Le bel Âge (Merwan)

Merwan © Dargaud – 2020

Violette, Leïla et Hélène.

Une brune, une blonde, une rousse.

Trois jeunes filles aux caractères différents, aux parcours hésitants, aux blessures qu’elle peine à panser, à l’avenir qu’elles hésitent à construire. Des doutes, du manque de confiance… toutes ces questions qui surgissent quand on bascule de l’adolescence à l’âge adulte.

Toutes les trois ne se connaissaient pas avant que Leïla ne passe une petite annonce pour rechercher des colocataires. Lorsque Violette et Hélène se présentent à la porte le jour de la visite, elles accrochent assez vite. Ensemble, elles vont doucement emprunter le chemin de l’âge adulte… celui de la maturité.

C’est la couverture de cette intégrale (qui regroupe les trois tomes de la série) qui m’a invitée à la lecture. Ça et le fait que j’ai lu il y a quelques temps « La Mécanique Céleste » (Merwan m’avait fait forte impression sur ce titre).

Pourtant, sitôt entrée dans « Le bel Âge » … j’ai eu des doutes sur le plaisir que j’allais trouver à le lire. Le quotidien de ces adulescentes, leurs préoccupations parfois futiles et ce dessin si proche de celui de Bastien Vivès m’ont mis en difficulté… il m’aura fallu quelques dizaines de pages pour m’y sentir bien et écarter mes aprioris. Car il n’y a rien de simpliste dans le scénario de Merwan. Rien n’est cousu de fil blanc. Et oui ces filles incarnent parfaitement cet âge de tous les possibles, de tous les doutes, de toutes les contradictions. Elles incarnent à leur manière cette façon de faire face à la tempête existentielle qui souffle en elles. Quand l’une sera entière, l’autre sera plus mesurée. Quand l’une sera forte, l’autre restera campée sur ses positions tandis que la dernière feindra l’indifférence. Et elles s’échangent ces rôles comme la pluie s’efface face au soleil et peu à peu parviennent à affirmer leurs choix… à assumer leur personnalité.

Merwan ouvre délicatement cette fenêtre sur leur vie et raconte avec justesse le chemin qu’elles vont suivre. Nous allons les suivre pendant un an. Douze mois… une poussière de temps dans une vie et pourtant, ce sera une année charnière pour ce trio d’amies. Entre leurs études, les petits boulots nécessaires pour payer le loyer, quelques jalousies, les peines de cœur, les conflits familiaux… une année qui les ballote et les fait tanguer entre joies et peines, entre doutes et certitudes.

A la sortie des tomes de la série (en 2012 et 2014), j’avais hésité à me les acheter. J’avais reposé, rebutée par les visuels de couverture qui me piquaient sérieusement la rétine. Puis c’est vrai qu’à feuilleter, je concluais rapidement que ce dessin (trop proche de celui de Bastien Vivès que j’apprécie pourtant) n’avait rien à me faire découvrir de nouveau. Il aura donc fallu que Dargaud décide de regrouper tout ce petit monde dans cette intégrale et que je tombe en amour pour cette couverture tout de bleu vêtue.

Le Bel âge (one shot)

Editeur : Dargaud

Dessinateur & Scénariste : MERWAN

Dépôt légal : septembre 2020 / 248 pages / 25 euros

ISBN : 978-2-205-08664-5

Mes premiers 68 – Deux romans à découvrir !

Aujourd’hui, avec mon lardon de 16 ans, on vous propose en partage deux romans découverts grâce aux 68 premières fois et qui nous ont bien plu. On espère qu’il en sera de même pour vous !

Mes 68 premières (jeunesse)

Le blog des 68 (avec toute la sélection des premiers romans à destination de la jeunesse comme des adultes d’ailleurs) est à retrouver ici : https://68premieresfois.wordpress.com/

Martins © Gallimard – 2019

Ceux qui ne peuvent pas mourir [1. La bête de Porte-vent] de Karine MARTINS (Billet de Pierre)

La bête de Porte-vent est le premier volet de la série Ceux qui ne peuvent pas mourir. Dans ce premier tome, on retrouve Gabriel, un immortel lié à une organisation qui a pour but de traquer les Egarés qui sont des « monstres » comme des vampires ou bien des loups-garous. Cette organisation se nomme la Sainte-Vehme. Dans ce tome, il est avec Rose, une fille qu’il a récupéré au cours d’une mission et qu’il ne veut plus laisser. Ils vont devoir élucider une série de meurtres étranges dans un petit village du Finistère et on peut dire que cette aventure sera autant surprenante que prenante !

J’ai bien aimé le roman. L’univers est nouveau et très bien imaginé, ce qui rend la lecture intéressante et pas répétitive contrairement à certains romans. Il n’est pas très long et se lit plutôt facilement. Une fois qu’on commence, on ne peut plus s’arrêter car on ne veut surtout pas perdre le fil de l’histoire. Et j’avais envie de savoir ce qui allait arriver à Gabriel et Rose !

Extraits

« Depuis qu’elle était au service de Gabriel Voltz, Rose avait appris une leçon essentielle : sortir seule la nuit dans Paris était la plus mauvaise idée qui soit. »

« Gabriel eut peur. Il avait beau être un vétéran de la chasse aux Egarés, c’était différent cette fois. Lors de ses précédentes chasses, il était mieux armé et avait toujours une faille à exploiter chez son ennemi. Mais là, rien. Il ne savait pas comment vaincre la bête. Et il n’était pas complètement présent : son esprit était obnubilé par la jeune femme retranchée dans le caveau, par la gamine qui resterait seule s’il venait à disparaître, par Grégoire à qui il laisserait un fardeau peut-être trop lourd à porter. »

Ceux qui ne peuvent pas mourir [1. La bête de Porte-vent] de Karine MARTINS, Gallimard Jeunesse, 2019

Bulle © L’Ecole des Loisirs – 2020

Les Fantômes d’Issa d’Estelle-Sarah Bulle (billet de la vieille mère)

« Les cauchemars sont encore revenus. Ça fait quatre ans maintenant que j’en ai presque toutes les nuits. Peut-être que ce journal va me soulager. Peut-être qu’écrire la grosse bêtise que j’ai faite la fera diminuer un peu dans ma tête. Maintenant que j’ai douze ans, je pense que je peux revenir en arrière, et tout écrire, je suis assez bonne en français. Mais c’est difficile de commencer. Par où débuter : au moment où j’ai commis cette erreur fatale, quand j’avais à peine huit ans ? Avant ? Avant, c’est mieux. Comme ça, ce sera clair. En écrivant, ce qui est arrivé deviendra juste une histoire, avec un sens et, je l’espère, une fin. »

Je ne sais pas bien pourquoi mais j’ai lu cette histoire le cœur un peu serré. J’ai eu peur, peur oui, du secret d’Issa, de ses fantômes, de son « erreur fatale ». J’ai été émue par Issa et sa lutte silencieuse.

Ce premier roman raconte donc l’histoire d’une jeune fille prénommée Issa. Elle est alors âgée de douze ans quand elle prend en charge le récit et qu’elle décide de revenir sur les évènements qui la hantent. Il faut vivre et pour cela il est temps pour elle de se libérer de ses secrets.

Ce roman dit la nécessité de la parole en partage pour grandir, pour dépasser sa culpabilité et affronter ses peurs. Il dit aussi la puissance de l’amitié comme de la lecture (ici des mangas) qui peut permettre des grandes choses ! C’est un beau roman, lumineux malgré mon cœur serré, à l’écriture légère et simple, alerte et très agréable. Un roman dévoré !

Merci aux 68 premières fois pour cette lecture bien émouvante…

Les Fantômes d’Issa d’Estelle-Sarah Bulle, L’école des loisirs, 2020

Mon Eden (Duvar)

Duvar © Le Muscadier – 2019

« Le ciel était bleu. Le ciel était bleu, comme il l’est toujours lors de ces chauds matins d’été, et je me souviens d’Eden qui m’avait pris sur ses genoux sur la balançoire, et on était montés très haut, si haut que j’avais cru qu’on allait passer par-dessus le toit de notre maison.

Le ciel était bleu. Le ciel était bleu, et j’avais six ans, et les oiseaux chantaient, et je tendais mes mains pour attraper la vie, la vraie, et la garder nichée au creux de mes paumes, petite sphère brûlante de lumière.

Aujourd’hui tout est sombre et triste et fade. Je n’aime pas ma chambre. Je n’aime pas mon père, je n’aime pas ma mère, et des envies sinistres de noyer mon chien me prennent parfois. »

Le billet du lardon (16 ans tout neuf !)

Mon Eden est un roman d’Hélène Duvar, dans lequel on retrouve Erwan, un adolescent de 16 ans qui a perdu sa sœur jumelle qu’il aimait tant, Eden. Après cette tragédie, Erwan va essayer de démêler le vrai du faux dans cette histoire tout en essayant de ne pas sombrer dans la douleur et la dépression.

J’ai bien beaucoup aimé ce livre car il se lit rapidement et le format change des romans habituels qui peuvent lasser. On y retrouve des articles de différents sites qui appuient le récit et nous apprennent certaines choses quant à ce sujet grave qui est le suicide. Je trouve l’histoire assez intéressante et elle sonne vraie. On peut tous se retrouver dans les personnages principaux (Eden et Erwan) comme dans les personnages secondaires (les parents, les amis…) ce qui nous permet de réfléchir à cette histoire.

Le billet de la vieille mère

Le moins qu’on puisse dire c’est que le sujet est difficile : le suicide d’une ado est un séisme dans la vie des autres, un chagrin incommensurable, une colère brute et une entière dévastation. Comment se remettre à vivre quand sa sœur jumelle, sa sœur chérie, la moitié de soi se tue par une nuit glacée de novembre ? Peut-on se relever de cette tragédie ?

Vraiment, ce récit (bien étayé par des « fiches » de prévention) sur un sujet tabou est important. Il est facile à lire (malgré la difficulté du sujet). On suit Erwan, presque pas à pas, dans sa colère, son immense culpabilité et dans sa lente reconstruction après cette mort inacceptable. Je crois qu’il permet un éclairage sur le suicide et sur son impact multiple sur l’entourage. Il pose de nécessaires questions et propose différents points de vue.

Encore une belle découverte par les 68 premières que je suis bien contente d’avoir partagée avec mon lardon car évidemment nous avons pu aborder ce sujet (et, il faut le dire, jamais discuté auparavant).

Le blog des 68 est à retrouver ici : https://68premieresfois.wordpress.com/

Mes 68 premières (jeunesse)

Mon Eden d’Hélène Duvar, Le Muscadier, 2019.

La Saveur du Printemps (Panetta & Ganucheau)

Panetta – Ganucheau © Jungle – 2020

Quand il était plus jeune, Ari adorait aller dans l’atelier de la boulangerie de son père. Sentir l’odeur du pain chaud, aider son père à la préparation du pain et des pâtisseries, sentir la chaleur du four… tout cela était sa petite madeleine de Proust. Puis les années ont passé et l’adolescence a pointé le bout de son nez avec tout le cortège des questions existentielles qu’elle traîne dans son sillage. Et maintenant que ses études au lycée touchent à leur fin, Ari a d’autres envies qu’il ne cerne pas réellement. Il voudrait partir habiter en ville et s’installer en colocation avec ses amis. Il veut fuir cette vie toute tracée qui s’offre à lui, quitter ce cocon familial pourtant si harmonieux. Il rêve de vivre de sa musique avec le groupe qu’il a monté avec des amis… mais tout cela est balbutiant. Il n’est si sûr de tout ce qu’il voudrait…

Il sait pourtant que son père souhaite qu’il reprenne le commerce familial. Ari décide donc en premier lieu de trouver quelqu’un capable de le remplacer à la boulangerie pour pouvoir quitter le nid l’esprit tranquille. C’est ainsi qu’il rencontre Hector lorsque ce dernier postule pour travailler à la boulangerie. Peu à peu, une amitié forte naît entre les deux jeunes hommes. Une amitié teinte de sentiments amoureux.

« La saveur du printemps » est récit plein de fraicheur. Pour leur premier roman graphique, Kevin Panetta (scénariste) et Savanna Ganucheau (dessinatrice) mettent les petits plats dans les grands. Loin de nous noyer dans les remous tumultueux de l’adolescence, ils ont su trouver le ton adéquat pour aborder leur sujet de façon douce sans en faire quelque chose de mièvre. On est surpris de découvrir un personnage principal en plein questionnement mais pas en pleine rébellion. Ses relations avec ses parents sont harmonieuses et bourrées de complicité. Quant à son mal-être, même s’il est réel, il ne nous enfonce pas dans un marasme qui colle à la peau et engluerait personnages et lecteurs dans des méandres narratifs stériles.

Alors oui, il est question d’une quête identitaire, de savoir quoi faire de soi et de sa vie. Difficile de ne pas aborder ces questions dans un récit qui place au cœur de son intrigue un personnage adolescent. Les auteurs ont su trouver le La pour pouvoir parler à la fois du « mood » adolescent et des humeurs si versatiles qui le chahutent. Le personnage est dans cet entre-deux ; il n’est plus un enfant mais il n’est pas encore entré pleinement dans l’âge adulte. Ari cherche sa place et souhaite donner un sens à sa vie. Il est au printemps de sa vie. C’est aussi le moment idéal pour laisser éclore de nouvelles amitiés et se laisser surprendre par la fraicheur d’une rencontre amoureuse. Les auteurs manient tout cela avec beaucoup de talent et d’humour.

On pourra s’étonner de la douceur extrême du récit qui évolue dans des teintes vert émeraude. Elles aident à maintenir un sentiment de quiétude durant toute la lecture. Le dessin est d’une grande lisibilité et riche en détails graphiques qui contribuent à rendre cette tranche de vie crédible. Le fait que les auteurs complètent le scénario de références musicales et les mélangent à l’univers culinaire renforcent d’autant le réalisme de l’univers. On salive en permanence. Je me suis facilement laissé porter par l’ambiance. J’ai apprécié le fait que l’intrigue soit si délicate et qu’elle ne nous fait pas faire les montagnes russes avec nos émotions. La réflexion n’en est pas moins dénuée d’intérêt.

En bien des points, cet album m’a fait penser à « Cet été-là » réalisé par les cousines Tamaki. La période de l’adolescence y est traitée avec la même justesse et la même sensibilité. Une lecture qui offre une parenthèse et nous accueille à bras ouverts dans son univers.

La Saveur du Printemps (One shot)

Editeur : Jungle

Dessinateur : Savanna GANUCHEAU / Scénariste : Kevin PANETTA

Traduction : Mathilde TAMAE-BOUHON

Dépôt légal : juin 2020 / 368 pages / 17 euros

ISBN : 978-2-822-23044-5

Surf (Boudet)

Boudet © Memo – 2019

J’aime les livres. J’aime les histoires en général. Pour des tas de raisons évidemment. Je pourrais même dire qu’elles me sauvent la vie. Chaque jour. Chaque nuit. Carrément. Et dans cette drôle de période traversée depuis le mois de mars, les histoires contées dans les livres ont été furieusement salutaires.

Le roman de Frédéric Boudet ne déroge pas à la règle. Parce qu’il m’a entrainée loin. Loin de moi. Loin de la situation complexe vécue. Loin de tout. Et c’était bon ! Inattendu et bon ! Pour autant, ce n’est pas vraiment un roman facile à lire, il faut le dire (d’ailleurs mon lardon a renoncé malgré l’histoire qui lui plaisait, malgré le personnage d’Adam surtout). Mais ce livre à destination de la (grande !) jeunesse est formidable. Fort. Courageux. Beau. Vraiment beau. C’est un livre qui fait chavirer le cœur. Du fait surtout de la langue d’écriture si particulière. Pour l’auteur, « l’idée était de voir comment, adolescent, on essaie de se tenir debout sur ces « foutues vagues » comme dit Jack. Comment on refuse d’être maltraité par le destin. Comment même l‘idée du destin, d’un passé qui conditionne votre existence, d’un présent comme un fruit à moitié pourri dans vos mains, d’un futur qui ricane en vous échappant, sont des idées que vous réfutez à dix-neuf ans, que vous voulez balancer à la mer, à coups de pieds et de poings s’il le faut»

L’histoire est celle d’Adam qui rentre chez sa mère à Brest. Il a dix-neuf et il a renoncé à terminer sa première année dans une école de graphisme à Paris. Il est parti, ou plutôt, il est de retour au « nid », son pavillon familial un peu miteux où vit sa mère, seule, déprimée, abîmée depuis le départ du père. Adam ne sait pas bien pourquoi il est là. Il ne sait pas bien ce qu’il cherche. Il se traîne. Il reprend contact avec son ami-voisin Jack, drôlement amoché par la vie (qui n’est pas vraiment un cadeau). Et alors, à eux deux, ils surfent ces « foutues vagues » et tentent de rester vivants…

« Bientôt, avec Jack ils s’échapperont la nuit, pour couvrir la nuit, pour couvrir les murs de phrases sibyllines. La vie les attend, dehors. Malgré la peine, malgré l’ennui. Parce que la peine, parce que l’ennui. Jack clame qu’ils doivent se jeter la tête la première dans le corps palpitant des choses, que c’est la seule façon d’échapper à l’idée que l’existence est un sac à merde. Pour Adam, c’est la seule issue à la peur qui guette au fond, à la panique du chemin qui n’existe pas, à la route qui ne mène nulle part. ne pas rester figé sur le banc de pierre, seul, pour l’éternité. Avancer, quitte à tomber, il se relèvera – je me relèverai, je serai celui-là, papa, ‒ oui il sera celui-là. »

Et puis, il y a les filles. Et puis, il y a la vie malgré tout. Et le surf.

Il y a aussi la mère que ses copains trouvent « plus bizarre qu’une licorne échappée du zoo ». Il y a surtout le père volatilisé et disparu à nouveau, qu’Adam cherche malgré la douleur de l’abandon…

Ce roman je l’ai lu il y a plus de six mois et il reste vibrant à l’intérieur de moi. Je suis certaine qu’il ne vous laissera pas indifférent malgré l’écriture si particulière que j’ai trouvée si belle, juste et vraie. Vraiment j’ai adoré ce roman et ne saurai que vous conseiller de tenter cette aventure singulière et assurément bouleversante !

Merci aux 68 premières fois et toute la sélection est à découvrir sur le blog des 68 à retrouver ici : https://68premieresfois.wordpress.com/

Mes 68 premières (jeunesse)

Surf, Frédéric Boudet, éditions Memo, 2019.

Steam Sailors (E.S. Green)

Green © Gulf Stream éditeur – 2020

Billet du lardon et de la vieille mère

L’Héliotrope est le premier tome de la saga Steam Sailors écrit par E.S Green aux éditions Gulf Stream. Dans ce roman, on découvre une tout autre planète, constituée de deux mondes différents : le Haut Monde composé d’îles volantes et de bateaux volants ; Et le Bas-Monde qui est à quelques détails près le monde que nous connaissons. Cependant, ces deux mondes sont déchirés par « La Grande-Fracture » une crise qui a vu « Les Alchimistes », les grands savants de cette époque, disparaître en laissant derrière une cité merveilleuse que personne n’a encore découvert. 

L’histoire débute 4 siècles après la Grande-Fracture. On retrouve Prudence, une jeune fille de 15 ans, pleine de sagesse et de savoirs, pratiquant la médecine et vivant à l’écart du (bas-) monde car elle possède des dons qui effraient les habitants.

« Les habitants du village vinrent bientôt la trouver clandestinement pour lui demander un remède ou des conseils. Ses services étaient préférés à ceux du nouveau médecin, surtout lorsqu’il s’agissait d’affaires nécessitant une certaine discrétion. En échange de son activité clandestine, elle se faisait payer en vivres, et tout le monde se gardait bien de l’ébruiter. Même si la moitié du village avait recours à ses services, on l’évitait ostensiblement en public. Tant mieux, car elle risquait elle-même de gros ennuis. Elle devait à nouveau vivre en paria… »

Un soir, alors qu’elle est sortie de chez elle « pour enfanter secrètement la maitresse d’un notable du village », ce dernier (le village de Murs-Mouillés) est attaqué par des pirates tombés du ciel qui la font prisonnière.

Que va-t-il arriver à Prudence ? Qui sont ces mystérieux pirates et quelles sont leurs intentions ? Vous le saurez en lisant L’Héliotrope… [Mon fils a l’art du teasing !]

Avis du fils : J’ai bien aimé ce livre, l’histoire était plutôt originale et intéressante. Il se lit plutôt vite et on n’a pas l’impression de s’ennuyer au cours de la lecture. L’univers était – bien que souvent utilisé dans les romans – plutôt nouveau, un peu effrayant par moment et captivant…

Avis de la mère : J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a attrapé dès les premières pages. Il se lit facilement et en même temps, il est très riche, foisonnant, vivant ! C’est une incroyable aventure que celle de Prudence et il me tarde de découvrir la suite. Et puis, une incroyable histoire de pirates volants, c’est absolument irrésistible ! Bref ce roman-là est chaudement recommandé !

« Prudence grelotta, il faisait très froid à cette altitude. Sur le pont, les assaillants de la nuit arrimaient leurs modules d’exploration ; deux en bon état et le troisième qui s’était écrasé dans la forêt. Ils étaient tous vêtus de combinaisons sombres et de bottes souples, aux bouts renforcés par une plaque de métal. Ils portaient également des ceintures en cuir, auxquelles était accroché tout un arsenal d’ustensiles plus étranges les uns que les autres. Ils avaient en levé leurs larges lunettes et leurs masques pourvus de filtres, révélant des crocs noirs et des visages monstrueux… »

Merci à mes premières 68… C’est une grande joie d’avoir participer avec mon lardon à cette aventure et par les temps qui courent, autant dire qu’elle nous a procuré bcp bcp de plaisir !

Mes 68 premières (jeunesse)

Steam Sailors – 1. L’Héliotrope d’E.S. Green, Gulf Stream éditeur, 2020.