Sixtine, tome 3 (Maupomé & Soleilhac)

Maupomé – Soleilhac © Editions de La Gouttière – 2020

Sixtine est orpheline. Adolescente intrépide, elle a grandi sous le regard aimant de de sa mère. Toutes deux vivent modestement. Au décès de son père, les grands-parents paternels de Sixtine ont définitivement tourné le dos à leur belle-fille. D’ailleurs, ils n’avaient jamais accepté que leur fils se marie avec une femme de si modeste condition.

Depuis toute petite, Sixtine ne passe pas un jour sans Igor le Muet, Tranche-trogne et Archembeau, trois pirates fantômes. Ce sont ses amis, ses confidents et ses compagnons de jeu. Ils l’ont initiée à l’art du combat au sabre, à celui de l’esquive, de l’habileté et… de la répartie. Ces derniers temps pourtant, Sixtine se pose des questions et elle ne sait pas trop où trouver ses réponses. Les pirates sont de bons vivants mais qu’en savent-ils eux… sur son père par exemple ?

Oui, depuis quelques temps, le regard de Sixtine sur son environnement change. Cela a commencé il y a quelques mois, quand sa mère et elle – croulant sous les dettes – furent menacées d’expulsion. Voulant à tout pris aider sa mère à trouver une solution, Sixtine cherche à entrer en lien avec les parents de son père. Son initiative se solde par un échec. Pour Sixtine, il n’y a plus qu’une seule chose à faire : voler un trésor aztèque précieusement conservé dans un musée et le revendre ensuite ; le prix qu’elle devrait en tirer couvrira amplement les créances. Elle parvient effectivement à dérober le trésor mais Sixtine n’a d’autre choix que de l’enterrer dans un endroit sûr en attendant que les choses s’apaisent. Car depuis cette aventure, Sixtine est témoin d’étranges événements qui bousculent sa vie. De terrifiantes créatures rodent dans son sillage et la menacent.

Et comme la vie a toujours son lot de belles surprises, et comme pour atténuer toute cette tension, Sixtine découvre qu’un mystérieux ange gardien agit dans l’ombre et veille à la protéger.

J’ai embarqué dans l’univers de Sixtine en juin 2016 et vous ai brièvement parlé du premier tome de la série au moment de sa sortie en octobre 2017. Pour d’obscures raisons [je prendrai peut-être le temps de vous expliquer ça bientôt], le second tome de Sixtine n’est jamais arrivé jusqu’au Bar à BD [même s’il est arrivé chez moi et qu’il a été dévoré comme le précédent].

Sixtine, cela parle de l’adolescence en premier lieu. De ce moment si particulier de la vie où un individu quitte douloureusement le monde de l’enfance (avec tout ce que cela implique au niveau de l’imaginaire, des centres d’intérêt qui changent, de son rapport à l’autre qui se modifie, de son corps qui se transforme…) pour entrer doucement, pas à pas, dans le monde des adultes.

Sixtine, cela parle aussi d’identité. De ce que c’est que d’être orphelin et de ce que cela implique sur ce que l’on ne sait pas (ou de ce que l’on sait par la bouche des autres) sur la personnalité d’un parent que l’on n’a pas eu l’occasion de connaître. Lui ressemble-t-on ? A-t-on les mêmes tics ? Le même accent ? Les mêmes goûts musicaux ? Le(s) même(s) don(s) ?…

Sixtine, c’est aussi la chaleur d’une famille même si celle-ci est réduite à presque rien, à la bulle qu’une mère et sa fille ont créé et qu’elles parviennent à entretenir. Puis de la famille en général : cette manière de s’appuyer les uns sur les autres, de s’épauler… de s’opposer quand il y a désaccords. De se réconcilier ensuite.

Sixtine, c’est aussi la question du rejet. Du pourquoi certains se retrouvent amputés d’un pan de leur famille alors que la cassure s’est opérée avant même qu’ils puissent avoir voix au chapitre… ou parce que leur voix ne compte pas, comme s’ils étaient muets… ou parce que les adultes – trop affairés pour les écouter – ne tiennent pas compte de leur opinion.

Sixtine, c’est enfin une histoire d’amitiés. Parce qu’il y a la famille de sang dans laquelle on grandit… mais il y a aussi et surtout la famille qu’on se crée avec certains amis.

Parce qu’entre un adulte et un enfant, ces sujets que je viens de lister sont trop souvent abordés avec retenue. Il est plus simple de parler du doigt qu’on se met dans le nez plutôt que du parent qui n’a jamais été présent dans la cellule familiale. Difficile d’en parler spontanément, de façon décontractée. Et quand (enfin) la discussion est engagée, les premiers mots échangés donnent (souvent) l’impression qu’on vient de mettre les deux pieds sur une planche savonneuse… On y va maladroitement… D’autant qu’il est difficile d’aborder ces sujets parce qu’ils font (aussi) naitre des questions [compliquées] dans la tête de nos enfants… et que l’on sait d’avance qu’on n’aura pas de réponse (cohérente/intelligente/rassurante) à apporter. Frédéric Maupomé pourtant nous livre des pépites comme Sixtine, SuperS et Anuki qui sont de réels leviers à tous ces sujets compliqués. Pêle-mêle, Anuki (pour les pitchouns de 3-4 ans), SuperS et Sixtine (pour les plus grands dès 8 ans) abordent avec humour et finesse des sujets comme l’identité, l’amitié, les migrants, le deuil, l’environnement, le racisme… j’en passe.

Des ouvrages jeunesse qui sont donc de remarquables supports intermédiaires pour lancer la conversation. Pour un adulte, c’est un régal ; les métaphores contenues dans ces histoires sont un magnifique plongeoir pour faire enfin le grand saut. Plouf ! Du côté de l’enfant, ces séries [bien sûr, il y en aurait d’autres mais déjà, il y a une vraie richesse dans celles écrites par Fred] permettent au jeune lecteur de continuer à nourrir sa réflexion à bas bruit jusqu’au jour où il constate qu’il/elle a à peu près cerné ce qui le/la gêne et se sent prêt à questionner ses/ses parent(s).

Le scénario de Sixtine est ciselé. Il déplie dans un même mouvement un sujet sérieux et un élément plus ludique. Le message passe parfaitement, sans donner l’impression qu’un adulte fait une leçon de morale. Le scénario est parfaitement accessible à son lectorat et sans recourir à un vocabulaire générationnel saturé de termes « à la mode » , influencés par les médias sociaux existant, les séries du moment ou les peoples qui font le buzz. Frédéric Maupomé a créé un univers que des lecteurs de tous les âges vont visiter, investir et apprécier.

Après, si Sixtine plait autant, c’est aussi (surtout ? 😛 ) grâce au travail d’Aude Soleilhac qui a su trouver les couleurs, les trognes et la dynamique visuelle qui convenaient. Son trait ludique, joyeux et plein de mouvements se montre tout à fait capable de tenir sur ses fortes épaules ce scénario aussi solide. Quand le propos est grave ou que la scène est pleine de tension, le trait de l’artiste fait passer ce moment de tension comme une lettre à la Poste… c’est un album jeunesse ne l’oublions pas, il ne s’agit pas d’effrayer les foules non plus.

Bref, Sixtine, c’est l’alchimie entre un personnage et son univers. Entre un scénario et ses illustrations. Entre la série et ses lecteurs. Je kiffe… et mes gamins encore plus.

Sixtine / Tome 3 : Le Salut du Pirate

Editeur : Editions de La Gouttière

Dessinateur : Aude SOLEILHAC / Scénariste : Frédéric MAUPOME

Dépôt légal : janvier 2020 / 80 pages / 13,70 euros

ISBN : 979-10-92111-98-9

Lili Crochette et Monsieur Mouche, tome 2 (Chamblain & Supiot)

Chamblain – Supiot © Editions de la Gouttière – 2017

Solange, la gentille nurse d’Elisabeth, est tombée malade. Elisabeth continue pourtant de la faire tourner chèvre et en profite pour faire le mur. Sitôt dehors, elle file rejoindre Mouche, son colibri, et enfile son costume de pirate. Dès lors, elle devient Lili Crochette.
Toujours aussi espiègle, Lili Crochette n’a qu’une seule idée en tête : sauter dans sa barque et rejoindre le large et s’aventurer en toute liberté sur l’océan. Aujourd’hui, Lili tombe sur un os puisqu’elle croise Bings, Barks et Bones, trois garnements de la pire espèce. Les jeunes morveux coulent la barque de Lili et la laisse dans un tonneau rempli de poissons pas très frais. De retour à la maison, Solange lui annonce qu’elle part en convalescence et qu’elle sera remplacée par Mami Wata, une nounou vaudou. Cette dernière a de la poigne, un sacré tempérament et quelques tours dans son sac pour raisonner Lili et l’amener à rester à la maison…

On retrouve toute la fraicheur du premier tome, toute la malice de la fillette qui ne semble avoir aucune limite si ce n’est… quelques peurs enfantines tout à fait légitimes. Car l’héroïne a beau ne pas avoir froid aux yeux, il est tout de même des choses qui impressionne et notamment la magie vaudou. Joris Chamblain épice les quatre cents coups de Lili d’une pointe surnaturelle. Le mélange est détonnant pour une lecture jeunesse mais pas si étonnant pour les récits de piraterie.

Le dessin d’Olivier Supiot est très souple et tout en rondeur. Pas le temps d’angoisser vraiment, tout au plus quelques sueurs froides à la première lecture car on ne sait pas de quoi cette nounou vaudou est capable même si, il faut bien l’avouer, elle semble plutôt sympathique à première vue.

Un album plein d’énergie qui devrait nourrir l’imagination déjà galopante des jeunes lecteurs !

Indication de l’éditeur : à partir de 5 ans.

Lili Crochette et Monsieur Mouche

Tome 2 : La Nounou vaudou
Série en cours
Editeur : La Gouttière
Dessinateur : Olivier SUPIOT
Scénariste : Joris CHAMBLAIN
Dépôt légal : octobre 2017
32 pages, 10,70 euros, ISBN : 979-10-92111-63-7

Bulles bulles bulles…

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Lili Crochette et Monsieur Mouche, tome 2 – Chamblain – Supiot © Editions de la Gouttière – 2017

Pile ou Face, tome 2 (Larson & Mock)

Larson – Mock © Rue de Sèvres – 2017

Alexandre et Cléopâtre ont retrouvé leur père. Après la joie des retrouvailles, place au récit des derniers mois et c’est l’occasion pour les jumeaux d’en apprendre davantage sur leurs origines.
Ils détiennent toujours le couteau et la boussole que leur mère leur a légués avant de disparaître. Ce sont des clés et s’ils parviennent à déchiffrer les inscriptions qu’ils contiennent, peut-être trouveront-ils enfin leur trésor. Tout laisse à penser qu’il se trouve dans les îles Marshall.

Largement inexplorées et grouillant de requins et d’indigènes hostiles. Il n’y a pas lieu plus sûr pour cacher un trésor… c’est-à-dire qu’il n’y a pas lieu plus dangereux.

Cap pour l’aventure ! Et le temps leur est compté car le terrifiant Worley est à leur poursuite et souhaite mettre la main à la fois sur le trésor et sur les jumeaux qui pourraient l’aider à servir ses sombres desseins.

La cavale a pris fin, les jumeaux sont réunis, ils ont même retrouvé leur père. Hope Larson consacre maintenant son récit à l’apprentissage. C’est l’occasion de faire passer certaines valeurs morales et de parler d’une vision vieillotte de la place accordée aux femmes dans la société. Pourtant, rien ne picote dans cette aventure de piraterie.

On vogue tranquillement vers le dénouement. Chaque nouvel élément narratif trouve sa place naturellement, sans forcer, sans se bousculer. De fait, on obtient toutes les réponses que l’on pouvait attendre d’une telle épopée sachant qu’elle avait été ambitieuse puisqu’il est question jumeaux orphelins, d’un trésor et de personnages secondaires qui soulèvent les uns après les autres le mystère qui les entoure.

Au dessin, Rebecca Mock réalise des planches que je trouve finalement assez sobres. Le dessin est propre, parfois un peu trop lisse mais finalement, vu la richesse du scénario, le lecteur n’est pas en reste.

Un récit d’aventure sympathique. Duels à l’épée, voyage en mer, courses poursuites, romances, amitiés, suspense… voilà un diptyque jeunesse réussi.

La chronique du premier tome.

Pile ou Face

Tome 2 : Cap sur l’île aux trésors
Diptyque terminé
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Rebecca MOCK
Scénariste : Hope LARSON
Dépôt légal : août 2017
224 pages, 16 euros, ISBN : 978-2-36981-307-1

Bulles bulles bulles…

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Pile ou Face, tome 2 – Larson – Mock © Rue de Sèvres – 2017

Sixtine, tome 1 (Maupomé & Soleilhac)

Maupomé – Soleilhac © La Gouttière – 2017

Il y a un peu plus d’un an, je vous présentais Sixtine. Voilà ce que j’en disais :

« Depuis que son père est décédé lorsqu’elle avait cinq ans, Sixtine vit seule avec sa mère. Cette dernière cumule les petits boulots pour faire face au quotidien mais les dettes s’accumulent dangereusement. D’ailleurs, un avis d’expulsion vient d’être remis à la mère de Sixtine.
Sixtine est une adolescente espiègle. A l’école, Sixtine peut compter sur Martin et Sophie, ses amis d’enfance. Mais Sixtine a un secret. Le jour où sa mère a disséminé les cendres de son père sur la plage, elle a rencontré Igor le Muet, Tranche-trogne et Archembeau. Depuis, ils sont inséparables. Avec eux, elle fait les quatre cents coups et ces derniers lui apprennent tout ce qu’ils savent, à commencer par le code d’honneur des pirates. Car les trois lascars ont écumé les mers et pillés des navires. Mais c’était il y a longtemps et aujourd’hui, ces fantômes se sont pris d’affection pour Sixtine et partagent sa vie » (extrait de mon premier article de Sixtine).

Oui… parce que sur ce coup-là, j’ai eu l’honneur d’être dans le secret des dieux. Des dieux bien nommés (et qui vont m’en vouloir de les qualifier ainsi 😛 ) puisqu’il s’agit de Frédéric Maupomé et Aude Soleilhac. Une belle aventure que j’aurais aimé pouvoir partager davantage avec vous mais il y a toujours ce fichu mauvais temps libre qui nous file entre les pattes…

Sixtine enfant

« Sixtine » c’est avant tout une histoire d’amitié que l’héroïne tisse avec ses camarades d’école et avec trois drôles d’énergumènes qui sont en réalité des fantômes. Depuis que Sixtine les a rencontrés sur une place lorsqu’elle était enfant, il ne se passe pas un jour sans qu’elle ne les voit. Elle se confie à eux, grandit à leurs côtés et se forge une personnalité pour le moins étonnante. Elle tire sa force de cette amitié, une confiance en elle et en ses convictions qu’elle n’a à envier à personne. Dans cette nouvelle série, on retrouve des thèmes chers à Frédéric Maupomé : l’amitié, l’enfance, l’aventure, l’intégrité. De nouveau, la question du trio : le trio des fantômes, celui que Sixtine a construit avec Martin et Sophie (dans d’autres albums, il y a celui de SuperS aussi avec la fratrie de Mat, Benji et Lili, ou bien encore celui d’Anuki). Des trios qui permettent aux dialogues de fuser, aux idées de jaillir et au scénario de rebondir en permanence.

La place de l’adulte aussi ; elle se décline différemment dans ces séries. Pour Sixtine, qui est orpheline de père, le lien à la mère est sa bouée, son phare. Pour que sa maman ne s’inquiète pas, Sixtine se montre forte et si elle garde le cap, c’est en partie dû à la présence des trois flibustiers ; ils lui ont appris bien plus qu’un vocabulaire pour le moins poussiéreux. Le fait que Sixtine soit la seule à les voir donne lieu à des scènes cocasses et entraîne la jeune fille dans des aventures rocambolesques.

« Sixtine » fut aussi l’occasion de découvrir le talent d’Aude Soleilhac. Un dessin doux, fluide, expressif qui illustre avec beaucoup de douceur cet univers mi-réaliste mi-fantastique. Elle accompagne Sixtine dans cette période si particulière où l’on se bien que sa vie va prendre un tournant décisif. La dessinatrice marque avec justesse les coups durs et les instants chargés d’émotion. Elle met en valeur les traits de caractère de l’héroïne, pointe avec pudeur ce qui la fragilise, une question d’identité, de filiation… Sixtine ne sait rien de son père et toutes les questions qu’elle a le concernant, et qui restent sans réponse, la mettent à mal.

Pour toutes ces raisons (et bien plus encore !), j’aimerais vraiment que vous découvriez Sixtine. Je vous garantis que cette série jeunesse vous réserve bien des surprises ! 😉

Sixtine est sur ce blog depuis 2016 !

Un album que je partage à l’occasion de « La BD de la semaine » qui se donne aujourd’hui rendez-vous chez Moka !

Sixtine

Tome 1 : L’Or des Aztèques
Série en cours
Editeur : La Gouttière
Dessinateur : Aude SOLEILHAC
Scénariste : Frédéric MAUPOME
Dépôt légal : septembre 2017
80 pages, 13.70 euros, ISBN : 979-10-92111-54-5

Bulles bulles bulles…

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Sixtine, tome 1 – Maupomé – Soleilhac © La Gouttière – 2017

Lili Crochette et Monsieur Mouche, tome 1 (Chamblain & Supiot)

Chamblain – Supiot © Editions de la Gouttière – 2017

Des couleurs qui nous sautent aux yeux. Chaleureuses. Lumineuses. Un paysage à perdre de vue. Et ce prénom qui se présente à nous : « Elizabeth ». Voilà la première planche de l’album, plus qu’une invitation à la lecture… une invitation au voyage. On arrive sur cette petite île, on va accoster sur le ponton sinueux y amarrer notre barque et courir à en perdre haleine vers l’endroit d’où provenait cette voix qui appelle. Non loin, un vaisseau trois mats du XVIIIème est lui aussi amarré. L’appel du large déjà très présent, une envie d’étancher cette soif d’aventure nous saisit.
Elizabeth. Fille du gouverneur qui tente par tous les moyens d’égayer le quotidien morose de la grande demeure dans laquelle elle vit. Seule enfant, elle passe ses journées sous la surveillance d’une nurse à qui elle en fait voir de toutes les couleurs. Reine de l’évasion, Lili a plus d’un tour dans son sac et toujours mille idées qui lui passent par la tête. Un jour, alors qu’elle est punie et consignée dans sa chambre, elle fugue par la fenêtre et court rejoindre Mouche, son ami colibri. La première chose qu’ils s’empressent de faire, c’est de revêtir leurs costumes de pirates. Ils deviennent ainsi les inséparables Lili Crochette et Monsieur Mouche. C’est le début d’une aventure où la fillette va rencontrer de vrais pirates.

Petite fille espiègle qui n’a pas froid aux yeux et qui n’a pas la langue dans sa poche. Elle porte l’histoire avec entrain et embarque pour une épopée pleine de rebondissements. Les couleurs renforcent le côté ludique de du récit et même si Lili se retrouve en de fâcheuses postures, Joris Chamblain la sort avec humour et sans aucune difficulté des pétrins dans lesquels elle se met et s’extrait avec aisance. Rien à voir avec sa précédente série « Enola » qui pourtant fait la part belle à l’imaginaire… Ici, je n’ai pas mâché mon plaisir à découvrir cette fillette vive, inventive, maline et spontanée.

Les dessins d’Olivier Supiot (« Le cheval qui ne voulait plus être une œuvre d’art« , « Pieter et le Lokken« , « Tatoo« ,…) ont plein de pep’s et le petit lecteur peut facilement faire abstraction des phylactères s’il le souhaite, ça ne le privera pas de profiter de cette épopée amusante. Les couleurs sont toniques et les expressions des personnages ne laissent planer aucun doute sur l’état d’esprit dans lequel ils sont.

Une petite série jeunesse craquante que je vous invite à faire découvrir à vos charmantes têtes blondes.

Indication de l’éditeur : à partir de 5 ans.

Lili Crochette et Monsieur Mouche

Tome 1 : Le Fléau du bord de l’eau
Série en cours
Editeur : La Gouttière
Dessinateur : Olivier SUPIOT
Scénariste : Joris CHAMBLAIN
Dépôt légal : mars 2017
32 pages, 10,70 euros, ISBN : 979-10-92111-49-1

Bulles bulles bulles…

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Lili Crochette et Monsieur Mouche, tome 1 – Chamblain – Supiot © Editions de la Gouttière – 2017

Pile ou face, tome 1 (Larson & Mock)

Larson – Mock © Rue de Sèvres – 2016
Larson – Mock © Rue de Sèvres – 2016

Alex et Cléo ont douze ans lorsque leur père disparaît. Pour s’en sortir, ils rejoignent un gang et, sous la houlette de Luther, ils vont cambrioler les bourgeois. Une nuit, Alex se fait prendre par la Police qui les emmène, sa jumelle et lui, au Commissariat. Le Commissaire est strict ; s’ils ne coopèrent pas, ce sera la prison. Par contre, s’ils indiquent où est la planque de Luther, il fera en sorte de les mettre à l’abri dans une autre ville.

Les jumeaux décident de rejoindre San Francisco mais des événements inattendus se produisent. Juste avant d’être séparés, il rencontre Silas et Edwin. Les points communs ne manquent pas puisque Silas et Edwin sont également jumeaux, roux et âgés de douze ans. Puis, tandis que Alex et Edwin sont vendus par un homme sans scrupule à un capitaine de bateau qui cherchait des mousses, Cléo et Silas tentent de trouver le moyen de rejoindre leurs frères.

Hope Larson n’en est pas à sa première bande dessinée. Scénariste et illustratrice expérimentée, elle a plusieurs albums à son actif, de l’adaptation de roman au roman graphique. Avant « Pile ou face », un seul de ses albums avait été traduit en français (« Gray horses » aux éditions Albin Michel). Concernant Rebecca Mock, il s’agit en revanche de sa première BD.

Le duo se forme donc à l’occasion de ce projet jeunesse. On rentre assez vite dans l’histoire après une courte introduction qui nous permet de nous repérer. Nous sommes à New-York en 1848. Un homme rentre tardivement chez lui. Un inconnu l’attend dans son salon pour l’informer que son ancienne amante est décédée et que sa dernière volonté est qu’il adopte ses jumeaux et les élève comme s’il s’agissait de ses propres enfants. Voilà de quoi intriguer. Des nourrissons dont la mère est morte en couches et dont on ne sait absolument rien du père. On les retrouve ensuite douze ans après sous l’emprise d’un chef de gang à peine pubère.

Autant dire que vu les circonstances, le jeune lecteur a tôt fait d’investir les jeunes héros et de s’inquiéter pour eux. L’album offre une pagination assez conséquente pour un ouvrage jeunesse (224 pages) pour autant, emporté par l’action qui rythme la lecture, l’ouvrage se lit quasiment d’une traite. On y rencontre même des pirates, ce qui a de quoi en imposer. Entre veine et déveine, entre suspense et moments de complicité, de la séparation au plaisir des retrouvailles, le récit alterne des périodes d’accalmie et des moments de tumultes. Les illustrations nous font découvrir des endroits confinés comme la cale d’un bateau mais les couleurs de Rebecca Mock ne sont pas en reste quand il s’agit de nous faire profiter d’une veillée au coin du feu, d’une randonnée en pleine forêt tropicale ou d’une nuit passée sur une mer déchaînée.

PictoOKUn bon premier tome. L’intrigue a tôt fait de s’installer et avec telle pagination, le lecteur a réellement le temps d’en profiter. Reste qu’il y a encore de nombreux mystères à élucider mais le tome 2 devrait déjà permettre d’en éclaircir certains. Une belle série jeunesse qui démarre.

La chronique de Stephie et celle de Lirado.

Pile ou Face

Tome 1 : Cavale au bout du monde
Diptyque terminé
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Rebecca MOCK
Scénariste : Hope LARSON
Dépôt légal : septembre 2016
224 pages, 16 euros, ISBN : 978-2-36981-305-7

Bulles bulles bulles…

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Pile ou Face, tome 1 – Larson – Mock © Rue de Sèvres – 2016