Ed Gein (Dobbs & Nespolino)

Ed Gein
Dobbs – Nespolino © Soleil Productions – 2009

Un jeune pigiste « placardé à la rubrique des chiens écrasés » décide de suivre le procès de réexamen d’un criminel enfermé depuis 14 ans en psychiatrie. Il s’avère que le criminel en question n’est autre qu’Ed Gein, un homme qu’il a connu  dans son enfance et qu’il surnommait « le croque-mitaine ». Loin d’être aussi banale, cette affaire va ramener le journaliste dans les souvenirs de son enfance …

En flânant sur la toile, je me suis permise d’ouvrir la porte de chez DOBBS.

Hasard du calendrier : il y parlait de la sortie de son prochain album qui maintenant est disponible depuis le 22 avril dernier.

J’ai vadrouillé de-ci de-là sur son blog en profitant de la musique d’ambiance et je me suis régalée. J’ai donc commencé à m’immiscer dans l’ambiance de cet album puisque les premières planches sont mises en ligne sur son blog. Je lis beaucoup de polars (et notamment des Connelly dont peu ne sont pas passés entre mes mains) et j’ai retrouvé cette ambiance de tribunal et quelques similitudes avec certains personnages…

Alors du polar en BD, pourquoi pas ? Cela faisait longtemps !

Je pris donc la bonne résolution de me le procurer le jour de sa sortie, une bonne occasion de dire bonjour à mon petit libraire. Et comme une nouvelle ne vient jamais seule, j’ai découvert la Collection Serial Killer de chez Soleil que je n’avais pas remarquée.

Ed Gein est le quatrième One Shot de cette série débutée en Mars 2007. Une bonne occasion de se faire une idée de la chose.

Ce qui est sur, c’est que l’on ne rentre pas dans la vie d’un tueur en série la fleur au fusil. Et je trouve que l’intervention de ce jeune pigiste (narrateur) nous permet d’y entrer progressivement et d’avoir des temps pour « souffler » pendant la lecture car l’ambiance y est pesante.

Le narrateur enquête pour les besoins de son article. On garde un certain détachement nécessaire aux événements, à défaut de ne pouvoir cacher un malaise dû à ce qui nous est donné de voir. Le scénario fait des vas-et-viens entre les années 50′ (période des faits) et la fin des années 60′ (période du réexamen au pénal). Graphiquement, cela se traduit par du noir & blanc pour les flash-back et des bruns-orangés pour la période la plus récente, ce qui réchauffe un peu l’ambiance générale de l’album… mais ce n’est pas suffisant. Les allées-venues entre ces deux périodes sont super fluides. Excepté pour les personnages qui peuplent les souvenirs du narrateur, je n’ai pas trouvé le noms des protagonistes croisés dans cette bande-dessinée. Les morts ont-ils donc plus de présence que les vivants ?

PictomouiLe thème de la série est atypique et je suis mitigée sur cet album. De l’empathie nait pour Ed Gein, tueur rongé par sa folie, il en souffre. Cette empathie m’a gênée.

De plus,  je me demande comment quelqu’un qui n’est pas habitué à côtoyer des « psychologues / psychiatres /et compagnie » peut accueillir ce récit parfois trop technique à mon goût (j’y suis sensibilisée par le biais de mon travail). Je ne sais pas dire ce qui est le plus violent entre les planches où le rapport d’expertise du médecin psychiatre est retranscrit (inaccessible pour les non-initié à moins de faire une descente sur internet), ou les planches dans lesquelles on observe la perquisition effectuée chez Ed Gein.

Il n’y a aucune moralité à tirer de cette histoire, on en connaît le dénouement avant même d’ouvrir la BD (je rappelle qu’Ed Gein était l’un des tueurs en série les plus connus aux États-Unis et qu’il a bien malgré lui inspiré d’autres artistes et je pense à chaud au Silence des Agneaux).

La manière dont cette histoire nous est présentée est abrupte. On sort de cette lecture avec le sang glacé. Cette BD m’a mise en tension, c’est trop macabre et je ne suis pas friande de ces « ambiances gratuites ». On n’en sort pas grandit, ni plus instruit, et pas trop divertit.

La collection « Serial Killer » n’aurait-elle pas pu faire la place à un diptyque afin d’avoir de temps de détailler un peu plus certains aspects ?

From Hell (Dessin de CAMPBELL, scénar de MOORE, paru en 2000) m’avait également fait ce genre d’impression, mais à minima puisqu’avec plus de 500 planches, l’histoire de Jack l’éventreur était plus romancée, plus étoffée également

Ed Gein

One Shot

Éditeur : Soleil

Collection : Serial Killer

Dessinateur : NESPOLINO

Scénariste : DOBBS

Dépôt légal : avril 2009

ISBN : 9782302003125

Bulles bulles bulles…

Pour cela, je vous laisse vous inviter chez DOBBS pour feuilleter les premières planches.

Il a également réalisé une interview que vous pouvez suivre ici.

Okko, le cycle de l’Air 1/2 (Hub)

Okko, tome 5
Hub © Guy Delcourt Productions – 2009

Okko se rend au chevet de la fille d’un ancien ami. Il revient ainsi en des lieux qu’il connaît. Cependant, alors que le groupe arrive à destination, Noburo refuse de les accompagner car les mauvais présages se multiplient…

Un troisième cycle qui commence et qui, comme les précédents, prendra la forme d’un diptyque.

Okko costume

Un album beaucoup plus convaincant que les tomes du cycle 2. On y retrouve l’alchimie du cycle de l’eau (cycle 1) : l’alternance entre les scènes calmes et les scènes d’action est plus équilibrée, les interactions entre les personnages  principaux ne sont plus parasitées par des tiers qui viennent se greffer au groupe initial. Ici pourtant, le groupe est éclaté (Noburo reste seul, Okko est un peu à l’écart du duo Tikku – le moine), mais cela nous permet de prendre un peu plus de temps sur chacun… et  Okko en particulier. J’avais hâte d’en apprendre davantage sur le personnage principal puisqu’on est tout de même à la moitié de la série (je rappelle : au total cette série doit se composer de 5 cycles de 2 tomes chacun). Le scénario est abouti, on sent que HUB a atteint son rythme de croisière. Il maîtrise ses personnages à tous points de vue, les personnages sont complets, cohérents et intéressants. Cela permet à HUB de créer des interactions nouvelles, basées sur le fait que chacun connaît l’autre (Okko ne se braque pas quand Noburo décide de se retirer temporairement du groupe, Tikku retourne à son avantage l’alcoolisme de son maître…).

Le panel de couleurs utilisées est en harmonie avec le thème du cycle : l’air. La colorisation est chaleureuse, les ambiances graphiques conviviales. Cet album nous propose une variation de couleurs allant du vert chatoyant au gris terne des jours de pluie. Les scènes de combat sont très efficaces. Comparé au premier cycle où je visualisais mal les actions des combattants, je trouve désormais que les mouvements sont plus maîtrisés et leur compréhension est très accessible au lecteur.

PictoOKCette BD est un très bon moment de divertissement. Une intrigue finement posée, distillée petit à petit et qui nous fait la vilaine surprise de nous laisser sur une fin abrupte, la larme au coin de l’œil et criant rageusement :  » il me faut la suite maintenant !! ». Le temps d’un cycle pour en apprendre plus sur le passé et le parcours d’Okko. Le tome 6 devrait nous permettre d’en apprendre plus sur Noburo…. HUB a semé beaucoup des graines qui devraient joliment éclore dans le second tome du diptyque. Il n’y a plus qu’à attendre un an, au mieux, la sortie du tome 2 de ce cycle. C’est long !

Okko

Tome 5 : Le cycle de l’Air 1/2

Série en cours

Éditeur: Delcourt

Collection : Terres de Légendes

Dessinateur / Scénariste : Hub

Dépôt légal : avril 2009

ISBN : 978-2-7560-1585-9

Bulles bulles bulles…

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Okko Cycle 3, 1/2 – Hub © Guy Delcourt productions – 2009

Pour en découvrir plus sur l’univers d’Okko : http://www.editions-delcourt.fr

Okko, le cycle de la terre (Hub)

Okko, tome 3
Hub © Guy Delcourt Productions – 2007
Okko, tome 4
Hub © Guy Delcourt Productions – 2008

Tikku se remémore ses quêtes avec Okko. Ses souvenirs nous ramène vers l’An 1108 de l’Empire du Pajan.

Alors que l’Empire est en fête, un homme se réfugie auprès d’Okko pour lui délivrer un message. Il mourra dans les bras du ronin. Okko décide de faire la lumière sur les dires de l’inconnu.

Suite de cette série avec le second diptyque (la série Okko étant annoncée sur 5 cycles : l’eau, la terre, l’air, le feu et le vide).

Deux nouveaux personnages (des femmes) viennent compléter le groupe d’Okko, ce amène des querelles stériles et des situations cocasses dont je me serais bien passée car elles ne font pas avancer l’histoire.

Okko costume, cycle 2

Hub recourt de manière plus importante à la narration, comparé au premier cycle. Le principe de la voix-off de Tikku, venue d’un futur lointain, est agréable et donne un certain recul sur les événements. Cela permet donne un peu de fluidité au récit globalement confus de ce cycle et évite les à-coups de transition. Mais dans l’ensemble, je trouve le rythme de ce cycle saccadé, il se traîne. Le rite de passage des 7 monastères ne m’a pas convaincue, excepté qu’au détour de cette galère, on en apprend un peu plus sur Noshin (le moine). Voici donc un diptyque qui se compose d’un long premier tome d’introduction et de mise en place, et d’un second tome plus dynamique… mais le dénouement est trop rapide. Emballé c’est pesé ! Dommage également qu’HUB ait mis de côté le recours aux Kamis (les génies de la nature) car c’était à mon sens une des originalités de cette série qu’il me semblait important de conserver.

Le graphisme est toujours aussi nickel en revanche. La variété de couleurs est assez pauvre mais au final en accord avec le thème du cycle (beaucoup de marrons, de moirés, de blancs… oui, c’est le cycle de la terre !). Les dessins des scènes extérieures sont magnifiques mais deviennent quelque peu répétitifs sur la fin. On est dehors… mais on étouffe. En revanche, on en prend plein les yeux sur les scènes d’intérieur (allez voir la scène dans la bibliothèque, c’est splendide).

PictomouiJ’apprécie néanmoins le travail de recherche effectué sur le vocabulaire mais… étant donné que je n’ai pas de MON (emblème de clan) et pas de GUN’TAI (armée), je n’ai plus qu’à aller en JIGOKU (enfer) pour jouer du TAIKOS (tambour)… voyez comme l’exercice de style est facile.

Impression générale sur ce cycle : je ne suis pas convaincue et j’espère que le cycle 3 sera meilleur. Malgré un nombre de planches plus conséquent qu’à l’accoutumée (52 planches au lieu des 46 habituelles), le second tome du cycle de la terre ne suffit pas à me faire revenir sur l’idée que le cycle 2 est bien moins bon que le cycle d’ouverture.

Okko – Le Cycle de la Terre I et II

Cycle terminé / Série en cours

Éditeur : Delcourt

Collection : Terres de Légendes

Dessinateur /Scénariste : HUB

Dépôt légal : janvier 2007 (tome 1) et février 2008 (tome 2)

ISBN : 978-2-7560-0320-7 (tome 3) et 978-2-7560-0867-7 (tome 4)

Bulles bulles bulles…

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Okko Cycle 2 – Hub © Guy Delcourt productions – 2007 / 2008

Pour en découvrir plus sur l’univers d’Okko : www.editions-delcourt.fr

Okko, le cycle de l’eau (Hub)

Okko, tome 1
Hub © Guy Delcourt Productions – 2005
Okko, tome 2
Hub © Guy Delcourt Productions – 2005

Japon médiéval fantastique, Empire du Pajan. Quatre familles s’entre tuent pour accéder au pouvoir.

Dans cette société vit Okko, un rônin sans maître qui travaille au contrat. Il est accompagné d’un guerrier géant (Naburo) et d’un moine (Noshin) qui n’est autre qu’un buveur de saké invétéré. Pendant que Okko est en entrevue avec son dernier client, Naburo prend un certain plaisir à apprécier les services d’une jeune geisha : Petite Carpe. Quant à Noshin, il étudie consciencieusement son sujet de prédilection : le saké. Soudain une bande de pirate fait irruption. Au terme d’un dur combat, les pirates quittent les lieux en emportant avec eux toutes les geishas de la maison de plaisirs et laissent Naburo pour mort. Tikku, le jeune frère de Petite Carpe, se vend alors à Okko afin de payer le contrat qu’il lui confie : retrouver sa sœur. C’est le début d’une quête.

J’ai voulu découvrir Okko à l’occasion de la sortie du tome 1 du Cycle de l’Air, premier tome du cycle 3, sorti le 22 avril dernier. Ce qui me laisse l’occasion de pouvoir savourer 5 albums d’un coup. A la base, je ne suis pas trop tentée par les aventures de samurais, mais j’ai eu de bons retours sur la série.

Pas d’échos, pas de références sur l’auteur, HUB… normal, c’est sa première BD en solo avec ce pseudo.

Une série qui se compose de plusieurs cycles (un cycle = un diptyque) : le cycle de l’eau et le cycle de la terre sont terminés ; le cycle de l’air débute. Le cycle du feu à venir ?

On se laisse prendre progressivement par l’histoire grâce à un subtil mélange d’humour et un scénario original. Le graphisme est agréable (HUB semble avoir le soucis du détail, ce qui ne gâche rien), le dépaysement est certain. HUB fait appel à plusieurs sources d’inspiration, un voyage entre traditions japonaises médiévales, héroic fantasy et fantastique.

Cette fiction est un bon divertissement.

En ce qui concerne les scènes de combat, il est difficile par moment de suivre les mouvements des personnages. Des scènes muettes sont présentes, laissant au lecteur la possibilité d’imposer son propre rythme de découverte des cases. Quelques jeux de mots de ci-delà titillent nos neurones en fusion (Pajan / Japan, etc). Il y en a un peu partout, sur les noms des personnages principalement et je suis quasi sure d’en avoir laissé passer. Le fait d’avoir une édition spéciale sur le Tome 2 (noir et blanc, format plus grand) est un petit plus. On se rend compte que la colorisation est vraiment accessoire au style de dessin et d’écriture.

Un scénario bien rythmé, des personnages qui nous deviennent vite familiers.

Les réflexions personnelles que je nommerais « bulles de pensée » (à défaut de savoir les nommer autrement) ont leur importance dans le récit. Elles nous permettent de cerner un peu plus les personnalités respectives. A certains moments, ces monologues sont tout de même un peu naïfs, rendant peu crédibles quelques situations.

PictoOKC’est agréable de se laisser surprendre, non ?

Passées les premières pages, on s’adapte rapidement au style de HUB qui nous donne les cartes maîtresses pour cerner les personnages principaux. En revanche, les liens qui les unissent sont peu précisés et les conditions de leurs rencontres restent obscures au sortir de ce diptyque.

Vu que les samouraïs ça ne me connait pas, je suis partie quelque peu sceptique. J’appréhendais de me retrouver confrontée à des choses déjà lues ou déjà vues en adaptation cinématographiques. Et bien non ! On se laisse rapidement piquer par le plaisir de savourer cette série. Plus on avance dans l’histoire et plus elle nous accroche. C’est l’avantage de ne pas être la seule à apprécier la BD à la maison car seule, je pense que je serais passée à côté de cette série. Je trouve que pour une première et, qui plus est, menée en solo, HUB construit une série prometteuse et nous fait profiter d’un dessin maîtrisé réellement agréable.

Okko

Le cycle de l’eau I et II

Cycle terminé / Série en cours

Éditeur : Delcourt

Collection : Terres de Légendes

Dessinateur / Scénariste : HUB

Dépôt légal : Janvier 2005 pour le tome 1
et Décembre 2005 pour le tome 2

ISBN : 978-2-84789-164-5 (tome 1) et 978-2-7560-0024-4 (tome 2)

Bulles bulles bulles…

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Okko, Le cycle de l’eau, tome 2 – Hub © Guy Delcourt productions – 2005

Pour en découvrir plus sur l’univers d’Okko : http://www.editions-delcourt.fr

Le journal de mon père (Taniguchi)

Le Journal de mon père
Taniguchi © Casterman – 1999

A 43 ans, Yoichi apprend le décès de son père qu’il n’avait pas revu depuis une quinzaine d’années. A reculons, il s’organise pour pouvoir se rendre dans son village natal quelques jours pour assister aux funérailles.

Le lecteur est témoin des retrouvailles entre Yoichi et les membres de sa famille avec qui il avait rompu les liens depuis plusieurs années. Malgré cette longue absence, tous l’accueillent avec joie et chaleur. Ensemble, ils vont se se remémorer les souvenirs de son enfance et revenir sur les raisons de sa longue absence.


C’est avec cet album que j’ai découvert l’univers des mangas. Une découverte tardive (2004) due à mon petit libraire qui souhaitait qui voulait me faire découvrir d’autres univers :  » je voudrais te faire lire des mangas, essayes ça… » avait-il dit l’air de rien !

Soit, dit la bonne fée, mais…. j’ai tout de même attendu l’été dernier pour me plonger dedans. Depuis, je dévore Taniguchi, je me suis lancée dans Tezuka et même apprécié la saveur d’un petit manwha.

Chuuut… ce manga se laisse écouter, il se laisse sentir et caresser… tant il nous dit de prendre le temps. C’est avec douceur que Jiro Taniguchi nous prend la main pour faire ce voyage, et c’est avec délicatesse qu’il nous dépose un peu moins de 300 pages plus loin, grandis et émus.

Sorti au Japon en 1995, il a été publié pour la première fois en France sous forme de triptyque (1999). Il est maintenant vendu en intégrale (le petit hic de cette version : l’ordre des bulles au sein des cases n’est pas toujours évident, ce qui saccade un peu la fluidité de la lecture).

Un ouvrage qui comporte de nombreux éléments autobiographiques. Tout en noir et blanc, repaginé pour satisfaire nos habitudes de lecture occidentale… mais on ne perd rien à la saveur de ce voyage intérieur. On y retrouve les thèmes fréquemment abordés par Taniguchi : l’importance du facteur « travail » dans la société japonaise, la famille, les valeurs culturelles comme le respect de l’autre et des traditions…

Le récit fait des va-et-viens sur deux périodes : la période actuelle (et le moment des funérailles) et les années 1950 où l’on s’arrête avec plaisir sur une odeur de saké, de printemps, de shampoing… au gré des souvenirs du personnage principal. Les questions qu’il se pose et les constats qu’il fait nous renvoie à nous. On s’arrête donc sur notre propre rapport à l’autre,  les sentiments que l’on ne met pas en mots par manque de temps ou tout simplement par peur du ridicule.

Ouvrage de référence du maître mangaka.

Ce qui est dommage, c’est que le début de la publication des œuvres de Taniguchi en France a presque coïncidé avec l’arrivée massive des mangas. Je pense que cette déferlante japonaise n’a pas permis à Taniguchi d’être accueilli comme il aurait du l’être. Noyé dans la masse, il a perdu beaucoup de lecteurs.

Vous trouverez chez moi des avis sur d’autres albums de Taniguchi (Un Ciel Radieux, Le Gourmet SolitaireUn Zoo en Hiver, L’Homme de la ToundraIcare, Mon Année, Le Sauveteur, Sky Hawk… voir aussi la rubrique Taniguchi sur ce blog)

Le tome 1 « Le Grand Incendie » a reçu la Mention spéciale du Jury Œcuménique de la Bande Dessinée en 2000. Le même Jury a Attribué son Prix un an plus tard à l’ensemble de la série.

Le Journal de mon père

Roaarrr ChallengeÉditeur : Casterman

Collection : Écritures

Dessinateur / Scénariste : Jiro TANIGUCHI

Dépôt légal : 1999 en France

ISBN : 9782203396098

Bulles bulles bulles…

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Le Journal de mon père – Taniguchi © Casterman – 1999

Le Grand pouvoir du Chninkel (Van Hamme & Rosinski)

Le Grand Pouvoir du Chninkel
Van Hamme – Rosinski © Casterman – 1988

Daar est un monde bien cruel pour les Chninkels, esclaves des races supérieures. A chaque croisée de soleil, les guerriers des Trois Immortels partent guerroyer pour une raison désormais oubliée de tous. Chninkels enchaînés, Tawals velus dressés à combattre… à chaque croisée de soleil, c’est la même boucherie sans nom qui recommence. Un jour, au milieu des corps et des décombres encore fumants du dernier combat, J’on le Chninkel se retrouve seul survivant sur un champ de bataille, libre pour la première fois de sa vie. U’N, le Maître des Mondes, lui apparaît alors et lui confie la mission de réinstaurer la paix sur Daar.


Un grand classique de la bande-dessinée, une « BD culte » je dirais. C’est un petit bijou du 9è Art que j’ai eu envie de partager.

Pour moi, nul doute que je classe cette bande-dessinée dans les petits joyaux de l’Héroïc Fantasy. Tous les ingrédients d’une bonne recette y sont présents : le héros, la quête certes, mais aussi l’amour, les prophéties, les méchants, les guerres et les fées bien sur !

J’ai la version noir et blanc est la meilleure à mes yeux. Je reconnais cependant m’être peu intéressée à la réédition en couleur de cette BD qui est dans les bacs depuis 2002 me semble-t-il. Je l’ai un peu feuilletée cependant, je ne trouve pas que la couleur y apporte grand-chose.

Le noir et blanc donne de la force aux textes, un travail monstrueux d’encrage y a été effectué. Quant au scénario, il offre une magnifique réflexion sur les fondements et les textes des Évangiles.

Le scénario de Van Hamme se permet quelques libertés. J’y apprécie notamment la version Chninkel de la Cène et la manière dont Dieu est représenté : le « Maître des Mondes » a un discours pour le moins… direct.

Des petits clins d’œil à d’autres références littéraires sont disséminées de ci-delà mais, chut… je ne dis pas tout, je ne veux pas spoiler. Pour ne rien gâcher, les personnages sont attachants, sincères, le ton est juste. Je compatis avec ce pauvre petit Chninkel : quelle mission bien lourde pour ces frêles épaules.

Le grand pouvoir du Chninkel

Roaarrr ChallengeÉditeur : Casterman

Dessinateur : Grzegorz ROSINSKI

Scénariste : Jean VAN HAMME

Dépôt légal : Avril 1988

ISBN : 2203334398

Bulles bulles bulles…

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Le Grand Pouvoir du Chninkel – Van Hamme – Rosinski © Casterman – 1988