces êtres que les ermites et les paysans affirment voir dans les montagnes. De leurs bouches, j’entends tant de récits sur les facéties de ces sinistres créatures… Lorsqu’un homme jouit de leurs faveurs et leur accorde sa confiance, elles finissent par se jeter sur lui et le détruisent. L’Église sait cela et c’est pour cette raison qu’elle interdit tout contact avec eux. Seigneur ! Est-ce que tu la vois ? Laide et difforme… et cette odeur de soufre propre à la progéniture obscène du diable. Troll qui est au fond, regarde le signe de croix ! Ne t’approche pas, car je suis une créature de dieu !

J’ai eu du mal à comprendre quelle était l’intention réelle de l’auteur. Il parvient à installer une ambiance oppressante, angoissante mais la présence de Buck la désarme. Et puis il y a la présence de plusieurs personnages secondaires (hommes et animaux) mais pour certains, on se pose la question de leur utilité tant leur apparition est brève. Certes, ils ont tous un point commun : ils sont terrorisés à l’idée qu’un troll fasse irruption. Tous se terrent, tous ont peur, tous sont impuissants face à la puissance dévastatrice d’un troll. Le lecteur devrait être sur le qui-vive mais Buck va à contre-courant. Insouciant ? Courageux ? Il fonce sans hésiter vers le danger mais sa gueule hilare fait brise net toute inquiétude.

Monde fantastique, univers terrifiant ? On est face à un conte nourrit de vieilles croyances. Pendant des siècles, des populations ont tremblé à l’évocation de ces être chimériques et Buck semble être là pour faire un pied-de-nez à ces peurs viscérales et séculaires infondées. On voit la tentative de l’Eglise de tirer profit de ces superstitions et faire en sorte de convertir quelques ouailles égarées en faisant croire que le baptême pouvait protéger les enfants humains de la menace troll.

PictomouiPictoOK« Buck – La nuit des trolls » est à la fois un album jeunesse et un conte pour adulte. Difficile de trouver le rythme narratif adéquat quand on est à un tel croisement. J’ai flotté par moments… Je n’ai pas tellement été entraînée par la lecture mais plutôt intriguée à l’idée de savoir ce qui allait se passer. Buck est si insouciant que sa simple présence simplifie ce qui est complexe et relativise les situations insolubles. De fait, on accueille cet album comme une fable fantaisiste. On s’attend à avoir peur sans jamais être inquiété. C’est comme l’histoire du croquemitaine qui n’impressionne que les enfants.

Les chroniques de Julia (sur Chickon.fr), Cécile Desbrun (CulturellementVotre.fr) et Gabriel Blaise (bd.blogs.sudouest.fr).

Buck

– La nuit des trolls –
Editeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Dessinateur / Scénariste : Adrien DEMONT
Dépôt légal : avril 2016
78 pages, 17 euros, ISBN : 978-2-302-05060-0

Bulles bulles bulles…

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Buck – La nuit des trolls – Demont © Soleil Productions – 2016

L’Epouvantable Peur d’Epiphanie Frayeur (Gauthier & Lefèvre)

Gauthier – Lefèvre © Soleil Productions – 2016
Gauthier – Lefèvre © Soleil Productions – 2016

Épiphanie a 8 ans ½ et elle a peur de son ombre. Par je ne sais quel miracle, cette fillette se retrouve toute seule dans une forêt surprenante, peuplée d’êtres aussi mystérieux que bienveillants. Epiphanie se lance dans une quête : celle de parvenir à trouver le moyen de se débarrasser de sa peur qui la hante depuis toujours.

– Aaahhh !!! Vous m’avez fait peur ! Qu’est-ce que c’est que ça ?
– Ma peur justement.
– On dirait votre ombre.
– Oui, j’ai peur de mon ombre.

« Garance », « Cœur de pierre », « Aliénor Mandragore »… les scénarios de Séverine Gauthier m’ont déjà emportés plusieurs fois. Mes enfants aussi ont succombé à ses histoires. Ces dernières les captivent, les font rire, les émeuvent. Des livres qui ne laissent pas indifférents, qui apportent cette satisfaction rare d’avoir vécu un moment de lecture qui laissera une trace. Des livres vers lesquels on revient, que l’on relit et à chaque nouvelle découverte, on savoure… encore et encore.

Séverine Gauthier propose une réflexion sur un sujet qui touche de nombreuses personnages, adultes et enfants confondus : la peur viscérale que l’on nourrît vis-à-vis de quelque chose et dont, souvent, on en ignore la cause réelle. Ce genre de peur qui nous grignote, insidieusement, et finit par envahir totalement l’esprit. La peur qui grandit et devient phobie. La phobie qui fige, qui empêche de vivre les choses, qui frustre, qui paralyse…

La scénariste installe facilement la fillette au cœur de cette fable contemporaine. Les illustrations de Clément Lefèvre campent pourtant l’histoire au beau milieu d’une forêt généreuse, où les hautes cimes se substituent à l’architecture austère des villes. L’ambiance graphique donne vie à ce décor apaisant… en apparence, car Epiphanie est terrorisée. Tout est contraste mais on se sent bien dans ce dédale de sentiers forestiers. On mesure à chaque page toute l’ambiguïté de la phobie d’Epiphanie. Les auteurs jouent avec l’électricité créée par cette rencontre entre la tension intérieure de l’enfant et les vertus apaisantes de la nature. En parallèle, l’héroïne joue elle aussi de ses ambivalences ; elle cherche à la fois à se débarrasser de ce qui la gêne mais elle y est si habituée… qu’elle s’est finalement attachée à cette ombre encombrante. Sa peur fait partie d’elle, de sa personnalité. On perçoit une autre peur sournoise qui la fait hésiter, un doute immense : qui sera-t-elle lorsqu’elle sera « guérie » ?

Par ailleurs, chaque étape de cette épopée nous permet de rencontrer de nouveaux personnages ; certains ont dépassé leurs peurs, d’autres les ont laissé prendre de l’ampleur. L’héroïne, en toute innocence, va leur permettre de témoigner voire de se confier quant à ces peurs inavouées… honteuses. Difficile de ne pas rire en découvrant des phobies totalement loufoques. Difficile de ne pas s’attendrir en observant cette entraide tacite qui se met en place. Les plus forts viennent en aide à ceux qui sont en difficulté et leur montrent les différents choix qui sont à leur portée. Séverine Gauthier ne formule aucun jugement, elle construit son récit à l’aide de métaphores qui laissent au lecteur toute la liberté de s’approprier les choses à sa guise. Avec la présente du docteur Psyché (psychiatre), Séverine Gauthier montre que la parole est libératrice. Au final, l’auteur est parvenu à créer un récit initiatique drôle, magique et surprenant.

Initialement, je n’avais pas envisagé de proposer cet album à mon fils. A 10 ans, je le trouve encore un peu jeune pour ce genre de sujet. Pourtant, j’ai cédé face à ses demandes insistantes. Et si je n’ai pas accompagné sa première lecture, nous en avons parlé dès qu’il a fermé l’album… puis nous l’avons relu ensemble. Cet album peut-être un bon support pour parler des peurs (enfantines) à son enfant ou – car c’est valable dans l’autre sens – pour permettre à son enfant de parler de la peur quelle que soit sa raison. Que ce dernier le lise seul ou en compagnie du parent, il fait rapidement des liens avec son environnement direct ; il fait le parallèle avec des peurs concrètes (la peur d’aller à l’école, la peur du noir…) ou plus cocasses (en cela, la lecture du petit lexique – donnant la définition de phobies loufoques croisées dans l’album – inséré en fin d’album invite à imaginer des peurs imaginaires et, au final, à dédramatiser les choses… au point de rire de ses propres peurs ! Un must !).

PictoOKSuperbe conte moderne, « L’Epouvantable peur d’Epiphanie Frayeur » raconte le combat d’une fillette pour surmonter ses angoisses. Dans son périple, elle sera amenée à rencontrer des personnages éclectiques (du psychiatre au « preux chevalier sans peur »). Des influences de toutes parts enrichissent l’histoire ; créatures légendaires, voyante et gentils monstres peuplent cet univers surprenant et Ôh combien fascinant.

Pour plusieurs raisons (le thème de la peur, le dessin), cet album m’a fait penser au superbe « Cœur de l’ombre » (de Laura Iorio, Marco D’Amico et Roberto Ricci paru chez Dargaud en début d’année). Les deux albums se répondent à merveille.

Tentée par Moka et je vous invite bien évidemment à lire sa chronique.

Extrait :

« Pourquoi tu fais ça ? Tu prends toujours tellement de place. Je n’arrive plus à respirer. Tu ne me laisses jamais respirer. Tu dois t’en aller. Tu dois me laisser. Tu me fais mal » (L’Epouvantable peur d’Epiphanie Frayeur).

L’Epouvantable peur d’Epiphanie Frayeur

One shot

Editeur : Soleil

Collection : Métamorphose

Dessinateur : Clément LEFEVRE

Scénariste : Séverine GAUTHIER

Dépôt légal : octobre 2016

90 pages, 18,95 euros, ISBN : 978-2-3020-5385-4

Bulles bulles bulles…

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L’Epouvantable peur d’Epiphanie Frayeur – Gauthier – Lefèvre © Soleil Productions – 2016

NoBody, Saison 1 – Tome 1 (De Metter)

De Metter © Soleil Productions – 2016
De Metter © Soleil Productions – 2016

2007, état du Montana. Un flic vient de tuer son équipier. Arrivés sur place, les services constatent le meurtre… et le fait que la victime a été découpée en morceaux. Le mobile : son ancien coéquipier aurait tué sa femme.

Incarcéré et condamné à la peine de mort, l’homme a déjà fait l’objet de plusieurs expertises psychologiques lorsque se présente Beatriz Brenwan, missionnée elle aussi pour une expertise. L’homme ne cherche pas à se défendre et reconnait les faits. Depuis le début, il plaide coupable et demande à être exécuté. Cependant, l’expertise semble pouvoir se mettre en place, contrairement aux précédentes qui ont été un échec. Le courant passe entre les deux protagonistes et ce, de façon assez inexpliquée. Les personnages semblent se défier, comme si le meurtrier était curieux de savoir ce que la jeune femme a réellement dans le coffre ; de son côté, la thérapeute fait preuve d’empathie, trouve les mots au moment opportun et laisse croire qu’elle est fascinée par ce personnage mystérieux. L’enquête commence.

« Je ne suis pas fou. Je suis cent pour cent coupable »

On n’est pas sans faire le parallèle avec la série « True Detective ». Mais plus encore, il me semble que l’on tombe dans un univers proche du « Silence des Agneaux ». Un face à face tendu entre un psychopathe et une novice mandatée pour le bien de l’enquête. Christian De Metter semble utiliser les mêmes ficelles du thriller. Ce premier tome retranscrit le contenu d’une seule rencontre qui marque le début d’une relation entre soignant et analysé ou plutôt, l’initiation d’un novice par son maître. Car outre le fait que cet homme a tué un autre homme pour des raisons qui nous sont encore obscures, l’ambiance de cet album incite le lecteur à scruter chaque case, à décortiquer chaque expression de visage. On fantasme, on découvre son parcours peu commun. C’est adolescent banal et ordinaire jusqu’à ce que son frère soit tué pendant la guerre du Vietnam. A partir de là, il s’enfonce dans la délinquance. Mais la petite canaille qu’il est prend peur lorsqu’un de ses braquages tourne au tragique ; l’une de ses victimes décède suite à une crise cardiaque, du moins c’est ce que l’on suppose. Il prend peur et les agents du F.B.I. utilisent cette peur pour le recruter, promettant d’effacer ses délits s’il coopère. Malgré lui, le jeune homme est embarqué dans une enquête qui le dépasse. Elle se conclut tragiquement et si le personnage anonyme avait déjà commencé à changer sa perception des choses, la manière dont il a été impliqué dans cette enquête marque un tournant décisif dans ses prises de décision et dans son comportement. Sa vie bascule à ce moment-là. Il a 18 ans.

No body, tome 1 – De Metter © Soleil Productions – 2016
No body, tome 1 – De Metter © Soleil Productions – 2016

La fiction se mélange à des faits historiques avérés et accentue la force d’attraction qui se dégage de l’album.  La fascination que le personnage opère sur le lecteur est immédiate. Dès la première page, on marque un temps d’arrêt. On l’observe. On remarque sa superbe, son charisme, son calme. Il a une gueule, on sent l’homme déterminé et instinctivement, on se méfie de sa force. Le couleurs sombres utilisées par l’illustrateur, les gros plans réalisés sur un détail du corps du suspect, la vue de ses tatouages, de l’étincelle qui jaillit de son regard vif (pervers ?), le fait que le dessinateur s’affranchisse régulièrement du cadre habituel de la case… sont autant d’éléments qui nous mettent en alerte, on reste sur le qui-vive sachant que tout ici peut voler en éclat à n’importe quel moment. Pour se construire, le scénario se sert de la personnalité morbide du meurtrier. On sent que l’homme diffuse des gouttes de son venin invisible dans l’air. On le sait imprévisible et dangereux mais en revanche, on se laisse bercer par l’idée d’un repentir… par l’idée que n’ayant plus rien à perdre, il puisse être sincère. Tant qu’il sera « personne », il aura l’ascendant psychologique. Alors on le laisse guider le récit, on quitte le présent et on retourne avec lui dans le passé, pour tenter de comprendre pourquoi cet homme se réfugie sous l’étiquette de l’assassin, niant jusqu’à sa propre identité.

PictoOKSceptique au démarrage, je me suis laissée prendre comme une bleue par le talent de narrateur de Christian De Metter. La première saison de cette série commence magistralement. La question est maintenant de savoir si elle saura garder le rythme et tenir ses promesses.

Extrait :

« – J’aimerais vraiment savoir qui vous êtes.
– C’est simple… un assassin.
– C’est comme ça que vous résumeriez votre vie ?
– Non… mais c’est ce qui restera.
– Et vous trouveriez ça juste ?
– Je mérite d’être jugé coupable. Je mérite la peine de mort » (NoBody, tome 1).

NoBody – Saison 1

Tome 1 : Soldat inconnu

Tétralogie en cours

Editeur : Soleil

Collection : Noctambule

Dessinateur / Scénariste : Christian DE METTER

Dépôt légal : octobre 2016

74 pages, 15,95 euros, ISBN : 978-2-3020-5388-5

Bulles bulles bulles…

Quelques planches sur le site du Monde.

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No body, tome 1 – De Metter © Soleil Productions – 2016