NoBody, tome 2 (De Metter)

De Metter © Soleil Productions – 2017

En 2007, un homme est interpellé sur les lieux d’un crime. Il s’accuse du meurtre de son coéquipier. Son corps est recouvert de sang mais ce n’est visiblement pas le sien. Placé en détention, le détenu demande à être exécuté mais le juge demande une expertise psychologique pour établir son profil ainsi que les chefs d’inculpation. Pendant un an, les psychologues défilent sans parvenir à entrer en communication avec lui. Ils butent sur cet homme sarcastique, retors et ombrageux. Il impressionne. Sa voix tonne, sa carrure est imposante et son corps est recouvert de tatouages. Son charisme tient en respect les experts jusqu’à ce que Beatriz Brenwan, une jeune psychologue, intervienne à son tour. Entre eux, une relation de confiance va naître et au fil des entretiens, l’homme qui se fait appeler Nobody se confie.
Après l’adolescence et la première mission d’infiltration (voir tome 1), le récit se poursuit. Nous sommes maintenant en 1978, le personnage est maintenant proche de la trentaine. Désormais, le FBI l’a intégré dans ses effectifs. Les missions qu’on lui confie sont plus délicates. Il s’agit maintenant d’infiltrer un gang de bikers un-pourcentistes : les Napalm’s Soldiers. Il raconte sa vérité à la jeune thérapeute. Charge à elle d’objectiver les faits.

« – Bien. ‘Faut pas me mentir. Je vous dis la vérité.
– Votre vérité.
– Ah ! Ah ! Mais ma vérité est-elle la vérité ? »

Les premières pages nous replongent dans ce face à face carcéral où chaque protagoniste oscille entre confiance et méfiance. Entre eux, une distance respectueuse semble les préserver. Rappelez-vous dans « Le Silence des Agneaux », cette étrange et fascinante relation qui liait Hannibal Lecter et Clarice Starling…

Christian De Metter prend un malin plaisir à soigner l’ambiance de ce thriller psychologique et maintient le suspense. Dans ce tome, on oublie l’enquête pour meurtre qui est en cours et on en apprend davantage sur le parcours atypique de cet homme que le FBI a utilisé pour mener à bien des missions délicates et d’une rare violence. Un agent-caméléon contraint de jouer un rôle, habitué à se fondre dans la psyché des personnages qu’il devait incarner… au point d’y laisser son âme. Jeté très tôt dans la gueule du loup, quasiment seul sur le terrain, il s’est construit une carapace derrière laquelle il s’est réfugié. Il fait preuve d’un sang-froid redoutable. De fait, on hésite en permanence durant la lecture. On sait qu’il joue double-jeu mais on se sait jamais sur quel pied il danse, on ne sait jamais quelles informations il détourne ni la part de mensonge qu’elles contiennent.

Le trait parfois charbonneux nous montre des scènes d’une rare violence. Avec autant de finesse et de sournoiserie que le personnage principal, elle est largement suggérée. Torture, viol, amputation… les sueurs froides nous parcourent l’échine durant la lecture. L’image même des gangs de motards proches des Hells Angels suffit à elle seule à nous faire fantasmer toute la violence contenue entre ces cases. On suffoque de plaisir, la tension est électrique mais le lecteur est accroché à ce récit comme une moule à son rocher. On aimerait parfois revenir dans cette cellule où a lieu l’interrogatoire. Face à la violence de certains passages, le confinement carcéral nous semble finalement être un havre protecteur.

La mise en couleur de ces planches est superbe, le rythme est haletant. J’ai totalement plongé dans cet univers où l’on côtoie le trio diabolique des armes, du sexe et de la drogue. Le personnage principal évolue sur un fil ; le moindre faux-pas lui sera fatal. Est-il fou ou ne l’est-il pas ? Est-il dangereux ou la simple victime d’un piège qui s’est refermé sur lui ? Si Christian De Metter maintient son rythme de croisière, le troisième tome devrait débarquer à la rentrée… Je m’en régale d’avance.

Ma chronique du tome 1.

NoBody

Tome 2 : Rouler avec le diable
Tétralogie en cours
Editeur : Soleil
Collection : Noctambule
Dessinateur / Scénariste : Christian DE METTER
Dépôt légal : avril 2017
76 pages, 15,95 euros, ISBN : 978-2-3020-5973-3

Bulles bulles bulles…

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NoBody, tome 2 – De Metter © Soleil Productions – 2017

Andrée A. Michaud- Bondrée

 

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Bondrée – Michaud © Rivages – 2016

« A l’été 67, une jeune fille disparait dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L’enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu’une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre et qu’un tueur court à travers les bois de Bondrée. »

Un roman noir, un programme alléchant, une histoire de tueur et d’une mystérieuse légende, de l’angoisse et de la psychologie, la mention un peu folle de Twin Peaks, une écriture toutafé raffinée, voilà ce que tout ce me promettait la quatrième de couverture…

Et puis, les premiers mots. Une écriture serrée, ne laissant que peu de place à une respiration… Et puis, les langues mélangées : du français, des mots d’anglais et du canadien si si ! Et puis, des histoires mêlées. Des personnages, du Je, du Elle, du Lui…. Jusqu’à me donner le tournis. Me faire perdre l’envie.

Dépitée, je l’ai laissé de côté, ce polar-là, erf, pas le courage de l’affronter. C’était décidé, il n’était pas fait pour moi ! Mais la « pression » de ce Grand Prix des Lectrices de ELLE a fait son œuvre.  La curiosité aussi : comment ce polar-là a-t-il pu passer la sélection, sapristi ?! C’était à ne rien ni comprendre. Alors, samedi dernier, dans un moment d’accalmie dans ma folle vie, me revoilà repartie à l’assaut de ce livre mystérieux et un brin déconcertant….

Et puis… lentement, avec un air de ne pas y toucher, la magie a opéré ! C’est que Bondrée se mérite. Il faut lui accorder du temps. Infiniment. Ou plutôt, prendre son temps pour s’enfoncer dans les bois sauvages de Bondrée, au petit gout d’un été 67… Et puis, vous dire que j’ai fini par aimer. Incroyablement ! Tellement, que je n’ai pu le lâcher. Ne faire rien d’autre que me perdre dans les méandres de ce polar canadien. Pour savoir, qui, mais qui, était le tueur : un fantôme, ce Pierre Landry, pourtant mort depuis des années ? Ou alors, un trappeur parfaitement inconnu ? Un père de famille auquel je m’étais si fort attachée ? Mais qui ??? Jusqu’aux dernières lignes, je vous promets que vous allez sacrément vous creuser les méninges !

C‘est donc un polar envoutant à la langue belle, ou plutôt à la lisière des langues, à la lisière des mondes… Un récit incroyablement maitrisé qui vous entrainera dans des contrées inconnues et pourtant pas si lointaines (grâce notamment à la petite fille, le JE de ce livre, Audrée Duchamp, dont les pertinentes réflexions feront sacrément écho, je vous le garantis !).

A lire absolument pour une surprenante expérience de lecture qui vaut vraiment qu’on s’y attarde et qu’on prenne le temps !

 

Premiers mots

« Bondrée est un territoire où les ombres résistent aux lumières les plus crues, une enclave dont l’abondante végétation conserve le souvenir des forêts intouchées qui couvraient le continent nord-américain il y a de cela trois ou quatre siècles. Son nom provient d’une déformation de « boundary », frontière. Aucune ligne de démarcation, pourtant, ne signale l’appartenance de ce lieu à un pays autre que celui des forêts tempérées s’étalant du Maine, aux Etats-Unis, jusqu’au sud-est de la Beauce, au Québec. Boundary est une terre apatride, un no man’s land englobant un lac, Boundary Pond et une montagne [..] C’est dans cet éden qu’une dizaine d’années plus tard, quelques citadins en mal de silence ont choisi d’ériger des chalets, forçant Landry à se réfugier au fond des bois, jusqu’à ce que la beauté d’une femme nommée Maggie Harrison ne l’incite à revenir rôder près du lac et que l’engrenage qui allait transformer son paradis en enfer se mette en branle. »

 

Extrait

On n’avait donc pas été surpris d’apprendre ce qui leur était arrivé. Ces filles l’avaient cherché, voilà ce que la plupart des gens ne pouvaient s’empêcher de penser, et ces pensées soulevaient en eux une espèce de repentir gluant qui leur donner envie de se battre à coups de poing, de se gifler jusqu’au sang, car ces filles étaient mortes, bon Dieu, dead, for Christ’s sake, et personne, pas plus elles que les autres, ne méritait la fin qu’on leur avait réservée. Il avait fallu ce malheur pour qu’on songe à ces filles autrement qu’à des intrigantes, pour qu’on comprenne que leur attitude ne cachait rien qu’un vide immense où chacun se jetait bêtement, ne voyant que la peau bronzée couvrant le vide. »

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Andrée A. Michaud, Bondrée, Rivages, 2016.

Les disparus du phare -Peter May

9782812610646« La première chose dont je suis conscient est le gout du sel. Il emplit ma bouche. Envahissant. Pénétrant. Il domine mon être, étouffe mes autres sens. Jusqu’à ce que le froid me saisisse. Qu’il me soulève et me serre entre ses bras. Il me tient si fermement que je ne peux bouger. A part les tremblements. Intenses et incontrôlables. Et, quelque part dans mon esprit, je sais que c’est une bonne chose. Mon corps essaye de produire de la chaleur. Si je ne tremblais pas, je serais mort. »

Il était une fois : un phare, une île battue les vents, une mystérieuse disparition un siècle plus tôt, un homme amnésique, des abeilles, une adolescente chamboulée, une identité perdue ….

Il était une fois une nature sauvage, balayée par les éléments… Une nature hostile mais d’une beauté à couper le souffle….

Il était une fois un homme qui se réveille sur le sable, un homme meurtri, par quoi, par qui ? Un homme qui ne sait plus qui il y est. Un héros entouré de mystère et dont la vie semble être menacée…

Il était une fois une réalité sordide, terrible, qui peu à peu, se dévoile au fil des pages…

Il était une fois un cri lancé sur les enjeux contemporains. Une alerte. Forte. Qui secoue. Une urgence, celle de la préservation de l’environnement…

Il était une fois une intrigue habile qui entraine le lecteur vers des horizons lointains, un brin effrayants….

Il était une fois ce polar un poil écolo ! Toutafé formidable et incroyablement maitrisé, qui se lit dans un souffle et qui laisse une empreinte forte dans les esprits !

 

« Rien, absolument riens depuis que j’ai fini échoué, à demi conscient, sur Traigh Losgaintir, n’a de sens. Mon amnésie. Mon échec à trouver le moindre indice sur mon identité, à part mon nom, même dans ma propre maison. Mon aventure avec Sally. Le livre sur le mystère des îles Flannan que je n’écris pas. Les ruches de la route du Cercueil. Mon bateau disparu. Et maintenant quelqu’un tente de me tuer. Et quelqu’un d’autre intervient pour me sauver la vie. Le poids de tout cela est tout bonnement écrasant. »

 

J’ai drôlement aimé ! Autant pour cette histoire pleine de rebondissements que pour le cadre superbe où se déroule ce polar impossible à lâcher une fois commencé !

A découvrir indéniablement pour un très joli moment de lecture…

 

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Les disparus du phare, Peter May, Le Rouergue Noir, 2016.

Tu sais ce qu’on raconte… (Rochier & Casanave)

Rochier – Casanave © Warum – 2017
Rochier – Casanave © Warum – 2017

Le môme Gabory est revenu après une longue absence. La dernière fois qu’on l’avait vu, c’était au moment de l’accident, il y a deux ans. Alors, dans sa petite ville natale, les commentaires vont bon train. L’occasion de régler quelques comptes personnels et de se laisser aller à quelques suppositions mesquines.

Chacun a sa petite interprétation des faits et de l’histoire du fils Gabory.

« – Chacun a sa vérité là-dessus.
– Chacun raconte des conneries surtout ».

En tout état de cause, une fille de vingt ans est morte. Mais à qui la faute ? Au môme Gaborit ou parce que c’est une sale affaire de magouilles ? Et pourquoi revient-il ? Pour voir sa famille… ou pour se venger ?

La rumeur. Détestable. Exécrable. Celle qui excite les mégères et se nourrit de fantasmes. Celle qui vire au glauque. Celle dont c’est la faute de personne mais personne n’est capable de s’empêcher de l’alimenter… comme si c’était plus fort que soi, comme si ça nous protégeait d’y participer aussi.

Gilles Rochier vient jeter de l’huile sur le feu avec ce récit choral où l’on voit les habitants d’une ville parler d’une seule voix pour créer une légende urbaine de toute pièce. Certains se font la voix de la raison, d’autres entonnent les mises en garde, les derniers inventent, supposent… et il est impossible pour nous de savoir où est le faux du vrai. D’un foyer à l’autre, la rumeur enfle, elle se répand comme un virus et contamine même ceux qui pourtant, ne devraient pas avoir voix au chapitre, faute de connaître l’histoire et ses protagonistes.

Des tons rouges, qui piquent, qui heurtent, à l’instar de ces propos en apparence anodins. Chaque détail s’infiltre dans les interstices. Avec ses illustrations, Daniel Casanave fait lui aussi rumeur. Cette dernière, d’un coup de crayon, devient vivante ; elle déforme la réalité, elle se joue des non-dits pour créer une vérité nouvelle, fausse, virtuelle et malsaine.

PictoOKUn album qui fait mouche d’autant plus qu’il se lit vite. On le dévore. Pour un peu, on pourrait le comparer à la rumeur qu’il décortique et qu’il observe, qu’il installe sur la paillasse de son laboratoire pour mieux la regarder. Une histoire sans fin, vicieuse, qui revient avec le vent, comme un palindrome.

Tu sais ce qu’on raconte…

One shot
Editeur : Warum
Collection : Civilisation
Dessinateur : Daniel CASANAVE
Scénariste : Gilles ROCHIER
Dépôt légal : janvier 2017
88 pages, 15 euros, ISBN : 9782365352574

Bulles bulles bulles…

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Tu sais ce qu’on raconte… – Rochier – Casanave © Warum – 2017

Chroniks Expresss #30

Petit debriefing des livres lus en janvier et non chroniqués.

Bandes dessinées & Albums : Le Mari de mon frère, tome 1 (G. Tagame ; Ed. Akata, 2016), Cruelle (F. Dupré La Tour ; Ed. Dargaud, 2016).

Jeunesse : Le Journal de Gurty, tomes 1 et 2 (B. Santini ; Ed. Sarbacane, 2015 et 2016).

Romans : La Patience des Buffles sous la pluie (D. Thomas ; Ed. Le Livre de poche, 2012), Bettý (A. Indridason ; Ed. Points, 2012), A l’origine notre père obscur (K. Harchi ; Ed. Actes sud, 2014), Le Rire du grand Blessé (C. Coulon ; Ed. Point, 2015).

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Bandes dessinées

 

Tagame © Akata - 2016
Tagame © Akata – 2016

Yaichi élève seul sa petite fille Kana. Père et fille ont pris leurs habitudes jusqu’au jour où Mike, le mari du frère jumeau de Yaichi, sonne à leur porte. Affecté par le décès de son compagnon, Mike souhaite découvrir le Japon. C’est donc tout naturellement que le canadien se présente à la porte de Yaichi. Ce dernier, mal à l’aise face à la question de l’homosexualité, va aller de surprise en surprise.

Gengoroh Tagame s’intéresse au sujet de l’homosexualité de façon à la fois ludique et constructive. Le trio de personnages fonctionne bien : le personnage principal se montre dans un premier temps assez peu enclin à accepter son beau-frère sous son toit ; il reconnaît vite qu’il n’a jamais pris le temps de réfléchir à la question de l’homosexualité et que ses représentations sur le sujet l’incitent à se méfier. La fillette en revanche n’a aucun apriori et la gentillesse du nouveau venu lui suffit. Enfin pour Mike, le conjoint canadien, c’est sans hésitation qu’il se présente chez le frère de son mari, sans même avoir projeté que sa présence puisse être source de gêne. L’ambiance de ce manga est agréable et si l’auteur s’appuie sur les idées préconçues pour déplier son récit, il sait rapidement montrer qu’elles n’ont pas lieu d’être. Il montre quelle a été la lente évolution des mentalités à l’égard des couples homosexuels et si nombreux pays reconnaissent aujourd’hui le mariage gay, rappelons que ce n’est pas encore le cas au Japon.

PictoOKJe suis certaine que si Jérôme ne m’avait pas offert ce tome, je ne m’y serais pas lancée. Merci pour la découverte Monsieur (… il faut effectivement que je me tourne davantage vers les mangas  ^^)

 

Dupré La Tour © Dargaud - 2016
Dupré La Tour © Dargaud – 2016

Elle a 26 ans. Alors qu’elle est à l’hôpital et qu’elle s’occupe en regardant un documentaire animalier, Florence Dupré La Tour reçoit un appel de sa mère. Les propos de cette dernière sur son rapport aux animaux la font réfléchir. Sa dernière journée à l’hôpital va être l’occasion de bien des réflexions.

Elle repense à la manière dont elle a traité ses animaux de compagnie quand elle était petite. Qu’ils soient cochon d’Inde, lapin, poule, oie… elle est fascinée par ces bêtes à poils et à plumes, surtout quand elles souffrent. Ses premiers animaux sont morts de manière brutale, avec ou sans l’aide de leur jeune propriétaire et, jusqu’à la fin de l’adolescence, elle ressent une étrange et excitante sensation lorsqu’elle observe des animaux morts ou en train d’agoniser. Sur son lit d’hôpital, la jeune adulte fait le point, scrute son rapport au monde, son rapport aux autres. Une question de personnalité, d’identité.

Etrange album qui propose un récit saccadé – et focalisé sur le rapport qu’elle entretient avec les animaux – de l’enfance de l’auteure. L’empilement d’éléments donne parfois la nausée d’autant qu’on a parfois l’impression que rien ne fait lien, rien ne fait trace de ce qu’elle a pu apprendre. Heureusement, l’humour pointe dans ce cynisme, soulage quelque peu la lourdeur narrative et donne un peu de profondeur. A mesure que l’on avance dans la lecture, on se demande ce que l’auteur souhaite tirer de ces anecdotes. J’ai plusieurs fois hésité à abandonner cet album, ce scénario m’a laissé dubitative jusqu’à la dernière minute. Et là, à la dernière page, le dénouement donne du sens à tout ce qu’on vient de lire, à ce questionnement de l’auteur. Mais c’est long pour trouver la satisfaction (pour info, l’ouvrage fait un peu plus de 200 pages).

PictomouiCurieuse d’avoir les retours de ceux qui se seront laissés tenter pour le reste, ce n’est pas un album que je vais avoir envie de faire découvrir.

La chronique de LaSardine.

 

Jeunesse

 

Santini © Sarbacane – 2015
Santini © Sarbacane – 2015
Santini © Sarbacane – 2016
Santini © Sarbacane – 2016

Gurty est une jeune chienne énergique, malicieuse, un brin naïve et débordante d’amouuur. Elle se raconte dans un journal et c’est l’occasion pour le lecteur (petit ou grand) de la suivre pendant ses vacances d’été (tome 1) et d’hiver (tome 2). Direction La Provence !

« En arrivant dans notre cabanon provençal, j’étais si excitée que je faisais des petits bonds, comme quand j’ai des vers. Le vestibule sentait toujours le fenouil, le salon toujours le thym, la cuisine toujours l’andouille et mon panier toujours le chien. »

Elle raconte son humain, Gaspard, maître fidèle, attentionné mais parfois un peu déroutant (surtout quand il refuse de céder à ses caprices). Elle raconte Fleur, sa copine bizarre qui fait « Ui ». Puis Tête-de-Fesse, le chat puant qu’elle adore détester. Il y a aussi l’écureuil qui fait « hi hi » et qu’elle rêve de croquer.

PictoOKC’est loufoque, déjanté. La vie vue par un chien. Des jeux de mots, de bons mots. Fous rires garantis et coup de cœur annoncé.

Je remercie m’dame Framboise pour ce fameux présent !!

 

Romans

 

Thomas © Le Livre de Poche - 2012
Thomas © Le Livre de Poche – 2012

Un petit peu de lui, un petit peu d’elle, « La Patience des buffles sous la pluie » est un recueil de 70 nouvelles qui donnent à la parole aux petits riens qui font le sel du quotidien. Sentiments, infidélité, désir, hésitation… les couples valsent pour nous, les couples se font et se défont, le petit grain de sable qui gripper la machine est sous nos yeux.

PictoOKC’est drôle, triste, pathétique. On passe un très bon moment avec ce roman.

A lire du même auteur : « On va pas se raconter d’histoire »

Les chroniques de Jérôme et de Noukette (merci pour la découverte !)

 

Indridason © Points - 2012
Indridason © Points – 2012

Cela fait déjà plusieurs jours que la détention provisoire se prolonge. La passivité crée de la tension. Une tension qui fait remonter les souvenirs en mémoire et permet de prendre du recul sur ce qui s’est réellement passé, cet enchaînement d’événements qui ont amené à l’inévitable situation. Le point de non-retour a été franchi. Mais quelle est sa part de responsabilité dans ce qui s’est produit ? Etait-il possible d’éviter tout cela ?

Après avoir suivi des études de Droit aux Etats-Unis, après une spécialisation, c’est le retour en Islande. Création d’un cabinet d’avocat indépendant, l’activité balbutie durant plusieurs mois. jusqu’à ce que Bettý fasse irruption dans sa vie et lui propose un contrat de travail alléchant, intéressant… enrichissant à plus d’un titre. Pourquoi ne pas avoir prêté attention aux bizarreries dans le discours de Bettý… et pourquoi ne s’être écarté du danger ? Pourquoi ? Cette question revient de façon lancinante. Quand les choses se sont-elles mises à déraper ? Les dés étaient-ils pipés d’avance ? Bettý avait-elle déjà ces desseins lugubres en tête lors de leur première rencontre ? Dans sa cellule, l’avocat repense à tout cela et tente de reconstituer le puzzle.

Je n’ai jamais aussi bien connu une femme et pourtant, aucune ne m’a été aussi étrangère. Elle a été pour moi comme un livre ouvert et en même temps une énigme absolument indéchiffrable.

Délicieuse introspection que nous livre Arnaldur Indridason. Tout repose sur le fait que le lecteur méconnaît les faits. En revanche, on comprend très vite quelle est l’issue tragique après quelques hésitations vite balayées quant à l’identité de la victime. Puis le récit s’installe, la mayonnaise prend vite (de celle à aiguiser la curiosité du lecteur), jusqu’à ce chapitre central où tout bascule, où il est nécessaire de se resituer par rapport au narrateur, de balayer certaines suppositions et d’en envisager de nouvelles. Et de reprendre quelques passages pour trouver ce que l’on aurait rater… et de sentir une furieuse envie de lire la suite pour savoir ce qui s’est réellement passé. « Pourquoi pourquoi pourquoi ? » se demande le lecteur… qui fait écho aux questionnements du narrateur.

L’intérêt de ce polar tient à la tension psychologique qui y règne et à tout un flot de non-dits. On se concentre davantage sur la relation adultère du narrateur et de cette attirante et mystérieuse Bettý. Les suppositions vont bon train, l’imagination carbure à plein, « ça sent le cadavre » comme dirait Kikine avec qui j’ai fait cette lecture commune. On a décortiqué l’ouvrage à mesure que l’on avançait dans la lecture.

PictoOKJ’ai aussi pensé à « De nos frères blessés » pendant la lecture. Le récit se construit de la même manière, sur deux chronologies différentes : celle d’une relation amoureuse et celle d’une détention.

Succulent !

La fiche de présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur.

 

Harchi © Actes Sud - 2014
Harchi © Actes Sud – 2014

« Enfermée depuis toujours dans la “maison des femmes” – où maris, frères et pères mettent à l’isolement épouses, sœurs et filles coupables, ou soupçonnées, d’avoir failli à la loi patriarcale –, une enfant a grandi en témoin impuissant de l’aliénation de sa mère et en victime de son désamour. Le jour où elle parvient à s’échapper, la jeune fille aspire à rejoindre enfin son père dont elle a rêvé en secret sa vie durant. Mais dans la pénombre de la demeure paternelle la guette un nouveau cauchemar d’oppression et de folie.

Entre cris et chuchotements, de portes closes en périlleux silences, Kaoutar Harchi écrit à l’encre de la tragédie et de la compassion la fable cruelle de qui tente de s’inventer, loin des clôtures disciplinaires érigées par le groupe, un ailleurs de lumière. » (synopsis éditeur).

Une voix intérieure, celle d’une adolescente blessée qui aspire à recevoir des preuves d’amour de sa mère. Cette dernière erre, le regard hagard, dans les pièces d’une maison où vivent d’autres femmes qui, comme elles, ont été chassées de la maison de leur mari ou de leurs proches. Une punition dont la raison leur échappe. Victime du qu’en-dira-t-on. Kaoutar Harchi trouve son inspiration dans des coutumes d’un autre temps. Des femmes placées dans une maison de femmes. Libres de partir, les portes ne sont pas fermées à clé, elles font pourtant le choix de rester. Elles sont toutes geôlières. Elles sont toutes victimes. Et dans cet huis-clos aliénant, une adolescente tente de se construire, tente de trouver sa place, tente de comprendre les codes de cette société qu’elle ne connait pas et qui, elle le sait, rend les femmes tristes. Un combat qu’elle mène en se raccrochant à des chimères. Une lutte pour sa survie. Et ces hommes, ces pères, ce Père, pourquoi refuse-t-il son amour à sa femme ?

PictoOKOn sombre avec cette jeune narratrice. On peine à reprendre notre souffle. On veille à tourner les pages silencieusement pour ne pas la blesser davantage. Superbe.

Les chroniques : Noukette, Leiloona, Stephie, Jostein, Nadael.

 

Coulon © Points – 2015
Coulon © Points – 2015

Il est jeune et analphabète. Il vient de la campagne et a toujours travaillé à la ferme de ses parents. Il n’a pas d’avenir si ce n’est de reprendre l’exploitation parentale agonisante.

Un jour, il se rend à la ville. Il a un entretien avec un Tuteur chargé de lui faire passer des tests et de s’assurer, surtout, qu’il ne sait pas lire et qu’il ne sait pas écrire. Cet anonyme passe les premières épreuves de sélection haut la main. Il signe le contrat. Pour devenir Agent, il doit renoncer à tout, à commencer par le fait de ne pas revoir sa famille. Il doit aussi promettre de ne jamais apprendre à lire et à écrire.

Il devient 1075. Dès lors, il vit dans le luxe. Dès lors il a une place dans la société. On le respecte, on le craint. Il est brillant, il est déterminé, il est compétent. Il est un des maillons de cette société orchestrée par le Grand.

PictoOKUne dystopie fascinante que nous livre Cécile Coulon, auteure que je découvre par le biais de ce roman. J’ai été fascinée par l’univers, fascinée par cette écriture si fluide, par la facilité avec laquelle les éléments s’emboîtent pour former un tout cohérent, par ce ton détaché qui nous accompagne durant la lecture, ce ton si dur qui nous fait pourtant nous coller au personnage. J’étais avide de savoir la suite, de connaître son parcours, de m’installer toujours plus encore dans cette société régie et dirigée par le livre, par les mots, la manière dont ils sont employés pour diriger la pensée collective, soigner les maux, prévenir les déviances. Et ce dénouement sublime qui rend hommage au roman de Daniel Keyes !

Merci Noukette !! (ben oui encore… je sais 😛 )

Les chroniques : Noukette, Valérie, Noctenbule, Antigone.

L’Eté Diabolik (Smolderen & Clérisse)

Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016
Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016

L’été d’Antoine devait être tranquille. Routinier. Sa mère et sa sœur en voyage en Irlande, il se retrouve en tête à tête avec son père. Ce dernier, un ingénieur qui travaille dans une usine fabriquant des turbines, est un homme très investi dans son travail. Souvent absent, il parvient pourtant à se libérer un peu de temps pour assister au tournoi de tennis que son fils remporte haut la main.

Pourtant, un incident émaille la cérémonie de la remise de prix. Le père de l’autre finaliste le prend à parti. Un mauvais perdant, c’est ce que tout le monde conclu. Puis, il y a cette rencontre fortuite le soir-même lorsque, installé à la table d’un prestigieux restaurant local, le père d’Antoine est interpellé par un homme qu’il a croisé lors d’un déplacement professionnel. Puis il y eu cette course poursuite dangereuse en pleine nuit sur les routes sinueuses de la côte. Il y eu la rencontre avec juan, cette fille mystérieuse et si attirante.

Non décidément, cet été 1967 ne ressemblait à aucun autre été. Antoine avait 15 ans. Les événements étranges qui se sont succédés en très peu de temps et qui se sont soldés par la disparition de son père, Antoine ne les a toujours pas digérés au point que 20 ans plus tard, Antoine en ait fait un livre, comme une catharsis… comme une vaine tentative de reconstituer le puzzle de ces quelques jours qui ont fait de sa vie un chaos.

Double-sens, double personnalité, double jeu… les reflets que le miroir de la vie nous renvoient sont parfois trompeurs. A tel point qu’il est nécessaire de prendre le temps de s’arrêter pour les examiner à la loupe. Voir les incohérences, les comprendre ou les gommer. Raisonner. S’apaiser.

L’été Diabolik – Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016
L’été Diabolik – Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016

Double jeu comme cet effet qui nous prend dès qu’on ouvre l’album. Le livre nous force à ouvrir le livre d’un autre, la fiction s’empare du récit. « Antoine Lafargue », son nom s’étale sur cette couverture épurée où apparaît la mention « récit » et indique un nom d’éditeur « Editions Clairville »… Clairville… du nom de cette localité où se déroule l’intrigue de « L’Eté Diabolik », mais ça, on ne le comprend qu’ensuite.

Double personnalité, du moins c’est la question que l’on se pose à force de voir le narrateur empiler les incohérences dans le comportement de son père. Et cet adolescent avec lequel Antoine commence à lier amitié ne semble pas si sincère qu’il en a l’air. En fait, dans ce microcosme, chacun semble tirer des ficelles qu’Antoine n’est pas en mesure de comprendre. Thierry Smolderen jette son jeune héros dans la fosse aux lions. Il dresse le portrait d’un adolescent tranquille qui se retrouve confronté à des événements qui le dépassent, qui se contente de relever les fausses notes dans le comportement de son entourage et qui n’a de cesse de relativiser la situation… car nous savons tous que notre imagination peut être notre pire ennemie. Etape par étape, le scénariste électrise son scénario et nous met – lecteurs – sur le qui-vive. On cherche la petite bête, tendus, à l’affût de l’indice qui nous mettra sur la voie… et on se noie de la même manière que le narrateur. On se noie… mais dans une délicieuse intrigue qui nous aimante. On hésite face à ces faux-semblants qui n’en sont peut-être pas, on se raisonne à l’idée d’être trop suspicieux. Comme on se projette dans ce personnage ! C’est diabolique.

Il faut dire que Thierry Smolderen met le paquet pour semer le trouble. Il est question d’espionnage industriel, de sentiments, de dépucelage, d’absence, de mort, d’étranges coïncidences et de références nombreuses à d’autres littératures. Car ce personnage masqué s’inspire en premier lieu des fumetti des sœurs Angela et Luciana Giussani. Mais la figure du justicier masqué nous renvoie à tant d’autres, à commencer par Fantomas.

« La vérité, c’est que les masques de la fiction ne cessent de se glisser dans la danse macabre de l’actualité. Aujourd’hui, les attentats du 11 septembre et les décapitations postées sur Internet font le bal avec les Avengers d’Hollywood ; hier Diabolik hantait les coulisses de l’assassinat de Kennedy et de ses légendes urbaines ; avant-hier, Fantomas, Nosferatu et le docteur Caligari faisaient la ronde autour de la Grande Guerre… Et si l’on devait remonter toute la généalogie de ces masques, qui nous proposent une interface portable et intime, capable de nous connecter personnellement aux forces globales de l’actualité, on aboutirait au premier d’entre eux, qui en a déjà tous les attributs : Harlequin Faustus, Harlequin Criminel, le super-héros des pantomimes anglaises, qui électrifiait les scènes londoniennes au début du XVIIIe siècle » (extrait de la postface de Thierry Smolderen).

Les illustrations d’Alexandre Clérisse contribuent grandement à nous plonger dans cet univers sixties. Là aussi, les références abondent. Le dessinateur puise généreusement et respectueusement dans le Pop Art. David Hockney, Andy Warhol, James Rosenquist… de l’ambiance graphique où l’auteur pousse son trait jusque dans le moindre accessoire, de la pochette d’un vinyle de Procol Harum jusqu’à la « robe Mondrian » d’Yves Saint-Laurent.

PictoOKPictoOKAprès « Souvenirs de l’Empire de l’atome », le duo d’auteurs formé par Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen nous scotche une fois de plus. Un must !

Les chroniques : Noukette, Stephie, Hélène, Pierre Darracq.

Cet album a reçu le Prix des lecteurs Ouest-France (Quai des bulles) et le Prix de la BD Fnac 2017.

L’Eté Diabolik

One Shot
Editeur : Dargaud
Dessinateur : Alexandre CLERISSE
Scénariste : Thierry SMOLDEREN
Dépôt légal : janvier 2016
168 pages, 21 euros, ISBN : 978-2205-07345-4

Bulles bulles bulles…

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L’été Diabolik – Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016

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Hop ! La « BD de la semaine » est ici en ce mercredi 25 janvier 2017.

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Je vous invite à découvrir les autres trouvailles présentées par les bédéphiles embarqués dans l’aventure :

Sabariscon :                               Moka :                                  LaSardine :

Hilde :                                           Karine:) :                                 Saxaoul :

Syl :                                               Blandine :                                Noukette :

Jérôme :                                            Gambadou :                         Mylène :

Leiloona :                                        Bouma :                                 Stephie :

Marguerite :                                   Caro :                                         Mélo :

Soukee :                                          Amandine :                               Nathalie :

Estelle Calim :                                  Sandrine :

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Le Crime qui est le tien (Zidrou & Berthet)

Zidrou – Berthet © Dargaud – 2015
Zidrou – Berthet © Dargaud – 2015

Australie. Début des années 1970.

« Dubbo City. Nouvelle-Galles du Sud. Qui aurait l’idée de venir s’enterrer dans un trou pareil ? A part moi, je veux dire… »

Greg Hopper est en cavale depuis 27 ans. Recherché pour le prétendu meurtre de sa femme, il a préféré se faire oublier plutôt que de croupir dans une cellule. Plus de nuages à l’horizon, les jours passent et se ressemblent. Cette solitude lui va comme un gant. Seul ? Non, il est en compagnie de ses fantômes.

Une fin courue d’avance. Un scénario à couper au couteau, tendu comme un arc. Sec. Plein de rancœur. De regrets. De nostalgie. Zidrou imagine le repentir d’un homme. Un repentir que l’on pense destiné à soulager sa conscience.

L’ignorance est un luxe. On ne le découvre – hélas ! – que quand la vie vous crache ses quatre vérités au visage.

Un scénario dont on devine le dénouement très tôt mais on ignore jusqu’au bout le chemin qu’il va prendre pour se révéler. Un scénario qui imagine l’hébétude d’un homme, l’incompréhension qu’il ressent quant à la confidence que son frère a faite sur son lit de mort. Un flot de questions qui le forcent à sortir de sa tanière et à se montrer au grand jour. Un homme qui sort de sa zone de confort pour venir se heurter au monde des vivants. Zidrou nous donnera sur le fil les clés de ce thriller. Un scénario cynique et désabusé, viril où la honte et la culpabilité sont les pires des fardeaux à porter.

On retrouve le trait du dessinateur de « XIII » et de « Pin Up » . Nez aquilins, architecture propre, décors bien rangés, trait précis. Le tout baigné dans une atmosphère où une poisse chaleur colle aux basques des personnages, une chaleur qui échauffe les esprits et rend l’atmosphère électrique. Philippe Berthet sert parfaitement le récit.

PictoOKUn petit voyage en Australie avec Zidrou et Jérôme ça ne se refuse pas ! A lire aussi, la chronique d’un lecteur curieux que je remercie pour ce dépaysant voyage 😉

La chronique de Sabariscon.

Le Crime qui est le tien

One shot
Editeur : Dargaud
Collection : Ligne Noire
Dessinateur : Philippe BERTHET
Scénariste : ZIDROU
Dépôt légal : octobre 2015
64 pages, 14,99 euros, ISBN : 978-2-5050-6343-8

Bulles bulles bulles…

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Le Crime qui est le tien – Zidrou – Berthet © Dargaud – 2015