Chroniks Expresss #32

Bandes dessinées : Strange Fruit (M. Waid & J.G. Jones ; Ed. Delcourt, 2017), Une sœur (B. Vivès; Ed. Casterman, 2017), Le Coup de Prague (J-L. Fromental & M. Hyman ; Ed. Dupuis, 2017).

Jeunesse : Le petit Mozart (Augel ; Ed. La Boîte à bulles, 2017).

Romans : Le Monde selon Garp (J. Irving ; Ed. Seuil, 1998), Les Rêves en noir et blanc (H. Vernet ; Is Edition, 2016), Le Roi n’a pas sommeil (C. Coulon ; Ed. Points, 2014), Celle qui fuit et celle qui reste (E. Ferrante ; Ed. Gallimard, 2017).

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Bandes dessinées


Waid – Jones © Guy Delcourt Productions – 2017

1927, état du Mississippi. Le fleuve est en crue. Il s’agit de prendre les mesures nécessaires rapidement, de renforcer les digues et de mettre la population à l’abri. Alors que les Blancs enrôlent les Noirs de force afin de leur prêter main forte, Washington mandate un ingénieur noir pour alerter la population : rien ne sert de consolider les infrastructures… il faut évacuer.
La ville de Chatterlee est en alerte. Au sol c’est le branle-bas de combat, entre les travaux de terrassement et les recherches menées pour retrouver un jeune garçon qui a disparu. Dans les airs, une météorite se rapproche dangereusement vite de la Terre et se crash non loin de la petite ville… dans un champ de coton. Une météorite ? Non. Un vaisseau duquel sort un homme à la peau noire.
Le climat électrique exacerbe les tensions et les animosités. Les propriétaires terriens blancs, pris de panique, tentent d’impressionner les anciens esclaves. Le Klan envoie ses hommes pour intimider ceux qui osent les critiquer.

Le scénario imaginé par Mark Waid a de quoi intriguer. Le programme est alléchant, reste à voir comment, avec tout ces éléments, la mayonnaise peut prendre. Le personnage principal est fascinant et charismatique et l’idée d’un surhomme noir quasi mutique m’a séduite. Pour enrichir le récit, le scénariste utilise un fait historique réel en la présence de la crue de 1927 qui, outre les dégâts matériels qu’elle a provoqué, a été meurtrière. Pourtant, je me suis rapidement lassée de l’album. Je trouve que Mark Waid a voulu en faire trop et traiter trop de sujet à la fois. Il n’y a rien de réellement spectaculaire dans les événements qui ont lieu, ce sur-homme est une caricature parfaite de l’anti-héros – à l’instar de Hancock – ce qui a ici le mérite de donner de la profondeur à l’intrigue. Mais je le disais, on a là trop de sujets (le racisme, l’héroïsme, une société en mutation, l’horreur, l’individualisme, la foi, le ségrégationnisme…) et face à ce côté prolifique… on survole, on voit notre intérêt faiblir à mesure que les pages se tournent. Le personnage principal n’évolue pas, ne chemine pas. Il reste totalement étanche à ce qui se passe autour de lui, comme une mécanique programmée, comme un robot conditionné. Et l’on s’agace de le voir si prévisible. Une force de la nature sans grand intérêt si ce n’est les passions qu’il est capable de déchaîner autour de lui.

La première publication de ce roman graphique américain date de juillet 2015. La version française (parue en avril 2017 chez Delcourt) est augmentée d’un fascicule et d’un cahier graphique (de toute beauté) ; ces bonus viennent agrémenter la lecture, donner des précisions quant à la démarche des auteurs et prolonger l’univers.

Par contre côté graphique, le travail de Jeffrey G.Jones est impressionnant. Ses aquarelles sont sublimes d’un bout à l’autre de l’album et honorent la plastique tout en muscles du héros… Jeunes filles, vous ne devriez pas être déçues 😛

Un album malheureusement dispensable. Des personnages trop vite balayés, leurs personnalités tout juste esquissées, ils jouent un rôle mais ne l’incarnent pas. Ils s’agitent et s’éparpillent à l’image du scénario.

 

Vivès © Casterman – 2017

C’est l’été, le temps des grandes vacances est revenu. Pour Antoine et Titi, l’heure est revenue de retrouver la maison secondaire, à deux pas de la mer. Des semaines doucereuses à passer avec leurs parents. Mais cet été-là a rapidement un goût différent des précédents. Pas forcément pour Titi qui du haut de ses 10 ans nage encore dans l’insouciance. Mais pour Antoine qui a 13 ans, l’arrivée d’Hélène, la fille d’une amie de sa mère, va être un raz-de-marée dans sa vie. Pour lui, c’est l’été des premières fois. Premier flirt, premiers sentiments amoureux, première clope, premier verre, première pipe, … En peu de temps, Antoine va quitter définitivement l’enfance et entrer à pieds joints dans l’adolescence.

Bastien Vivès est revenu avec un album fort et sensible. Le personnage de l’adolescente m’a agréablement surprise. Dévergondée mais sans être vulgaire, forte et fragile à la fois, audacieuse et farouche, le rythme de l’album colle à ses caprices et à ses désirs. On retrouve aussi la même veine graphique que dans « Polina » : un dessin subtil qui caresse les personnages. Noir, blanc et gris suffisent pour poser avec délicatesse les mots et les maux, les pensées et les émotions qui ne trouvent pas le chemin de la parole. Les fonds de cases sont parfois nus, nous laissant ainsi savourer l’intimité d’une scène, nous laissant ainsi mesurer l’ampleur d’une peur ou la force d’un désir.

J’ai été cueillie par cet album, surprise par cette parenthèse. Je suis retournée en arrière et j’ai laissé certains souvenirs de ma propre adolescence remonter à la surface. Beau.

La bande-annonce de l’album (chez Casterman) et le site de Bastien VIVES.

 

Fromental – Hyman © Dupuis – 2017

« Hiver 1948, dans le blizzard de la capitale autrichienne sous occupation des quatre puissances. Dépêché par le studio London Films, G. travaille à l’écriture de son prochain long métrage, assisté par l’énigmatique Elizabeth Montagu. Cette dernière, dont le passé militaire et les relations l’attachent aux services secrets britanniques, découvrira bien vite que le prétexte artistique dissimule de véritables tensions politiques et que les lendemains de guerre ne sont pas toujours chantants. Cette mission en apparence paisible basculera dès lors dans l’atmosphère sournoise d’une révolution fulgurante que l’Histoire retiendra sous le nom de « coup de Prague » » (synopsis éditeur).

Je passerai vite sur cet album qui m’est tombé des mains et donc je ne connaîtrai jamais la fin. Entre romance, intrigue politique, espionnage, courses poursuites, référence littéraire… je me suis égarée dans les rue de Prague pour fuir volontairement ces héros qui m’ont tous été antipathiques.

Bonne nouvelle pour l’album : il fait partie des « 20 indispensables de l’été » de l’ACBD (au même titre que le roman graphique de Bastien Vivès dont je vous parlais plus haut) … et ça dépasse mon entendement !

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Jeunesse

 

Augel © La Boîte à bulles – 2017

Enfant déjà, Mozart n’était intéressé que par la musique. La musique l’accaparait entièrement, à chaque instant. Il composait sans cesse et en tous lieux. Il compose à n’importe quel moment de la journée, écrit ses partitions en tous lieux et sur n’importe quel support ; une barrière, un mur, le sol, des feuilles, du linge… Il joue, virtuose, il fait corps avec sa musique, en totale harmonie avec son instrument. Il fusionne avec la mélodie.

Augel imagine l’enfant que Mozart pouvait être. Un savant fou en herbe, le cheveu ébouriffé, la tête dans les étoiles et dans les portées de musique. Rien d’autre ne copte pour lui. La musique est son oxygène.

Petites scénettes plus ou moins longues (du strip à quelques pages). Petites anecdotes humoristiques au ton malicieux. On sourit souvent sans jamais parvenir au rire franc. Le ton est gentillet, il n’est jamais niais. Un brin de philosophie, un peu de poésie, tous les ingrédients sont là mais il manque un je-ne-sais-quoi pour que l’album soit abouti.

Une lecture qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

 

Romans

 

Irving © Seuil – 1998

« Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin… » (synopsis éditeur).

Un livre qui m’a été offert. Un romancier que je n’avais jamais lu. Des chroniques sur ses œuvres, je n’en ai gardé aucun souvenir. J’ai donc démarré cette lecture sans aucun apriori, sans attente démesurée… seul le plaisir de découvrir une nouvelle plume, un nouveau regard… un monde, celui de Garp.

Très vite, j’ai été prise au jeu. Très vite, j’ai apprécié Jenny. John Irving ne fait aucun détour superflu pour nous permettre d’appréhender la vision que cette femme a du monde. Elle ne s’encombre pas de sentiments inutiles, elle accorde très rarement son amitié. Elle se fond dans sa fonction d’infirmière, sa blouse blanche sera sa seconde peau et se consacre entièrement à son rôle de mère. Une femme entière.

Au bout de quelques chapitres, son fils – Garp, lui volera peu à peu la vedette. Car c’est bien lui le « héros » du roman d’Irving. Le lecteur est présent lors de sa naissance, le seconde lorsqu’il fait ses premiers pas puis le suivra durant toute sa jeunesse, son adolescence et une partie de sa vie d’adulte. Un personnage qui, très jeune, décide qu’il deviendra écrivain. Autour de lui, un clan se forme au fil des années, au gré des rencontres. Sa personnalité s’affirme, ses choix sont les nôtres, ses passions nous emballent au même titre que les combats qu’il mène.

Le roman s’ouvre sur une préface rédigée par l’auteur lui-même. Vingt ans séparent ces deux écrits (roman et préface). Il met un point d’honneur à expliquer que « Le Monde selon Garp » n’est pas un roman autobiographique mais que, bien évidemment, certains éléments narratifs s’inspirent logiquement d’anecdotes et/ou de rencontres réelles.

Un ouvrage dense mais jamais pompeux. Un récit généreux que l’on dévore. Des personnages haut en couleurs, des situations originales, les œuvres du personnage fictif intégralement (ou presque) reproduite dans le roman d’Irving. Le processus de création, le rapport à l’écriture, à la lecture. La transmission d’une génération à l’autre. Les prises de position. L’altruisme. La jalousie. L’infidélité. L’amitié. La tolérance. La concupiscence… Autant de thèmes traités dans ce riche roman. Prenant, drôle, revêche. Je sors repue et satisfaite de ma découverte d’Irving.

 

Vernet © Is Edition – 2016

Philea a la vie devant elle mais elle vit comme si elle allait s’arrêter demain. Elle a 25 ans, l’amour des livres. Elle en a fait son métier. Elle est libraire. Elle a une peur farouche des hommes du moins, elle a vécu une histoire avec un homme. Mais c’était avant, il y a longtemps. Elle y a laissé des plumes. Désabusée désormais, elle sait que l’amour n’existe pas. Que ce qui est beau n’est qu’éphémère. Elle n’attend plus rien des hommes. Depuis, elle a cumulé les aventures. Elle a séduit et s’est laissé séduire. Mais elle n’a plus ressenti ce qu’elle avait ressenti la première fois. Puis un jour, elle croise Theo dans une soirée. C’est à peine si elle l’a remarqué. Le lendemain, elle reçoit son premier mail. Il contient une vidéo en noir et blanc. Une chanson de Nougaro. D’autres mails viendront jusqu’à ce qu’elle accepte un rendez-vous. Elle appréhende, n’en attend rien juste de pouvoir lui dire qu’ils n’ont rien à faire ensemble. Les rendez-vous se succèdent, il lui dit ses sentiments. Elle a plus de réticences, elle résiste, elle sait que chaque relation est vouée à l’échec. Elle est séduite, amusée, surprise. Il est intelligent, « charmant. Ensorcelant. Atemporel ». Il lui plaît, il est à la fois tendre et indécent. Le désir monte en eux. En sa présence elle est bien. Une osmose. Deux âmes sœurs jusqu’à ce que les premiers doutes surgissent.

Elle étouffe sous le poids d’un bonheur dont elle pressent l’abîme.

Un roman sur le couple et sur chaque individu qui le compose. Homme, femme. Un duo à la recherche d’une harmonie. Une entité composée de deux êtres, une prolongation de chacun d’eux. S’épanouir dans le couple, s’y abandonner pour mieux s’y retrouver. Une quête de sens. Quand les sentiments s’expriment avec autant de naturel, autant de spontanéité, on cherche parfois à en comprendre la raison. Une unité fragile faite des désirs de deux personnes, un équilibre dans lequel on s’épanouit. Lorsque le couple est une telle évidence, on cherche à le préserver puis peut-être qu’on s’y habitue. Alors on n’y fait plus attention, on sent les bases vaciller et, mû par un instinct malsain, on cherche à s’en protéger. Convaincre l’autre que nos doutes sont fondés pour qu’il les démente afin de nous rassurer. Mais lorsque le poison commence à se répandre, l’autre facette du couple se répand comme une trainée de poudre.

Extrait du prologue : « L’histoire en elle-même est tout aussi banale que la fille qui l’a écrite. Pourtant, elle mérite d’être racontée ici pour rendre hommage au courage de cet homme et de cette femme qui ont essayé de s’aimer, sans attache, tout en sachant que c’était perdu d’avance, tout en sachant qu’ils ne pourraient pas se sauver l’un l’autre, ni se soulager, et qu’ils mouraient un jour sans laisser aucune trace de cet amour. Voici l’histoire d’un homme et d’une femme qui ont fait l’expérience de la solitude à deux, sans jamais fléchir sous le poids de l’espoir, pour sauver la seule idée en laquelle ils croyaient : tout est perdu d’avance. Rien ne dure jamais. »

Noir – blanc. Yin – Yang. Homme – Femme. Passion – désamour. Une très belle réflexion induite par cette parenthèse conjugale. Quelle belle plume ! Hanna Vernet signe son premier roman. Je l’ai savouré, je l’ai aimée cette femme. Sa fragilité m’a touchée, ses peurs m’ont émue, ses doutes ont trouvé un écho. Superbe ! Framboise en parle magnifiquement bien dans sa chronique.

Quelques liens pour aller plus loin : la présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur, la page Facebook de l’auteure.

 

Coulon © Editions Points – 2014

Thomas est l’enfant unique de William et Mary Hogan. Une enfance passée dans un cocon, dans le calme de la maison familiale, entre un père aimant mais absent et mystérieux, et une mère prévenante, protectrice et bienveillante.

Thomas est un solitaire. Comme son père, il économise ses mots, ne parle que quand c’est nécessaire. Il n’a pas d’amis excepté Paul… mais en grandissant, leurs routes vont se séparer. Thomas est un enfant sans histoires… mais en grandissant, l’alcool et les déceptions amoureuses vont l’écarter du droit chemin.

Je découvre doucement l’œuvre de Cécile Coulon. Après la claque que j’avais eue à la lecture du « Rire du grand blessé » [découvert grâce à Noukette], j’ai jeté mon dévolu sur cet autre roman. Je n’ai pu m’empêcher de faire des parallèles entre ces deux hommes blessés, torturés, incapables d’éprouver – par on ne sait quelle force – leurs sentiments, incapables de se laisser aller au plaisir, incapables de s’épanouir. Comme s’ils étaient coincés dans des corps trop grands pour eux, trop forts pour eux et que le seul moyen de vivre était de se protéger derrière une carapace. Ils sont cantonnés dans le rôle d’observateur impuissant, spectateur de leurs vies. L’étincelle de vie est incapable de s’allumer dans leurs yeux. Un monde brut, trop rapide et trop agressif pour eux.

Beau. Superbe. J’aime décidément cette écriture puissante de Cécile Coulon. Une écriture qui n’épargne rien aux personnages qui habitent les univers de la romancière.

Les chroniques de Noukette, Jérôme, Sylire.

 

Ferrante © Gallimard – 2017

Retrouver Elena qui termine son parcours universitaire, déterminée à l’idée de s’émanciper pour ne jamais revenir dans les jupons de sa mère et refusant obstinément de revenir dans son quartier natal. Sa première relation amoureuse est désormais loin derrière elle. Elle est aujourd’hui engagée avec Pietro ; ce dernier incarne pour elle ses rêves d’ascension sociale et de réussite. Elle va se marier. Son roman est désormais publié et la jeune femme, docile, se déplace au travers de l’Italie pour en faire la promotion. C’est à l’occasion d’une séance de dédicace qu’elle retrouve Nino, un amour de jeunesse.

Retrouver Lila qui, après avoir l’opulence, est retournée à la misère. Après le luxe, retrouve l’incurie. Après les belles tenues se vêtit de nouveau de fripes. Son travail à l’usine la nourrit à peine. Elle élève tant bien que mal l’enfant qu’elle a eu de Nino.

Elles ont 25 ans et leurs vies sont aux antipodes. Elena s’installe en couple, enfante à son tour. Leurs vies semblent toutes tracées mais les deux femmes sont encore fortement dépendantes l’une de l’autre et malgré le fossé qui les sépare, leurs destins sont liés. Yin & yang à jamais enchevêtrés malgré leurs différentes. Elena est prévisible, complexée, effacée. Elle range facilement ses idéaux lorsqu’il s’agit d’assumer le rôle de mère au foyer. Lila est affaiblie mais elle reste électrique, vive, douée. Abattue par ses conditions de vie, elle accepte la misère comme si c’était le prix à payer pour ses erreurs de jeunesse.

J’ai découvert cette sage d’Elena Ferrante grâce à un billet de Framboise qui présentait les deux premiers tomes de la tétralogie « L’Amie prodigieuse » . Tentée, j’ai engouffré « L’Amie prodigieuse » puis « Le nouveau nom » … et attendu avec impatience ce troisième tome. Dans un premier temps, il y a une parfaite continuité dans le comportement du personnage principal (Elena) au point qu’on se lasse de la voir s’effacer derrière des compromis et des faux-semblants. De même, on ne s’étonne pas de voir Lila relever ses manches et saisir au vol une opportunité inespérée de sortir de l’incurie dans laquelle elle vivait.

Contre toute attente, Elena Ferrante met le feu aux poudres et nous surprend. La romancière nous montre que rien n’est joué d’avance. Un vent de folie emporte le récit vers de nouvelles perspectives et c’est une énorme claque que l’on prend en refermant cet opus. Ce troisième tome est de loin mon préféré. Il me tarde le suivant !!

La Collection « La Grande Imagerie des Super-Héros » des éditions Fleurus

Focus sur trois titres de la collection « La Grande Imagerie des Super-Héros » aux éditions Fleurus. Au menu, Captain America, Iron Man et les Avengers. Article rédigé à quatre mains… parce que Louka (fiston) le vaut bien 🙂

Beaumont – Boccador © Fleurus – 2015
Beaumont – Boccador © Fleurus – 2015

Plutôt bien construit, l’ouvrage présente les grandes lignes de la personnalité de Captain America. Héros irréprochable, intègre, loyal, fin stratège, charismatique, ce super-soldat a tout pour plaire. Son costume – aux couleurs de l’Amérique – symbolise les valeurs des Etats-Unis. Pour finir, il est beau, fort, doué, rusé… Avec autant de qualités, les enfants l’admirent. Pour ma part, j’ai un peu de mal à accorder une quelconque crédibilité à ce genre de personnage quant à l’intérêt que je lui porte, il est lui aussi modéré.

Réédition d’un ouvrage qui a été publié en 2015, Steve Rogers alias « Captain America » vient compléter la galerie des grands héros de cette collection dédiée à l’univers Marvel.

Figure incontournable des super-héros, Captain America est l’un des plus vieux super-héros de l’univers Marvel. Créé en 1941, ses premières interventions le conduisent donc logiquement à combattre les troupes nazies durant la Seconde Guerre Mondiale, devenant ainsi « un symbole d’espoir et de courage pour tous les soldats américains ».

L’ouvrage est agréable. Les illustrations montrent le héros en pleine action et sous son meilleur profil. Découpé en dix sous-parties, la présentation factuelle respecte une certaine chronologie et s’attarde sur les temps forts de son parcours : l’origine de ses pouvoirs, ses alliés, ses ennemis, ses femmes et bien évidemment, son implication dans le SHIELD, son engagement dans l’équipe des Avengers jusqu’à la scission du groupe suite à la promulgation d’une loi gouvernementale qui conduit à la Civil War.

Quoi qu’il en soit, ce livre contient les clés pour connaître le héros et le situer dans le microcosme des justiciers avoir quelques repères… histoire de ne pas trop patauger et d’éviter les bévues en société.

C’est Louka qui a demandé à recevoir ce titre, il allait donc de soi qu’il prenne la parole :

C’est l’histoire de Captain America, de comment il est devenu un super-soldat, sa vie jusqu’à sa mort et ses quatre amoureuses. Le livre se présente en plusieurs parties : ses ennemis, ses amis, la Civil War (suite à une décision du gouvernement d’imposer la « loi du recensement », un désaccord naît entre deux camps. Les super-héros vont devoir montrer leurs réelles identités ; ceux qui n’acceptent pas sont considérés comme des hors-la-loi. Cette guerre oppose le camp de Captain America a celui d’Iron Man)…
PictoOKCe livre bien. Les dessins sont bien faits ; j’en avais déjà vu certains dans « Civil War ». Ce livre m’a appris des choses comme l’identité de certains personnages. Je m’attendais à ce que ce livre parle plus des ennemis de Captain America et notamment l’Hydra et le Baron Zémo. Mais je suis content de ce livre parce qu’il m’a plu et qu’il m’a permis de comprendre certaines choses.

Captain America

Univers Marvel
Editeur : Fleurus
Collection : La Grande Imagerie des Super-Héros
Auteurs : Jacques BEAUMONT & Sabine BOCCADOR
Dépôt légal : octobre 2015
32 pages, 7,95 euros, ISBN : 978-2-215-14372-7

Beamont – Boccador © Fleurus – 2015
Beamont – Boccador © Fleurus – 2015

En 1963, soit vingt-deux ans après Captain America, apparaissait pour la première fois Iron Man dans les comics Marvel. Personnage charismatique, caractériel, ingénieux, séducteur… Tony Stark alias « Iron Man » débarque avec son dynamisme. Sans son armure, pas de pouvoirs. Sans son armure, Tony Stark n’est « qu’un riche industriel ». Il s’implique énormément dans les actions collectives entreprises par les super-héros (pilier des Avengers, membre actif du SHIELD dont il prendra la tête durant un courte période). Il a un réseau important, peut compter sur des amis qui lui sont fidèles en revanche… ses positions toujours très tranchées et le fait qu’il soit très exposé font de cet individu un homme qui est haï. Pour preuve, pas moins de trois doubles pages sont consacrées à la présentation de ses principaux ennemis (alors qu’habituellement, dans cette collection, une double page suffit pour brosser le portrait des opposants d’un personnage).

L’avis de l’expert en herbe ? Le voici :

J’ai bien aimé et ça m’a appris plein de choses comme l’enfance de Tony Stark, des fonctions de certaines armures, des explications sur le Shield et certains ennemis d’Iron Man. C’est surtout sur ce dernier point que j’en ai appris beaucoup. Par exemple sur « Fin Fang Foom » qui est un extra-terrestre qui ressemble à un dragon ; je n’avais jamais vu ce personnage. J’ai découvert plusieurs personnages que je ne connaissais pas.
PictoOKPictoOKJ’ai vraiment découvert beaucoup sur l’univers d’Iron Man. Le livre est vraiment bien fait et je suis surpris par tout ce que j’y ai appris.

Iron Man

Univers Marvel
Editeur : Fleurus
Collection : La Grande Imagerie des Super-Héros
Auteurs : Jacques BEAUMONT & Sabine BOCCADOR
Dépôt légal : avril 2015
32 pages, 7,95 euros, ISBN : 978-2-215-14247-8

Beaumont – Boccador © Fleurus – 2014
Beaumont – Boccador © Fleurus – 2014

Sorte de petite encyclopédie des principaux personnages des Avengers. Cet ouvrage offre un aperçu rapide et solide des super-héros qui ont fondé les Avengers : Thor, Iron Man, Hulk, L’Homme-fourmi et la Guêpe. On s’arrête ensuite plus rapidement sur les membres qui sont venus gonfler les rangs de l’équipe, à commencer par Captain America. On passe en revue l’influence du SHIELD dont j’ai déjà parlé plus haut et, pour finir, un aperçu des principaux ennemis des Avengers, ceux-là mêmes qui seraient parvenus à leurs fins si les supers-héros n’avaient pas décidé d’unir leur force.

Une bonne base pour se repérer dans l’univers Marvel. Louka fait l’impasse sur sa chronique si ce n’est « C’est un bon livre mais j’ai déjà tout dit avec « Captain America » et « Iron Man »… »

Les Avengers

Univers Marvel
Editeur : Fleurus
Collection : La Grande Imagerie des Super-Héros
Auteurs : Jacques BEAUMONT & Sabine BOCCADOR
Dépôt légal : septembre 2014
32 pages, 7,95 euros, ISBN : 978-2-215-14254-6

La Ligue des Justiciers (Boccador)

Boccador © Fleurus – 2016
Boccador © Fleurus – 2016

« Dans cette collection consacrée aux super-héros, les enfants découvriront la manière dont l’équipe de la Ligue des Justiciers (Justice League) s’est formée et ses membres les plus importants : Superman, Batman, Wonder Woman, Aquaman, Cyborg, Flash et Green Lantern. Le récit du parcours de chacun d’entre eux ainsi que les ennemis qu’ils combattent sont autant de sujets abordés à travers les dessins réalisés par les artistes de DC Comics » (Quatrième de couverture).

Mon fils et moi explorons de nouvelles lectures. Si les super-héros alimentent depuis un moment les rayonnages de notre bibliothèque, je ne suis pas encore bien familiarisée avec l’exercice de la chronique sur ce genre d’ouvrage. Louka (10 ans) est quant à lui beaucoup plus à l’aise :

« J’ai bien aimé le livre. Les personnages sont bien dessinés. L’ouvrage m’a appris beaucoup de choses sur chaque personnages (sauf sur Batman et Superman). Ce que j’ai appris par exemple ce sont des choses de leur histoire, de leur vie personnelle. Sur Wonder Woman par exemple j’ai appris que c’était sa mère qui l’avait sculpté dans le sable et une déesse de l’Olympe lui a donné vie.
J’ai appris des choses sur Green Arrow comme par exemple qu’il s’est marié avec Black Canary.
Je ne connaissais pas le personnage de Doomsday, juste de nom.
Le livre présente beaucoup de personnages que je ne connaissais pas. En général, j’ai bien aimé et je le conseillerais à partir de 7 ans parce que pour des enfants plus jeunes, les images sont belles mais par contre les textes utilisent des mots qui pourraient être compliqués. Pour les autres, et même pour des enfants qui connaitraient déjà l’univers, je pense que l’on apprendrait des choses. Les images sont très bien réalisées. Dans la manière dont les personnages sont présentés, tout n’est pas logique. Le livre se découpe en deux parties : les gentils d’abord, les méchants ensuite. La présentation est assez logique.
Ce qui m’a fait bizarre par contre, c’est que Cyborg est dessiné mais il n’y a aucun texte le présentant. Et sur la couverture, le premier dessin avec une personne qui serre les dents et qui a les yeux rouges, et bien ce personnage est totalement absent dans le livre. Du coup on ne sait pas qui c’est. Sinon le livre est parfait. J’attendais de ce livre du suspens (j’en ai eu car j’étais sûr qu’il y aurait des super héros que je ne connaissais pas et c’était le cas) et d’apprendre des choses. Le livre a répondu à ce que j’attendais. »

L’ouvrage revient donc sur la première apparition de ces personnages. En mars 1960, ils font leur entrée dans des magazines américains. L’engouement est immédiat. « La Ligue des Justiciers » propose donc de revenir sur la présentation des sept membres fondateurs de l’alliance. Sabine Boccador consacre un temps à chaque protagoniste : origine, pouvoir(s), points de fragilité, action menée, rôle dans la Ligue des Justiciers… Ensuite, le lecteur pourra découvrir quelques-uns des personnages qui se sont alliés aux justiciers avant de découvrir la dernière partie de l’ouvrage consacrée aux ennemis de la Ligue.

Les chapitres sont concis et fournissent les informations essentielles à la connaissance de chaque personnage. On pourrait faire le parallèle avec une petite encyclopédie qui apporte les bases nécessaires d’un sujet, mettant entre les mains du lecteurs les repères nécessaires. Le tout est largement complété d’illustrations toutes plus ludiques les unes que les autres, rehaussées de couleurs toniques et montrant les héros en action. La présentation est aérée et permet de ne pas être étourdi par le flot d’informations délivrées. Comme il l’explique plus haut, mon fils regrette la scission gentils / méchants. Il aurait préféré que les univers soient réunis et pour permettre au lecteur de disposer – en un coup d’œil – des informations à connaître sur chaque justiciers (il aurait apprécié, par exemple, que Lex Luthor soit intégré à la double page dédiée à Superman, que Black Manta ne soit pas présent sur celle d’Aquaman etc).

PictoOKUn ouvrage ludique et… didactique (oui). Il vient lécher l’univers des super-héros, asseoir les postulats de départ et permettre au jeune lecteur de partir avec des bases solides dans la lecture des comics.

La Ligue des Justiciers

Série La grande Imagerie des Super Héros

Editeur : Fleurus

Auteur : Sabine BOCCADOR

Dépôt légal : mars 2016

27 pages, 7,95 euros, ISBN : 978-2-215-144-182

A l’intérieur…

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La Ligue des Justiciers – Boccador © Fleurus – 2016