Les sales histoires de Félicien Moutarde, tome 1 (Melquiot & Badel)

Melquiot – Badel © L’élan vert – 2010
Melquiot – Badel © L’élan vert – 2010

« Je m’appelle Félicien Moutarde. Ça y est : je suis né, contre vents et marées. J’ai hérité de tous les défauts de la Terre. Pourtant, de nos jours, dans notre monde, la plupart des gens ont plutôt des super-pouvoirs ; moi, j’ai des super points faibles. Je suis un petit garçon vraiment pas gâté. Le plus étrange dans cette affaire, c’est que je suis quand même très heureux d’être en vie » (quatrième de couverture).

Félicien est laid, bête et méchant… qu’on se le dise ! Fils de deux losers (Michel et Mireille), il ne fallait pas en attendre plus de sa part. Le ton est au sarcasme… certes, mais c’est amusant.

Le livre se découpe en quatre chapitres, l’occasion pour nous de nous arrêter tour à tour sur la naissance de Félicien, la mort de Bambi, la première idylle et la recherche d’un super-pouvoir…

Ce qui est fameux dans cette lecture, c’est la présence d’un sale gosse, un vrai de vrai ! Teigneux à souhait, jamais content… Il n’aime rien, il n’aime personne, critique tout à tout bout de champ, a raison sur tout et pire que tout, il commence déjà à faire sa loi alors qu’il vient à peine de naitre ! Le long monologue que nous propose Fabrice Melquiot en guise de scénario est assez drôle. Le ton est incisif voire belliqueux. Le fait de voir un petit enfant tenir ce genre de propos est assez surprenant, c’est ce qui fait le sel de cette lecture.

Alors certes, Félicien cumule à peu près tous les défauts de la Terre sauf que voilà, derrière cette méchanceté absolument pas dissimulée, se cache un garçonnet finalement très peureux de faire ses premiers pas dans la vie. Qui plus est, ce petit morveux n’est pas en reste du côté de l’imaginaire car il se crée tout un tas d’histoires complètement loufoques.

Côté dessin, le trait de Ronan Badel est assez nerveux. Ponctuellement, des pleines pages en couleurs (ocres, et rouges) viennent égayer cet univers étrange, mettant en scène un bambin aigri, désabusé et cynique. Le cocktail fait son petit effet et sert parfaitement l’humour noir de ce recueil.

PictoOKUn album jeunesse détonnant cependant, les jeunes lecteurs parviennent mal à gérer l’humour corrosif qu’il contient.

« Autre chose : quand je pleure sans m’arrêter pendant une heure au moins, ma mère Mireille me donne automatiquement des caramels. J’ai remarqué ça. Je pleure longtemps et toc ! j’ai des bonbons. Je note dans ma tête que j’ai un deuxième super-pouvoir ».

Les chroniques de Jérôme (tome 2) et de Noukette.

Extrait :

« Ma mère, l’après-midi quand elle repasse les chemises de mon père, elle me plante devant la télévision avec le dessin animé de Bambi qui passe à l’intérieur. C’est mon pire cauchemar. Elle croit que je pleure, parce que je suis un enfant difficile. Je ne suis pas difficile, je suis terrorisé ! ».

Du côté des challenges :

Petit Bac 2013 / Aliment-Boisson : moutarde

Petit Bac 2013
Petit Bac 2013

Les sales histoires de Félicien Moutarde

Tome 1 : La naissance de Félicien Moutarde

Série en cours

Editeur : L’élan Vert

Dessinateur : Ronan BADEL

Scénariste : Fabrice MELQUIOT

Dépôt légal : mai 2010

ISBN : 978-2-84455-165-8

Bulles bulles bulles…

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Les sales histoires de Félicien Moutarde, tome 1 – Melquiot – Badel © L’élan vert – 2010

Auteur : Mo'

Chroniques BD sur https://chezmo.wordpress.com/

7 réflexions sur « Les sales histoires de Félicien Moutarde, tome 1 (Melquiot & Badel) »

    1. Pour grands enfants oui. En tout cas, l’humour de l’ouvrage glisse un peu sur mon aîné. Il ressent l’humour mais il est plus fasciné par la méchanceté, sans réellement ressentir le besoin de rire
      Je viens te lire sur le tag. Alors : si dur que ça ? 🙄

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  1. Je ne serai jamais objectif sur Félicien parce que je suis totalement fan. Cela dit, une lecture à réserver aux « grands » de 10-11 ans si l’on veut comprendre tout le sel de cet album. Les CM2/6ème adorent Félicien, je l’ai testé à grande échelle sur plus de 1200 élèves et ils ont adoré à une très grande majorité. C’est tellement décalé et surprenant par rapport à ce qu’ils ont l’habitude de lire…

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    1. Je suis quand même assez étonnée que Monsieur Lutin n’accroche pas avec Félicien. Certes, l’humour n’est pas des plus évident pour lui mais quand je vois le plaisir qu’il à lire seul « L’Ours Barnabé » et à demander à ce que l’on replonge dans « Philémon »… je ne comprends pas. L’humour de ces deux séries n’est pas forcément très abordable pour lui non plus, mais il y prend beaucoup de plaisir et donne du sens à ce qui est dit et à ce que vivent les personnages.
      Et Félicien touche à des choses plus concrètes pour lui (la solitude, la colère après les parents,…)
      Je ne comprends pas ^^

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  2. Il est dans ma LAL depuis que je l’ai repéré chez Jérôme. On verra comment ma bestiole réagit… En tout cas, il est conquis par Barnabé.

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    1. J’en ai touché deux mots au compère toulousain de ta bestiole ^^ Il est content que Barnabé lui plaise. Mon fils reprend très régulièrement les intégrales de Barnabé. Il ne s’en lasse pas

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