Tokyo est mon jardin (Boilet & Peeters)

Tokyo est mon jardin
Peeters – Boilet © Casterman – 2003

DABIDO, alias David MARTIN, est embauché par une maison de cognac française et chargé d’implanter le producteur au Japon depuis deux ans. Les exigences et les goûts japonais en matière d’alcool mettent à mal les objectifs commerciaux qui lui sont fixés. Pour arrondir les fins de mois difficiles, il occupe en parallèle un poste au Marché de poissons.

Porté sur l’alcool à force de dégustations, un rien nonchalant,  très épicurien, on va faire connaissance avec Dabido alors qu’il se fait larguer par sa copine mannequin en plein milieu de la nuit…Chronique de la quotidienneté d’un français au pays du Soleil levant.

Décrit comme « un objet culturel non identifié » en préface (signée de Dominique NOGUEZ), Tokyo est mon jardin est une oeuvre dont le sujet est somme toute assez classique. Que l’on soit clair aussi, si je suis venue à cet ouvrage, c’est que le nom de TANIGUCHI y est apposé puisqu’il en a réalisé les trames en noir et blanc.

Ensuite, BOILET, BOILET… on l’aime ou on ne l’aime pas, il n’y a pas de demi-mesure avec cet auteur. Pour ma part, je préfère dire qu’il me semblait logique que tôt ou tard je prenne le temps de lire une de ses œuvres. Je suis une inconditionnelle de TANIGUCHI et la première fois que j’ai vu passer le nom de BOILET était sur Quartier Lointain, puisque BOILET en a réalité la traduction française. Ensuite, ces derniers temps je me suis aussi pas mal posée sur GUIBERT  (Le Photographe, La Guerre d’Alan) avec qui BOILET a collaboré à de nombreuses reprises.

Entendez « Tokyo est mon jardin » comme « je connais Tokyo comme ma poche ». Je passerais rapidement sur les ambiances qui nous sont proposées en musique de fond (« Comme d’habitude » de Cloclo… on passe…). La narration et les dialogues nous font tanguer entre français – japonais – japonais traduit en français – anglais parfois… ça me donne un peu la nausée… Le personnage principal se cherche, l’auteur aussi ?

Bien que j’ai des goûts hétérogènes en matière de BD, je n’ai que moyennement accroché avec le graphisme proposé.

Le style est net et précis, mais je trouve que l’ambiance reste froide. Les moments intimes entre le personnage principal et sa petite amie sont, pour moi, dépourvues de sensualité alors que je pense que cet effet a été recherché. J’ai notamment en tête la scène du pique-nique dans un parc public, scène dans laquelle DABIDO s’attache à prendre minutieusement en photo les différentes parties du corps de son amie… et ses petites mains… Je trouve le dessin assez chirurgical, ce qui a sur moi l’effet d’anesthésier complètement la possible excitation que cela devrait produire normalement.

Régulièrement, l’occasion nous est donnée de nous attarder sur un visage en gros-plan. Les découpes de planches de BOILET sont belles, l’utilisation de grand-angles / gros plans donne une réelle dynamique. Le regard ne se perd pas, au contraire.

L’album est un peu long à se mettre en place. J’ai frôlé l’abandon de lecture à mi-tome, et au final je ne regrette pas d’avoir poursuivi (ce qui est dû à la présence de TANIGUCHI dans la réalisation… je dois bien l’avouer aussi). Au final, l’histoire nous transmet quelque chose d’une morale, d’un sens des actes de chacun et d’un aboutissement, d’une consécration dans les projets engagés. Les personnages sont sobres et naturels, abordables aussi. Le personnage principal, fasciné par le Japon et sa culture, parvient à nous envoûter et nous rend avides d’en savoir toujours plus sur les us et coutumes des « gens de là-bas ». Je pense que c’est peut-être cet amour et cette minutie du personnage, d’être attentif aux moindres choses, qui fait accrocher à la trame de cette histoire.

PictomouiQuand ici et on verra sur la toile des lecteurs emballés, moi je ne crie pas au prodige. Un moment agréable de lecture, mais sans plus.

Tokyo est mon jardin

One Shot

Éditeur : Casterman

Collection : Classiques

Dessinateur : Frédéric BOILET

Scénaristes : Frédéric BOILET & Benoit PEETERS
Participation de Jiro TANIGUCHI

Dépôt légal : avril 2003

ISBN : 2-203-33460-6

Bulles bulles bulles…

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Tokyo est mon jardin – Peeters – Boilet © Casterman – 2003

Mon année, tome 1 (Morvan & Taniguchi)

Mon Année, tome 1
Morvan – Taniguchi © Dargaud – 2009

Deux noms : Taniguchi et Morvan. Ça vous met l’eau à la bouche ?? Vous avez bien raison !!

Capucine est une adorable petite fille. Mais à 8 ans, elle peine déjà à suivre les apprentissages scolaires de sa classe de CP. Il semble qu’il soit temps pour ses parents de se résoudre à l’inscrire dans une structure qui sera en capacité de la prendre en charge… elle est atteinte de trisomie 21.

La cohabitation des pastels sur les dessins de TANIGUCHI et le recours à des dialogues très enfantins pour MORVAN font que cet album respire la fraîcheur malgré le thème grave du récit. Capucine est au centre de cette histoire. Avec ses mots, elle nous permet d’accéder au regard qu’elle pose sur le monde qui l’entoure.

Je dois dire que si on m’avais vanté la beauté de dessins colorisés de Taniguchi, je serais restée très sceptique. J’ai en tête les colorisations faites pour plusieurs jaquettes de ses albums et ce n’est vraiment pas esthétique. Autant, avec des pastels apposés à la main, force est bien de constater que cela ajoute un réel attrait au graphisme. L’ambiance et le style de narration permettent aux auteurs de faire passer beaucoup de choses.

Les dessins de Capucine présents ponctuellement entre les dessins de Taniguchi apportent de la compréhension supplémentaire au récit. C’est tout l’aspect subjectif qui est ici mis en valeur : les émotions, les sentiments et les souffrances des personnages secondaires.

Une ambiance très douce et pleine d’humour.

PictoOKUne petite fille très attachante, très troublante aussi, qui n’aura certainement aucun mal à nous prendre la main pour qu’on l’accompagne pendant encore 3 tomes. Le plein de liens ??

– les chroniques de PlanèteBD et de Sceneario,
– un dossier France2 avec quelques planches,
Bodoï en parle aussi,
– et le meilleur pour la fin : 7 planches mises en ligne par Dargaud.

Mon Année

Tome 1 : Printemps

Série en cours, 4 tomes prévus

Éditeur : Dargaud

Dessinateur : Jiro TANIGUCHI

Scénariste : Jean-David MORVAN

Dépôt légal : novembre 2009

ISBN : 9782505007517

Bulles bulles bulles…

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Mon année, tome 1 – Morvan – Taniguchi © Dargaud – 2009

L’Ile sans sourire (Fernandez)

L'Ile sans sourire
Fernandez © Drugstore – 2009

Ile de YULKUKANY, île de baleiniers… une destination improbable.

Monsieur DEAN y débarque pour un séjour de deux semaines. Il est géologue et vient examiner des pierres.

Son arrivée sur cette Île quelque peu austère convient à sa personnalité et à l’attention qu’il souhaite porter à ses habitants. Cependant, ELI, une petite fille d’une dizaine d’années, n’entend pas le laisser en paix tant qu’il ne lui aura pas sourit… et lui apprendre le bonheur de vivre.

Je vais être assez rapide (je pense) dans la liste des « je n’aime pas » : je n’aime pas l’histoire et je n’aime pas les dessins car je trouve l’ambiance malsaine. Cela m’a rappelé un film allemand : Oscar le Tambour (petit enfant qui ne veut pas grandir) et qui m’avait mise tout autant mal à l’aise de par l’ambiance générale qui y plane.

Jusqu’à présent je n’avais pas été déçue par la BD espagnole (Jazz Meynard, Ken Games et surtout Blacksad)… il faut bien un début à tout.

pictobofpictobofUne histoire très onirique, très sucrée, très optimiste certes. Mais ça n’a pas suffit à m’y faire adhérer.

Tout le monde semble avoir aimé… je vais donc à contre-courant. Je vous propose la preview de BDGest’, la chronique de Fan de BD et la chronique de Nico. Entre la preview vidéo et la preview BDGest’ vous ferez tout de même le plein d’images, ce qui vous permettra de vous faire un embryon d’idée quant à la manière dont vous pourriez accueillir cet album.

L’Ile sans sourire

One Shot

Éditeur : Drugstore

Collection : Aventure

Dessinateur / Scénariste : Enrique FERNANDEZ

Dépôt légal : mai 2009

ISBN : 9782356260550

Bulles bulles bulles…

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L’ile Sans Sourire – Fernandez © Drugstore – 2009

Le Landais Volant, tome 1 (Dumontheuil)

Le Landais Volant, tome 1
Dumontheuil © Futuropolis – 2009

Jean-Dextre Pandar, baron de Cadillac, est en quête des autres !

Quant à lui, il nous est rapidement livré qu’il naquit à Cadillac-sur-Garonne. Girondin donc et qui plus est « Jean-Dextre de Cadillac : de la limousine il a le coffre, le brillant, la reprise et la suspension. L’endurance aussi ». Personnage haut en couleurs, émotif à souhait qui va tenter de se découvrir en Afrique… « est-il à l’abri, lui, J-Dextre, fier représentant de l’humanisme gascon, de préjugés qui jailliraient à la moindre occasion de derrière le paravent de sa bonne foi ? il a peur de lui-même… »

L’acquisition de cette BD a été pur hasard. Je n’en avais pas entendu parler et l’auteur je ne l’avais que feuilleté. Je ne sais pas si on peut dire que c’est de la BD alternative car le monsieur a non moins d’une dizaine de titres à son palmarès et un certain nombres de récompenses à son actif (pour n’en citer qu’un : Alph-Art du meilleur album à Angoulême en 97 avec Qui a tué l’idiot)… enfin, il est chez Futuro depuis 2007 et n’a pas trop de mal à publier (vu qu’ils sont bien placés sur le marché tout de même). L’auteur est adepte de voyages. Au travers de ce personnage, Dumontheuil partage donc avec nous des paysages époustouflants qu’il a côtoyé en Afrique… et des rencontres surtout !

La Lunette

Les premiers pas de Jean-Sol Partre… oups, les premiers pas de Jean-Dextre Pandar ont commencé à être publiés dans La Lunette, une revue bordelaise (je crois) de reportages et d’investigations graphiques qui parait trimestriellement. Aujourd’hui basé à Bordeaux, Dumontheuil partage (ou partageait depuis 2002) un atelier de travail avec d’autres artistes : le Cucuacomekiki.

Dans la troupe : Jean-Denis Pendanx, dont on ne manque pas de remarquer une troublante ressemblance avec Jean-Dextre Pendar …

PictoOKPetits clins d’œil donc, forts agréables en passant.

Plus généralement, cet album est agréable et amusant. Je l’ai tout de même relu car, fichtre !, ma première réaction a été de me dire « mais il ne se passe rien dans ce tome ! »… mais que nenni. Dumontheuil manie aussi bien la plume que le verbe, il faut juste se décoller du premier degré.

Yakasonner pour la preview de l’album sur BDGest :

Autres albums de cet auteur sur le blog : Qui a tué l’Idiot ?, Le Roi Cassé, Le Landais volant tome 2… allez voir les index du blog !

Le Landais Volant

Tome 1 : Conversation avec un Margouillat

Série en cours

Éditeur : Futuropolis

Dessinateur / Scénariste : Nicolas DUMONTHEUIL

Dépôt légal : juin 2009

ISBN : 9782754802703

Et il semblerait que la suite des aventures de Pendar soit prévue pour octobre :

Le Landais Volant, tome 2 – Dumontheuil © L’Association – 2009

Bulles bulles bulles…

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Le Landais Volant, tome 1 – Dumontheuil © Futuropolis – 2009

BitterKomix (Collectif)

Bitterkomix

De la bande-dessinée qui sort un peu de mes lectures habituelles, mais il est vrai que ces derniers temps, l’envie de lire autre chose était prégnante. BD un peu différente également puisque les planches présentées ont initialement été publiées dans une revue de BD sud-africaine… et que cela fait des lustres que je n’ai pas lu de revues de BD (je suis une nostalgique inconditionnelle des Fluides des années 80-90…).

L’idée que l’Association publie un recueil des meilleures parutions de Bitterkomix s’est fait progressivement.

Au départ, passage à l’An 2000 oblige, l’Association monte le projet COMIX 2000 : album de BD muettes de 2000 pages dessinées par des auteurs de 29 pays différents.

Dans ce contexte, Jean-Christophe MENU réceptionne notamment les planches de la revue Bitterkomix. Trois auteurs sud-africains sont alors repérés : Anton KANNEMEYER qui signe sous le nom de Joe DOG, Conrad BOTES qui signe sous le pseudo de KONRADSKI et Mark KANNEMEYER qui signe sous le pseudo de Lorcan WHITE. Tous trois sont Afrikaners. Tous trois ont grandis en Afrique du Sud et vécus quelques années en Europe.

Tous trois ont une dent monstrueuse contre le système éducatif dans lequel ils ont grandis. La revue Bitterkomix voit le jour en 1992 alors qu’ils usent leurs fonds de culotte sur les bancs de la FAC.

Extrait de l’article d’introduction rédigé par JC MENU :

Propos de JC MENU

Un article de Gregory KERR explique très bien comment les jeunes blancs sont pris en charge par Les Jeunesses Volontaires.

Les points de similitudes à d’autres mouvements (détestables) d’enrôlement des jeunes sont nombreux : la pratique religieuse y est prônée, le respect de l’autorité (en premier lieu respect de l’autorité paternelle mais il y a toute la clique qui s’en suit : culte, système éducatif, armée), l’exclusivité raciale (les blancs sont les leaders naturels du pays) et conformisme sexuel (les blancs avec les blancs, seule l’hétérosexualité est acceptable…)… un système que l’on envie à personne.

La revue BITTERKOMIX fait polémique…

Les auteurs y déversent tout le mépris qu’ils ont à l’égard de ce système de pensée.

© 2008 – Joe Dog, Conrad Botes & L’Association

L’Association rassemble donc 15 années de revue Bitterkomix dans cet ouvrage.

Ce recueil nous parachute dans une société aux rouages quelques peu grinçants et nous offre un bel aperçu des moments les plus marquants de la revue et du collectif Bitterkomix depuis sa création. Mélange de planches en couleurs et de planches en noir et blancs, apports de travaux effectués dans le cadre d’expositions…. le style est pour le moins spartiate et éclectique, traitant des problématiques politiques, raciales… le tout ayant bien fermenté dans un bain d’apartheid.

Les œuvres présentées sont agrémentées de trois articles, dont un rédigé par Jean-Christophe MENU (membre fondateur de l’Association), qui aident énormément à la compréhension du contexte social des auteurs. La présence de ces articles estompe légèrement le côté violent, voire glauque à certains moments, des travaux contenus dans cet ouvrage.

Y transpirent les influences de la BD internationale, et européenne en particulier… Tintin… revue et corrigé, injecté dans les planches, non pour lui rendre hommage mais pour pointer du doigt le caractère racial qu’il contient.

PictoOKCe recueil est réellement intéressant et permet de voir ce qui se fait un peu ailleurs…

D’autres en parlent aussi : du9, Amba TILL.

En 2009, le Festival d’Angoulême a consacré une expo à cette revue… Joe DALY, un des auteurs mentionnés dans cet ouvrage, est l’auteur de The Red Monkey.

Bitterkomix

Éditeur : L’Association

Dessinateurs / Scénaristes : Collectif d’auteurs

Dépôt légal : février 2009

ISBN : 9782844142863

Bulles bulles bulles…

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Bitterkomix © 2008, Joe Dog, Conrad Botes & L’Association