Le magasin général, tome 2 (Loisel & Tripp)

Le Magasin général, tome 2
Loisel & Tripp © Casterman – 2006

Une nuit de décembre, Marie vient en aide à Serge, un motard tombé en panne dans les environs de Notre-Dame-des-Lacs. Marie lui offre l’hospitalité, le temps qu’il s’organise et trouve les pièces nécessaires à la réparation de sa moto.

La venue d’un étranger n’est pas sans créer un certain remue-ménage et délier les langues dans la Paroisse. Serge vient de Montréal. Ancien soldat, choqué par les horreurs de la Guerre, il a choisit de bourlinguer un temps avant de rentrer au pays. Cuistot, vétérinaire, infirmier… les petits jobs effectués pendant ses voyages lui ont appris à s’adapter à tout type de situation. Il émerveille rapidement Marie et gagne la confiance des habitants de Notre-Dame-des-Lacs… malgré les réticences virulentes de certaines « grenouilles de bénitier ».

De « coudonc » en « icitte » et « de que c’est », les expressions québécoises ont tôt fait de nous remettre dans le bain de l’ambiance si chaleureuse que l’on avait déjà eu le temps d’apprécier au tome 1.

La présentation de l’éditeur nous met l’eau à la bouche au début de chaque tome :

« il est rarissime que deux auteurs accomplis, ayant une trentaine d’années de métier, se mettent à dessiner ensemble, remisant leur ego pour se fondre dans un style commun fait du meilleur de chacun d’eux. Voici l’histoire : depuis juillet 2003, Jean-Louis TRIPP partage l’atelier de Régis LOISEL à Montréal. A cette époque, l’un travaille sur le dernier tome de Peter Pan (Vents d’Ouest) et l’autre dessine Paroles d’Anges (Glénat). C’est ainsi qu’ils vont prendre conscience de leur complémentarité : alors que Loisel n’aime rien tant que de mettre en scène une histoire d’un crayon leste et généreux… Tripp s’épanouit en distillant des ambiances sensibles et vibrantes par son trait et sa lumière. Ils décident alors de conjuguer leurs talents selon ce principe de plaisir en donnant naissance à un auteur virtuel. L’action de la présente histoire se déroule au Québec dont la langue parlée, si riche et savoureuse, n’est cependant pas d’accès facile pour la plupart des Français. Loisel et Tripp ont donc demandé à Jimmy BEAULIEU, talentueux auteur montréalais de les aider à trouver un juste niveau de langage qui satisfasse les lecteurs des deux côtés de l’Atlantique ».

Cette série est une belle comédie, triste parfois, entraînante et chaleureuse à souhait et qui nous communique une énergie positive. L’arrivée de Serge au village, quelque peu désert du fait que les hommes sont partis bûcheronner, apporte une présence masculine à ce village. Serge va partager son amour pour les autres et son plaisir de vivre… et redonner des couleurs au quotidien de Marie. Lecteur, on s’attache à tous les protagonistes sans exception, même les trois petites vieilles font leur office et aident à la construction de ce petit univers du bout du monde. Rarement, j’ai eu autant le sourire du début à la fin d’une de mes lectures.

PictoOKPictoOKDe belles gens, un bon état d’esprit, des dessins très beaux… diantre que cette lecture fait du bien !!!

Je la conseille vivement à tous, et d’autant plus si vous avez un coup de blues passager… cet univers fait autant de bien à la tête et au cœur que celui d’Amélie Poulain. Vivement la suite !

Le Magasin Général

Tome 2 : Serge

Série en cours

Éditeur : Casterman

Dessinateurs / Scénaristes : Régis LOISEL et Jean-Louis TRIPP

Dépôt légal : octobre 2006

ISBN : 2203370130

Bulles bulles bulles…

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Le Magasin Général, tome 2 – Loisel – Tripp © Casterman – 2006

Le magasin général, tome 1 (Loisel & Tripp)

Le Magasin Général, tome 1
Tripp & Loisel © Casterman – 2006

Cela se passe au Québec, dans un petit village qui ne doit pas compter plus de 300 âmes. Marie vient de perdre Félix, son époux depuis 20 ans, et se retrouve seule à  gérer le Magasin Général, lieu de rencontres, lieu de vie et de confidences de Notre-Dame-des-Lacs.

La vie est calme, silencieuse. L’enterrement de Félix a lieu… et puis la vie reprend ses droits, reprend son cours…

Lu tard le soir, à un moment où tout le monde est couché, où la musique s’est tue et la soufflerie de l’ordinateur se repose… le côté intimiste et chaleureux de cet album a été comme une caresse.

Cette histoire se déroule dans les années 1900, 1920 peut-être, dans un milieu rural. Chaque habitant est une pierre de l’édifice, chacun apporte sa complémentarité et ses savoirs. La solidarité de voisinage est de mise et on découvre ce petit monde progressivement.

Le trait de LOISEL complété par le trait de TRIPP donne vraiment un rendu magnifique et une ambiance atypique à cet album. Je dirais presque que cela le personnifie tant il demande à être manié avec délicatesse.

Des successions de cases muettes nous permettent également, et ce à plusieurs reprises, de prendre le temps nécessaire à leur découverte, ce qui fait que j’ai également trouvé ce livre très interactif, puisque que lecteur a la possibilité de se laisser porter par son propre rythme de lecture.

Et si je n’en ai pas dit assez, je vous invite aussi à lire cette interview de TRIPP et LOISEL, mise en ligne sur le site de Casterman.

PictoOKUn très bon album que voici et une lecture recommandée pour 76 planches de plaisir.

Dans ma quête actuelle de nouveaux genres et de nouveaux styles en BD, ce tome s’est parfaitement acquitté de sa mission.

Le Magasin Général

Tome 1 : Marie

Série en cours

Éditeur : Casterman

Dessinateurs / Scénaristes : Régis LOISEL / Jean-Louis TRIPP
Avec la participation de Jimmy BEAULIEU (auteur canadien)

Dépôt légal : mars 2006

ISBN : 2203370114

Bulles bulles bulles…

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Le Magasin général, tome 1 – Loisel – Tripp © Casterman – 2006

NonNonBâ (Mizuki)

NonNonBâ
Mizuki © Cornélius – 2006

Nous sommes en 1930 dans un village japonnais.

Shigeru est un jeune garçon sans grandes ambitions. Il vit au jour-le-jour et profite des petits plaisirs de la vie : des bagarres organisées avec la bande rivale des garçons du village, des temps où il écrit des bandes-dessinées et des moments qu’il partage avec NonNonBâ, une petite mamie au grand cœur.

La famille de Shigeru a accueilli NonNonBâ depuis le décès de son mari. Pour les remercier, elle leur rend de petits services.

La complicité qui unit NonNonBâ et Shigeru fait fi des générations qui les séparent. Shigeru la sollicite sans cesse pour qu’elle lui raconte encore et encore des histoires de Yokaïs, ces petits êtres surnaturels, plus ou moins dangereux, plus ou moins monstrueux.

Ce n’est pas le graphisme de ce manga qui m’a accroché, loin de là. Mais NonNonBâ est réellement une très belle BD. MIZUKI a injecté quelques éléments autobiographiques, mais cela ne lui sert que de trame pour nous guider dans les mythes et les croyances d’un Japon rural, peu ouvert au progrès (le progrès vient-il à lui d’ailleurs ??). Le poids des coutumes est toujours très présent dans la vie de tous les jours et les références aux valeurs japonaises sont nombreuses (importance du Paraître, de la nécessité de traiter les autres avec respect, de l’influence des Dieux et des esprits malins…).

PictoOKPictoOKPoétique et pertinent, ce livre m’a réellement emballée. Malgré le poids des traditions et des croyances populaires, il en ressort réellement un certain amour de la vie et une douceur de vivre. Cet ouvrage n’est pas non plus sans me rappeler « Mon Voisin Totoro » un film d’animation japonais que mon lutin adore regarder.

Un moment de lecture que je souhaitais partager avec vous et que je conseille.

NonNonBâ

Roaarrr Challenge
Roaarrr Challenge

One Shot

Éditeur : Éditions Cornélius

Collection : Pierre

Dessinateur / Scénariste : Shigeru MIZUKI

Dépôt légal : septembre 2006

ISBN : 978-2-915492-25-5

Bulles bulles bulles…

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NonNonBâ – Mizuki © Editions Cornélius – 2006

Rural ! (Davodeau)

Rural
Davodeau © Guy Delcourt Productions – 2001

Olivier, Étienne, Jean-Claude, Philippe, Catherine… tous vivent à la campagne dans le Maine-et-Loire, près d’Angers.

Ce reportage couvre une période d’une année et débute en Février 2000. A l’initiative d’Étienne DAVODEAU (qui a contacté les différents protagonistes), cet ouvrage nous permet de les suivre au quotidien. Il est ici question d’agriculture principalement, mais aussi des motivations et convictions de 3 amis et salariés qui ont monté un Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC). Leur outil de travail est une exploitation agricole qui produit bio.

Quant à Philippe et Catherine, ils ont acheté une ruine il y a 10 ans de cela et la retapent.
Les aléas de la vie, les joies et les peines, tout cela va devoir se gérer en tenant en compte qu’une nouvelle autoroute va passer près, très près de chez eux… ils vont devoir réviser leurs projets d’avenir.

Ce n’est pas une fiction, mais un reportage.

… C’est l’histoire de trois hommes qui ont réunis leurs forces et leurs convictions pour monter une exploitation agricole. DAVODEAU va les suivre, une année durant, pour montrer les contraintes et les plaisirs aussi (ne les oublions pas) de la vie d’agriculteur.

… C’est l’histoire d’un couple qui de rien s’est fait un petit coin de paradis sur terre malgré les médisances et les difficultés… et le plus dur reste à venir.

… C’est l’histoire de Politiques qui ont les yeux plus gros que le ventre. Leurs danses à la tête de l’État imposent aux « petites gens » de danser la gigue à leur cadence.

C’est l’histoire des habitants d’un village qui fondent une Association pour tenter de limiter les nuisances auxquelles ils vont indubitablement être confrontés quand l’autoroute sera ouverte… C’est l’histoire d’une lutte contre des moulins à vents… et de la vie qui suit son cours.

Une préface de José Bové étonnante en BD, mais pas dépourvue d’intérêt.

Les découpes de planches sont assez basiques (généralement 3 bandes de deux cases chacune). On ne fait pas dans le bobo, on fait dans dans la sobriété. Ce n’est pas le support visuel qui incombe, mais le message que cet album souhaite faire passer qui est prioritaire. Dessins en noirs et blancs, dans lesquels j’ai retrouvé avec plaisir le trait d’Etienne Davodeau. Ce que j’ai apprécié dans cet album, c’est le choix de l’auteur de nous retranscrire son année d’observation à la manière d’un journal de bord. Les informations techniques, nécessaires pour nous faire une idée plus précise des tenants et des aboutissants, nous sont données progressivement dans l’ouvrage et pas dans un paquet informe en début d’album comme cela aurait pu être possible. Davodeau a investigué, il a eu des réponses au fur et à mesure… et l’ouvrage suit ce rythme.On s’attache aux gens qui peuplent ce livre.

L’auteurU n’a rien caché, n’a rien romancé, n’a rien enjolivé, il nous les as donné bruts tels qu’ils sont et c’est peut être pour cela que j’ai accroché rapidement à l’ambiance conviviale et chaleureuse de ce one-Shot.
J’ai rapidement dépassé ma réticence à lire cet ouvrage. Sacré pari de proposer un ouvrage sur le thème du monde de l’agriculture bio avec toutes les polémiques que cela peut soulever ! La question était de savoir comment Davodeau allait défendre ses convictions…

Récemment j’avais lu Les Fils de la Terre (Triptyque / manga), une série qui aborde le monde rural de manière plus « féerique ». Ce triptyque proposait un cas de figure possible dans un futur proche mais se basait sur l’utilisation de deux personnages assez stéréotypés : Shuntaro est un jeune fonctionnaire idéaliste et capable de bouger des montagnes, Kohei un jeune agriculteur acerbe et désillusionné sur l’avenir des agriculteurs.

Roaarrr ChallengeDans Rural !, il n’est pas question de stéréotypes, ni du monde magique de Casimir (ce que je reproche aux Fils de la Terre). Les styles de ces séries sont réellement opposés, pourtant toutes deux font passer un message que l’on retient, qui marque, et qui nous donne à réfléchir. DAVODEAU n’impose aucun positionnement particulier au lecteur. Il dresse des constats, des faits, libre à chacun d’en faire ce que bon lui semble en sortant de cette lecture. Je trouve que c’est la force de cet ouvrage qui a obtenu le Prix Tournesol en 2002.

PictoOKUn reportage intéressant dans lequel DAVODEAU a parfaitement réussi l’exercice de style de ne pas se positionner personnellement, ou très peu. Ce qui nous permet d’avoir un guide de lecture assez neutre et de ne pas être d’emblée rallié à une cause.

Autres ouvrages d’Etienne Davodeau sur ce blog : voir la catégorie Davodeau.

Extraits :

« Trois minutes après sa naissance, le futur steak essaye de se lever » (Rural !).

« Ils ont deux mois pour fouiller le site. Puis, les bulldozers arrivent. Alors, sous le soleil, ils notent, cartographient, prélèvent, photographient toutes ces traces humaines dont certaines les attendaient depuis 19 siècles sous quelques centimètres de terre. 19 siècles et 2 mois. Puis place aux bagnoles. C’est le progrès, petit Gaulois » (Rural !).

Rural !
Chronique d’une collision politique

One-Shot

Éditeur : Delcourt

Collection : Encrages

Dessinateur / Scénariste : Etienne DAVODEAU

Dépôt légal : mai 2001

Bulles bulles bulles…

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Rural ! – Davodeau © Guy Delcourt Productions – 2001