Daybreak (Ralph)

Il semble assez jeune cet homme qui nous accueille dès la première page. Il s’adresse directement à nous, lecteur, en nous saluant et en nous invitant à le suivre. Après tout, nous n’avons nulle part où aller et nous semblons être assis là, au beau milieu de nulle part, à attendre que quelque chose se passe. Et puis il nous cueille là, juste avant que la nuit ne tombe alors oui… ce n’est peut-être pas plus mal de trouver un abri pour la nuit.

Alors on lui emboîte le pas, à l’insu de notre plein gré. On le suit dans les profondeurs de la terre puisque c’est là que semble être son repaire, là qu’il souhaite qu’on le suive.

Il nous nourrit, parle notre langue, nous sourit, nous offre son hospitalité. Puis il part, nous annonçant qu’il prend le premier tour de garde… charge à nous de nous reposer… autant que faire se peut…

Ralph © Guy Delcourt Productions - 2020
Ralph © Guy Delcourt Productions – 2020

C’est moins harassé mais tout aussi déboussolé que l’on découvrira donc ce monde à l’abandon. Est-ce un lendemain d’apocalypse ? Une tornade ? Une guerre ? qui a terrassé les environs, laissant maisons et lieux publics en ruine et à l’abandon ?

Brian Ralph installe une atmosphère anxiogène. On est comme frappé d’amnésie. On ne sait rien si ce n’est que le seul individu sur lequel on tombe parle une langue que l’on comprend. On comprend qu’il faut se terrer, se cacher… et sauver sa peau. Tantôt par-ci, parfois à ce recoin-là, des mains tentent de nous attraper. Des bras se tendent pour nous saisir et… quoi ? Que se passe-t-il si nous nous faisons prendre ?

Le dessin est un peu brouillon, comme un croquis inachevé. Pas de couleurs, juste du noir et blanc sur un papier très légèrement jauni. Aucune fioriture, pas de strass… seulement des décombres, des ruines et des friches urbaines. Des lambeaux en guise de vêtements, des plaies couvertes à la va-vite avec des bouts de tissus de fortune. Tout cela a tendance à donner une impression que l’on est face à un monde fragile, bancal, à quelque chose qui peut disparaître à la moindre étincelle. Survivre nécessite beaucoup de jugeote, un paquet de réflexe… mais dans ce monde éparpillé, où rien n’est organisé, où tout n’est qu’imprévu, cela implique aussi d’avoir de la chance.

Un monde qui meurt ? Un monde qui naît ?

Très vite, l’ambiance devient oppressante. Brian Ralph torture son univers, le construit à la hache. La peur nous accule… et ne nous laisse d’autre choix que de tourner la page pour nous rapprocher toujours plus du dénouement. Une libération en quelque sorte puisqu’il devrait nous permettre de réunir toutes les pièces du puzzle pour comprendre ce que l’on fait dans ce guêpier.

Je n’avais pas vu la série sur Netflix avant de lire cet album. Pire même, je ne connaissais même pas la série télévisée. Pour autant, après de furtives recherches sur la toile, je ne sais trop quelles pourraient être les similitudes entre ce récit et celui de la série TV…

Ici, on ne connait pas les raisons qui ont provoqué la métamorphose de cette ville. On ne sait rien du peu de personnages que l’on côtoie durant la lecture. On sait seulement qu’ils survivent comme ils peuvent… et que ce monde est hostile. Vu la manière dont le scénario se structure, il est difficile de ne pas se demander si on n’est pas en présence de personnes totalement hallucinées. Etrange moment de lecture. Si vous lisez « Daybreak » … pensez à revenir faire un petit tour par ici pour qu’on puisse échanger sur nos impressions de lecture.

Daybreak (one shot)

Editeur : Delcourt / Collection : Outsider

Dessinateur & Scénariste : Brian RALPH

Dépôt légal : janvier 2020 / 160 pages / 19,99 euros

ISBN : 978-2-4130-2250-3

NoBody – Saison 2, tome 1 (De Metter)

La saison 1 de « NoBody » m’avait scotchée. Surprise par le dénouement, séduite par la psychologie torturée du personnage principal et malgré les quatre tomes qui composaient le récit, un doute plane toujours quant à l’enchaînement exact des événements et leur véracité… tout cela m’a laissé des souvenirs de lecture impérissables.

Alors curieuse de découvrir la saison 2, je l’étais forcément ! Curieuse de savoir si Christian De Metter restait seul aux commandes de l’œuvre et il le reste. Curieuse de savoir s’il parvient de nouveau à nous laisser sur le fil et il y parvient.

De Metter © Soleil Productions – 2019

On s’installe cette fois en la belle ville de Rome. L’événement qui installe l’intrigue a lieu en novembre 1974. Une jeune fille d’une famille bourgeoise est kidnappée. On saura bien évidemment le motif des ravisseurs et bien évidemment, je ne vous le donnerai pas ici. Je me contenterai de vous dire que son père est un haut magistrat, que la police se retrouve rapidement en charge de l’enquête et que nous sommes au cœur des années de plomb que l’Italie a connues.

Autant d’ingrédients dont Christian De Metter se délecte et arrange à sa sauce. Le scénario est ciselé, rien d’étonnant en cela et à ce niveau, je crois qu’il n’est plus nécessaire de vanter le talent scénaristique de l’auteur. Il a cette capacité à nous amener à faire abstraction de tout ce qui se passe en dehors de l’histoire que nous sommes en train de lire. Des personnages plutôt sympathiques mais ce n’est que le début… Quelques éléments lâchés à la volée et non utilisés dans ce premier tome et on se doute forcément que les apparences étant trompeuses, le retournement de situation nous sautera forcément en pleine gueule tôt ou tard. En bref, les cartes sont distribuées. Reste à observer la manière dont la partie va se dérouler.

Graphiquement, l’ambiance graphique est sombre. Très sombre. Petit bémol pour moi sur ce point puisqu’il est assez difficile de distinguer les faciès dès le premier coup d’œil. Sans compter que le dessin est assez figé, ce qui casse la fluidité que pourrait avoir la lecture. De fait, le regard bute sur certaines illustrations. A mesure qu’on avance dans l’histoire et que l’on se familiarise avec les uns et les autres, cette impression disparaît mais la lecture de la première partie de l’album est agacée par cette excès de ressemblances entre les personnages. Les jeux de clair-obscur ne facilitent pas la tâche du lecteur et certains protagonistes ont des noms de famille si proches qu’il est difficile de compter sur eux pour se repérer. Il m’a fallu parfois aller jeter un petit coup d’œil en arrière juste pour vérifier que je ne me trompais pas de personnage…

Pourtant, malgré ces petits rétropédalages graphiques en début d’album, le scénario nous attrape vite et on est ferré avant même de le refermer. Vivement le second tome de cette trilogie.

NoBody – Saison 2, Tome 1/3 : L’Agneau

Editeur : Soleil / Collection : Noctambule

Dessinateur & Scénariste : Christian DE METTER

Dépôt légal : novembre 2019 / 96 pages / 17,95 euros

ISBN : 978-2-302-07900-7

Nick Carter et André Breton – Une enquête surréaliste (David B.)

David B. © Soleil Productions – 2019

On commence par la mise en bouche que l’on trouve sur le site de l’éditeur avec un pitch qui met l’eau à la bouche : « Sous couvert d’une enquête pleine de références et de folie imaginative, David B. aborde avec magnificence, intelligence et humour le surréalisme, mouvement artistique du XXe siècle.

André Breton, le fondateur du mouvement, est bien démuni : il n’a plus de femme dans sa vie, ses compagnons surréalistes sont partis ou ont été exclus et surtout, il lui semble qu’il a perdu ce qui faisait l’âme du surréalisme. Il engage donc son ami, le détective Nick Carter, pour enquêter et retrouver cette chose indicible qui lui aurait été volée. Nick Carter va parcourir le temps et l’espace dans un entrelacement de décors fantastiques, de personnages tortueux, de femmes fatales, de situations périlleuses, de crimes et de machines extraordinaires pour remettre la main sur ce qu’André Breton appelait « l’or du temps ». »

[Cliquez sur le visuel pour l’ouvrir :]

Nick Carter et André Breton – Une enquête surréaliste – David B. © Soleil Productions – 2019

Comment David B. parvient à faire cohabiter un personnage de fiction (le détective Nick Carter créé par John R. Coryell) et les protagonistes du mouvement surréaliste ? Ça tient au talent, mes amis !

« Nick Carter et André Breton » n’est pas une bande-dessinée en tant que telle : il n’y a pas le découpage séquentiel habituel d’un gaufrier et pas de phylactères non plus. Le scénario se développe en voix-off. Il légende les illustrations qui sont toutes présentées en pleine page.

Extrait de la Préface

Après une rapide présentation, le narrateur (Nick Carter) explique comment il a été amené à enquêter. Il retrace ensuite la chronologie de ses investigations. Par sa voix, David B. pioche dans l’histoire du mouvement surréaliste et les œuvres qui le compose. Des clins d’œil graphiques au jeu du cadavre exquis, aux formes qui coulent et autres membres aux proportions distendues, corps à tiroirs, damiers, spirales, lignes droites, lignes brisées, des objets fous, des animaux métamorphosés… on trouve nombre de références aux toiles surréalistes. J’avoue, il y a beaucoup beaucoup de choses à côté desquelles je suis passée sans trop savoir à quelle toile ou quel artiste les raccrocher. Mais j’ai reconnu un peu de Dali, de Magritte, Desnos, Prévert, Aragon, Eluard, Tanguy… tous ces artistes qui ont rejoint le mouvement avant de s’en éloigner. Cela donne un fatras graphique que seul David B. pouvait dompter. Son trait si particulier convient à merveille.

Non content de réaliser ce tour d’équilibriste, David B. injecte des événements historiques dans l’enquête en projetant de-ci de-là des éléments issus du parcours de chaque surréaliste croisé dans l’enquête. Il place également des personnages secondaires de l’univers de Nick Carter, poursuivant ainsi leur éternelle rivalité.

Une enquête biscornue et pleine de dynamisme. Des rebondissements saugrenus. Des créatures fantasmagoriques. Il est difficile de décrire cet album et les voies empruntées par l’enquête. Tout est farfelu, métaphorique… délicieux.

Et si vous n’avez jamais lu David B., filez de ce pas dans votre librairie préférée et achetez « L’Ascension du Haut Mal » ! Bon sang ! C’est un must !! 😉

 Nick Carter et André Breton – Une enquête surréaliste
One shot
Editeur : Soleil / Collection : Noctambule
Dessinateur & Scénariste : David B.
Dépôt légal : novembre 2019 / 56 pages / 20,90 euros
ISBN : 978-2-3020-07898-7

L’Esprit de Lewis, Acte II (Santini & Richerand)

Neuf mois après avoir quitté le manoir de Childwickbury, Lewis s’est installé à Londres. Son premier roman est un succès et la notoriété lui fait perdre tout sens de la mesure. Il est devenu volage et ne pense qu’à accumuler les conquêtes. Nourri, logé et blanchi par son éditeur qui le couve littéralement, Lewis se laisse porter par cette vie et se gonfle de vanité. Il en oublie la promesse d’amour éternel qu’il avait formulée à Sarah, le fantôme dont il s’était amouraché. Pourtant, elle lui avait fait cadeau du don de l’écriture pour montrer à quel point elle était touchée par l’affection que son bienaimé lui témoignait. Lewis s’était saisi de ce précieux présent pour s’engouffrer dans l’écriture de son roman. L’expression écrite le transcendait enfin.

Aujourd’hui, Sarah est affectée par l’attitude de son amant. Elle décide de réapparaître pour lui rappeler son serment mais Lewis se cabre et renvoie Sarah à sa triste condition. La femme-fantôme lui jette une terrible malédiction en guise de vengeance.

Deux ans après l’ « Acte I » qui installait l’intrigue, les personnages et cette ambiance toute particulière propre à ce thriller gothique, ce tome apporte le dénouement au diptyque de « L’Esprit de Lewis » . Retour à l’époque victorienne et aux intérieurs bourgeois raffinés. Le huis clos du manoir familial (voir tome 1) n’est plus qu’un souvenir, place à la vie de salons de la haute société anglaise et au clinquant des riches parures. Bijoux et robes de soirées pour ces dames, hauts-de-forme et costumes trois pièces pour ces messieurs. Il convient de bien lever le petit doigt lorsqu’on porte un verre à sa bouche et d’apparaître en tout point irréprochable. Les messes basses vont bon train, colportant les rumeurs les plus mesquines.

Bertrand Santini donne tout d’abord une toute autre personnalité à son héros. Nous avions refermé le premier tome sur un personnage doux, romantique et naïf. Nous le retrouvons mesquin et inconsistant. Aveuglé par la célébrité, il lui aura suffi de neuf mois pour devenir méprisable. Il utilise sa popularité et consacre son temps à se pavaner auprès d’insipides courtisanes. La frivolité de son nouveau cadre de vie donne davantage de liberté à l’univers durant les premières pages mais une tension latente est perceptible. Les faux-semblants se dévoilent les uns après les autres, les masques tombent. Le scénariste resserre lentement l’étau autour de son personnage principal. Chaque nouvelle révélation charge davantage l’atmosphère d’électricité.

Jalousies, doubles-jeux, microcosme social de parvenus et bourgeois en tous genres… l’influence de ce milieu social élitiste sert l’intrigue et rend l’univers oppressant. Le trait aiguisé de Lionel Richerand et les couleurs choisies ont un côté macabre. L’ambiance graphique renforce l’impression que la situation échappe à tout contrôle. Les événements surnaturels prennent le pas sur la réalité en même temps que le personnage principal perd pied et est privé de toute possibilité de reprendre les rennes de sa vie. On sait que l’issue dramatique est inévitable mais il est impossible d’imaginer à l’avance les événements qui jalonneront la lecture jusqu’à la dernière page.

Dramatique fantasmagorie qui chamboule totalement le lecteur.

La chronique de Noukette.

L’esprit de Lewis – Acte II (diptyque terminé)
Editeur : Soleil / Collection : Métamorphose
Dessinateur : Lionel RICHERAND / Scénariste : Bertrand SANTINI
Dépôt légal : octobre 2019 / 96 pages / 17,95 euros
ISBN : 978-2-302-07779-9

Farmhand, tome 1 (Guillory)

 

Aux Etats-Unis, une nouvelle forme d’agriculture a vu le jour depuis un peu plus de deux décennies. Révolutionnant le secteur de l’agriculture et de la science, l’exploitation de Jedidiah Jenkins a pris le risque de prendre un virage radical quant aux procédés agricoles habituels. Cette ferme avant-gardiste est une vraie manne financière pour l’exploitant et la région dans laquelle elle est implantée. Elle fait pourtant grincer des dents.

« Jedidiah Jenkins est agriculteur, mais il ne cultive que des organes humains « plug-and-play » à croissance rapide capable de réparer les corps. Perdre un doigt ? Besoin d’un nouveau foie ? Il a ce qu’il faut. Malheureusement, les étranges substances qu’il utilise ont quelques effets secondaires. Dans les profondeurs du sol de la ferme familiale Jenkins, quelque chose d’effrayant a pris racine et commence à grandir. » (synopsis éditeur).

Pour ceux à qui le nom de Rob Guillory ne dit absolument rien, je vous renvoie à l’excellentissime « Tony Chu » , série totalement foutraque récompensée en 2010 d’un Eisner Awards.

Si Tony Chu était capable « de retracer psychiquement la nature, l’origine, l’histoire et même les émotions de tout ce qu’il ingurgite » (extrait de ma chronique des cinq premiers tomes), Rob Guillory imagine cette fois une nouvelle forme d’aberrations puisque l’homme serait parvenu à greffer de l’ADN à différentes espèces végétales… Bras, nez, cœur sortent donc naturellement de terre au rythme des floraisons. Ce cheptel inespéré de membres et d’organes permet ainsi de réparer à volonté les corps meurtris. Un postulat de départ génialement terrifiant. Mais quel est donc l’étrange rapport que Rob Guillory peut avoir avec la bouffe ?? Schizophrénie médiatique ? Angoisse de la malbouffe ? Symptôme post-traumatique du scandale de la vache folle ? … Je suis hyper généreuse côté suppositions…

L’auteur est cette fois seul aux commandes et livre une série totalement déjantée. Retour aux sources et retrouvailles. Milieu rural et défiance. Secret de famille et héritage maudit. Le thriller se met en place sur fond de critique sociale. La « fermaceutique » est la parfaite métaphore pour se lancer dans une critique acerbe de nos sociétés capitalistes aveuglées par l’appât du gain. On se pose évidemment la question de savoir quel est le revers de la médaille à cette thérapeutique hors-norme.

« Tu sais ce que dit papa. Les prétextes sont comme les trous du cul. Tout le monde en a un »

Le dessin est hyper expressif et l’humour délicieusement grinçant. Il emprunte aux mangas le côté excessif des expressions et gestuelles des personnages pour en exagérer les mimiques qui servent le comique de situation. Les couleurs acidulées font monter l’adrénaline des scènes d’action. Des détails graphiques sont à attraper dans chaque case : messages de panneaux signalétiques, étiquettes diverses, autocollants et annotations variées renforcent le côté loufoque et cynique de cet univers vitriolé.

Rob Guillory surfe sur les sujets d’actualité et les tord pour montrer les dérives cauchemardesques les plus farfelues auxquelles on pourrait arriver. En espérant que cette dinguerie reste pure fiction !

Quoi qu’il en soit, ce tome de lancement de « Farmhand » promet une suite très prometteuse.

Farmhand
Tome 1 (série en cours)
Editeur : Delcourt / Collection : Comics
Dessinateur / Scénariste : Rob GUILLORY
Dépôt légal : septembre 2019 / 160 pages / 15,95 euros
ISBN : 978-2-413-01658-8

Les enquêtes polar de Philippine Lomar, tome 3 (Zay & Blondin)

Philippine est régulièrement contactée pour enquêter sur des affaires qui touchent aussi bien au harcèlement qu’à la corruption. La jeune fille a 13 ans mais elle a déjà fait ses preuves en tant que détective privé émérite. On a déjà eu deux fois l’occasion de côtoyer Philippine, on sait qu’elle est futée et aussi butée qu’un âne quand elle a une idée en tête ou un os à ronger.

Cette fois, Philippine est contactée par Maxime dont le cousin est en prison. Ce dernier aurait été injustement accusé de l’agression d’un épicier. Maxime pense qu’il s’agit d’une stratégie d’un groupe de malfrats que son cousin avait pris en flagrant délit, ces derniers auraient donc trouvé le moyen de mettre son cousin hors-circuit le temps de la procédure judiciaire.

Maxime charge donc Philippine de réunir des preuves de leurs actes délictueux afin que les véritables coupables soient arrêtés. La détective en herbe se met rapidement au travail mais elle constate tout aussi vite qu’elle a affaire à de vraies racailles. En tout cas, leurs méthodes d’intimidations ne laissent aucun doute sur leurs facultés à employer des méthodes très expéditives…

Chaque enquête de Philippine Lomar est l’occasion pour Dominique Zay d’aborder un sujet d’actualité… le genre de sujets dont on ne parle pas de prime abord avec de jeunes lecteurs. Certaines problématiques traitées peuvent faire partie de leur quotidien (la question du harcèlement par exemple) mais le scénariste pioche aussi dans d’autres registres comme le racket en bande organisée ou la pollution volontaire des rivières. Ces sujets font en partie l’originalité de la série. Ils servent à « camper le décor » et à installer les personnages secondaires amenés à intervenir durant l’intrigue. Des personnages dont les caractères et comportements sont loin d’être cousus de fil blanc. Les rebondissements multiples donnent au récit et à l’enquête un rythme vraiment plaisant. On tourne les pages avec gourmandise et on ne peut s’empêcher d’apprécier le sang-froid et l’humour dont fait preuve l’héroïne.

Outre l’originalité scénaristique de cette série, on évolue dans une ambiance graphique qui s’inspire des mangas : les expressions des personnages sont exagérées par moment et cela permet de décaler la tension grâce au comique de situation, évitant ainsi de dramatiser inutilement les moments où surviennent des événements qui conditionnent la suite de l’histoire.

On continue ici à apprécier cette série haute en couleurs. Un univers jeunesse qui va très prochainement être enrichi d’un nouveau tome.

Les deux tomes précédents sont également sur le blogs (aidez-vous des index si vous voulez accéder à ces chroniques)

Les Enquêtes polar de Philippine Lomar
Tome 3 : Poison dans l'eau
Série en cours
Editeur : Editions de La Gouttière
Dessinateur : Greg BLONDIN
Scénariste : Dominique ZAY
Dépôt légal : juin 2018 / 48 pages / 14.70 euros
ISBN : 979-10-92111-76-7