D, tome 1 (Ayroles & Maïorana)

D, tome 1
Ayroles – Maïorana © Guy Delcourt Productions – 2009

Richard DRAKE rentre d’expédition, alors que tout le monde le croyait mort. Lors d’une soirée qui réunit toutes les huiles de la haute société anglaise, il fait la connaissance de Catherine LACOMBE… dont il tombe amoureux. Il rivalise alors de courtoisie avec Lord FAURESTON, un jeune dandy mystérieux qui fait également la cours à la belle.

Le chemin de Richard DRAKE va alors croiser Mister JONES, un pitoyable chasseur de vampires, qui pourchasse Lord Faureston.

Le fait de participer à l’aventure de Yaneck, le  » Top BD des blogueurs « , me fait sortir de ma bibliothèque des titres que j’avais mis en attente de lecture.

C’est le cas pour D.

Je pensais que D serait à la hauteur de mes attentes…  sachant que AYROLES + MAÏORANA + LEPREVOST (couleurs) = Garulfo…. on doit forcément arriver à quelque chose de sympa !

J’ai passé un bon moment avec cet album, c’est certain… En un tome, dessinateur et scénariste sont parvenus à camper intrigue et personnages. Les dessins sont splendides, le scénario est « net et précis », quelques notes d’humour mais sans plus, beaucoup de dérision…

D, tome 1 – Ayroles – Maïorana © Guy Delcourt productions – 2009

MAIS, et parce qu’il y a un MAIS : je suis déçue par cet album.

Cela faisait un certain temps que je n’avais rien lu sur le monde des vampires et je dois avouer que D n’apporte pas grand chose de nouveau à ma « culture vampire ». Des femmes qui craquent pour un beau ténébreux, un vampire qui ne sort que la nuit, l’utilisation du pieux et du crucifix… bref, rien d’exceptionnel, pour le moment en tout cas.

Je souhaite que cette série devienne incontournable d’ici quelques années, mais pour le moment, je trouve la mise en jambe tranquille, voire un peu molle.

PictomouiVampire vous avez dit Vampire ?

Je suis complètement mitigée sur ce tome qui me déçois au niveau de l’originalité. Je m’attendais vraiment à autre chose venant de cette équipe dessinateur/scénariste. C’est beau, cela se lit bien mais sans plus.

D

Tome 1 : Lord Faureston

Série en cours

Éditeur : Delcourt

Collection : Conquistador

Dessinateur : Bruno MAÏORANA

Scénariste : Alain AYROLES

Dépôt légal : janvier 2009

ISBN : 978-2-7560-0412-9

Bulles bulles bulles…

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D, tome 1 – Ayroles – Maïorana © Guy Delcourt productions – 2009

Le combat ordinaire (Larcenet)

Le Combat ordinaire, tome 1
Larcenet © Dargaud – 2003
Le Combat ordinaire, tome 2
Larcenet © Dargaud – 2004
Le Combat ordinaire, tome 3
Larcenet © Dargaud – 2006
Le Combat ordinaire, tome 4
Larcenet © Dargaud – 2008

Début des années 2000.

Il s’appelle Marco, il est photographe, célibataire et vit dans e trou du cul du monde. On fait sa connaissance en pleine séance de thérapie. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est sensible à ce qui l’entoure et assez émotif. En un saut de case, il peut passer du rire aux larmes, de l’ironie au grand moment de solitude (au sens propre comme au sens figuré).

Sur le quatrième de couverture il est écrit : « c’est l’histoire d’un photographe fatigué, d’une fille patiente, d’horreurs banales et d’un chat pénible ».

Je commencerais par dire que c’est une perle. Attention : BD incontournable !!

Qui dit Manu Larcenet dit Bill Baroud, Nic Oumouk pour les plus connus. Le dessin des albums est simple, convivial, il va à l’essentiel. Le Combat ordinaire me faisait de l’œil depuis un moment et j’ai profité de la sortie du dernier tome pour l’acheter. Pourtant, le style de dessin n’est pas forcément celui vers lequel je me tourne spontanément.

A la première lecture, le plaisir de la découverte bien sûr, mais surtout la sensation d’avoir dans les mains une œuvre profondément humaine. J’ai apprécié la désinvolture des personnages. Le style de dessin est sans fioritures aucunes mais les personnages qui évoluent dans le Combat ordinaire sont d’une sincérité et d’un réalisme incroyables. Ce sont des gens banals, qui mènent des vies banales… qui nous touchent. La peur, la mort, l’amour, la colère… le chômage, la pauvreté, la guerre, Le Pen au premier tour des élections de 2002… on vit tout ça tour à tour sans avoir l’impression d’être bernés par le récit.

La série sonne juste, elle se positionne et n’hésite pas à se remettre en question. Mais à la première lecture, je ne m’étais arrêtée que sur la forme (pas la forme physique hein, qu’on ne se trompe pas !). Bref, j’avais rangé cette série dans ma bibliothèque personnelle… et puis j’ai eu envie de la relire.

A la seconde lecture, même impression, sauf que quelque chose de nouveau m’a sauté aux yeux. Il y a bien les personnages qui évoluent, qui mûrissent, et à qui on s’attache. Il y a bien ces petits événements qui font que la vie est ce qu’elle est, il y a bien ce style de dessin minimaliste qui paye pas de mine si on ne prend pas le temps de se poser avec la BD. Les couleurs ne sont pas là seulement pour enjoliver la chose. Elles apportent au scénario et au dessin une foultitude de petits détails, elle situent l’état d’esprit de Marco (personnage principal).

C’est donc sur le fond que je veux m’arrêter ici. Il y a dans cette œuvre une technicité qui me laisse pantoise et qui, comparée à mes autres lectures, n’a jamais été aussi maîtrisée. Prenez le temps de la lire, ou de la relire. J’imagine cependant fort aisément ne pas être la seule à avoir remarqué cela, mais je me berce d’illusions, en état d’extase (attention : lecteur heureux !).

Je vais prendre le temps de vous dépeindre cela. On repère rapidement dans le développement de l’histoire que Marco a des crises d’angoisses. Dans ce cas, les fonds de cases deviennent rouge. Il est mal. L’ambiance des cases : noir-blanc-rouge. On verra aussi rapidement qu’il fait des introversions et que pour ces périodes-là les fonds de cases sont en noir et blanc. Maintenant, je vais essayer de me rendre compréhensible pour la suite des choses.

Dans le Combat ordinaire, on manie les extrêmes en permanence : d’un Marco euphorique à l’idée de retrouver ses amis de l’usine, le temps d’un reportage photos, à la situation de précarité dans lesquels ces derniers se trouvent. De la tristesse de perdre un être cher au soulagement de ne pas à avoir à revivre cet événement. On est face à un subtile dosage :

Le Combat ordinaire – Larcenet © Dargaud – 2003 à 2008

Ce que j’ai le plus apprécié, c’est le travail de fourmis que les frères Larcenet (Patrice à la couleur) ont fait afin de permettre une écriture à double vitesse. Concrètement, j’ai remarqué que la couleur des fonds de cases coïncide avec l’état d’esprit du personnage principal. Du coup, les couleurs utilisées font venir à l’esprit des expressions toutes faites. On voit Marco « rigoler jaune » et passer une « nuit blanche ». On le voit « voir la vie en rose » et deux cases plus loin être « vert de peur ». On le voit montrer « pattes blanches » et j’en passe et des meilleures.

Cela permet aussi de soulager le scénario, d’avoir des dessins qui vont à l’essentiel et d’être embarqué dans l’histoire très rapidement.

Les couleurs, c’est le petit bonus. C’est la bande-sons de la BD ou la 3D, comme vous voulez. On a le sens propre et le sens figuré au sein d’une même case, le tout agrémenté de dialogues intelligents et qui ne sont pas piqués des vers. Le ton est direct et juste. C’est fendard.

Le tome 1 fut Lauréat du Fauve d’Or d’Angoulême en 2004.

Le tome 2 a obtenu, en 2005, le Prix Tournesol et le Prix du Jury Œcuménique de la Bande Dessinée.

PictoOKPictoOKA lire, à lire et à lire. Et pour mieux vous rendre compte de tout ce que je vous ais dit, je vous invite à aller vous en rendre compte de vous même ! Les teintes de couleurs nous signifient donc tour-à-tour la tension, la peur, la tristesse, la joie… C’est un gros boulot qui a été fait. Jamais je n’avais autant prêté autant attention à l’utilisation des couleurs.

Le Combat Ordinaire, c’est une délicieuse recette : un soupçon d’autobiographie, une once de fiction, une pointe d’humour. Vous remuez le tout en l’agrémentant d’un regard critique sur une société en mal de vivre. On y retrouvera forcément des stéréotypes (les chasseurs sont des cons, les mères sont inquiètes…), mais le style est agréable. Il y a d’autres représentations auxquelles Larcenet fait référence. Celles avec les animaux. L’exemple le plus flagrant concerne son ami de chantier, Pablo, qui est présenté comme quelqu’un de réfléchit, de posé. Mais je ne m’attaquerais pas aux symboliques animales.

J’ai fait une page sur le blog où j’ai mis de côté ce que j’ai trouvé sur la symbolique des couleurs.

« La fuite fait partie du combat »

Le Combat ordinaire

Roaarrr Challenge
Roaarrr Challenge

4 tomes

Série finie

Éditeur : Dargaud

Dessinateur / Scénariste : Manu LARCENET

Dépôt légal : de mars 2003 à mars 2008

ISBN : voir fiche série sur le site de l’éditeur

Bulles bulles bulles…

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Le Combat ordinaire – Larcenet © Dargaud – 2003 à 2008

Ed Gein (Dobbs & Nespolino)

Ed Gein
Dobbs – Nespolino © Soleil Productions – 2009

Un jeune pigiste « placardé à la rubrique des chiens écrasés » décide de suivre le procès de réexamen d’un criminel enfermé depuis 14 ans en psychiatrie. Il s’avère que le criminel en question n’est autre qu’Ed Gein, un homme qu’il a connu  dans son enfance et qu’il surnommait « le croque-mitaine ». Loin d’être aussi banale, cette affaire va ramener le journaliste dans les souvenirs de son enfance …

En flânant sur la toile, je me suis permise d’ouvrir la porte de chez DOBBS.

Hasard du calendrier : il y parlait de la sortie de son prochain album qui maintenant est disponible depuis le 22 avril dernier.

J’ai vadrouillé de-ci de-là sur son blog en profitant de la musique d’ambiance et je me suis régalée. J’ai donc commencé à m’immiscer dans l’ambiance de cet album puisque les premières planches sont mises en ligne sur son blog. Je lis beaucoup de polars (et notamment des Connelly dont peu ne sont pas passés entre mes mains) et j’ai retrouvé cette ambiance de tribunal et quelques similitudes avec certains personnages…

Alors du polar en BD, pourquoi pas ? Cela faisait longtemps !

Je pris donc la bonne résolution de me le procurer le jour de sa sortie, une bonne occasion de dire bonjour à mon petit libraire. Et comme une nouvelle ne vient jamais seule, j’ai découvert la Collection Serial Killer de chez Soleil que je n’avais pas remarquée.

Ed Gein est le quatrième One Shot de cette série débutée en Mars 2007. Une bonne occasion de se faire une idée de la chose.

Ce qui est sur, c’est que l’on ne rentre pas dans la vie d’un tueur en série la fleur au fusil. Et je trouve que l’intervention de ce jeune pigiste (narrateur) nous permet d’y entrer progressivement et d’avoir des temps pour « souffler » pendant la lecture car l’ambiance y est pesante.

Le narrateur enquête pour les besoins de son article. On garde un certain détachement nécessaire aux événements, à défaut de ne pouvoir cacher un malaise dû à ce qui nous est donné de voir. Le scénario fait des vas-et-viens entre les années 50′ (période des faits) et la fin des années 60′ (période du réexamen au pénal). Graphiquement, cela se traduit par du noir & blanc pour les flash-back et des bruns-orangés pour la période la plus récente, ce qui réchauffe un peu l’ambiance générale de l’album… mais ce n’est pas suffisant. Les allées-venues entre ces deux périodes sont super fluides. Excepté pour les personnages qui peuplent les souvenirs du narrateur, je n’ai pas trouvé le noms des protagonistes croisés dans cette bande-dessinée. Les morts ont-ils donc plus de présence que les vivants ?

PictomouiLe thème de la série est atypique et je suis mitigée sur cet album. De l’empathie nait pour Ed Gein, tueur rongé par sa folie, il en souffre. Cette empathie m’a gênée.

De plus,  je me demande comment quelqu’un qui n’est pas habitué à côtoyer des « psychologues / psychiatres /et compagnie » peut accueillir ce récit parfois trop technique à mon goût (j’y suis sensibilisée par le biais de mon travail). Je ne sais pas dire ce qui est le plus violent entre les planches où le rapport d’expertise du médecin psychiatre est retranscrit (inaccessible pour les non-initié à moins de faire une descente sur internet), ou les planches dans lesquelles on observe la perquisition effectuée chez Ed Gein.

Il n’y a aucune moralité à tirer de cette histoire, on en connaît le dénouement avant même d’ouvrir la BD (je rappelle qu’Ed Gein était l’un des tueurs en série les plus connus aux États-Unis et qu’il a bien malgré lui inspiré d’autres artistes et je pense à chaud au Silence des Agneaux).

La manière dont cette histoire nous est présentée est abrupte. On sort de cette lecture avec le sang glacé. Cette BD m’a mise en tension, c’est trop macabre et je ne suis pas friande de ces « ambiances gratuites ». On n’en sort pas grandit, ni plus instruit, et pas trop divertit.

La collection « Serial Killer » n’aurait-elle pas pu faire la place à un diptyque afin d’avoir de temps de détailler un peu plus certains aspects ?

From Hell (Dessin de CAMPBELL, scénar de MOORE, paru en 2000) m’avait également fait ce genre d’impression, mais à minima puisqu’avec plus de 500 planches, l’histoire de Jack l’éventreur était plus romancée, plus étoffée également

Ed Gein

One Shot

Éditeur : Soleil

Collection : Serial Killer

Dessinateur : NESPOLINO

Scénariste : DOBBS

Dépôt légal : avril 2009

ISBN : 9782302003125

Bulles bulles bulles…

Pour cela, je vous laisse vous inviter chez DOBBS pour feuilleter les premières planches.

Il a également réalisé une interview que vous pouvez suivre ici.