Chaussette (Clément & Montel)

Clément – Montel © Guy Delcourt Productions – 2017

Une nouvelle fois, le duo formé par Loïc Clément et Anne Montel se forme. Après « Shä & Salomé », « Les jours sucrés » et « Le Temps des mitaines », leur collaboration artistique est désormais rodée et nous fait découvrir aujourd’hui Chaussette, une vieille dame que son voisin – un petit garçon qui se prénomme Merlin – va se mettre à pister parce qu’il trouve qu’elle a un comportement bizarre.
En effet, ce matin-là, Chaussette sort de chez elle sans Dagobert, son fidèle compagnon. Et si la vieille dame suit son parcours matinal habituel, son attitude dans les différents lieux qu’elle fréquente est assez surprenante. Merlin est bien décidé à percer ce mystère de cet étrange et dérangeant changement. Le scénario nous fait vivre cette journée durant laquelle le gamin au parka jaune mène son enquête. Tous ses sens sont en éveil et les bizarreries de l’excentrique Chaussette le laissent dubitatif. Le narrateur commence par nous présenter Chaussette et le train-train journalier de la dame.

Ce qui m’amuse avec Chaussette, c’est qu’elle est réglée comme le métronome de mes cours de piano

Alors forcément, lorsqu’un grain de sable vient se glisser dans cette organisation très bien huilée, que d’autres grains de sable viennent former un petit tas de « hics » inhabituels et qu’on est en présence d’un enfant à l’imagination débordante… on a tôt fait de comprendre que « l’affaire Chaussette » va nous intéresser.

Loïc Clément se glisse dans la tête d’un enfant d’une dizaine d’années. Que l’on soit petit ou grand lecteur, on s’identifie rapidement au personnage. Dès la première page, le gamin à la parka jaune nous présente Chaussette et ce qu’il sait d’elle. On comprend que Chaussette est quelqu’un d’assez prévisible et donc d’assez rassurant pour un enfant. Il a vite fait de voir le changement et de nous mettre la puce à l’oreille. D’autant que le gamin jette des petits cailloux dans l’intrigue qui titillent notre curiosité. Il questionne et tente de trouver des réponses cohérentes à ses interrogations. Parfois, son raisonnement bute, ne trouvant pas de sens logique à donner à ce qu’il observe et nous, en écho, on tourne la page avec avidité, en se disant qu’on trouvera forcément dans la nouvelle planche un embryon de réponse.

Le personnage principal fait le point sur ce qu’il a compris de la vie et du sens à donner à certaines habitudes. Ce qui est drôle, c’est qu’il peut questionner les agissements de sa vieille voisine sans pour autant se sentir concerné par ses déductions. « Je crois qu’il y a des gens qui se rassurent avec la routine » … oui, les personnes âgées accordent une importance particulière aux gestes quotidiens… et pour les petits garçons qui s’inquiètent du moindre changement dans la vie des autres ? Voilà de quoi donner un peu de grain à moudre à notre jeune lecteur qui n’avait pas forcément vu les choses sous cet angle !

« Chaussette » est un album malin, rusé et qui offre une réelle interaction. Les réflexions du personnage principal font écho aux questions du jeune lecteur qui se pique au jeu de l’enquête. Au-delà de la question des habitudes, le récit nous emmène en douceur sur la notion d’absence et ce qui fait qu’un être qu’on a aimé nous manque. La mort nous rend triste mais la vie ne s’arrête pas là. Heureusement, on a eu le temps d’emmagasiner tout un tas de souvenirs, on pourra faire appel à eux dès que l’envie nous prend.

Les dessins colorés et aérés d’Anne Montel illustrent ce superbe scénario. Les aquarelles de l’artiste sont un vrai régal. On ne rate rien des petits détails qu’elle dispose un peu partout. Ils rendent ce monde très vivant, très ludique et plein d’espièglerie. Les teintes sont gaies et donnent une touche d’optimisme à cette histoire qui pourtant parle d’un sujet bien sérieux. Beaucoup d’humour dans cette histoire, une petite aussi bien dans le fond que dans la forme de l’histoire.

Ce que l’on remarque avant tout dans le scénario, c’est la fraîcheur avec laquelle cette intrigue est menée et la spontanéité des réactions de l’enfant. Un regard tendre et pétillant sur la vie. Rien ne dénote, tout est à sa place, « logiquement bancal » comme une réflexion enfantine peut l’être. Une interrogation pertinente sur le sens et l’importance des habitudes dans notre quotidien. L’ensemble est crédible jusqu’à ces mots d’enfants sucrés-salés et ces petites réflexions naïves qui pointent avec justesse la réalité. Un album touchant et drôle à la fois. Un beau coup de cœur jeunesse que j’ai découvert avec Noukette.

Extraits :

« Maman m’a expliqué qu’on parle d’ « artisan-boulanger » parce que la dame qui tient la boulangerie « met du cœur dans ce qu’elle fait ». Certains font juste du dépôt de pains, elle c’est plutôt du plein-pot de spécialités » (Chaussette).

« Ceux qu’on ne remarque pas, ceux qu’on traite comme de vieilles chaussettes, vivent parfois des joies et des peines sans un bruit » (Chaussette).

Jolie découverte que je partage à l’occasion de la « BD de la semaine ». Les pépites des bulleurs se retrouvent aujourd’hui chez Stephie !

Chaussette

One shot
Editeur : Delcourt
Collection : Delcourt Jeunesse
Dessinateur : Anne MONTEL
Scénariste : Loïc CLEMENT
Dépôt légal : avril 2017
30 euros, 10,95 euros, ISBN : 978-2-7560-7526-6

Bulles bulles bulles…

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Chaussette – Clément – Montel © Guy Delcourt Productions – 2017

Ce qui nous sépare – Anne Collongues

9782330060541« Un soir d’hiver, dans un RER qui traverse la capitale et file vers une lointaine banlieue au nord-ouest de Paris. Réunis dans une voiture, sept passagers sont plongés dans leurs rêveries, leurs souvenirs ou leurs préoccupations. Marie s’est jetée dans le train comme on fuit le chagrin ; Alain, qui vient de s’installer à Paris, va retrouver quelqu’un qui lui est cher ; Cigarette est revenue aider ses parents à la caisse du bar-PMU de son enfance ; Chérif rentre dans sa cité après sa journée de travail ; Laura se dirige comme tous les mardis vers une clinique ; Liad arrive d’Israël ; Frank rejoint son pavillon de banlieue…»

« Fragments de vies anonymes » un soir d’hiver dans un RER. Une heure dans la vie de Marie, Alain, Cigarette, Chérif, Laura, Liad et Frank, une heure, un instant seulement, dans leurs pensées, leurs souvenirs, leurs rêves…

Sept personnages, sept parcours, sept histoires qui s’entrechoquent dans ce wagon. Et leurs doutes, leurs désirs, leurs envies, leurs secrets,  leurs peines se mêlent dans cet espace clos en mouvement. « Dehors tout est mouillé, toits, goudron, talus, le gris domine… ». Il n’y a pas d’échappatoire, chacun est seul avec sa voix intérieure qui divague au gré de ce voyage qui les entraîne tous vers …. Vers quoi d’ailleurs ?

Récit intime de sept « héros » ordinaires. Ça pourrait être vous, ça pourrait être moi…

Peu à peu, d’un personnage à l’autre, d’un songe à l’autre, on s’approche au plus près d’eux, tout contre… Et punaise, que c’est beau, que c’est triste aussi un peu… Aurai tant voulu continuer le voyage encore,  pour voir, pour savoir, l’après… Tendre la main vers ces solitudes….

Ai failli passer à côté de ce si joli roman par flemme, manque de temps, trop de lectures en cours, et puis la magie des 68 premières fois a encore opéré ! Et ce roman m’a toutafé emportée !

Ce qui nous sépare est donc un 1er roman émouvant qui vous entraînera, soyez en sûr, loin, haut, beau….

 

Extraits

« Des larmes tombaient dans son assiette, elle ne pouvait ni les arrêter ni finir ses pâtes. Oh, ça va, arrête de pleurer, tu crois qu’il n’y a pas assez de larmes comme ça ? Il s’est levé, a saisi une cigarette, est allé l’allumer à la fenêtre… Marie a ravalé ses larmes et dégluti sa bouchée. […] Tout l’appartement semblait figé comme elle dans l’attente, tous les meubles, tous les objets, jusqu’à la fourchette que sa main n’avait pas posée, tournée vers Gaétan qui regardait les jardins où hibernent sous des bâches des barbecues rouillés et les tondeuses à gazon ; peut être apercevait-il un voisin revenir de la promenade du chien, ou fermer ses volets, tandis qu’elle implorait silencieusement qu’il se retourne et que tout redevienne comme avant, mais elle savait que c’était impossible et restait assise, les coquillettes et les mots coincés dans la gorge, avec dans la tête l’écho des siens, que son silence continuait d’asséner tandis qu’il écrasait son mégot, ce constant reproche de la grossesse qui empêchait toute conversation. Lui n’avait rien demandé. »

« Oui, il partirait. Il rêvait tout haut en fumant, tandis que Cigarette, la jambe enroulée autour de la siennes, ne parvenait pas à croire que c’était elle, ici, dans cette chambre où pénétrait le rire des mouettes, dans une nudité nouvelle, lascive et agréable ; et tandis qu’il parlait d’ailleurs, elle revivait en pensée le chemin de ses mains sur son corps comme Marie s’était repassé plusieurs fois sa première nuit avec Gaétan, premières fois qu’elles ont toutes deux oubliées maintenant, parce qu’il ne s’agissait pas de sexe, ni même de plaisir, cela viendrait ensuite, mais d’amour, un amour candide et exaltant, le premier ; et c’est le souvenir qu’elles en ont, souvenir diffus mais certain de bonheur, tandis que se sont dissipées les sensations physiques et leur surprise –alors c’est ça ? -, la maladresse des gestes, la petite douleur et la déception, autant que la griserie de se sentir femme. »

 

68 premières fois

 

Merci à cette belle aventure des 68 premières fois et une pensée un peu plus particulière pour Églantine ❤

Ce qui nous sépare, Anne Collongues, Actes Sud, 2016, 18€50.

Holy Wood (Redolfi)

Redolfi © La Boîte à bulles – 2016
Redolfi © La Boîte à bulles – 2016

« Holy wood, le « Bois Sacré », est une sombre forêt de conifères, peuplée de monstres de foire et de vieilles caravanes ; c’est là-bas que naissent les stars de cinéma qui font tant rêver les spectateurs.
Dans l’espoir d’en devenir une à son tour, la fragile Norma vient s’installer dans cette étrange ville-fantôme qui lui permet, malgré l’obscurité ambiante, de se retrouver sous le feu des projecteurs.
Passé les premiers échecs, la frêle jeune femme se retrouve au cœur de l’attention du couple Wilcox, énigmatique fondateur de « Holy wood ».
Grâce à eux, Norma Jeane Baker devient Marilyn. LA Marilyn. Une femme très différente de la véritable Norma. Trop, peut-être ?
Le portrait revisité de Marilyn Monroe dans un Hollywood fantasmagorique, fascinant et inquiétant. » (synopsis éditeur).

Nous avons tous plus ou moins besoin de reconnaissance. Le regard d’un père et d’une mère suffisent à beaucoup. Mais lorsque ceux-ci n’ont jamais été présents, auprès de qui briller ? Combien de regards faut-il pour combler l’absence d’un seul ? Cent ? Deux cents ? Mille ? Jamais suffisamment en tout cas.

C’est avec ces mots que s’ouvre le récit de Tommy Redolfi. Et c’est sur ces mots que l’on fait la connaissance du personnage principal alors même qu’il pose pour la première fois les pieds à Holy Wood, « l’unique endroit qui fait briller un seul visage pour que des millions l’admirent sur écrans géants ». Un personnage effacé, timide, fascinée par le lieux, éblouie par les promesses de carrière qu’il murmure. Jeune femme timide qui peine à parler, butant sur chaque mot, tant elle est impressionnée par tout ce que cela représente et ses ambitions de gloire qu’elle espère atteindre. Le scénariste lui permet de s’appuyer sur la présence rassurante de son propriétaire, un vieil homme reconvertit par la force des choses dans l’industrie cinématographique, mémoire vivante de l’essor de ce lieu et de l’histoire du cinéma.

En s’appuyant sur la lente ascension médiatique de son héroïne, nous passons de la petite prétendante qui va de casting en casting à la charismatique Marilyn Monroe. Le lecteur est aux premières loges pour mesurer les étapes de la métamorphose d’une femme. Tommy Redolfi propose une réflexion sur le monde du cinéma, la manière dont les producteurs façonnent des carrières, modèlent des personnalités pour les rendre conformes aux attentes du public, pour donner du rêve aux spectateurs… Mensonge, profit, vanité, le combat entre ceux qui imposent les règles et les anonymes en quête de gloire est déloyal. Paraître, faux-semblant, séduction sont les rares armes que les prétendants au succès peuvent employer.

– Rien n’est pire que le lieu d’où vous sortez, croyez-moi. De nous, ils ont exploité la laideur… Et ils vont bientôt s’occuper de la vôtre aussi.
– Vous vous trompez. Sauf votre respect, je ne suis pas comme vous.
– Oh, que si ! On a tous un monstre qui sommeille en nous. Et ils ne vont pas tarder à trouver le vôtre

Cet ouvrage aborde aussi les thèmes de la dépression et de la solitude. En effet, la chaleur des projecteurs et la peau dans laquelle se glisse l’acteur ne suffisent pas à panser les maux de l’enfance. Pire encore, elle les exacerbe. Le scénario n’hésite pas à faire appel aux placebos auxquels les uns et les autres ont recourt pour prolonger le vernis dont ils se protègent : médicaments, alcool et autres drogues sont de parfaites prothèses pour écarter les doutes et autres vieux démons trop envahissants. De parfaites béquilles… dont on ne voit les inconvénients que trop tard. L’emploi de métaphore est récurrent, tant dans le récit que dans le dessin. Graphiquement, le trait délicat de Tommy Redolfi caresse les personnages et montre la fragilité de l’héroïne. Son regard, la moue de sa bouche, le léger voutement de ses épaules sont autant d’indications qui accentuent le poids des humiliations dont elle fait l’objet. Les ocres, marrons, jaunes sont les couleurs dominantes, donnant à l’ambiance graphique une chaleur bénéfique tout en faisant ressentir le caractère agressif de ce monde.

PictoOKUn bel album qui, outre le fait de rentre hommage à Marilyn Monroe, ose un clin d’œil à l’album éponyme de Marilyn Manson sorti en 2000 dont l’un des thèmes majeurs était la culture de la célébrité en Amérique. Un voyage surprenant dans un monde impitoyable.

Extrait :

« Je vais te dire où il est, le mal. Le mal, il est dans tout ce fric qu’on perd à cause de tes conneries intellectuelles. Voilà où il est, le mal ! Les gens n’en ont rien à foutre de réfléchir. Ils veulent du cul et de quoi s’marrer ! Il se trouve que t’es bonne là-d’dans, alors contente-toi de faire ce que tu sais faire et laisse les belles phrases aux acteurs ! Et entre nous, je préfère clairement faire rire trois millions de personnes plutôt que d’en faire « réfléchir » quinze ! Et je SAIS qu’t’en penses pas moins ! » (Holy Wood).

Holy Wood

– Portrait fantasmé de Marilyn Monroe –

Editeur : La Boîte à bulles

Collection : Clef des Champs

Dessinateur / Scénariste : Tommy REDOLFI

Dépôt légal : juin 2016

256 pages, 32 euros, ISBN : 978-2-84953-249-2

Bulles bulles bulles…

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Holy Wood – Redolfi © La Boîte à bulles – 2016

Le Voyage d’Abel (Belvent & Duhamel)

Belvent – Duhamel © Les Amaranthes – 2014
Belvent – Duhamel © Les Amaranthes – 2014

Abel est un vieux loup solitaire. Sa vie est faite d’une routine harassante. Lui qui a toujours rêvé d’être marin et de voyager, il a finalement passé ses plus belles années à s’occuper de l’exploitation agricole familiale. Soigner les bêtes, s’occuper des champs… les tâches varient finalement assez peu au fil des saisons.

Dernier d’une fratrie de garçons, il s’est retrouvé coincé lorsque, arrivé à l’âge adulte, tous les autres avaient décampé vers d’autres horizons. Il a sacrifié sa vie et écarté ses rêves de jeunesse pour reprendre la ferme de ses parents. Au crépuscule de sa vie, il est aigri. Et c’est bourré d’amertume qu’il rêve d’un ailleurs plus épanouissant et se nourrit des photographies des guides de voyage qui remplissent les étagères de sa bibliothèque.

Moi, ce que je voulais, c’est être marin. Prendre le large. Voyager : Conakry, Singapour, Tahiti… Bombay… A Reclesme, il y a eu un palmier, une fois… un seul… Il a crevé au premier hiver. Je ne pourrais pas en dire autant ! Les hivers, moi, je peux les compter. Y en n’a pas un seul que j’ai raté. Pas un. Depuis que je suis né, j’les ai tous faits, les hivers à Reclesme… C’est la poisse l’hiver. Déjà, rien que parce que j’suis né en hiver ! La mère, elle avait 40 ans quand elle a accouché. Autant dire qu’elle s’en serait bien passé. Ca, elle me l’a dit… et pas qu’une fois.

On entre vite dans le petit monde d’Abel, vieillard ronchon et solitaire. Pourtant, le scénario de Lisa Belvent s’installe doucement, ne posant pas ses mots tout de suite sur les illustrations de Bruno Duhamel. N’ayant pas d’autre choix, on regarde donc ce vieux bonhomme vaquer à ses occupations. Le lecteur est accueilli par la sonnerie du réveil et on voit une tête décatie en haut d’une masse informe de couvertures. On sent le geste machinal pour attraper les vêtements posés sagement sur une chaise, pour préparer le café ou encore pour enfiler une veste chaude et une casquette. Le parcours matinal de cet homme est rodé, du corps de ferme à l’étable, de l’étable à la bergerie, de la bergerie aux pâturages. Durant tout ce temps, il soliloque.

Le récit prend soin de décrire une vie ritualisée mise en images à l’aide d’une bichromie où le bleu règne en maître. Bruno Duhamel installe une ambiance où l’on perçoit rapidement qu’il est question de solitude et d’ennui. Pourtant, il y a quelque chose de léger dans le trait comme dans le propos, une pointe d’humour un peu cynique qui permet au lecteur de décaler le regard et à la narration de ne pas s’appesantir. On s’attendrit pour ce vieux bonhomme qui prend plaisir à donner de sacré coup de pied au cul de son chien, un coup de pied gratuit, presque pour la forme, comme s’il bottait le cul de son égo. Un homme qui, pour ne pas sombrer dans la mélancolie, décroche régulièrement de la réalité et laisse glisser ses pensées dans les paysages de pays qu’il n’a jamais vu de ses propres yeux mais qu’il a eu l’occasion de contempler dans tous les guides de voyage qu’il a consulté. Un vieux qui est ému par la fille de la bouchère. Une jeune femme qui ressemble tant à celle qu’il a aimé autrefois mais là encore, il n’a pas eu le courage de ses sentiments. Un vieux qui a laissé filé sa vie, un vieux qui ne s’avoue pas les choses mais conscient des bénéfices qu’il tire de ses rêves… mieux vaut encore une vie à fantasmer un ailleurs que le fait de ne pas avoir ce petit jardin secret. Et tant pis si les autres se moquent de lui.

De toute façon, le plus beau voyage, c’est celui qu’on ne fera jamais

PictoOKUne lecture douce et sympathique malgré les thèmes abordés. Monde rural, solitude, vieillesse. Un bel album que j’oublierai peut-être trop vite. Je m’attendais cependant à avoir un réel coup de cœur mais il n’a pas été au rendez-vous.

Cet album a été tiré à 1000 exemplaires. Un projet entièrement porté par ses auteurs qui se chargent eux-mêmes de la diffusion. Si vous souhaitez commander cet album, il faut vous rendre sur la boutique en ligne des Amaranthes.

LABEL LectureCommuneUne lecture commune que je partage avec Jérôme (j’en profite pour te remercier d’avoir attendu que je me procure cet ouvrage afin que l’on puisse le découvrir ensemble). Je vous invite à lire sa chronique !

La chronique de Moka et celle de Philippe Belhache.

Le Voyage d’Abel

One shot

Editeur : Les Amaranthes

Dessinateur : Bruno DUHAMEL

Scénariste : Lisa BELVENT

Dépôt légal : septembre 2014

65 pages, 18 euros, ISBN : 979-10-94137-00-0

Bulles bulles bulles…

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Le Voyage d’Abel – Belvent – Duhamel © Les Amaranthes – 2014