Black Project (Brookes)

Brookes © La Boîte à bulles – 2017

Richard est un jeune garçon qui s’apprête à entrer dans l’adolescence. Peut-être vient-il même d’entrer dans cette période si délicate à appréhender. On ne sait pas. Il ressent du désir qu’il parvient mal à définir. Il se cherche. Il bricole ses questions sur la sexualité. Il bricole ses petites amies, leur forge une personnalité et une histoire en même temps qu’il leur façonne un corps. Il teste, sculpte, tente, malaxe les matières. Polystyrène, carton, coton, tissu, fils de fers.

La nuit, quand j’étais au lit, je restais éveillé et réfléchissais à la façon dont je m’y prendrais pour la fabriquer.

Sous ses mains encore peu adroites naissent ainsi Laura, Charlotte, Mélissa… Autant de poupées à l’image d’une fille qui incarne ses fantasmes et son désir. Mais l’imagination du jeune garçon ne suffit pas toujours. Il reste des zones d’ombres, des incertitudes et si les quelques revues pornos qu’il trouve un jour dans un sac répondent partiellement à certaines interrogations, elles ne disent rien de la suite, de l’acte sexuel ou de l’effet qu’il procure.

J’avais beaucoup réfléchi sur les vagins. Je savais à quoi ils ressemblaient grâce aux magazines cochons, mais pas leur texture, ni ce qu’on était supposé faire quand on avait son pénis dressé dedans.

Un album étrange, parfois dérangeant si l’on imagine que le jeune homme est âgé de 13-14 ans, un peu inquiétant si l’on perçoit que le personnage est plus jeune et que son penchant pour les poupées grandeur nature se confirme. Pourtant, si ces questions m’ont taraudé à plusieurs moments, je ne peux pas dire que je trouve cet album malsain pour autant. Et puis, j’ai apprécié ce côté expérimental tant sur le fond du récit que sur l’album en lui-même.

« Black project » est le premier album de Gareth Brookes. En 2012, grâce à cet ouvrage, l’auteur britannique remporte plusieurs prix : concours Myriad du meilleur premier roman graphique et le prix Broken Frontier du meilleur roman graphique. Un projet éditorial original et atypique puisque la particularité de cet album est d’avoir été entièrement brodé et réalisé en linogravure. En postface, une interview de l’auteur nous apprend également que ce dernier se passionne pour la broderie (initié par sa mère lorsqu’il était enfant) et aime la pratiquer. On y apprend également que l’idée de départ de « Black Project » s’inspire d’une sculpture de Hans Bellmer (La Poupée) et il confirme d’autres références artistiques comme Robert Crumb ou Daniel Clowes.

Cet album patchwork mêle donc plusieurs techniques auxquelles il faut ajouter la présence d’illustrations. L’ambiance graphique ainsi créée est intemporelle. On retrouve dans un huis-clos, en tête-à-tête avec ce jeune narrateur qui se confie sans retenue à l’auditeur de passage. Il livre sans tabous ses doutes, ses peurs (et notamment que son secret soit découvert par les adultes) et ses obsessions. Le récit est sans cesse sur un fil, il trouve un équilibre fragile à la frontière pour développer un sujet à la fois sordide et fascinant. Un récit déroutant et touchant à la fois… Entre attraction et répulsion, un mélange permanent d’émotions qu’on ne marie pas habituellement. L’auteur parvient à maintenir le lecteur en tension, au même titre que son personnage qui est constamment aux aguets et s’agite pour ne pas que son entourage ne découvre ses poupées.

Derrière cet étrange hobby, le garçon cache en réalité sa grande timidité. Complexé, peu sûr de lui, il pallie à sa solitude et, inconsciemment, se prépare à sortir de l’enfance. Il quitte peu à peu ses jeux de construction innocents, se familiarise avec un autre corps que le sien et à l’effet que ce dernier produit sur lui. Une manière comme une autre de devenir adulte.

J’ai dit à Charlotte que je voudrais être décorateur de vitrines, quand je serai grand. Elle m’a dit que c’était un beau métier et que je n’aurai pas de mal à me trouver une femme.

A défaut de pouvoir toucher les différentes matières et de pouvoir suivre les rainures de la linogravure, les reliefs de la broderie, de sentir par nous-même cette alliance improbable entre le rêche et le doux, cette présente édition nous permet de voir les entrelacs des tissus, les détails des motifs brodés (points lancé, points de croix, point de feston…).

Bien que les fantasmes du jeune garçon soient l’épicentre du scénario, j’en retiens plutôt un témoignage pudique sur l’identité sexuelle. Une manière de se familiariser avec sa propre libido tout en étant à l’abri des ricanements, des échecs… de la honte de ne pas être à la hauteur. La narration est à la première personne mais les verbes sont conjugués au passé ce qui permet d’avoir un certain détachement par rapport à ce qui nous est raconté.

« Black Project » est un OVNI graphique qui porte de bien troublantes confidences. Pour autant, j’ai aimé flirter avec ce singulier personnage et j’ai apprécié cette atmosphère indescriptible. Un album marquant.

Black Project

One shot
Editeur : La Boîte à bulles
Collection : Contre-jour
Dessinateur / Scénariste : Gareth BROOKES
Dépôt légal : mai 2017
208 pages, 22 euros, ISBN : 978-2-84953-279-9

Bulles bulles bulles…

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Black Project – Brookes © La Boîte à bulles – 2017

Ce qui nous sépare – Anne Collongues

9782330060541« Un soir d’hiver, dans un RER qui traverse la capitale et file vers une lointaine banlieue au nord-ouest de Paris. Réunis dans une voiture, sept passagers sont plongés dans leurs rêveries, leurs souvenirs ou leurs préoccupations. Marie s’est jetée dans le train comme on fuit le chagrin ; Alain, qui vient de s’installer à Paris, va retrouver quelqu’un qui lui est cher ; Cigarette est revenue aider ses parents à la caisse du bar-PMU de son enfance ; Chérif rentre dans sa cité après sa journée de travail ; Laura se dirige comme tous les mardis vers une clinique ; Liad arrive d’Israël ; Frank rejoint son pavillon de banlieue…»

« Fragments de vies anonymes » un soir d’hiver dans un RER. Une heure dans la vie de Marie, Alain, Cigarette, Chérif, Laura, Liad et Frank, une heure, un instant seulement, dans leurs pensées, leurs souvenirs, leurs rêves…

Sept personnages, sept parcours, sept histoires qui s’entrechoquent dans ce wagon. Et leurs doutes, leurs désirs, leurs envies, leurs secrets,  leurs peines se mêlent dans cet espace clos en mouvement. « Dehors tout est mouillé, toits, goudron, talus, le gris domine… ». Il n’y a pas d’échappatoire, chacun est seul avec sa voix intérieure qui divague au gré de ce voyage qui les entraîne tous vers …. Vers quoi d’ailleurs ?

Récit intime de sept « héros » ordinaires. Ça pourrait être vous, ça pourrait être moi…

Peu à peu, d’un personnage à l’autre, d’un songe à l’autre, on s’approche au plus près d’eux, tout contre… Et punaise, que c’est beau, que c’est triste aussi un peu… Aurai tant voulu continuer le voyage encore,  pour voir, pour savoir, l’après… Tendre la main vers ces solitudes….

Ai failli passer à côté de ce si joli roman par flemme, manque de temps, trop de lectures en cours, et puis la magie des 68 premières fois a encore opéré ! Et ce roman m’a toutafé emportée !

Ce qui nous sépare est donc un 1er roman émouvant qui vous entraînera, soyez en sûr, loin, haut, beau….

 

Extraits

« Des larmes tombaient dans son assiette, elle ne pouvait ni les arrêter ni finir ses pâtes. Oh, ça va, arrête de pleurer, tu crois qu’il n’y a pas assez de larmes comme ça ? Il s’est levé, a saisi une cigarette, est allé l’allumer à la fenêtre… Marie a ravalé ses larmes et dégluti sa bouchée. […] Tout l’appartement semblait figé comme elle dans l’attente, tous les meubles, tous les objets, jusqu’à la fourchette que sa main n’avait pas posée, tournée vers Gaétan qui regardait les jardins où hibernent sous des bâches des barbecues rouillés et les tondeuses à gazon ; peut être apercevait-il un voisin revenir de la promenade du chien, ou fermer ses volets, tandis qu’elle implorait silencieusement qu’il se retourne et que tout redevienne comme avant, mais elle savait que c’était impossible et restait assise, les coquillettes et les mots coincés dans la gorge, avec dans la tête l’écho des siens, que son silence continuait d’asséner tandis qu’il écrasait son mégot, ce constant reproche de la grossesse qui empêchait toute conversation. Lui n’avait rien demandé. »

« Oui, il partirait. Il rêvait tout haut en fumant, tandis que Cigarette, la jambe enroulée autour de la siennes, ne parvenait pas à croire que c’était elle, ici, dans cette chambre où pénétrait le rire des mouettes, dans une nudité nouvelle, lascive et agréable ; et tandis qu’il parlait d’ailleurs, elle revivait en pensée le chemin de ses mains sur son corps comme Marie s’était repassé plusieurs fois sa première nuit avec Gaétan, premières fois qu’elles ont toutes deux oubliées maintenant, parce qu’il ne s’agissait pas de sexe, ni même de plaisir, cela viendrait ensuite, mais d’amour, un amour candide et exaltant, le premier ; et c’est le souvenir qu’elles en ont, souvenir diffus mais certain de bonheur, tandis que se sont dissipées les sensations physiques et leur surprise –alors c’est ça ? -, la maladresse des gestes, la petite douleur et la déception, autant que la griserie de se sentir femme. »

 

68 premières fois

 

Merci à cette belle aventure des 68 premières fois et une pensée un peu plus particulière pour Églantine ❤

Ce qui nous sépare, Anne Collongues, Actes Sud, 2016, 18€50.

A cœur pervers – Octavie DELVAUX

1540-1Quelle divine proposition ! Une lecture coquine avec le chouchou de ses dames et ce, pour le délicieux RDV de Stéphie ! Voilà de quoi faire sacrément monter la température dans ce Bar à BD :-p

Tout d’abord, un petit mot sur ce recueil de nouvelles découvert et gagné grâce à un concours chez l’Irrégulière en partenariat avec La Musardine : « Entre Eros et Thanatos, 23 nouvelles puissamment érotiques et féminines », nous promet la quatrième de couverture ! Alors qu’en est ‘il ???

23 histoires courtes et appétissantes qui racontent des corps libres qui s’enlacent, se caressent, s’emballent, s’emmêlent, se chevauchent, se renversent, s’empoignent … le temps d’une rencontre, d’une nuit, d’un fantasme, d’une rêverie, d’un souvenir, d’un jeu canaille… Le temps d’un plaisir sensuel ! Le temps d’une passion brûlante !

« Aussi, quand nous nous sommes décidés à quitter le bar et que tu m’as embrassée contre un mur, j’ai perdu tout discernement. […] Dès cet instant, j’ai tout mis en œuvre pour ne pas te perdre. Baiser, faire mes preuves en tant que parfaite amante, c’était l’urgence première. […] Je me souviens de la découverte de ton corps […] L’humidité de ta bouche. Le contact avec ton torse d’une fermeté rassurante. La rencontre électrique de nos épidermes. Ma béatitude devant les proportions généreuses de ton sexe, bandé par le désir. Je l’ai chéri autant que ma flamme me l’ordonnait, caressé avec mes cheveux, malaxé entre mes seins, taquiné avec ma langue, suçoté du bout des lèvres … » 

Chaque histoire est différente, tant par le ton, l’époque parfois, la volupté déployée…. Evidemment, toutes les histoires ne se valent pas. Evidemment, il y a des histoires préférées, celles qui m’ont émue un peu plus que d’autres, celles qui m’ont faite sourire, celles qui m’ont diablement chatouillée l’intérieur ! Evidemment j’ai aimé ce recueil (mais pas tout, il faut bien l’avouer)… Parce qu’il raconte, au de-là du désir, le quotidien pas toujours enchanté, les petits arrangements avec la vie, les désillusions, les déceptions, les infidélités, la culpabilité, les coups de poignards, le désœuvrement, l’attente parfois interminable…

« Hier, il lui a dit « Je repasserai demain ! » Il lui a susurré ces quelques mots à l’oreille, au sortir d’un orgasme retentissant, avant de partir, trop vite, lacets noués en hâte et col de chemise ouvert. Depuis, le venin de ses paroles s’est infiltré dans son corps entier, il en a parcouru les innombrables ramifications, a semé des brisures d’espoir dans toutes ses terminaisons nerveuses…. Aujourd’hui, Cléa en est envahie, de la tête aux pieds. « Je repasserai demain. » »

Parce qu’il dit aussi et surtout les femmes ! Des étudiantes délurées, des mères de famille, des jeunes et un peu moins, des sûres d’elle et d’autres qui doutent, des coquines, des novices, des toutafé sages, des ordinaires, des exceptionnelles… Mais toujours des femmes déterminées, téméraires, bouillonnantes  et incroyablement féminines ! Un peu nous en somme 😉 Oui, les personnages féminins, tout en rondeur et en sensualité sont au centre de ces histoires !  Et non, comme bien trop souvent dans la littérature érotique suivez-mon-regard,  au centre du désir masculin !

 

Ainsi, vous l’aurez bien compris ce recueil, que j’ai lu avec beaucoup de gourmandise,  met en scène  des sens émoustillés, de la moiteur torride, de la déraison parfois, du désir toujours ! Des nouvelles à découvrir et à butiner au gré de ses envies, seul(e) ou bien délicieusement accompagné(e) 😉

« En attendant, c’est sur leur matelas grand luxe, à mémoire de forme, que les amants se remettent de leur dernier orgasme. Ils ont baisé comme des porcs. Ces deux là baisent toujours comme des porcs. C’est leur marque de fabrique. Quand ils s’attrapent, ils s’envoient en l’air comme si la fin du monde approchait… Au sortir de leurs ébats, Laure en est toute endolorie. Sa chatte et son cul la brûlent. Trop de contorsions, de frictions, et de coups de reins. Elle n’en peut plus de s’offrir. Ses orifices implorent grâce. Mais ça ne l’arrête pas. Surtout pas Laure… »

 

Pour découvrir le billet de mon si sexy compagnon de lecture c’est par  !

Le billet de l’Irrégulière (que je remercie ainsi que les éditions La Musardine pour ce recueil savoureux) c’est par  !

Et pour lire toutes les lectures coquines, c’est chez Stéphie et c’est par ici ! Et j’en profite pour souhaiter un long et beau chemin coquin à « Ce premier mardi du mois », 5 ans aujourd’hui, si c’est pas bon ça ! Champagne !!!

A cœur pervers, Octavie Delvaux, Nouvelles, La Musardine, 2016, 18€.

Voyeurs (Chmielewski & Podolec)

Chmielewski – Podolec © La Boîte à bulles – 2015
Chmielewski – Podolec © La Boîte à bulles – 2015

Dominika et Szymon forment un couple plutôt classique en apparence. Elle s’est installée à son compte et connaît régulièrement des périodes critiques où les contrats ne rentrent pas. Lui travaille sur une plateforme d’appels, un boulot purement alimentaire qui l’oblige à mettre son activité de photographe entre parenthèse.

Pour ne pas sombrer dans la routine, pour entretenir la flamme de leur amour, Dominika et Szymon ont mis en place un petit rituel coquin. En effet, ils inventent régulièrement des scénarios où ils changent d’identité et imaginent une nouvelle rencontre. Tantôt sur le quai d’une gare, tantôt au comptoir d’un bar à ambiance. Ils apprennent ainsi à se redécouvrir et ces petites mises en scènes apportent une bouffée d’air permanente à leur couple.

Mais le risque est grand, à chaque fois, de faire un faux-pas et de rompre la magie de ces instants.

Comment entretenir le désir au sein d’un couple ?

Comment parvenir à maintenir l’envie de son partenaire, l’exciter et conserver cette insatiable curiosité de découvrir toujours et encore les recoins de son corps ?

Comment débusquer ses fantasmes, tenter de les assouvir tout en en créant de nouveaux ?

Le scénario de Daniel Chmielewski explore la question des sentiments amoureux et du désir charnel. En décrivant le quotidien de ce couple, il le montre pris dans une quête permanente de renouveau, une recherche insatiable visant à attiser l’attirance réciproque de chacun. Cette fantaisie amoureuse passe par l’invention de scénarios qui les conduit à investir de nouvelles identités, à projeter leurs doubles fictifs dans un contexte particulier et propice à leur rencontre. Szymon sera tantôt photographe, tantôt homme d’affaire, tantôt cuisinier… Quant à Dominika, elle sera tantôt l’inconnue que l’on remarque sur un quai de gare, tantôt Kasia, tantôt Aneta… Renouveler ainsi la façon de s’approcher, se fixer des rendez-vous fait partie intégrante de leur jeu amoureux. L’auteur s’amuse à décrire leurs fantasmes et brosse le portrait d’un couple qui lutte contre toute forme de routine. S’inventer une nouvelle identité à chaque occasion est un prétexte pour dire l’attirance qu’ils ont l’un envers l’autre, un appétit féroce du corps de l’autre et un certain goût pour la remise en question.

Côté graphique, Marcin Podolec réalise ses illustrations au stylo bille. La sobriété de son dessin véhicule pourtant les émotions des personnages. On ressent leurs doutes et leurs inquiétudes, surtout du côté de Szymon que chaque rencontre rend fébrile. Outre le désir charnel, il témoigne d’une curiosité insatiable à l’égard de sa compagne ; il aimerait qu’elle n’ait plus aucun secret pour lui.

Parce que plus j’en sais sur toi, mieux je décode ces photos ! Mais il me manque toujours toutes ces minutes entre chacune de ces images, toutes ces semaines entre chaque pile de photos. Je voudrais te connaître plus intégralement, plus intensément !

Elle en revanche est plus libre, elle semble plus forte. Elle envisage de façon rationnelle l’idée d’une séparation éventuelle. Marcin Podolec croque des bribes de leur quotidien sans jamais violer leur intimité. Le lecteur profite de la sensualité de chaque retrouvaille et de l’ardeur qui les anime mais un voile tombe délicatement sur chaque scène érotique, limitant ainsi le voyeurisme du lecteur. Cependant, j’ai trouvé que l’on restait un peu sur notre faim, contraint d’imaginer la chaleur torride de leurs ébats.

PictoOK« Voyeurs » invite à une douce réflexion sur le couple et l’importance du désir. Récit plus sensuel qu’érotique, on se laisse surprendre par cette tendresse débordante qu’il y a entre eux et le côté ingénu de leur relation.

Les chroniques de Gwendal Fossois et de Frédéric Rabe.

Du côté des challenges :

Tour du monde en 8 ans : Pologne

Tour du Monde en 8 ans
Tour du Monde en 8 ans

Voyeurs

One shot

Editeur : La Boîte à bulles

Collection : Contre-Jour

Dessinateur : Marcin PODOLEC

Scénariste : Daniel CHMIELEWSKI

Dépôt légal : mai 2015

ISBN : 978-2-84953-223-2

Bulles bulles bulles…

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Voyeurs – Chmielewski – Podolec © La Boîte à bulles – 2015