Lorsque nous vivions ensemble, triptyque (Kamimura)

Lorsque nous vivions ensemble, time 1
Kamimura © Catsrman – 2009
Lorsque nous vivions ensemble, tome 2
Kamimura © Casterman – 2009

Kyoko et Jiro ont une vingtaine d’années. Ils vivent en couple depuis peu et découvrent les petits bonheurs quotidiens à partager ainsi que les inquiétudes liées à leur nouveau statut… En 1970, le concubinage n’est pas encore un fait accepté par tous. Cette série nous transporte dans une très belle histoire d’amour éphémère, un « je t’aime moi non plus » version Pays du Soleil Levant dont les symboles sont disséminées tout au long du récit.

Lorsque nous visions Ensemble, tome 3Un couple qui s’amourache et qui se déchire, l’un avec les mots, l’autre avec les gestes. Un couple qui tente de lutter contre les effets néfastes du temps sur leurs sentiments.

Ce triptyque a été écrit il y a plus de 30 ans et le message ne dénote pas. Publié initialement dans un magazine mensuel japonais, il a rapidement connu un succès important auprès du public nippon. Exceptés quelques passages un peu  » vieillots « , je trouve que l’ensemble témoigne assez bien du quotidien et des préoccupations des couples actuels. KAMIMURA développe ici en détails une relation amoureuse fusionnelle sur un peu plus de deux ans… Passée la difficulté de lire les premières pages (nouvel auteur, nouveau style, nouveau rythme), on rentre très rapidement dans le récit. Ce triptyque a eu sur moi l’effet de ces moments rares de lectures que je lâche à contre cœur pour aller vaquer à mes obligations.

Lorsque nous vivions ensemble – Kamimura © Kana – 2009

Certains personnages secondaires évoluent de temps en temps (le pasteur, le pervers, la mère célibataire…) mais j’ai eu du mal à comprendre leur utilité, sauf celle de nous chantonner régulièrement ce petit refrain à l’oreille… un refrain comme ça : « les histoires d’amour finissent mal…. en général ». KAMIMURA utilise plusieurs narrateurs (Kyoko, Jiro), ce qui apporte un rythme supplémentaire au récit et permet de ne pas tomber dans le côté totalement fleur bleue de Kyoko.

Au détour d’une case, le dessin se mue parfois. Tantôt esquisse, tantôt très sombre, tantôt aquarelle… des petits plaisirs visuels sont disséminés partout.

PictoOKVu chez Loula il y a quelques temps.

Pour la lecture en revanche, autant vous préparer psychologiquement dès maintenant : 3 tomes d’environ 700 pages chacun !

Publiée depuis : la chronique de David sur Culturopoing.

Extraits :

« Je me suis payée une friandise dénommée « amour » avec des faux billets d’amour. La monnaie que j’ai reçue s’appelait « tristesse » » (Lorsque nous vivions ensemble).

 » Les souvenirs sont les jouets des vieux  » (Lorsque nous vivions ensemble).

Lorsque nous vivions ensemble

Triptyque terminé

Éditeur : Kana

Collection : Senseï

Dessinateur / Scénariste : Kazuo KAMIMURA

Dépôt légal : juillet 2009 (tome 1), octobre 2009 (tome 2)

et décembre 2009 (tome 3)

ISBN : 9782505007500

Bulles bulles bulles…

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Lorsque nous vivions ensemble – Kamimura © Kana – 2009

Demi-tour (Boilet & Peeters)

Demi tour
Peeters – Boilet – Guibert © Dupuis – 1997

C’est l’histoire du hasard et des coïncidences.

1995, jour des résultats du second tour des élections présidentielles.

Joachim descend d’Épinal et doit se rendre en Italie où il apporte une série d’images anciennes pour compléter une exposition. Il fait halte à Dijon.

Miryam vient d’Italie. Elle rentre chez elle. Sur le chemin, elle fait aussi une halte à Dijon, sa ville natale.

Le hasard les fait se rencontrer. L’un et l’autre se saisissent de cet interlocuteur de passage mis sur leur route pour échanger librement de politique, de projets et de sexe.

Dans les premières pages de la BD, les auteurs expliquent leur démarche de travail pour mener à bien cet album. Objectifs, moyens… tout y est… ce qui donne réellement l’impression d’être sur de l’expérimental et rien d’autre.

Le dessin de BOILET est assez « photographique », un peu chirurgical, même si je sais que je vais encore me faire aligner par certains puristes en utilisant ce terme. Mais j’ai tout de même le droit de ne pas aimer, c’est mon avis et il n’engage que moi. Je trouve que cela fige le dessin. Emmanuel GUIBERT a effectué la colorisation des planches de l’album. En faisant le choix d’attribuer une couleur à chaque personnage, il nous permet de nous glisser dans deux ambiances et deux personnalités. Quand vient la rencontre, les couleurs se mêlent pour créer une ambiance nouvelle. C’est assez intéressant et très beau.

Ensuite, le fond de l’histoire en elle-même est assez classique. Les décors sont triés sur la sellette, tout se passe dans un périmètre restreint autour de la Gare de Dijon et peu de personnages secondaires interviennent. BOILET et PEETERS ont pleinement utilisés la particularité du lieu central de leur ouvrage : la Gare. Lieu de rencontre, de passages, d’attentes, de conversations engagées pour faire passer le temps… Quelques clins d’œil de ci, de là, comme le serveur sur la seconde planche que j’ai mise (bas d’article) qui bénéficie du faciès de Benoît PEETERS et le personnage de Joachim qui n’est autre que le sosie de Frédéric BOILET. Mais on nous précise bien que cet ouvrage n’est pas autobiographique… excepté sur quelques expériences amoureuses et sur l’appartenance politique des auteurs.

Sur fond d’élections présidentielles, on va donc assister à l’attirance des contraires : un homme et une femme, l’un approche de la quarantaine l’autre est à l’aube de ses 20 ans, l’un va vers le Sud et l’autre remonte vers le Nord, l’un vote à droite et l’autre à gauche… j’en passe. Les jeux de coïncidences sont pleinement exploités mais j’adhère assez peu au personnage chargé de nous les rappeler.

PictomouiConseillé par Alan dans cet article, Demi-tour était avant tout une curiosité que je voulais découvrir.

Un bon moment de lecture auquel j’ai adhéré plus rapidement que pour Tokyo est mon jardin.

Ensuite, n’étant pas une fervente adepte de BOILET, je visualise peu comment cet ouvrage s’inscrit dans ses travaux en général.

Demi-tour

One Shot

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

Dessinateur : Frédéric BOILET

Scénariste : Benoît PEETERS & Frédéric BOILET

Coloriste : Emmanuel GUIBERT

Dépôt légal : février 1997

ISBN : 9782800124483

Bulles bulles bulles…

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Demi-Tour – Peeters – Boilet © Dupuis – 1997

L’immeuble d’en Face, tomes 1 & 2 (Vanyda)

L'Immeuble d'en face, tome 1
Vanyda © La Boîte à Bulles – 2003
L'Immeuble d'en face, tome 2
Vanyda © La Boîte à Bulles – 2007

Une « tranche de vie » assez banale de voisins « comme tout le monde » qui nous invitent à entrer dans leur quotidienneté.

Une préface de BOILET en guise d’introduction, et c’est parti pour la lecture de cette histoire, il est vrai, peu attrayante de prime abord. Le style de VANYDA m’a permis d’accrocher rapidement aux personnages malgré la banalité de leurs vies. Pas de stars, pas d’aventuriers, pas d’espions ^^… des gens simples avec des vies simples et des attentes classiques.

On retrouve bien sur les ambiances et les « humeurs graphiques » que l’on avaient croisées dans Celle que je ne suis pas (écrit plus récemment), mais Vanyda fait preuve ici de plus d’originalité que dans Celle que… entamé en 2008. Des portraits de plein-pied en pleine page au strip (comme on le voit ci-dessus), VANYDA n’hésite pas l’ombre d’un instant à nous faire manipuler son ouvrage et à nous le faire retourner, certaines pages se lisant avec le livre qui passe du format classique au format italien. Le lecteur est mis à contribution ^^

Je trouve enfin le trait est également plus appuyé, plus sur de lui, comparé à Celle que… étrange puisque le tome 1 de L’immeuble d’en face est tout de même un travail qu’elle a publié à ses « débuts » d’artiste.

PictoOKDepuis le temps que j’entends parler de cette série, je la croyais terminée… que nenni !! C’est agréable, chaleureux, attachant… mais il est vrai qu’on ne voyage pas beaucoup ^^

Toujours très manga les ambiances de Vanyda, j’ai eu plaisir ici à découvrir les jeux de l’auteur quand à l’utilisation de l’espace disponible. Vanyda nous démontre qu’elle maîtrise complètement le support qu’offre une planche… l’humour en bonus.

L’Immeuble d’en Face

Triptyque terminé en 2010

Éditeur : La Boîte à Bulles

Dessinateur / Scénariste : VANYDA

Dépôt légal : janvier 2003 (tome 1) et janvier 2007 (tome 2)

ISBN : 978-2-84953-002-3 (tome 1) et 978-2-84953-049-2 (tome 2)

Bulles bulles bulles…

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L’Immeuble d’en Face – tome 2 – Vanyda © La Boîte à Bulles – 2007

Ines (Dauvillier & D’Aviau)

Ines
Dauvillier – D’Aviau © Drugstore – 2009

Inès est une petite fille qui vit au milieu d’un couple qui se déchire. Un père violent et alcoolique et une mère qui n’a plus une once de confiance en elle pour tenter de prendre LA décision.

100 pages.

100 longues pages de violence verbale, physique, morale dans une ambiance en noir et blanc, ce qui accentue le contraste et accroît le sentiment de malaise.

Au milieu de tout ça, une petite fille évolue dans la petite bulle que tente de lui maintenir sa mère.

Huis-clos, on étouffe.

Coups, peurs, regards et pensées intimes.

Les dessins sont hyper expressifs, beaucoup de choses sont suggérées (la violence physique essentiellement, car la violence verbale est accessible).

Cette lecture donne un coup de sang comme jamais. La tension est palpable dès la première planche et le ton monte crescendo. C’est poignant, on ne lâche pas le bouquin tant qu’il n’est pas fini… mais c’est glauque, oppressant, malsain. Je suis très partagée sur cet ouvrage.

pictobofpictobofUn sentiment de malaise reste à la fin de la lecture, ce qui est inévitable compte tenu du thème de l’ouvrage… cependant toute cette violence nous a été donnée à voir et on ne peut que rester impuissant face à cette déferlante. Aucune morale à en tirer excepté les balivernes habituelles « le pot de terre contre le pot de fer », « c’était couru d’avance » ou encore « la pauvre, elle n’a pas eu de chance ».

Quel est le but de cette lecture ? Pourquoi est-ce un duo d’hommes qui en parle ? On prend logiquement le parti de cette femme battue et méprisée, mais qu’en est-il de cet homme malade englué dans son fonctionnement vicieux ? Et cette petite fille, ne voit-elle donc rien ? Alors « oui » trop de gens sont confrontés à cette réalité, et « non » je ne suis pas d’accord pour dire qu’il n’y a rien à faire !

La Preview est ici et Lo est d’un avis contraire au mien.

Ajout : un lien vers des interviews.

Inès

One Shot

Éditeur : Drugstore

Collection : Roman graphique

Dessinateur : Jérôme D’AVIAU

Scénariste : Loïc DAUVILLIER

Dépôt légal : mars 2009

ISBN : 978-2-356-26097-0

Bulles bulles bulles…

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Inès – Dauvillier – D’Aviau © Drugstore – 2009

Les petits ruisseaux (Rabaté)

Les Petits Ruisseaux
Rabaté © Futuropolis – 2006

Émile est veuf et retraité.

Sa vie de tous les jours ? Son ami Edmond, la pêche et les copains au bar du coin.

Une vie faite de petits rituels rassurants que l’on croit bon de ne pas bousculer, et pourtant…

Pas évident d’aborder le thème de l’amour et du sexe chez les plus de 70 ans. Pourtant, Pascal Rabaté nous offre un petit-chef d’œuvre plein d’humour et de poésie.

Son récit nous emmène dans un road-movie atypique. Le lecteur va de surprise en surprise et le personnage d’Émile l’oblige – en douceur – à revoir ses préjugés. Le vieil homme est touchant, attachant.

Le dessin de l’auteur est très libre. Les ambiances chaudes de l’album sont un régal. Les jeux de hachures qui les complètent donnent de la profondeur à cet univers.

Un petit bout de chemin passé avec cet album et nous voilà requinqué !!^^

PictoOKPictoOKExcellente découverte faite sur le conseil de Loula.

Une adaptation cinématographique de cet album devrait voir le jour en 2011. L’album a obtenu le Grand Prix de la Critique ACBD en 2007.

Extrait :

« Ma philosophie c’est : le présent n’existe pas. Seul le futur passe » (Les Petits ruisseaux).

Les Petits Ruisseaux

Roaarrr ChallengeOne Shot

Éditeur : Futuropolis

Dessinateur / Scénariste : Pascal RABATE

Dépôt légal : Mai 2006

ISBN : 9782754800167

Bulles bulles bulles…

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Les Petits Ruisseaux – Rabaté © Futuropolis – 2006

Aya de Yopougon, tome 1 (Abouet & Oubrerie)

Aya de Yopougon, tome 1
Abouet – Oubrerie © Gallimard – 2005

Aya est une jeune fille qui vit en Côte d’Ivoire, dans un quartier pauvre de Yopougon. Elle a 19 ans… on est en 1978.

Son petit monde ? Sa famille et ses amies : Adjoua et Bintou. Mais au sortir de l’adolescence, elles ne partagent plus les mêmes préoccupations. Aya est soucieuse de faire de longues études alors que ses amies sont sujettes à faire la fête, plaire… trouver un mari.

Cette série a attisé ma curiosité puisqu’elle s’est retrouvée en tête du Top BD des blogueurs d’octobre (je crois). Devant Maus donc (!!!), ma réaction première était de râler un bon coup (plus pertinent que Maus ??? J’avais de gros doutes !!).

En passant à la Médiathèque la dernière fois, je vois le tome 1 de Aya qui me nargue… soit. Embarqué !

Et bien vous savez quoi ? Je ne suis pas convaincue. Peut être aussi parce que j’ai lu récemment Le Magasin Général et que Aya m’y fait drôlement penser (à l’exception que l’on quitte le Canada pour aller faire un tour du côté de la Côte d’Ivoire). Pourtant, si je resitue leur parutions respectives, le tome 1 d’Aya est sorti en octobre 2005, le tome 1 du Magasin Général lui date de mars 2006. Mais le fait de m’être plongée en premier dans le quotidien de Marie, Serge, Noël et les autres annihile totalement l’effet « découverte » que j’aurais pu avoir avec Aya : un quotidien différent, un franc-parler… deux séries qui font évoluer une femme en tant que personnage principal. Je trouve les héroïnes de ces deux séries assez semblables malgré leurs différences d’âge, de culture et d’époque. Elles rêvent toutes deux d’accéder à une condition meilleure et de sortir de leurs routines respectives. Aya dispose, de plus, de la jeunesse, elle est ambitieuse. Une personnalité plus marquée que celle de Marie, un objectif (devenir médecin)… mais toutes deux se battent contre des idées reçues, des habitudes, toutes deux plient sous le poids de l’importance du paraître…  et se refusent à cette fatalité. Toutes deux peuvent se reposer sur des amitiés solides et compter sur le soutien des personnes qui les entourent.

Qu’ensuite le graphisme… moui, les couleurs sont chaleureuses. J’ai beaucoup plus de mal avec le trait employé (trop naïf voire enfantin pour moi). Il dessert les émotions des personnages ainsi que leur spontanéité.

Qu’enfin l’humour joue les grands timides et qu’il met un temps trop conséquent avant de se montrer clairement. On remarque, par le biais des dialogues, que les amis d’Aya manquent d’éducation à défaut d’avoir été scolarisés. Leurs vies étriquées leurs offrent bien peu d’alternatives. Seule Aya semble avoir la motivation pour faire bouger des montagnes et se sortir du triste avenir qui lui est réservé.

Cette série a l’énorme avantage d’éviter complètement tous les stéréotypes occidentaux que l’on peut croiser habituellement sur le monde africain, pourtant j’ai l’impression de les avoir déjà parcourus auparavant. Voilà une série agréable mais qui ne me séduit pas. J’espérais réellement être surprise par cet album pour m’engouffrer ensuite dans la lecture des 4 tomes qui sont venus compléter la série… mais non… enfin, cela se fera sans urgence si cela se fait un jour ! Même la lecture, en fin d’album, des biographies des auteurs et de leurs parcours ne me fait pas changer d’avis !

pictobofUne ambiance chaleureuse mais un premier album qui met un moment avant de démarrer et au final, rien de bien original dans l’histoire qui nous est ici racontée. Je ne suis pas fan.

Primé à Angoulême en 2006 (Meilleur premier album). J’ai longuement hésité à chroniquer cet album…

Aya de Yopougon

Roaarrr ChallengeTome 1

Série en cours, 5 tomes parus

Éditeur : Gallimard

Collection : Bayou

Dessinateur : Clément OUBRERIE

Scénariste : Marguerite ABOUET

Dépôt légal : octobre 2005

ISBN : 9782070573110

Bulles bulles bulles…

Gallimard m’autorise à parler d’Aya… mais pas de montrer les visuels intérieurs, eu égard au droit d’auteur. Et vous, si vous en avez parlé, avez-vous le droit d’insérer des visuels à votre article ?