Qui a tué l’idiot ? (Dumontheuil)

Qui a tué l'idiot ?
Dumontheuil © Casterman – 1996

L’histoire débute en 1906.

Lucien Lurette croise le chemin de ce village si particulier, perdu dans la campagne et aux coutumes si étranges. Qui est Lucien Lurette ? « Lucien Lurette ! Acteur, improvisateur, mime, costumier, accessoiriste. Je fais dans le drame, pour vous servir ! » dira-t-il pour se présenter. En courant après une idée, il fait progressivement la connaissance des habitants qui lui expliquent ce qui se passe dans leur bourgade.

Depuis 6 ans, un tueur en série fait rage et tue, sans aucun mode opératoire précis, les habitants de ce bourg. L’idiot du village a été le premier à mourir de sa main. Il ne fait donc pas bon oublier son pot de chambre et sortir uriner seul en plein milieu de la nuit ! Et comme si cela ne suffisait pas, la remordingue sévit, une terrible maladie qui fait danser la gigue à qui en est atteint !

Y a-t-il quelqu’un de censé en ce lieu ??

Après une récente entrée en matière dans l’univers de Nicolas Dumontheuil, il me fallait retourner à la source ! J’ai vu qu’il avait fait L’Enclave en 1993, mais là, ça ne me dit trop rien… pour le moment.

On se glisse assez rapidement dans cette ambiance loufoque.

Qui a tué l’Idiot ? – Dumontheuil © Casterman – 1996

Sinon ? Un curé suicidaire, un comte louche, un colporteur… Difficile de parler de cet album sans trop en dire, ce qui serait vraiment dommage. Je crois qu’il mérite vraiment d’avoir la primeur de surprendre son lecteur.

PictoOKTrès jolie descente en pente douce vers la folie, ce livre nous livre à un monde à la morale parfois dérangeante. Dumontheuil n’en a pas pour autant oublié d’y ajouter un humour décalé qui fait passer la pilule sans problème.

Un dessin très pur, très beau. Mais combien de temps passait-il donc sur un album avec des dessins d’une telle qualité ? Un superbe travail de mise en couleur et un très bon moment de lecture.

Fauve d’Or à Angoulême en 1997, Prix René Goscinny en 1996.

Qui a tué l’idiot ?

Roaarrr Challenge
Roaarrr Challenge

One Shot

Éditeur : Casterman

Dessinateur / Scénariste : Nicolas DUMONTHEUIL

Dépôt légal : février 1996

ISBN : 2203029617

Bulles bulles bulles…

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Qui a tué l’Idiot ? – Dumontheuil © Casterman – 1996

Ed Gein (Dobbs & Nespolino)

Ed Gein
Dobbs – Nespolino © Soleil Productions – 2009

Un jeune pigiste « placardé à la rubrique des chiens écrasés » décide de suivre le procès de réexamen d’un criminel enfermé depuis 14 ans en psychiatrie. Il s’avère que le criminel en question n’est autre qu’Ed Gein, un homme qu’il a connu  dans son enfance et qu’il surnommait « le croque-mitaine ». Loin d’être aussi banale, cette affaire va ramener le journaliste dans les souvenirs de son enfance …

En flânant sur la toile, je me suis permise d’ouvrir la porte de chez DOBBS.

Hasard du calendrier : il y parlait de la sortie de son prochain album qui maintenant est disponible depuis le 22 avril dernier.

J’ai vadrouillé de-ci de-là sur son blog en profitant de la musique d’ambiance et je me suis régalée. J’ai donc commencé à m’immiscer dans l’ambiance de cet album puisque les premières planches sont mises en ligne sur son blog. Je lis beaucoup de polars (et notamment des Connelly dont peu ne sont pas passés entre mes mains) et j’ai retrouvé cette ambiance de tribunal et quelques similitudes avec certains personnages…

Alors du polar en BD, pourquoi pas ? Cela faisait longtemps !

Je pris donc la bonne résolution de me le procurer le jour de sa sortie, une bonne occasion de dire bonjour à mon petit libraire. Et comme une nouvelle ne vient jamais seule, j’ai découvert la Collection Serial Killer de chez Soleil que je n’avais pas remarquée.

Ed Gein est le quatrième One Shot de cette série débutée en Mars 2007. Une bonne occasion de se faire une idée de la chose.

Ce qui est sur, c’est que l’on ne rentre pas dans la vie d’un tueur en série la fleur au fusil. Et je trouve que l’intervention de ce jeune pigiste (narrateur) nous permet d’y entrer progressivement et d’avoir des temps pour « souffler » pendant la lecture car l’ambiance y est pesante.

Le narrateur enquête pour les besoins de son article. On garde un certain détachement nécessaire aux événements, à défaut de ne pouvoir cacher un malaise dû à ce qui nous est donné de voir. Le scénario fait des vas-et-viens entre les années 50′ (période des faits) et la fin des années 60′ (période du réexamen au pénal). Graphiquement, cela se traduit par du noir & blanc pour les flash-back et des bruns-orangés pour la période la plus récente, ce qui réchauffe un peu l’ambiance générale de l’album… mais ce n’est pas suffisant. Les allées-venues entre ces deux périodes sont super fluides. Excepté pour les personnages qui peuplent les souvenirs du narrateur, je n’ai pas trouvé le noms des protagonistes croisés dans cette bande-dessinée. Les morts ont-ils donc plus de présence que les vivants ?

PictomouiLe thème de la série est atypique et je suis mitigée sur cet album. De l’empathie nait pour Ed Gein, tueur rongé par sa folie, il en souffre. Cette empathie m’a gênée.

De plus,  je me demande comment quelqu’un qui n’est pas habitué à côtoyer des « psychologues / psychiatres /et compagnie » peut accueillir ce récit parfois trop technique à mon goût (j’y suis sensibilisée par le biais de mon travail). Je ne sais pas dire ce qui est le plus violent entre les planches où le rapport d’expertise du médecin psychiatre est retranscrit (inaccessible pour les non-initié à moins de faire une descente sur internet), ou les planches dans lesquelles on observe la perquisition effectuée chez Ed Gein.

Il n’y a aucune moralité à tirer de cette histoire, on en connaît le dénouement avant même d’ouvrir la BD (je rappelle qu’Ed Gein était l’un des tueurs en série les plus connus aux États-Unis et qu’il a bien malgré lui inspiré d’autres artistes et je pense à chaud au Silence des Agneaux).

La manière dont cette histoire nous est présentée est abrupte. On sort de cette lecture avec le sang glacé. Cette BD m’a mise en tension, c’est trop macabre et je ne suis pas friande de ces « ambiances gratuites ». On n’en sort pas grandit, ni plus instruit, et pas trop divertit.

La collection « Serial Killer » n’aurait-elle pas pu faire la place à un diptyque afin d’avoir de temps de détailler un peu plus certains aspects ?

From Hell (Dessin de CAMPBELL, scénar de MOORE, paru en 2000) m’avait également fait ce genre d’impression, mais à minima puisqu’avec plus de 500 planches, l’histoire de Jack l’éventreur était plus romancée, plus étoffée également

Ed Gein

One Shot

Éditeur : Soleil

Collection : Serial Killer

Dessinateur : NESPOLINO

Scénariste : DOBBS

Dépôt légal : avril 2009

ISBN : 9782302003125

Bulles bulles bulles…

Pour cela, je vous laisse vous inviter chez DOBBS pour feuilleter les premières planches.

Il a également réalisé une interview que vous pouvez suivre ici.

Où le regard ne porte pas… tome 2 (Abolin & Pont)

Où le regard ne porte pas, tome 2
Abolin – Pont © Dargaud – 2004

20 ans après les événements du tome 1, Willie, Lisa, Nino et Paolo ont grandi. Ils ne se sont pas revus de toutes ces années.

On les retrouve à Istanbul et « il a suffit d’un sourire de Lisa » et les voilà qui embarquent pour le Costa Rica.

Ce tome a été pour moi l’occasion de baigner, le temps d’une lecture, dans une magnifique histoire d’amitié et des décors qui nous prennent et nous transportent ailleurs. Mon imagination galopante… a galopé !

On quitte les odeurs d’iode des plages italiennes du premier tome pour se plonger dans l’atmosphère humide de la forêt du Costa Rica. Des suites de cases muettes nous offrent la possibilité de nous immiscer dans des décors magnifiques.

Dans cet album, on ne quitte pas les 4 amis. Peu de personnages extérieurs à eux sont amenés à intervenir et peu retiennent l’attention tant le quatuor nous capte. Cette ambiance en huis clos n’est en aucun cas pesante, au contraire même, elle a des relents de liberté.

Il y a moins de rondeur dans les dessins que dans le premier tome… les personnages sont devenus adultes.

C’est suave, doux, c’est tendre, le ton est juste, bref : c’est BEAU !!

Une dose d’humour et des dessins savoureux. Comme pour le premier tome, on flotte dans cet univers. L’ambiance titille un large panel de sentiments. Une belle amitié qu’il nous est donné de découvrir. C’est très sympa, en plus, quand on sait que Pont et Abolin se connaissent depuis toujours, ils ont du prendre beaucoup de plaisir à faire cette série ensemble… en tout cas, c’est ce que l’on ressent.

Des petites surprises, des petits délices nous attendent au coin de chaque bulle.

PictoOK A découvrir, cette BD est un pure moment de bonheur… à relire, elle ne perd rien de sa superbe.

Où le regard ne porte pas

Tome 2 / Diptyque terminé

Éditeur : Dargaud

Collection : Long courrier

Dessinateur : Olivier PONT

Scénariste : Georges ABOLIN

Dépôt légal : Août 2004

ISBN : 978-2205-05098-1

Bulles bulles bulles…

Cette série est bourrée d’humour, il serait dommage de s’en priver !

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Où le regard ne porte pas (tome 2) – Abolin – Pont © Dargaud – 2004

« Et nos sourires en diront plus longs que les mots les mieux choisis » (Georges Abolin)