Watchmen (Moore & Gibbons)

Watchmen, tome 1
Moore – Gibbons © Zenda – 1987
Watchmen, tome 2
Moore – Gibbons – Zenda © 1987
Watchmen, tome 3
Moore – Gibbons – Zenda © 1988

1985, New-York.

Le meurtre d’Edward BLAKE marque le début de deux enquêtes parallèles. La première est menée par la Police et tente vainement de comprendre les tenants et les aboutissants qui ont conduit au présumé meurtre de cet athlétique quadragénaire : son statut de diplomate l’aurait-il rendu personæ non grata ? La seconde enquête est menée par RORSCHACH, un mystérieux individu au visage masqué, qui pense qu’un tueur de masques serait l’assassin. Reste à trouver les raisons qui l’animent.

Watchmen, tome 5
Moore – Gibbons – Zenda – 1988
Watchmen, tome 4
Moore – Gibbons – Zenda – 1988

Chaque album contient deux chapitres, entre lesquels se glissent des écrits aux formes et contenus divers : extraits des mémoires du Hibou, coupures de presse, évaluation psychiatrique….

Au-delà des Watchmen, nous assistons à la naissance d’un groupe qui a en tous points été leur précurseur : les Minutemen, premiers justiciers costumés qui, en 1930, ont alliées leurs compétences pour combattre le crime (Le Comédien, Rorschach, La Silhouette, le Spectre Soyeux, le Juge Masqué, Capitain Métropolis, le Hibou et l’Homme-insecte). En 1960, la survenue de Dr Manhattan, qui dispose réellement de pouvoirs (téléportation etc), a fait éclater ce groupe au profit d’un autre : Les Watchmen.

Watchmen, tome 6
Moore – Gibbons – Zenda – 1988

Nous parcourons ainsi l’histoire des États-Unis de 1930 à 1985. Au travers de ces justiciers costumés, les auteurs abordent les moments forts de l’histoire américaine : le nucléaire, l’assassinat de JFK, la Guerre Froide…

Avant tout, je précise que les Comics ne sont pas mon genre de prédilection. Mes rares références en la matière ne sont donc pas utilisables et les quelques bafouilles que j’ai rédigées quand à ces styles de lectures sont balbutiantes.

Je l’avais présumé dans mon billet sur La Brigade Chimérique, les super-héros de MOORE sont, pour moi, assez convaincants. J’ajouterais à cela que cet univers est autonome, on ne sera donc pas pénalisé si on ne maîtrise pas l’encyclopédique culture des mondes MARVEL.

Nous assistons à la naissance des super-héros. Le postulat de départ est bien plus plausible également. Exit la météorite qui s’explose sur la Terre et contenant un bébé venu d’ailleurs, exit l’araignée mordeuse qui transmet des capacités surnaturelles… ici, des hommes comme tout le monde qui, face au sentiment d’insécurité ambiant, ont choisit de se costumer pour combattre le crime sans que leur réelle identité soit connue.

Je ne m’attarderais pas sur le graphisme qui campe une ambiance unique qui correspond bien à la période parcourue et donne naissance à un univers graphique atypique (reconnaissable au premier coup d’œil). Une colorisation magnifique apporte la touche finale : j’adhère pleinement.Quant au scénario, je n’ai qu’un mot pour le définir : splendide ! Il recourt à de nombreux allers et retours passé/présent pour aider à la compréhension de la construction des personnages. Le puzzle se monte progressivement sur les 6 tomes, bien que le tome 2 nous fournisse déjà bon nombre de clés de compréhension.

Chaque personnage est construit, fouillé. D’une complexité certaine, le scénario recourt à des enchevêtrements réguliers d’actions sur un même « espace-planche ». Des actions parallèles se complètent, se donnent le change ou se font écho, proposant ainsi au lecteur plusieurs niveaux de lecture (dans une même case). Ainsi, un vendeur de journaux monologuera régulièrement sur le devenir de la société et les différents événements publico-politiques qui surviennent. En parallèle, la narration du comics captivant un jeune lecteur  donne une autre dimension aux propos du vendeur (plus profonde, plus critique….) et inversement. Visuellement, ces deux protagonistes sont toujours côte à côte. De même, lorsque Laurie et Dan ont leur première relation sexuelle, la maladresse de leurs mouvements va contraster avec l’extrême agilité des mouvements d’Ozymandias lors de sa prestation (retransmise à la télévision, elle va servir de bruit de fond). Je ne vous les listerais pas toutes, à vous de les découvrir. Quoiqu’il en soit, premier et second degrés flirtent en permanence tout au long de la série, rendant la lecture réellement captivante.

Les intercalaires marquant des temps entre les chapitres apportent bon nombre d’informations sur le parcours de chacun des héros masqués, que ce soit un regard intérieur (les mémoires du Hibou par exemple) ou vu de l’extérieur (des coupures de presse).

PictoOKUne série-phare… un incontournable qui m’avait été conseillé dans le « Faites-moi lire » de décembre dernier.

J’ai apprécié cette série qui, une fois n’est pas coutume, m’incite à poursuivre l’exploration des Comics… me faudra tout de même bien choisir quant à la prochaine lecture ^^

Fauve d’Or (Angoulême) du meilleur album étranger en 1989.

Je vous renvoie vers Paul (tome 1, 2, 3, 4, 5 et 6)  et Yaneck (tome 1, 2 et 3) plus à même que moi d’en parler (amateurs de comics et donc plus à même d’inscrire cette série dans un contexte plus large).

Watchmen (Les Gardiens)

Roaarrr Challenge
Roaarrr Challenge

Série finie en 6 tomes

Tome 1 : Le Comédien
Tome 2 : Dr Manhattan
Tome 3 : Rorschach
Tome 4 : Le Hibou
Tome 5 : Laurie
Tome 6 : Ozymandias

Éditeur : Zenda

Dessinateur : Dave GIBBONS

Scénariste : Alan MOORE

Dépôt légal : août 1987 (tome 1), novembre 1987 (tome 2), février 1988 (tome 3), mai 1988 (tome 4), août 1988 (tome 5) et novembre 1988 (tome 6)

Bulles bulles bulles…

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Watchmen, tomes 1 à 6 – Moore – Gibbons © Zenda – 1987 à 1988

V pour Vendetta (Moore & Lloyd)

V pour Vendetta, tome 1
Moore – Lloyd © Zenda – 1989
V pour Vendetta, tome 2
Moore – Lloyd © Zenda – 1989
V pour Vendetta, tome 3
Moore – Lloyd © Zenda – 1989
V pour Vendetta, tome 4
Moore – Lloyd © Zenda – 1989
V pour Vendetta, tome 5
Moore – Lloyd © Zenda – 1989
V pour Vendetta, tome 6
Moore – Lloyd © Zenda – 1989

J’ai eu un plaisir non dissimulé à relire cette série de MOORE et LLOYD. En revanche, mal m’en a pris de vouloir regarder l’adaptation cinématographique à la sortie de cette lecture. J’ai donc plus envie de parler de cette libre adaptation fantaisiste et scabreuse que de la BD en elle-même.

Synopsis de la série :

Novembre 1997, Londres.

Le dernier conflit mondial nucléaire a rayé l’Europe, l’Afrique et les États-Unis de la carte. La Grande-Bretagne est devenue un état totalitaire depuis une quinzaine d’années. L’extrême-droite est à la tête du pays et a effectué sa classique purification ethnique dès son arrivée au pouvoir. Tout accès au plaisir et à la culture est soigneusement sous contrôle (musiques, livres…).

« La guerre a mis fin aux luxes. La guerre a mis fin aux libertés ».

Chaque soir, la Voix du Destin parle au peuple et le tient sous le joug de la peur, le Pouvoir est méthodiquement organisé :

– la Main est la force armée de l’État, elle fait régner ordre et discipline,
– la Bouche représente les médias sur lequel le Parti a le monopole. De son antre, parle la Voix du Destin,
– L’Œil est vigilant à tout : télésurveillance de tous pour se tenir au fait des agissements de chacun,
– l’Oreille tend ses antennes et est à l’affût de ce que ses micros lui rapportent (écoutes téléphoniques, mouchards…),
– le Nez est une sorte de police scientifique,
– à la Tête, deux dirigeants : le Commandeur (un homme fait de chair et d’os) et le Destin (intelligence artificielle) sur lequel se base le Commandeur pour diriger le pays. Dans ce contexte, V, un anarchiste, souhaite ébranler le pouvoir en place et redonner au peuple son libre-arbitre et sa liberté. Il joue sur deux registres : se venger des violences qu’il a subies et faire tomber le gouvernement en attaquants ses emblèmes.

Voici une œuvre que l’on ne présente plus… du moins je pense. Dès le début de la lecture, on se laisse emporter dans cet univers. Un bon conseil donc : si vous souhaitez lire V pour Vendetta, assurez-vous d’avoir la série complète à portée de main. Car si dans un premier temps le graphisme peut vous rebuter un peu, vous vous rendrez rapidement compte que nulle autre touche ne peut mieux s’accorder avec cette ambiance.V pour Vendetta est tout bonnement diabolique.

MOORE mène son scénario de main de maître et LLOYD lui emboîte si bien le pas que j’en oublie que je ne suis pas censée entendre de la musique que V écoute, ni aucun murmure, ni aucune détonation, aucun cliquetis de serrure, aucune respiration…. « La vie est un théâtre. Une grande illusion » (propos de V, Tome 1).

Cette œuvre a initialement été écrite comme une pièce de théâtre : 3 actes, un entracte, un prologue. La première édition de la version française diffère de la découpe proposée par la version américaine. La VF, c’est 6 tomes de 6 à 8 chapitres chacun. La VO c’est 10 tomes de 3 à 5 chapitres. Certains chapitres étant positionnés différemment chronologiquement. Quelle utilité ? je n’en sais rien ? Si cela influence la lecture ? je ne pense pas.

V pour Vendetta est un petit bijou du 9ème art, tout bonnement.

Je ne m’étendrais pas sur une analyse de ceci ou de cela dans la BD. Je cherchais à mettre en lien un travail qui a été fait par des étudiants anglais (je crois) sur cette BD, mais pas moyen de mettre la main dessus. D’ailleurs si quelqu’un a cet écrit sous la main, je le lirais volontiers ! Ils y ont consacrés une année d’étude !

La sortie du film a pourtant relancé la série. Les ventes d’albums ont retrouvé une seconde jeunesse. Mais… bien mal m’en a pris de le regarder en sortant de la  lecture. Idée complètement saugrenue que je déconseille vivement à toute personne saine d’esprit. On lui accordera d’être un bon film d’action américain à gros budget (oups, pléonasme pléonasme !), mais il n’est qu’une très libre interprétation de la BD. Les deux seules choses que j’ai trouvé fidèles : le personnage de Dellia et le Chapitre « Valérie »… et le jukebox, j’allais oublier !

PictoOKPictoOKCultissime !

V pour Vendetta

Roaarrr Challenge
Roaarrr Challenge

Série terminée en 6 Tomes, désormais publiée en Intégrale

Tome 1 : Visages / Tome 2 : Vérités / Tome 3 : La Valse du vice /
Tome 4 : Valérie / Tome 5 : Voyages / Tome 6 : Victoria

Éditeur : Zenda

Dessinateur : David LLOYD

Scénariste : Alan MOORE

Dépôt légal en France : de janvier 1989 à janvier 1990

ISBN : voir la fiche série sur BDgest

Bulles bulles bulles…

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V pour Vendetta – Moore – Lloyd © Zenda – 1989 à 1990