Okko, le cycle de l’eau (Hub)

Okko, tome 1
Hub © Guy Delcourt Productions – 2005
Okko, tome 2
Hub © Guy Delcourt Productions – 2005

Japon médiéval fantastique, Empire du Pajan. Quatre familles s’entre tuent pour accéder au pouvoir.

Dans cette société vit Okko, un rônin sans maître qui travaille au contrat. Il est accompagné d’un guerrier géant (Naburo) et d’un moine (Noshin) qui n’est autre qu’un buveur de saké invétéré. Pendant que Okko est en entrevue avec son dernier client, Naburo prend un certain plaisir à apprécier les services d’une jeune geisha : Petite Carpe. Quant à Noshin, il étudie consciencieusement son sujet de prédilection : le saké. Soudain une bande de pirate fait irruption. Au terme d’un dur combat, les pirates quittent les lieux en emportant avec eux toutes les geishas de la maison de plaisirs et laissent Naburo pour mort. Tikku, le jeune frère de Petite Carpe, se vend alors à Okko afin de payer le contrat qu’il lui confie : retrouver sa sœur. C’est le début d’une quête.

J’ai voulu découvrir Okko à l’occasion de la sortie du tome 1 du Cycle de l’Air, premier tome du cycle 3, sorti le 22 avril dernier. Ce qui me laisse l’occasion de pouvoir savourer 5 albums d’un coup. A la base, je ne suis pas trop tentée par les aventures de samurais, mais j’ai eu de bons retours sur la série.

Pas d’échos, pas de références sur l’auteur, HUB… normal, c’est sa première BD en solo avec ce pseudo.

Une série qui se compose de plusieurs cycles (un cycle = un diptyque) : le cycle de l’eau et le cycle de la terre sont terminés ; le cycle de l’air débute. Le cycle du feu à venir ?

On se laisse prendre progressivement par l’histoire grâce à un subtil mélange d’humour et un scénario original. Le graphisme est agréable (HUB semble avoir le soucis du détail, ce qui ne gâche rien), le dépaysement est certain. HUB fait appel à plusieurs sources d’inspiration, un voyage entre traditions japonaises médiévales, héroic fantasy et fantastique.

Cette fiction est un bon divertissement.

En ce qui concerne les scènes de combat, il est difficile par moment de suivre les mouvements des personnages. Des scènes muettes sont présentes, laissant au lecteur la possibilité d’imposer son propre rythme de découverte des cases. Quelques jeux de mots de ci-delà titillent nos neurones en fusion (Pajan / Japan, etc). Il y en a un peu partout, sur les noms des personnages principalement et je suis quasi sure d’en avoir laissé passer. Le fait d’avoir une édition spéciale sur le Tome 2 (noir et blanc, format plus grand) est un petit plus. On se rend compte que la colorisation est vraiment accessoire au style de dessin et d’écriture.

Un scénario bien rythmé, des personnages qui nous deviennent vite familiers.

Les réflexions personnelles que je nommerais « bulles de pensée » (à défaut de savoir les nommer autrement) ont leur importance dans le récit. Elles nous permettent de cerner un peu plus les personnalités respectives. A certains moments, ces monologues sont tout de même un peu naïfs, rendant peu crédibles quelques situations.

PictoOKC’est agréable de se laisser surprendre, non ?

Passées les premières pages, on s’adapte rapidement au style de HUB qui nous donne les cartes maîtresses pour cerner les personnages principaux. En revanche, les liens qui les unissent sont peu précisés et les conditions de leurs rencontres restent obscures au sortir de ce diptyque.

Vu que les samouraïs ça ne me connait pas, je suis partie quelque peu sceptique. J’appréhendais de me retrouver confrontée à des choses déjà lues ou déjà vues en adaptation cinématographiques. Et bien non ! On se laisse rapidement piquer par le plaisir de savourer cette série. Plus on avance dans l’histoire et plus elle nous accroche. C’est l’avantage de ne pas être la seule à apprécier la BD à la maison car seule, je pense que je serais passée à côté de cette série. Je trouve que pour une première et, qui plus est, menée en solo, HUB construit une série prometteuse et nous fait profiter d’un dessin maîtrisé réellement agréable.

Okko

Le cycle de l’eau I et II

Cycle terminé / Série en cours

Éditeur : Delcourt

Collection : Terres de Légendes

Dessinateur / Scénariste : HUB

Dépôt légal : Janvier 2005 pour le tome 1
et Décembre 2005 pour le tome 2

ISBN : 978-2-84789-164-5 (tome 1) et 978-2-7560-0024-4 (tome 2)

Bulles bulles bulles…

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Okko, Le cycle de l’eau, tome 2 – Hub © Guy Delcourt productions – 2005

Pour en découvrir plus sur l’univers d’Okko : http://www.editions-delcourt.fr

Bloodline, une série en attente… (Ange & Varanda)

Bloodline, tome 1
Ange – Varanda © Vents d’Ouest – 1997
Bloodline, tome 2
Ange – Varanda © Vents d’Ouest – 1998

L’histoire débute en août 2003. On assiste impuissants au meurtre de toute une famille.

Rebelote deux mois plus tard, dans un autre lieu. Tous sont assassinés par des tueurs professionnels. Kevin et Lauren, les jumeaux de la fratrie, âgés de 14 ans, doivent leur seul salut au fait d’avoir désobéi à Key, leur précepteur, en allant à une fête organisée par des amis.

Bloodline, tome 3
Ange – Varanda © Vents d’Ouest – 1998
Bloodline, tome 4
Ange – Valton © Vents d’Ouest – 2002

En rentrant, ils découvrent les cadavres de leurs frères et de Key. Un tueur caché dans la maison les attendait, mais Kevin et Lauren parviennent à lui échapper. Le FBI tente alors d’assurer leur protection… Le lendemain, Mary Johnson prend ses fonctions à l’antenne du FBI de Seattle. Elle est positionnée sur l’équipe qui prend en charge cette affaire.

Une bonne série d’action, un bon polar à mon sens. Le hic c’est que cette série, débutée en 1997, n’est toujours pas finie et qu’aucune sortie n’est annoncée voire envisageable. Pour le moment, 4 tomes sont sortis, le dernier est dans les bacs depuis 2002. A quand la suite ?

J’avais envie de la relire et de la faire découvrir. Lorsqu’on sort du tome 1, les personnages sont présentés mais on ne maîtrise ni l’intrigue, ni le mobile des crimes. Le second album est plus posé en rythme, voire un peu mou sur sa seconde moitié. On y passe un long moment à observer le quotidien des jumeaux qui se sont refait une vie. Ce tome avait pourtant démarré sur les chapeaux de roue et presque sans transition, on retrouve les jumeaux quelques années plus tard. Un quotidien sans rythme, sans grand intérêt… cela contraste fort avec le début de la série. Un train-train ronflant particulier.

Hormis ce passage « pépère » du tome 2, cette série de 4 bandes dessinées c’est : de l’action, de l’action et encore de l’action. Elle est très bien mise en valeur par le travail que Varanda a fait sur les planches et la découpe des cases dans les 3 premiers tomes. Dès le troisième tome, des éléments de-ci de-là viennent chahuter nos mirettes et exciter notre curiosité, nous laissant penser que la série va aller exprimer sa force vers un nouveau genre : fantastique ?

Le tome 4 quant à lui finit littéralement en queue de poisson, puisqu’on reste planté en plein dans une scène d’action… et ça fait 7 ans que l’on attend la suite. Pas très sympa pour le lecteur !

PictoOKLe rythme de la série varie au fil des tomes.Au final, VARANDA a quitté la série, remplacé par VALTON sur le tome 4 et y perd : enchaînements et découpes des cases assez basiques, les personnages perdent en charisme. Il paraît également que la série a déjà beaucoup perdu lorsqu’elle a été colorisée (initialement, elle était en noir et blanc)… mais je n’ai pas eu l’occasion de le voir.

Depuis, les ANGE ont aussi quitté Vents d’Ouest pour aller chez Soleil. Ils avaient pensé à prendre les droits de La Geste… mais rien pour Bloodline ! Même inachevée cependant cette série mérite que l’on s’y arrête.

Bloodline

Série en cours, 4 tomes parus

Éditeur : Vents d’Ouest

Dessinateur : Alberto VARANDA

Scénariste : ANGE

Dépôt légal : 1997 à 2002

ISBN : 9782869676404

Bulles bulles bulles

Difficile d’avoir été accrochée par une bulle plutôt qu’une autre tant le rythme de la série est soutenu. J’admire seulement le travail monstrueux d’organisation des cases et la dynamique inhérente à ce travail de titans.

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Bloodline – Ange – Varanda © Vents d’Ouest – 1997 à 2002

Où le regard ne porte pas… tome 2 (Abolin & Pont)

Où le regard ne porte pas, tome 2
Abolin – Pont © Dargaud – 2004

20 ans après les événements du tome 1, Willie, Lisa, Nino et Paolo ont grandi. Ils ne se sont pas revus de toutes ces années.

On les retrouve à Istanbul et « il a suffit d’un sourire de Lisa » et les voilà qui embarquent pour le Costa Rica.

Ce tome a été pour moi l’occasion de baigner, le temps d’une lecture, dans une magnifique histoire d’amitié et des décors qui nous prennent et nous transportent ailleurs. Mon imagination galopante… a galopé !

On quitte les odeurs d’iode des plages italiennes du premier tome pour se plonger dans l’atmosphère humide de la forêt du Costa Rica. Des suites de cases muettes nous offrent la possibilité de nous immiscer dans des décors magnifiques.

Dans cet album, on ne quitte pas les 4 amis. Peu de personnages extérieurs à eux sont amenés à intervenir et peu retiennent l’attention tant le quatuor nous capte. Cette ambiance en huis clos n’est en aucun cas pesante, au contraire même, elle a des relents de liberté.

Il y a moins de rondeur dans les dessins que dans le premier tome… les personnages sont devenus adultes.

C’est suave, doux, c’est tendre, le ton est juste, bref : c’est BEAU !!

Une dose d’humour et des dessins savoureux. Comme pour le premier tome, on flotte dans cet univers. L’ambiance titille un large panel de sentiments. Une belle amitié qu’il nous est donné de découvrir. C’est très sympa, en plus, quand on sait que Pont et Abolin se connaissent depuis toujours, ils ont du prendre beaucoup de plaisir à faire cette série ensemble… en tout cas, c’est ce que l’on ressent.

Des petites surprises, des petits délices nous attendent au coin de chaque bulle.

PictoOK A découvrir, cette BD est un pure moment de bonheur… à relire, elle ne perd rien de sa superbe.

Où le regard ne porte pas

Tome 2 / Diptyque terminé

Éditeur : Dargaud

Collection : Long courrier

Dessinateur : Olivier PONT

Scénariste : Georges ABOLIN

Dépôt légal : Août 2004

ISBN : 978-2205-05098-1

Bulles bulles bulles…

Cette série est bourrée d’humour, il serait dommage de s’en priver !

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Où le regard ne porte pas (tome 2) – Abolin – Pont © Dargaud – 2004

« Et nos sourires en diront plus longs que les mots les mieux choisis » (Georges Abolin)

Où le regard ne porte pas… (Abolin & Pont)

Où le regard ne porte pas
Abolin – Pont © Dargaud – 2004

Italie, début du XXème siècle.
Dans un petit village de pêcheurs, Lisa attend William qui a suivi ses parents venus de Londres. Son père rêve d’une nouvelle vie, ils ont quitté la ville pour s’installer à Barellito et vivre de la pêche.

William, Lisa, Nino et Paolo deviennent « copains comme cochons » et partagent, le temps d’un été, tout y compris ce petit quelque chose qui nous pousse à tourner les pages frénétiquement afin de savoir…

Pour l’occasion, j’ai eu envie de revenir sur un vieux coup de cœur.

Enfin, vieux… pas tant que ça puisque la série date de 2004. Mais je ne relis pas forcément tout, et cette série, je n’ai du la relire qu’une ou deux fois depuis. Où le regard ne porte pas… est une douceur, la meilleure des sucreries du rayon Confiseries, de la poésie mise en images.

Il y a peu de bandes-dessinées qui ont pour personnages principaux des enfants et qui, de plus, ont retenus mon attention. Je citerais Peter Pan de Loisel, bien sur, mais aussi Basil et Victoria, Bout d’Homme et Couleur de peau : miel. Celles-là, elles ont ce petit truc en plus d’indicible qui fait que ça fait la différence. Après, ma culture BD a des lacunes … oh comme j’aimerais les combler !

Ce présent tome est tout en rondeur, tout en douceur. Les personnages principaux (des enfants), permettent d’aborder des sujets graves de manière très juste, sans pour autant tomber dans la naïveté mielleuse.

La finesse de cette BD parvient à nous faire passer par plusieurs émotions et sentiments :
– la jalousie (Willy, Nino et Paolo aiment tous les trois la petite Lisa… une rivalité qui, à l’âge de 10 ans, n’est pas toujours simple à gérer),
– la peur de l’inconnu (cet inconnu différent, étranger qui débarque dans une vie bien ritualisée, une vie en huis-clos),
– l’espoir (de ce jeune père de famille qui rêve d’une vie meilleure pour sa famille),
– la tristesse voire la souffrance de se sentir rejeté,
– l’amitié…

Début du XXème, c’est aussi l’essor industriel et l’arrivée de l’automobile. On mesure la révolution que cela a pu apporter, les espoirs que cela représentait. On sourit en remarquant le décalage.

Un énorme travail a été fait par Olivier PONT. Les dessins de PONT donnent vie aux jeux de regards entre les personnages, on sent les yeux pétiller. Des regards remplis tour à tour de complicité, de sous-entendus, de méchanceté. Je regrette de ne pas le trouver plus souvent dans mes lectures des petits détails comme celui-ci, impalpable… sans autant de finesse. Beaucoup de cases sont muettes, mais les dessins zooment sur des regards qui se suffisent à eux-mêmes. Un regard qui donne sens à ce qui se vit, à ce qui se joue et à ce qui se dit.

PictoOKPictoOKJ’ai nagé comme un poisson dans l’eau dans la lecture de mes p’tites bulles. Ces enfants me parlent, ces personnages me touchent.

La nature du lien particulier entre les 4 enfants est tout à fait préservée dans ce tome, il garde toute sa part de mystère. Ce qui laisse le temps de découvrir les personnages et une irrésistible envie de lire le tome 2 pour comprendre.

Je suis particulièrement sensible à la question de l’amitié et la manière dont les auteurs ont su tisser des liens entre eux rend cette histoire tout à fait crédible. Les personnages seraient prêts à sortir du domaine de la pure fiction que cela ne me choquerait pas. Vraiment je trouve que ce tome est un petit bijou du 9ème Art. N’en tienne qu’à moi !

Le tome 2 est également sur ce blog.

Où le regard ne porte pas…

Tome 1 / Diptyque terminé

Editeur : Dargaud

Collection : Long courrier

Dessinateur : Olivier PONT

Scénariste : Georges ABOLIN

Dépôt légal : Janvier 2004

ISBN : 978-2205-05092-9

Bulles, bulles, bulles…

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Où le regard ne porte pas – Abolin – Pont © Dargaud – 2004