Demain les oiseaux (Tezuka)

demain les Oiseaux
Tezuka © Guy Delcourt productions – 2006

Demain les oiseaux est paru au Japon entre 1971 et 1975.

En guise d’introduction, je vous proposerais cet extrait qui résume la place du manga dans la société japonaise :
 » Les visiteurs étrangers ont souvent du mal à comprendre pourquoi les Japonais lisent autant de bandes-dessinées. Une explication de la popularité des bandes-dessinées dans notre pays est que le Japon eut Osamu TEZUKA, là où d’autres nations n’eurent aucun équivalent. Sans le docteur Tezuka, l’explosion de la bande-dessinée dans le Japon d’après-guerre eut été inconcevable  » (Journal Asahi, 9 février 1989).

Imaginez que demain, les oiseaux deviennent l’espèce dominante sur Terre.

Le postulat de départ ? Des extra-terrestres, outrés de la condition des oiseaux, ont balancé sur Terre des capsules d’une substance permettant aux oiseaux de développer leurs capacités intellectuelles.

Résultat : les oiseaux nous attaquent, nous avilissent et organisent leur Communauté.

C’est l’idée de Tezuka dans Demain les oiseaux, un recueil de 19 nouvelles, on pourrait présenter la première nouvelle ainsi :

Juin 1975 – Un incendie se déclare dans une maison d’agriculteurs de Minami-Ashigara, département de Kanagawa. L’habitation est entièrement détruite et les 6 membres de la famille périssent carbonisés. On pense à un accident, une négligence. Néanmoins, certains indices sont troublants. L’enquête suit son cours… Une semaine plus tard, un incendie se déclare dans la forêt à proximité du village, détruisant plusieurs centaines d’hectares. Un journaliste envoyé sur place prend une photo… premier indice. Le 7 juillet de la même année, nouvel incendie qui se déclare sur l’auvent d’une maison située à 300 mètres de la première affaire. Cette fois-ci, des témoins oculaires affirment avoir vu un petit oiseau de type bouvreuil, mettre le feu au toit de chaume à l’aide d’une allumette enflammée qu’il tenait dans son bec. Vérité ou hallucination ? L’enquête suit son cours…

Tezuka fait appel à nombre de références pour nous embarquer dans cette fiction : références littéraires (Roméo & Juliette, Géronimo, Jonathan Livigston le Goéland…) et historiques (la Shoah, la bombe nucléaire, l’Inquisition…).

En premier lieu, on pense bien sur à  » La planète des singes « , ou encore aux  » Oiseaux  » d’Hitchcock. Il y a de ça, mais il y a plus encore.

Chaque nouvelle aborde un thème, un lieu qui lui est propre. Chaque nouvelle a un ton et un humour différents.

Tezuka aborde les travers de nos sociétés humaines par le biais de pamphlets imagés par les traits de caractère de nos chers volatiles : le rapace est cruel, la mouette est gloutonne… Tezuka pointe du doigt nos dysfonctionnements et nos excès : religion, pauvreté, racisme, politique, propagande, média, écologie… tout y passe et sur des supports aussi divers que : la satire sociale, le conte populaire, le roman d’amour, la nouvelle de science-fiction, le journal intime, la chronique, le polar…

Passé, présent et futur sont revisités sous nos yeux. C’est surprenant, désopilant à certain moment. Tezuka prend position et en profite aussi pour tailler quelques petits costards au passage.

Un Seinen original, remarquable et un brin déjanté. Envie de lire un autre avis ?? ici et .

Autres titres de Tezuka sur le blog : Kirihito.

Demain les Oiseaux

One Shot

Éditeur : Delcourt

Collection : Akata

Dessinateur / Scénariste : Osamu TEZUKA

Dépôt légal : Décembre 2006

ISBN : 978-2-7560-0672-7

Bulles bulles bulles…

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Demain les Oiseaux – Tezuka © Guy Delcourt productions – 2006

SamSam, le Grand Album (Bloch)

Sam Sam
Bloch © Bayard Jeunesse – 2009

« Dans l’espace infini, et c’est très grand l’espace infini, il y a une planète inconnue cachée par la Lune, c’est la Samplanète. C’est là que vit SamSam le plus petit des grand héros ».

Avec son Sampapa, sa SamMaman et son SamNounours bien sûr, SamSam va vivre des aventures inter-galactiques.

Voilà un cadeau rigolo fait à mon lutin et qui a mobilisé la famille  (parents, grands-parents, tonton…) toute entière une soirée durant, sans compter la difficulté d’accepter de dormir sans que le livre soit sur la table de chevet.

On vivait SamSam ponctuellement jusqu’à l’arrivée de cette mini-BD qui depuis fait son come-back tous les deux jours, voire tous les jours. Et SamSam ceci, et SamSam cela.

De ceux qui passent par ici, je ne sais pas qui est parent et qui ne l’est pas. Donc cette rubrique « Le coin des bambins » peut vous intéresser… ou pas.

Moi je suis dans l’ère petit garçon de 3 ans 1/2 (c’est le demi qui compte vachement) et le truc des supers héros… c’est sacré. En attendant de pouvoir poser ses yeux sur les BD de ses parents, il se délecte de SamSam.

C’est marrant, il y a des monstres qui font vraiment peur mais « pas de problème pour SamSam ».

Du coup, on dédramatise des choses d’une manière inattendue.

On va d’aventure en aventure, on croise un Rekinzinzin méchant comme un poux, un vieux sage de la montagne que l’on appelle comme ça… parce qu’il est vieux… sage… et qu’il habite sur une montagne…y’a les Pipiolis qui ont des pistolets à pipi et qui viennent embêter SamSam la nuit… Bref, c’est fendard.

Comme les autres livres pour enfants, on y parle de choses simples : d’amour et de bisous, de jalousie et de colère, de bêtises et de danger.

PictoOKÇa fait son effet et c’est drôle.

Environ 25 scénettes de 2 pages chacune.

Le Grand Album de SamSam

« Tu es trop fort SamSam »

Éditeur : Bayard Jeunesse

Dessinateur / Scénariste : Serge BLOCH

Dépôt légal : juin 2009

ISBN : 978-2-7470-2951-3

Bulles bulles bulles…

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Sam Sam – Bloch © Bayard jeunesse – 2009

Lupus (Peeters)

Lupus, tome 1
Peeters © Atrabile – 2003
Lupus, tome 2
Peeters © Atrabile – 2004
Lupus, tome 3
Peeters © Atrabile – 2005
Lupus, tome 4
Peeters © Atrabile – 2006

Lupus LABLENNORRE et Tony UFFIZI se prennent une année sabbatique ensembles. Lupus sort de l’Université et Tony s’est fait virer de l’armée. Amis d’enfance, ils ont mis de l’argent en commun pour s’acheter un vaisseau et se retrouver un peu.

Leur quête leur fait croiser la route de Sanaa, une jeune femme paumée qui rêve de pouvoir admirer des paysages verdoyants.

En vadrouillant sur « les indispensables BD » de Bedetheque.com, j’ai repéré des titres qui m’étaient inconnus.

Lupus en faisait partie, bien que j’en avais entendu quelques bonnes critiques. Depuis, Lupus est sorti de ce classement, chassé par des sorties plus récentes. Ensuite, lorsqu’on m’a dit « science fiction », je m’attendais à autre chose, quelque chose de plus prévisible pour de la SF. Lupus aborde des questions existentielles et la manière de s’y confronter dans des conditions peu communes. On ne sait que le strict nécessaire sur les personnages principaux, ce qui de prime abord pourrait sembler austère. Cependant, Frederik Peeters nous aide rapidement à faire partie intégrante du voyage et de nous familiariser avec le trio… avec Lupus.

On évolue pendant quatre tomes en quasi huis-clos, peu de personnages extérieurs interviennent. Beaucoup de choses passent grâce à un humour décalé, toutes les vérités ne sont pas forcément bonnes à dire, mais elles sont dites.

Nous allons assister à la métamorphose de Lupus, son acceptation progressive pour sortir de l’adulescence dans laquelle il est emmuré. Le changement est réel. Sous nos yeux, le personnage va mûrir.

Il y a beaucoup de symbolique dans la manière de dessiner et de construire le scénario. Chaque tome est un thème. Chaque thème est une acceptation supplémentaire de soi, un cap à franchir. Chaque cap à un nom et un lieu :

Norad et la rencontre avec Sanaa, la fin d’une amitié avec Tony (tome 1),
Necros et la complicité avec Sanaa, Lupus s’ouvre aux autres (tome 2),
– la station de Lumen et le début de la prise de responsabilités (tome 3),
Arganis ou le retour aux sources (tome 4).

A la fin de la lecture, je me suis documentée un peu :

– Lupus : forme d’arthrite. Le système immunitaire, censé protéger l’organisme, se dérègle et se retourne contre lui. Des processus inflammatoires toxiques se déclenchent sans raison à différents niveaux : peau, articulation, etc… merci Doctissimo ! Quel excellent choix de prénom pour son enfant…
– Noradrénaline : composés organiques qui jouent un rôle dans l’attention, les émotions, le sommeil, le rêve et l’apprentissage… Dans le Volume 1, Lupus et Tony sont en permanence défoncés.
– Necros : signifie mort en grec… Dans le Volume 2, Lupus doit faire face à la disparition tragique de son ami.
– Lumen : signifie lumière en latin… Dans le Volume 3, Lupus change, il accepte de devenir responsable, il se prend en main… un nouveau Lupus.
– Arganis : l’Argan est une huile tirée de l’Arganier (un arbre très présent au Maroc) et sert à faire de la cuisine… euh, là je sèche !

Lupus s’épanouit dans des relations duales privilégiées. Tout d’abord avec Tony, son ami d’enfance, avec qui il passe la majeure partie de son temps à voyager ou à pécher dans les différents coins de la galaxie. Avec Sanaa ensuite, avec qui il ne s’avoue que difficilement ses sentiments et accepte tout aussi difficilement de se confier. Le temps d’une gestation sera nécessaire à Lupus pour se sortir de la rêverie de toute une vie.

PictoOKPictoOKLupus ou « la chronique d’une introspection ».

Très bonne série BD qui mérite sa place dans nos bdthèques. Quatre tomes noir et blanc d’une petite centaine de pages chacun. J’adore avoir des bonnes surprises… Lupus en est une. Une lecture que j’aimerais partager avec vous qui avez découvert cette série depuis longtemps… ou l’envie de la faire découvrir à ceux dont le cœur leur en dit. Un style agréable, je pense que d’autres ouvrages de PEETERS viendront rejoindre ma collection d’ici peu.

Lupus

Challenge Bu / Lu
Challenge Bu / Lu

Tétralogie terminé

Éditeur : Atrabile

Collection : Bile blanche

Dessinateur / Scénariste : Frederik PEETERS

Dépôt légal : de janvier 2003 à mars 2006

ISBN : voir le site de l’éditeur

Bulles bulles bulles…

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Lupus – Peeters © Atrabile – 2003 à 2006

Animal’z (Bilal)

Animal'z
Bilal © Casterman – 2009

Ce peut être demain ou dans 100 ans.

Un dérèglement climatique appelé de « Coup de sang » désorganise toute activité humaine sur Terre. L’eau potable est devenue un enjeu, l’individualisme est à son paroxysme. Hommes et animaux convergent vers le Détroit 17, seul espoir de survie. Rien ne leur assure cependant un lendemain une fois arrivés à destination… encore faut-il y arriver entier. On est témoin de destins qui se croisent et partagent un bout de route ensemble.

Drôle de signe du destin quand je pense que j’ai mis un pied il y a 20 ans dans l’univers de la BD « adulte » avec La Femme Piège de Bilal.

Oui, je sais, c’est le second volet d’une trilogie et blablabla, mais quand on a 16 ans, on fait avec les moyens du bord. En l’occurrence, ce tome avait été offert à mon père. Bref, j’ai dévoré La Femme Piège et non, je n’ai pas couru chercher La Foire aux Immortels et Froid Équateur car… je ne connaissais pas (j’en rougis de l’écrire). En revanche, j’en ais acheté d’autres, au pif.

Au pif donc, je me suis équipée de l’intégrale de l’Incal et du Grand pouvoir du Chninkel. Wow !! Bonne pioche m’dame ! Et c’est là que tout a commencé…

Retour aux sources donc, un Bilal.

Première impression : la BD sera longue à lire.

J’ai suivi avec peine chacun des personnages principaux tour à tour…. jusqu’à ce qu’ils se rencontrent. Le récit des premières pages est saccadé (il faut compter une quarantaine de pages tout de même). Les personnages évoluent dans un décor réellement atypique, ce qui permet de toucher du doigt leurs fragilités. Bilal sait utiliser à souhait leurs côtés mystérieux, mais… on les entend respirer. C’est assez incroyable pour du Bilal je trouve. On a de l’empathie à leur égard. Peut-être que ce qui les rend touchant est cette incertitude, cet espoir auquel ils se raccrochent ?

Un peu de « réchauffé » tout de même puisque Bilal nous ressert le coup de la seconde peau (merci Warehole, merci Nikopol).

Le côté écolo de l’histoire contraste avec ce à quoi je m’étais habituée ces derniers temps chez Bilal : de la SF intello sans fondements, des discours inaccessibles, des théories futiles, des sociétés stériles. Êtes-vous parvenus, vous, à finir sans peine le tome 4 du Sommeil du Monstre ? Que l’on se rassure, dans Animal’z, on n’échappe pas aux « nihilistes néo-nietzchéens ». Mais ils ne sont présents qu’à dose homéopathique.

Cet album a du style. On y prend le temps de s’arrêter sur des cases qui prennent parfois la moitié voire les 3/4 d’une planche.

Le style de dessin est brut et épuré.

Bilal a un peu mis de côté son ordinateur, pour la colorisation, et ce n’est pas plus mal.J’ai eu du mal à rentrer dans ce One-Shot. Trop de scepticisme dans l’abord que j’avais de cet album.

PictoOKA ma grande surprise, ce One-shot me réconcilie avec Bilal. Un style qui me plaît… c’est du Bilal comme j’aime !!

Le coffret de la BD n’est pas très pratique mais il comporte de magnifiques ex-libris.Du plaisir et rien que du plaisir ! Pour le coup, je l’ai relu ! Un bon moment de BD

Animal’z

One shot

Éditeur : Casterman

Collection : Univers d’Auteurs

Dessinateur / Scénariste : Enki BILAL

Dépôt légal : mars 2009

ISBN : 2203019662

Bulles bulles bulles

Un petit coup de cœur à Ana qui aime son homme…

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Animal’z – Bilal © Casterman – 2009

Allez voir ici aussi (preview sur YouTube)

Voilà, c’est mon premier billet (ouf, il paraît que le plus dur, c’est de commencer). Bon, je ne suis pas super à l’aise avec les blogs… j’espère que le métier rentre vite.
Quoiqu’il en soit, j’espère pouvoir tenir mon petit coin de lecture dans le temps.