Il était une fois en France, tomes 1 à 3 (Nury & Vallée)

Il était une fois en France, tome 1
Nury – Valléee – Glénat – 2007
Il était une fois en France, tome 2
Nury – Vallée – Glénat – 2008
Il était une fois en France, tome 3
Nury – Vallée – Glénat – 2009

Il était une fois en France nous accueille en 1905. On est en Roumanie et on assiste aussi impuissant que Joseph JOANOVICI au génocide de sa famille. Caché sous les fondations de sa maison, il rencontre Éva, une petite fille aussi terrorisée que lui.

Plus tard, ils se marieront puis partiront en France chez l’oncle d’Éva, un ferrailleur, qui va embaucher Joseph comme employé dans sa petite entreprise.

A partir de là, la méticuleuse ascension de Joseph va se dérouler sous nos yeux.

Il était une fois en France est un mélange de fiction et de biographie. Joseph JOANOVICI est un sacré salopard, mais sous la plume de NURY, on a énormément d’empathie pour lui.

Le long premier tome est comme une partie d’échiquier où les nombreux personnages principaux et secondaires se mettent en place.

Lorsqu’on rencontre Joseph dans cette série, il ne doit pas avoir plus de 6 ans. Quelques planches plus loin, on le retrouve sur ce qui semble être son lit de mort… le début du récit s’annonce être comme le bilan d’une vie, la majeure partie de l’intrigue se situant dans la période de la Seconde Guerre Mondiale.

Roaarrr ChallengeEnsuite, il n’y a qu’à savourer la lecture de cette série annoncée en 4 tomes. Il était une fois en France en obtenu le Prix de la Série à Angoulême en 2011 (après la publication du tome 4).

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PictoOKLa tension monte progressivement au fil des trois tomes… à quand la suite ?

Merci à Nico pour le conseil de lecture donné dans le « Faites-moi lire » de décembre…

Extrait :

« J’essaye de survivre, tu comprends ? D’avoir toujours un coup d’avance… de ne jamais m’embarrasser de sentiments ou de morale… Je ne peux pas faiblir, je ne peux pas ralentir… » (Joseph dans le tome 3).

Il était une fois en France

Série prévue en 4 tomes

Éditeur : Glénat

Dessinateur : Sylvain VALLEE

Scénariste : Fabien NURY

Dépôt légal : septembre 2007 (tome 1), septembre 2008 (tome 2) et octobre 2009 (tome 3)

ISBN : voir les fiches-albums sur le site de l’éditeur

Bulles bulles bulles…

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Il était une fois en France, tome 3 – Nury – Vallée © Glénat – 2009

Marzi, 1984-1987 et 1989… (Sowa & Savoia)

Marzi, 1984-1987

Marzi, 1989...

Marzi est l’autobiographie de Marzena SOWA (scénariste de la série).

Enfant à l’époque, elle nous sert de guide dans la vie quotidienne polonaise. On explore les coutumes, le rapport à la religion, le quotidien et les tickets de rationnement, la vie à la ville… et à la campagne. Une tante qui vient de France, les Fêtes de Noël, une communion, Solidarnosc….

Des teintes ocres / marron / gris / blanc campent les ambiances et apportent une certaine douceur à l’ouvrage. A cela, on ajoute le regard qu’une enfant (aux environs de 8-9 ans) peut porter sur les faits et nous nous retrouvons quelque peu surprotégés dans la déferlante d’images et la présence implicite de violence (propagande, rationnement,…). En grandissant, Marzi appréhende de mieux en mieux le monde qui l’entoure, même si les adultes qu’elles côtoient sont assez avares en explications… les bribes de réponses qu’elle glane à droite à gauche s’assemble comme un long puzzle.

C’est toujours spécial avec les autobiographies : on ne peut rien dire sur ce qui est raconté, mais juste comme cela est raconté. J’avoue que si je n’avais eu l’intégrale en main, je me serais certainement arrêtée à la lecture du tome 2. En ayant accès aux deux intégrales, je trouve que le rythme se lance vraiment en fin de premier intégrale (les derniers chapitres sont très bons). Une déception à l’ouverture de la seconde intégrale où l’on repart pour quelques chapitres dans la vie quotidienne d’une fillette (long et mielleux)… la lecture redeviendra intéressante une centaine de pages plus loin.

Marzi, c’est le regard d’une enfant sur la vie de tous les jours. Du regard qu’elle pose lorsqu’elle visite un château ou lorsqu’elle visionne un film relatant la venue du Pape en Pologne… elle partage les émotions qu’elle a ressenties et de ce que cela lui a apporté…. des questions que cela a soulevé également, ce qui peut être amusant. Un regard naïf en quête de réponses logiques et censées afin de se construire des repères pour grandir et mieux comprendre le monde des adultes.

Ce qui m’a frappé, c’est que dans le contexte décrit, le monde des enfants est très cloisonné et distinct de celui des adultes. On voit Marzi passer certains rites de passages (Communion, abandon du doudou…) mais ces expériences sont très souvent solitaires et renvoient à la souffrance de l’enfant unique. Entourée de familles à fratries de 2 à 3 enfants, Marzi s’évade dans des temps de jeux avec ses petits voisins et ses petits cousins, mais
les vraies questions qui la taraude, elle les formule seule, quand elle est dans sa chambre. D’où l’importance du monde imaginaire qu’elle s’est construit pour se protéger de ce qu’elle voit et ce qu’elle entend : guerre, communisme, religion, manifestation, grève….

Rares sont les autobio qui partagent autant. Pourtant, le rythme à deux vitesses de cette série (en cours) me laisse un petit goût d’auteur qui n’a su se décider entre dialoguer avec un public jeune et dialoguer avec un public adulte. J’ai adoré les chapitres relatant le contexte social de Marzi (quotidienneté polonaise, milieu ouvrier…), en revanche la quotidienneté d’une enfant rêveuse devient longuet quand on s’engouffre les deux intégrales dans la foulée.

Je n’ai pas pu ne pas penser à Persépolis en lisant cette série… et franchement, la comparaison n’est pas possible.

Extraits :

« Je suis une grosse larme. Si je tombe dans une flaque, on me verra plus, s’il pleut, je disparaîtrais. Je marque avec mes larmes le chemin de mon existence invisible » (Marzi).

(A la chute du mur de Berlin) :
« Ce soir-là, on dirait que tous les murs de mon immeuble sont tombés avec. Comme si tous les appartements ne faisaient plus qu’un seul. Toutes les portes restent ouvertes. Ça y est, on l’invite, la liberté. On l’accueille tous ensemble, les bras ouverts, les cœurs à chaud » (Marzi).

Marzi

Intégrale 1 : 1984-1987
Intégrale 2 : 1989…

Éditeur : Dupuis

Dessinateur : Sylvain SAVOIA

Scénariste : Marzena SOWA

Dépôt légal : septembre 2008 (Intégrale I)

et octobre 2009 (Intégrale 2)

Bulles bulles bulles…

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Marzi – Sowa – Savoia © Dupuis – 2008 et 2009

Tokyo est mon jardin (Boilet & Peeters)

Tokyo est mon jardin
Peeters – Boilet © Casterman – 2003

DABIDO, alias David MARTIN, est embauché par une maison de cognac française et chargé d’implanter le producteur au Japon depuis deux ans. Les exigences et les goûts japonais en matière d’alcool mettent à mal les objectifs commerciaux qui lui sont fixés. Pour arrondir les fins de mois difficiles, il occupe en parallèle un poste au Marché de poissons.

Porté sur l’alcool à force de dégustations, un rien nonchalant,  très épicurien, on va faire connaissance avec Dabido alors qu’il se fait larguer par sa copine mannequin en plein milieu de la nuit…Chronique de la quotidienneté d’un français au pays du Soleil levant.

Décrit comme « un objet culturel non identifié » en préface (signée de Dominique NOGUEZ), Tokyo est mon jardin est une oeuvre dont le sujet est somme toute assez classique. Que l’on soit clair aussi, si je suis venue à cet ouvrage, c’est que le nom de TANIGUCHI y est apposé puisqu’il en a réalisé les trames en noir et blanc.

Ensuite, BOILET, BOILET… on l’aime ou on ne l’aime pas, il n’y a pas de demi-mesure avec cet auteur. Pour ma part, je préfère dire qu’il me semblait logique que tôt ou tard je prenne le temps de lire une de ses œuvres. Je suis une inconditionnelle de TANIGUCHI et la première fois que j’ai vu passer le nom de BOILET était sur Quartier Lointain, puisque BOILET en a réalité la traduction française. Ensuite, ces derniers temps je me suis aussi pas mal posée sur GUIBERT  (Le Photographe, La Guerre d’Alan) avec qui BOILET a collaboré à de nombreuses reprises.

Entendez « Tokyo est mon jardin » comme « je connais Tokyo comme ma poche ». Je passerais rapidement sur les ambiances qui nous sont proposées en musique de fond (« Comme d’habitude » de Cloclo… on passe…). La narration et les dialogues nous font tanguer entre français – japonais – japonais traduit en français – anglais parfois… ça me donne un peu la nausée… Le personnage principal se cherche, l’auteur aussi ?

Bien que j’ai des goûts hétérogènes en matière de BD, je n’ai que moyennement accroché avec le graphisme proposé.

Le style est net et précis, mais je trouve que l’ambiance reste froide. Les moments intimes entre le personnage principal et sa petite amie sont, pour moi, dépourvues de sensualité alors que je pense que cet effet a été recherché. J’ai notamment en tête la scène du pique-nique dans un parc public, scène dans laquelle DABIDO s’attache à prendre minutieusement en photo les différentes parties du corps de son amie… et ses petites mains… Je trouve le dessin assez chirurgical, ce qui a sur moi l’effet d’anesthésier complètement la possible excitation que cela devrait produire normalement.

Régulièrement, l’occasion nous est donnée de nous attarder sur un visage en gros-plan. Les découpes de planches de BOILET sont belles, l’utilisation de grand-angles / gros plans donne une réelle dynamique. Le regard ne se perd pas, au contraire.

L’album est un peu long à se mettre en place. J’ai frôlé l’abandon de lecture à mi-tome, et au final je ne regrette pas d’avoir poursuivi (ce qui est dû à la présence de TANIGUCHI dans la réalisation… je dois bien l’avouer aussi). Au final, l’histoire nous transmet quelque chose d’une morale, d’un sens des actes de chacun et d’un aboutissement, d’une consécration dans les projets engagés. Les personnages sont sobres et naturels, abordables aussi. Le personnage principal, fasciné par le Japon et sa culture, parvient à nous envoûter et nous rend avides d’en savoir toujours plus sur les us et coutumes des « gens de là-bas ». Je pense que c’est peut-être cet amour et cette minutie du personnage, d’être attentif aux moindres choses, qui fait accrocher à la trame de cette histoire.

PictomouiQuand ici et on verra sur la toile des lecteurs emballés, moi je ne crie pas au prodige. Un moment agréable de lecture, mais sans plus.

Tokyo est mon jardin

One Shot

Éditeur : Casterman

Collection : Classiques

Dessinateur : Frédéric BOILET

Scénaristes : Frédéric BOILET & Benoit PEETERS
Participation de Jiro TANIGUCHI

Dépôt légal : avril 2003

ISBN : 2-203-33460-6

Bulles bulles bulles…

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Tokyo est mon jardin – Peeters – Boilet © Casterman – 2003

La Guerre d’Alan (Guibert & Cope)

La Guerre d'Alan
2000 © Emmanuel Guibert & L’Association
La Guerre d'Alan, tome 2
2002 © Emmanuel Guibert & L’Association
La guerre d'Alan, tome 3
2008 © Emmanuel Guibert & L’Association

Alan COPE a 18 ans lorsqu’il est appelé par l’Armée. A cette époque, les États-Unis sont engagés dans la Seconde Guerre Mondiale.

Il passe les tests d’aptitude et sort avec, en poche, un avis favorable pour être opérateur radio…

Le premier tome de ce triptyque suit Alan jusqu’à son 20ème anniversaire. Deux années d’entraînements et de formations diverses, dont celle d’opérateur radio, pour finalement débarquer en France le 19 Février 1945, jour de son vingtième anniversaire.

Ce triptyque est sa biographie.

Les dessins en noir et blanc sont assez hétérogènes. Le style de GUIBERT est reconnaissable et présente une grande variété de styles : pour les visages, cela peut aller du simple trait de caricature à des petites aquarelles aux variantes gris-noires assez jolies. Mais globalement, les visages sont dessinés de manière assez minimaliste dans la majeure partie de l’ouvrage ce qui contraste avec les décors qui, quand ils sont présents, pullulent de détails. Je reste donc assez partagée quant à la qualité des dessins trop fluctuante mais que l’on soit bien clairs : je ne suis pas capable d’imiter même le plus simple de ses dessins ^^. Tel est là le style de GUIBERT, tantôt affairé, tantôt laxiste… il en est de même dans Le Photographe.

La narration suit une trame chronologique qui démarre à la mobilisation d’Alan en 1943. Très peu de dialogues, essentiellement de la narration. Alan COPE décrit minutieusement, souvent par le biais d’anecdotes, le contexte de son enrôlement et ses différentes affectations pendant la Guerre. COPE é recourt à nombreux sauts dans le temps, se rappelant d’anecdotes ou de rencontres qu’il a vécu bien après la guerre. Tous ses détails jouent en faveur du scénario, tout comme les allers-retours réguliers passé – présent.

Sur la forme du récit en lui-même, il est flagrant que COPE s’adresse à GUIBERT, et indirectement à nous, lecteur. Il transmet son histoire et ce qu’il en a retenu, comme des petites leçons de vie qui, misent bout à bout, ont façonné l’homme qu’il est devenu (cet aspect-là n’apparaît réellement que dans le dernier tome). Il nous raconte SA guerre, ce qui rend le récit très spontané. Le scénario est tantôt identique à une conversation et fait appelle à des associations d’idées, tantôt plus construit (comme si les éléments avaient été regroupés pour maintenir une chronologie dans les événements). L’ensemble se lit très facilement… c’est fluide. Sobre, clair, pas d’étalage de science et de jeux de gros bras. Cet ouvrage est très abordable et nous confronte à un homme simple, sain et modeste.

On pourrait aussi dire que cette œuvre se découpe en trois grands axes :
– le Premier tome se consacre à la fin de l’adolescence : COPE est un jeune homme assez influençable, malléable et de nature optimiste. Ouvert aux changements, il s’adapte rapidement  aux situations et dispose d’une grande envie de découvrir et d’apprendre au contact des autres. A cette étape de la série, on voit que COPE est ballotté par les événements. C’est encore un enfant assez naïf.
– le Second tome quant à lui est celui de la découverte, de la surprise et des situations saugrenues. C’est le début de l’autonomie. Il s’ouvre aux autres et garde toujours à l’esprit le respect des valeurs et des positionnements de chacun. Dans la prolongation du tome précédent, c’est sa découverte  du monde.
– le Troisième et dernier tome est celui de la maturité. Il s’émancipe et on ne le découvre plus seulement au travers des autres… il verbalise ses goûts et ses choix clairement. Il est maintenant acteur de sa vie… fin de la passivité. Cela coïncide aussi avec la fin de la Guerre, il doit prendre des décisions le concernant et il ne fuit pas cette responsabilité. C’est en quelque sorte un aboutissement.

Ce qui est particulier dans cette œuvre, c’est qu’on ne verra rien des champs de bataille, des conflits, des morts, des prisonniers… Alan COPE ayant été relativement épargné par ses affectations. On observera donc de la guerre ses répercussions sur les civils : organisation quotidienne, ravitaillement, banalisation des réquisitions régulières de leur domicile au profit des soldats, culture et traditions des habitants…

PictoOKEn empruntant cette série à la Bibliothèque, je souhaitais avant tout créer l’occasion de connaître un peu plus la bibliographie d’Emmanuel GUIBERT dont la série Le Photographe a retenu mon attention (les trois tomes sont présents sur ce blog et accessibles via les index ou les tags).

Le bémol sera tout de même sur la qualité des dessins qui ne m’emballent que modérément. De même au niveau du scénario, mon engouement pour la série a été variable au fil des tomes et il me semble que plus on avance dans le temps et moins Alan m’est familier et accessible (car moins tolérant). J’ai eu l’impression que durant les deux premiers tomes, Alan observe le monde et que sur  le dernier tome… il s’observe… ça m’intéresse moins. On le sent nostalgique de sa vie de soldat. Le troisième tome est aussi plus saccadé que les autres, ce sont plus des bribes de souvenirs qui jalonnent ça et là sa mémoire, de rencontres en correspondances. Reste à savoir exactement à quel moment GUIBERT s’est-il retrouvé seul (décès de Cope) pour terminer le montage de ce triptyque ? Le décès de COPE aurait privé GUIBERT d’une quelconque forme de guidance narrative ?

Petite fenêtre sur le monde extérieur : du9 en parle, une fiche de GUIBERT sur le site de l’Asso (biographie), une chronique du tome 3….

Une interview de GUIBERT en anglais (certes) mais qui permet de voir quelques planches.

Un autre avis sur le Tome 3, quelques visuels sont également proposés :

La Guerre d’Alan

Triptyque terminé

Éditeur : L’Association

Collection : Ciboulette

Dessinateur : Emmanuel GUIBERT

Scénaristes : Emmanuel GUIBERT et Alan INGRAM COPE

Dépôt légal : avril 2000 pour le tome 1 (première parution de l’ouvrage dans la Revue LAPIN entre 1997 et 1999), janvier 2002 pour le tome 2 et février 2008 pour le tome 3

Bulles bulles bulles…

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La Guerre d’Alan, tomes 1 à 3 © 2000 à 2008, Emmanuel Guibert & L’Association

Elle ne pleure pas elle chante (Corbeyran & Murat)

Elle ne pleure pas elle chante
Corbeyran – Murat © Guy Delcourt Productions – 2004

Laura apprend un matin que son père est dans le coma. Sans surprise, elle constate que cette nouvelle la rend heureuse et la soulage.

Éberluée, elle se rend chez sa mère pour la soutenir… être soutenue. Un sentiment confus de joie et d’incrédulité animent Laura. Elle profite de la venue du médecin de famille pour accompagner ce dernier à l’hôpital et se rendre compte d’elle même de la situation. Elle saisit cette occasion qui ne se présente qu’une fois dans une vie, de pouvoir déverser tout ce qu’elle a sur le cœur et poser enfin cartes sur table avec son père.

Chasser ses vieux démons, mettre en mots sa haine et sa rancœur pour pouvoir enfin vivre.

Un récit essentiellement narratif dont on en devine rapidement le contenu. Le dessin rend les personnages très humains, fragiles.

Voici l’adaptation d’un roman d’Amélie SARN qui introduit elle-même le One-Shot par ces mots : »il est de ces textes que l’on n’écrit pas mais que l’on crie. De ces textes que l’on a portés si longtemps qu’ils sont indissociables d’une partie de votre âme. C’est le cas d’Elle ne pleure pas elle chante. Un texte intérieur et intime.

Pourtant, ce texte, Éric et Thierry vous avez su, je ne sais comment, le porter avec moi et mieux encore, le faire vivre autrement. J’ai écrit les mots, vous avez éprouvé des sensations que vous avez retransmises avec votre propre langage, votre grammaire, votre vision. Peut-être vos peurs. Mon cri est devenu le vôtre.

Je dois bien avouer que j’avais la trouille. Avais-je vraiment envie de partager cette histoire ? Les images ne risquaient-elles pas d’être crues ou trop violentes pour moi ? Non. Tes mots et ton découpage, Éric, tes dessins, Thierry, sont la pudeur même. Et pourtant, tout est dit. A présent, je ne suis plus seule ».

J’en ais lu des récits sur ce thème. Qu’ils soient écrits par des victimes ou des professionnels ayant été amené à les accompagner… la plupart ont le défaut de vouloir trop toucher la corde sensible et créer une empathie déraisonnable chez le lecteur, en lui imposant de s’investir dans un combat ou hurler sa haine quant aux horreurs dont l’homme peut être capable. Mais Elle ne pleure pas elle chante ne s’impose pas. Certes ce récit ne laisse pas indifférent, mais il ne brusque pas, il ne dévoile pas des corps de manière impudique, il ne prononce pas des mots de manière brutale. Il dit les choses simplement, honnêtement : il est question de pédophilie.

PictoOKPictoOKTrès sympa, j’ai été prise au dépourvu par le thème de cette lecture mais la manière d’aborder le sujet est délicate et nous permet d’accéder à un témoignage qui ne vire pas au pathétique excessif.

Un récit optimiste du combat d’une jeune femme.

Ils en ont parlé ailleurs : Bdencre et .

Extrait :

« Cette petite fille aux longues tresses, cette petite fille qui a si peu protesté, cette petite fille… qui t’aimait, je l’ai jetée. Je l’ai balancée comme on se débarrasse d’une poupée cassée. Une poupée toute moche. Toute fêlée. Rien d’autre qu’une petite fille violée. Je n’ai pas le droit de vivre normalement parce que je porte en moi cette petite fille déchirée. Tellement laide. Tellement laide » (Elle ne pleure pas elle chante).

Elle ne pleure pas, elle chante

One Shot

Éditeur : Delcourt

Collection : Mirages

Dessinateur : Thierry MURAT

Scénariste : Éric CORBEYRAN

Dépôt légal : novembre 2004

ISBN : 978-2-84789-176-8

Bulles bulles bulles…

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Elle ne pleure pas elle chante – Corbeyran – Murat © Guy Delcourt productions – 2004

199 Combats (Dijan & Papazian & Brachet)

199 Combats
2008 © Heupé Sarl / Emmanuel Proust éditions, de Jean Blaise Djian, Michel Papazian et Nicolas Brachet

Né en France de parents arméniens, Michel PAPAZIAN a grandit à Nice. En 1940, son père décède d’un cancer, laissant sa mère seule avec trois enfants. Michel est le cadet. Ils quittent alors Nice et s’installent à Marseille, Michel a 6 ans. Sa mère, Aznif, trouve une place à l’usine de savons.

En 1944, quelques temps après que les Alliés aient libéré Marseille, Michel file au camps américain un jour après l’école et découvre la Boxe.

En septembre 1947, suite à une promesse de Aznif faite à son époux sur son lit de mort, elle saisit les avantages offerts par l’URSS aux exilés pour organiser le retour en Arménie. Michel est le seul de la fratrie à être totalement réfractaire au projet et quitte la France à contre-cœur.

Une histoire racontée avec beaucoup de sincérité, mais je trouve dommage que les ambiances graphiques soient aussi froides. Le choix des couleurs est peu attractif et caricature trop à mon goût les ambiances « pays de l’Est » que l’on peut voir dans certains ouvrages ou certains films : c’est terne et sombre, c’est propagande et sobriété.

Nicolas BRACHET en parle :


Nicolas Brachet, 199 combats

Preview en images :

199 Combats HD envoyé par Emmanuel_Proust_Editions

PictoOKC’est un petit pouce levé tout de même car cette expérience de vie est réellement impressionnante. Cependant, je reprocherais à cet album d’être un peu rapide sur le récit de la destinée de Michel PAPAZIAN. Pourquoi ne pas avoir opté pour un Diptyque ? Car pour le coup, 52 planches c’est un peu juste. Le combat de PAPAZIAN pour revenir en France ne se perçoit réellement que sur la fin de l’album, les freins rencontrés pendant sa carrière (du fait de sa nationalité française) ne sont abordés que par bribes… la souffrance et la frustration qui en découlent sont mal mises en avant.

Bref, un bon potentiel mais qui a manqué d’espace pour s’exprimer totalement.

La Chronique d’ActuaBD pour un autre avis.

199 Combats

One Shot

Éditeur : Emmanuel Proust Editions

Collection : Atmosphères Sport

Dessinateur : Nicolas BRACHET

Scénaristes : DIJAN et Michel PAPAZIAN

Dépôt légal : novembre 2008

ISBN : 9782848101934

Bulles bulles bulles…

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2008 © Heupé Sarl / Emmanuel Proust éditions, de Jean Blaise Djian, Michel Papazian et Nicolas Brachet.