Le petit Rêve de Georges Frog (Phicil)

Phicil © Soleil Productions – 2017

New-York, fin des années 30.
Georges Rainette est une grenouille. Venu de France pour suivre les cours du Conservatoire, il rêve de devenir un grand jazzman, de trouver l’harmonie parfaite entre la mélodie et l’instrument, l’alchimie poétique qui fera vibrer son public.

Cette musique, c’est toute ma vie… Je l’écoute, je la joue… J’en rêve même la nuit !

Il rêve aussi de se hisser aux côtés des plus grands jazzmen de son temps et pour cela, il a décidé de se consacrer entièrement à son art : le jazz. Il abandonne alors les cours et perd le bénéfice de sa bourse d’études. L’aventure est risquée en cette période de crise économique. Rien ne semble en mesure de résorber le chômage qui va croissant ; la pauvreté touche chaque jour de nouvelles familles. Georges est conscient des risques qu’il prend d’autant que les places sous les projecteurs de la gloire sont rares. Georges sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Il se met à travailler comme un forcené, le jour empiétant largement sur la nuit. Il compose, jette, recommence avec acharnement afin de composer la mélodie qui estomaquera, qui marquera, qui emportera l’engouement. Durant cette période, il est en tête-à-tête avec son vieux piano ; l’unique compagnon avec qui il partage toutes ces heures, l’unique compagnon qui pose un regard à la fois critique et encourageant sur les œuvres qu’il crée, son confident, son ami, son conseiller.

Tu sais Georges, je trouve que tu n’entends pas assez ce que tu joues. Tu devrais entendre intérieurement ce que tu joues. Ce ne sont pas que les doigts qui doivent jouer… Mais avant tout, la tête et le cœur.

C’est à cette période que deux événements majeurs vont influencer son devenir. Georges trouve enfin le nom de scène qu’il portera avec fierté : Georges Frog. Bien décidé à jouer des coudes pour se faire connaître, il ose envoyer ses maquettes à des producteurs et ressent un mélange d’excitation et d’appréhension. Ses projets artistiques de Georges sont cependant chamboulés le jour où il fait connaissance avec Cora, sa nouvelle voisine. Ils filent l’amour parfait mais Mister Cat, le père de Cora, ne voit pas leur idylle d’un très bon œil.

Georges Frog est né en 2006 sous la plume de Phicil. La série compte au final quatre tomes qui seront édités chez Carabas. La belle collection Métamorphose de Soleil les réunit aujourd’hui dans cette intégrale.La série compte au total quatre tomes réunis aujourd’hui dans cette belle intégrale.

Le petit rêve de Georges Frog – Phicil © Soleil Productions – 2017

Très vite, on perçoit que derrière l’auteur de bande dessinée, se cache un passionné de jazz. Phicil fait évoluer un personnage sensible aux sonorités du jazz, une musique capable de faire passer n’importe quelle émotion de la plus profonde des peines à la plus vibrante joie. Son héros, Georges Frog, ne se contente pas de jouer du jazz, il ressent le jazz.

Pour bien jouer, il faut avant tout faire ressortir la petite faille interne qui sommeille en nous, jusqu’à faire pleurer son instrument !

Dans ce récit la musique sert de support pour aborder d’autres sujets. Certains sont graves et sérieux (la misère, le chômage, la condition sociale des afro-américains), d’autres sont communs à tous les êtres humains (les sentiments, le dépassement de soi, l’envie d’atteindre ses idéaux…), d’autres sont plus personnels (les complexes, les peurs…).

Entre musique et sentiments, Georges Frog est un récit généreux, le cheminement et la réflexion d’un individu qui met tout en œuvre pour dépasser ses aprioris, acquérir une meilleure estime de soi, s’épanouir le mieux possible sans pour autant laisser les amis sur le bord de la route. Ce monde anthropomorphe de Phicil est à la fois assez réaliste mais l’apparence de ses personnages [et les couleurs de Drac] arrondit les angles et rend l’univers un peu plus doux, un peu moins sombre et laisse la place à la poésie et aux rêves alors que le contexte social s’y prête mal à première vue. Pour ceux qui auraient déjà lu les albums de Renaud Dillies (Betty Blues, Loup, Bulles & Nacelle…), il est difficile de ne pas faire le parallèle entre les deux univers [anthropomorphes de surcroît] pourtant Georges Frog me semble bien plus abouti.

Un petit bijou de série, un personnage auquel on s’attache, un scénario bien ficelé, un univers ludique et pertinent, un voyage musical que je vous conseille.

Extrait :

« Avant de jouer le blues, il faut savoir qu’il prend racine dans la culture des animaux sombres. A travers cette musique, c’est toute la douleur de l’esclavage qui transpire des centaines années d’oppression. Mais le blues traditionnel parle le plus souvent de choses bien plus banales. Comme par exemple de musiciens qui refusent d’en aider un autre, ou d’une fille qui laisse tomber son ami sans aucune explication. (…) Mais bon, on peut aussi traiter le blues de manière plus joyeuse, comme un pied de nez aux coups durs de la vie ! » (Le petit rêve de Georges Frog).

Une lecture que je partage avec les bulleurs de « La BD de la semaine ». Stephie accueille notre rendez-vous aujourd’hui.

Le Petit rêve de Georges Frog

Intégrale
Editeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Dessinateur / Scénariste : PHICIL
Dépôt légal : juin 2017
208 pages, 27 euros, ISBN : 978-2-302-06323-5

Bulles bulles bulles…

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Le petit rêve de Georges Frog – Phicil © Soleil Productions – 2017

Hier encore, c’était l’été (De Lestrange)

De Lestrange © Le Livre de Poche – 2017

Ils ont entre 16 et 20 ans et la vie devant eux. L’histoire se situe au début des années 2000 ;

Alexandre, Marco, Sophie, Anouk, Guillaume, Céline, Virginie.

Une histoire d’amitié qui dure depuis deux générations déjà.

Les Fresnais d’un côté et les Lefèvre de l’autre.

Tout a commencé dans les années 1950 quand Henri Fresnais achète un chalet dans les Alpes. Avec sa femme, Micheline, ils viendront y passer les vacances en famille. Le chalet voisin est habité par Georges et Madeleine Lefèvre. Les deux couples se rencontrent, sympathisent. Les points communs entre les familles sont nombreux à commencer par le fait que tous vivent à Paris le restant de l’année. Les familles habitent à quelques pâtés de maisons l’une de l’autre. Et puis Claude, Françoise et Jean – les enfants du couple Fresnais – ont le même âge que Anne-Marie, Evelyne et Denis Lefèvre.

Amis à la ville comme en vacances, les liens se renforcent entre eux à mesure que les années passent.

Puis vint la naissance de la troisième génération, celle d’Alexandre (fils de Claude) et de Marco (fils d’Anne-Marie). De nouveau, Micheline et Madeleine rêvent qu’un couple se crée dans cette génération-là pour unir davantage encore leurs familles.

Hier encore, c’était l’été – De Lestrange © Le Livre de Poche – 2017

Ils ont entre 16 et 20 ans et sont unis comme les doigts de la main. Amis de toujours, soutiens, confidents, repères, ils vont avancer dans la vie et découvrir ses joies et peines. Histoire d’amour, d’amitié, de tendresse. Orientation professionnelle, galère de tunes, soirées bien arrosées, période de silence voire d’oubli des autres… d’oubli de soi.

De Lestrange © Mazarine – 2016

Paru en mars 2016 aux Editions Mazarine « Hier encore, c’était l’été » est le premier roman de Julie de Lestrange. Un roman frais, optimiste dans lequel on s’installe très rapidement. La force de ces personnages tient au fait qu’ils ont cet appui-là, celui de l’amitié sincère et entière, de cette confiance sans limite qu’ils peuvent se témoigner. Et si à certaines périodes de la vie, il est des confidences qu’il est délicat de faire, elles finiront tôt ou tard à être dites car la honte n’est que passagère.

Alexandre est le narrateur principal. Il nous permet de faire connaissance avec chaque membre du groupe et on l’accompagne au fil des années. L’histoire principale se déroule sur une période d’environ une décennie. Il va donc être question, pour ces jeunes adultes, de mener à bien leurs études supérieures, de se dépêtrer de leurs histoires de cœur, de faire le grand saut quand pour certains il sera question de s’installer en couple, de ne pas trop se laisser-aller quand ces couples voleront en éclats, d’entrer dans la vie active. Apprendre à devenir responsable, s’assumer, faire des choix. Régulièrement, Alexandre s’efface. Pour le lecteur, c’est l’occasion d’être tantôt aux côtés de Marco ou auprès de Sophie. Un trio solide qui avance dans la vie parfois en hésitant, parfois en s’y jetant la tête la première.

De l’ordinaire, du quotidien. Des choses sommes toutes très banales… oui… mais voilà. On n’a pas très envie de refermer ce livre. Un livre habité par des personnages touchants, il n’y a là rien qui ne soit édulcoré, pas d’artifices. La lecture nous touche, nous fait ressentir quelques pincements de cœur, nous offre des sourires et surtout, une tendresse appréciable. Une histoire simple que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire. Julie de Lestrange accompagne à merveille ses personnages dans leurs nouvelles vies d’adultes. Une très belle réflexion sur le temps qui passe.

Les chroniques de Mylène, Soukee, Jostein, A vos livres.

Hier encore, c’était l’été

Roman
Editeur : Le Livre de Poche
Auteur : Julie DE LESTRANGE
Dépôt légal : mai 2017
378 pages, 7,90 euros, ISBN : 978-2-253-06986-7

Le Choix (Frappier & Frappier)

Frappier – Frappier © La ville brûle – 2015
Frappier – Frappier © La ville brûle – 2015

Enfant, j’ai du mal à me faire aux virages qui m’emmènent ailleurs… à l’effervescence des départs… au brouhaha des haut-parleurs… à l’image figée de mes parents glissant sur la vitre avant de disparaître, comme si c’était eux qui s’en allaient, me laissant seule avec ma valise sur la tête.

Elle a passé son enfance à changer de maison. Chaque année, ses parents la mettaient dans un train, direction une autre ville, une autre famille d’accueil. Jusqu’au début de sa vie d’adulte, sa vie ne fut qu’une succession de séparations. Pourquoi ?

Il y eu une courte période pourtant où elle se dit que le bonheur était possible. Cette année-là, elle rentre en Cinquième. Sa grand-mère demande à ce qu’elle vienne vivre chez elle. Direction Biarritz et le bonheur, direction les petits mots sucrés du matin et les mots rassurants du soir. L’année s’annonce bien. Mais le bonheur ne dure qu’un temps. Pour elle, il a duré un peu plus d’un trimestre en tout et pour tout. Il fut emporté par le décès soudain de sa grand-mère. Elle part alors dans une nouvelle famille d’accueil en milieu d’année scolaire. Changement d’école, changement des repères, une fois de plus. Elle a l’habitude même si elle se fait difficilement à cette réalité.

A 13 ans, elle découvre la vie avec ses parents. L’enfant cherche ses repères dans ce noyau familial qu’elle ne connaît pas, elle tâtonne pour en trouver les contours. La communication ne passe pas, elle devine les limites à ne pas franchir et quand elle les dépasse, les coups de son père tombent sans qu’elle en comprenne les raisons. Elle sait juste qu’elle est responsable de sa colère.

(…) Je ne comprends pas ce que ça veut dire. Mon père, oui. Et il le prend très mal. Tant de choses déclenchent sa colère… et toutes viennent de moi.

Ce qui accroît son incompréhension, c’est qu’elle n’est plus scolarisée. Pour pallier à cela, elle allume la radio chaque matin et suit une émission qui diffuse des programmes pédagogiques. Deux cours de danse hebdomadaires viendront remplir un peu son emploi du temps. Pour le reste, elle tue l’ennui et la solitude en lisant. La journée, elle est seule à la maison. Elle stagne ainsi pendant deux ans, loin de ses pairs, loin de tout avant de retrouver les bancs de l’école. Elle a 15 ans quand elle redevient élève ; elle y trouve du plaisir mais cela a un prix…

Ma mère a beau dire que la Troisième ne sert à rien, passer de la Quatrième à la Seconde après deux ans d’absence ce n’est pas tellement évident… Les maths, les langues, ça ne va pas du tout… Il y a bien le français, mais là, c’est l’orthographe qui ne va pas du tout… J’ai du mal à photographier les mots. Je les comprends, mais je ne sais pas les écrire.

Le soir, elle dort dans un foyer d’étudiantes. Elle sympathise avec des filles plus âgées qu’elle, l’une d’entre elle milite au MLAC. La narratrice découvre le combat pour le droit des femmes, elle le fait sien sans toutefois en comprendre les tenants et les aboutissants… cela viendra plus tard.

Le scénario décrit un parcours de vie atypique. On se pose plusieurs fois la question de savoir quelles peuvent être les raisons qui motivent un couple parental à imposer ce cadre de vie si particulier. Pourquoi mettre tant de distance entre soi et son enfant ? Pourquoi lui imposer toutes ces séparations et la balloter de famille d’accueil en famille d’accueil ? Pourquoi ne pas voir l’insécurité dans laquelle ils la mettent et pourquoi attendre d’elle qu’elle grandisse seule ? Pourquoi ne pas l’aider à se forger ses propres armes qui l’aideront plus tard dans sa vie d’adulte ? Des pourquoi… beaucoup. Quelques réponses seront données après-coup.

Le Choix – Frappier – Frappier © La ville brûle – 2015
Le Choix – Frappier – Frappier © La ville brûle – 2015

Un album en partie autobiographie mais Désirée Frappier n’a aucune amertume dans le récit de sa propre enfance. Elle place un à un les éléments narratifs ; sans juger, elle questionne cependant ce défaut d’attention dont elle a fait l’objet, cette affection dont on l’a privée. Il y a un voile de brouillard qui entoure toute son enfance, on sent le poids du secret familial sans parvenir à le nommer. L’incompréhension et la souffrance affleurent à chaque mot. C’est du moins l’interprétation que j’en ai faite et le poids des non-dits a nourri mon questionnement.

L’écriture nous saisit, nous interroge, nous fait nous placer dans les interstices qui séparent les cases… qui sait s’il n’est pas possible d’y trouver quelques embryons de réponses ? Cette écriture vivante – semblable à un dialogue – m’avait déjà frappée lorsque j’ai lu « Là où se termine la terre ». La scénariste s’appuie sur des émotions et sur des silences, des doutes… ses doutes.

La narratrice s’est posée face à nous et raconte son enfance bancale d’une voix calme, presque chuchotée à certains moments. Désirée Frappier livre un récit profond et percutant. Le dessin charbonneux d’Alain Frappier le borde délicatement et le porte au-delà de toutes attentes. Le bon équilibre est trouvé pour cette histoire qui se situe à la croisée entre le récit de vie et le documentaire. Sur les pages où le propos est plus didactique, le trait du dessinateur devient plus neutre et plus épuré, les contrastes entre noir et blanc sont plus crus, les contours sont plus nets, sans fioritures. A mesure qu’on avance dans la lecture, on en comprend la portée et le sens à donner aux premières pages. L’incompréhension s’efface peu à peu sans toutefois disparaître totalement. Il reste des zones d’ombre malgré les réponses que la jeune fille obtient avec ou sans l’aide de ses parents. A mesure qu’elle grandit, elle s’approprie des bribes de son histoire, elle apprend à s’accepter.

Le témoignage autobiographique est un préambule destiné à préparer le terrain pour parler du combat mené par des milliers de femmes françaises soucieuses d’obtenir la reconnaissance de leurs droits de femmes. Toutes générations confondues, elles se sont mobilisées et ont revendiqué ce droit à jouir de leur corps. L’accès à la contraception, la possibilité de décider seules (ou avec leurs compagnons) du moment où elles enfanteront. Elles ont levé un tabou, bousculé l’opinion publique, dénoncé les pratiques d’avortements…

L’ouvrage rappelle que le droit à l’avortement fut l’objet de nombreuses polémiques. Sa reconnaissance fut controversée. Ne pas plier sous les accusations des conservateurs arguant inlassablement « qu’avorter, c’est tuer ». Dire que c’est nier la réalité. Nier que des milliers de femmes, toutes générations confondues, mettaient leur vie en péril en allant avorter dans des conditions parfois douteuses… plus que douteuses. Combien de septicémie ? Combien de décès ? Combien d’hémorragies et d’arrivées catastrophiques aux services des urgences ? Combien de discours réprobateurs de la part d’un corps médical jugeant, méprisant, moralisateur ? Dire que pour des milliers de femmes, toutes générations confondues, avorter n’est une décision facile à prendre. Dire qu’assumer une grossesse et les conséquences qui en résultent n’est pas à la portée de tout le monde. Tuer le mensonge car non avorter n’est pas une décision de confort. Avorter est toujours une décision douloureuse à prendre. C’est accepter l’évidence : cet enfant-là arrive trop tôt, les études ne sont pas terminées et que sans emploi, la situation est trop précaire pour garantir à cet enfant à venir les conditions nécessaires à son éducation.

Le scénario revient sur ce combat, les échecs qu’il a essuyé, les obstacles qu’il a dû franchir et la lente – très lente – évolution des mentalités. Ne pas oublier les premiers mouvements militants de défense des droits des femmes. Puis cette date historique du discours de Simone Veil devant l’Assemblée nationale. Novembre 1974.

Les femmes remplissent les tribunes du public. A leurs pieds, les députés, soit 469 hommes et 9 femmes.

Premier pas vers un changement des mentalités. Une petite victoire. Mais.. la loi est votée pour cinq ans et de nombreuses restrictions sont encore imposées. Une avancée tout de même. Avorter n’est plus un délit.

Je me demande quelle conception de Dieu autorise à dire que d’empêcher un embryon de se développer lorsqu’on est vraiment dans l’impossibilité de lui faire vivre un minimum de vie humaine est forcément plus désagréable à Dieu que la multiplication de la misère des hommes et que la condamnation d’un homme à la misère

PictoOKLe récit mêle la petite histoire [de la scénariste] à la Grande histoire. Désirée Frappier réalise un documentaire très complet. La partie autobiographique sert de levier à la partie documentaire.

Un devoir de mémoire, la mémoire d’un combat douloureux. Un album publié en 2015, à l’occasion des quarante ans de la Loi Veil. Un livre coup de poing. Nécessaire.

La chronique de Marilyne.

Extrait :

« Je me dit que tous ces souvenirs qui me reviennent, ça peut faire une histoire. Une histoire qui raconterait comment c’était avant. Parce que tout s’oublie si vite ! » (Le Choix).

Le Choix

One shot
Editeur : La Ville brûle
Dessinateur : Alain FRAPPIER
Scénariste : Désirée FRAPPIER
Dépôt légal : janvier 2015
120 pages, 15 euros, ISBN : 9782360120567

Bulles bulles bulles…

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Le Choix – Frappier – Frappier © La ville brûle – 2015

L’Eté Diabolik (Smolderen & Clérisse)

Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016
Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016

L’été d’Antoine devait être tranquille. Routinier. Sa mère et sa sœur en voyage en Irlande, il se retrouve en tête à tête avec son père. Ce dernier, un ingénieur qui travaille dans une usine fabriquant des turbines, est un homme très investi dans son travail. Souvent absent, il parvient pourtant à se libérer un peu de temps pour assister au tournoi de tennis que son fils remporte haut la main.

Pourtant, un incident émaille la cérémonie de la remise de prix. Le père de l’autre finaliste le prend à parti. Un mauvais perdant, c’est ce que tout le monde conclu. Puis, il y a cette rencontre fortuite le soir-même lorsque, installé à la table d’un prestigieux restaurant local, le père d’Antoine est interpellé par un homme qu’il a croisé lors d’un déplacement professionnel. Puis il y eu cette course poursuite dangereuse en pleine nuit sur les routes sinueuses de la côte. Il y eu la rencontre avec juan, cette fille mystérieuse et si attirante.

Non décidément, cet été 1967 ne ressemblait à aucun autre été. Antoine avait 15 ans. Les événements étranges qui se sont succédés en très peu de temps et qui se sont soldés par la disparition de son père, Antoine ne les a toujours pas digérés au point que 20 ans plus tard, Antoine en ait fait un livre, comme une catharsis… comme une vaine tentative de reconstituer le puzzle de ces quelques jours qui ont fait de sa vie un chaos.

Double-sens, double personnalité, double jeu… les reflets que le miroir de la vie nous renvoient sont parfois trompeurs. A tel point qu’il est nécessaire de prendre le temps de s’arrêter pour les examiner à la loupe. Voir les incohérences, les comprendre ou les gommer. Raisonner. S’apaiser.

L’été Diabolik – Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016
L’été Diabolik – Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016

Double jeu comme cet effet qui nous prend dès qu’on ouvre l’album. Le livre nous force à ouvrir le livre d’un autre, la fiction s’empare du récit. « Antoine Lafargue », son nom s’étale sur cette couverture épurée où apparaît la mention « récit » et indique un nom d’éditeur « Editions Clairville »… Clairville… du nom de cette localité où se déroule l’intrigue de « L’Eté Diabolik », mais ça, on ne le comprend qu’ensuite.

Double personnalité, du moins c’est la question que l’on se pose à force de voir le narrateur empiler les incohérences dans le comportement de son père. Et cet adolescent avec lequel Antoine commence à lier amitié ne semble pas si sincère qu’il en a l’air. En fait, dans ce microcosme, chacun semble tirer des ficelles qu’Antoine n’est pas en mesure de comprendre. Thierry Smolderen jette son jeune héros dans la fosse aux lions. Il dresse le portrait d’un adolescent tranquille qui se retrouve confronté à des événements qui le dépassent, qui se contente de relever les fausses notes dans le comportement de son entourage et qui n’a de cesse de relativiser la situation… car nous savons tous que notre imagination peut être notre pire ennemie. Etape par étape, le scénariste électrise son scénario et nous met – lecteurs – sur le qui-vive. On cherche la petite bête, tendus, à l’affût de l’indice qui nous mettra sur la voie… et on se noie de la même manière que le narrateur. On se noie… mais dans une délicieuse intrigue qui nous aimante. On hésite face à ces faux-semblants qui n’en sont peut-être pas, on se raisonne à l’idée d’être trop suspicieux. Comme on se projette dans ce personnage ! C’est diabolique.

Il faut dire que Thierry Smolderen met le paquet pour semer le trouble. Il est question d’espionnage industriel, de sentiments, de dépucelage, d’absence, de mort, d’étranges coïncidences et de références nombreuses à d’autres littératures. Car ce personnage masqué s’inspire en premier lieu des fumetti des sœurs Angela et Luciana Giussani. Mais la figure du justicier masqué nous renvoie à tant d’autres, à commencer par Fantomas.

« La vérité, c’est que les masques de la fiction ne cessent de se glisser dans la danse macabre de l’actualité. Aujourd’hui, les attentats du 11 septembre et les décapitations postées sur Internet font le bal avec les Avengers d’Hollywood ; hier Diabolik hantait les coulisses de l’assassinat de Kennedy et de ses légendes urbaines ; avant-hier, Fantomas, Nosferatu et le docteur Caligari faisaient la ronde autour de la Grande Guerre… Et si l’on devait remonter toute la généalogie de ces masques, qui nous proposent une interface portable et intime, capable de nous connecter personnellement aux forces globales de l’actualité, on aboutirait au premier d’entre eux, qui en a déjà tous les attributs : Harlequin Faustus, Harlequin Criminel, le super-héros des pantomimes anglaises, qui électrifiait les scènes londoniennes au début du XVIIIe siècle » (extrait de la postface de Thierry Smolderen).

Les illustrations d’Alexandre Clérisse contribuent grandement à nous plonger dans cet univers sixties. Là aussi, les références abondent. Le dessinateur puise généreusement et respectueusement dans le Pop Art. David Hockney, Andy Warhol, James Rosenquist… de l’ambiance graphique où l’auteur pousse son trait jusque dans le moindre accessoire, de la pochette d’un vinyle de Procol Harum jusqu’à la « robe Mondrian » d’Yves Saint-Laurent.

PictoOKPictoOKAprès « Souvenirs de l’Empire de l’atome », le duo d’auteurs formé par Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen nous scotche une fois de plus. Un must !

Les chroniques : Noukette, Stephie, Hélène, Pierre Darracq.

Cet album a reçu le Prix des lecteurs Ouest-France (Quai des bulles) et le Prix de la BD Fnac 2017.

L’Eté Diabolik

One Shot
Editeur : Dargaud
Dessinateur : Alexandre CLERISSE
Scénariste : Thierry SMOLDEREN
Dépôt légal : janvier 2016
168 pages, 21 euros, ISBN : 978-2205-07345-4

Bulles bulles bulles…

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L’été Diabolik – Smolderen – Clérisse © Dargaud – 2016

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Hop ! La « BD de la semaine » est ici en ce mercredi 25 janvier 2017.

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Je vous invite à découvrir les autres trouvailles présentées par les bédéphiles embarqués dans l’aventure :

Sabariscon :                               Moka :                                  LaSardine :

Hilde :                                           Karine:) :                                 Saxaoul :

Syl :                                               Blandine :                                Noukette :

Jérôme :                                            Gambadou :                         Mylène :

Leiloona :                                        Bouma :                                 Stephie :

Marguerite :                                   Caro :                                         Mélo :

Soukee :                                          Amandine :                               Nathalie :

Estelle Calim :                                  Sandrine :

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Le Maître des tapis (Bleys & Nesme)

Bleys – Nesme © Guy Delcourt Productions – 2016
Bleys – Nesme © Guy Delcourt Productions – 2016

Lors d’une de ses tournées, Fedor tombe nez-à-nez sur le jeune Danil que des soldats d’un despote poursuivent pour le mettre à mort ; Danil ayant tué un de ses lévriers lors d’un braconnage. N’écoutant que son courage, Fedor décide de venir en aide au jeune homme. Le simple marchand de tapis va saisir un des tapis entreposés dans son chariot, le déplier et sommer Danil de grimper dessus. La seconde qui suit, tous deux volent dans les airs et s’éloignent du danger. Paniqué, Danil a du mal à réaliser ce qui se passe.

Une fois en sécurité, Fedor lui explique que Danil a une dette envers lui et qu’il compte bien être dédommager. Un pacte est scellé entre les deux hommes. Pendant un an, Danil travaillera pour le compte de Fedor. Ce dernier met à profit cette période pour transmettre son pouvoir de tapissier volant au jeune homme. Mais le boyard qui avait lancé ses troupes sur les traces de Danil.

Je n’avais encore pas eu l’occasion de me plonger dans les albums de ces deux auteurs même si j’ai encore en tête de « vieilles » chroniques alléchantes comme celle présentant « Chambres noires » (scénario d’Olivier Bleys et dessins de Yomgui Dumont) ou celle des « Enfants du capitaine Grant » (scénario et dessins d’Alexis Nesme).

« Le Maître des tapis » est donc une belle opportunité puisqu’ils est l’aboutissement d’une collaboration entre Olivier Bleys et Alexis Nesme. Le scénario propose s’inspire à la fois des univers de contes (je pense notamment aux contes des « Mille et une nuits » et leur lot de magie) et des romans de la littérature russe se déroulant dans un décor où la neige s’étale à perte de vue. Sur ce décor se déroule une épopée qui oppose le jeune héros à un seigneur autoritaire et cruel, une romance et une histoire d’amitié entre deux hommes. On est tellement fasciné par la magie qui entoure le pouvoir du maître des tapis qu’on en oublie presque l’animosité du tyran qui réclame vengeance. On se love donc rapidement dans la chaleur de l’isba du maître des tapis aidé en cela par les couleurs douces et le trait minutieux d’Alexis Nesme.

Un peu de suspense, des illustrations magnifiques que l’on savoure, Alexis Nesme fait preuve d’une maitrise réelle de l’art pictural. Ponctuellement, des motifs ornementaux viennent décorer le contour de certaines cases, détails majestueux et magnifiques qui mettent en valeur l’ensemble. Alexis Nesme détaille chaque recoin de case, s’attarde sur les volumes, les ombres, les étoffes, les motifs de ces tapis magiques.

PictoOKPictomouiEnrichissant la jeune collection des « Enfants gâtés » (que l’on a vu naître avec « La poudre d’escampette » de Chloé Cruchaudet), « Le Maître des tapis » est un album agréable. « Un album sympa » dit mon fils « mais sans plus ». J’abonde dans son sens car si on en prend plein les yeux, l’intrigue est moins prenante qu’il n’en a l’air et finalement, le lecteur accèdera trop peu à cet art qui consiste à faire voler les tapis. Pas de scènes aériennes, pas de courses effrénées et grisantes.

(Pop-up à monter en fin d’album.)

Le Maître des tapis

One shot

Editeur : Delcourt

Collection : Les enfants gâtés

Dessinateur : Alexis NESME

Scénariste : Olivier BLEYS

Dépôt légal : octobre 2016

24 pages, 14,50 euros, ISBN : 978-2-7560-6929-6

Bulles bulles bulles…

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Le Maître des tapis – Bleys – Nesme © Guy Delcourt Productions – 2016

La science des cauchemars – Véronique Olvadé et Véronique Dorey

9782364749399Rhoooo chouette, un p’tit nouveau, voilà qui me plait ! Déjà l’année dernière avec ma copine Noukette, on avait été sacrément emballées (si c’est pas déjà fait, découvrir ici et , nos billets  !). Alors évidemment, nous voilà reparties de concert, pour une autre lecture, une autre expérience, un peu étrange, un peu folle, un peu glauque aussi. Dans un univers qui dépote toutafé, celui de Véronique Olvadé mis en dessin par le talent époustouflant de Véronique Dorey…

Un brin d’histoire :

Il était une fois une demoiselle dans une station balnéaire mexicaine un brin sordide. Il était une fois une rencontre entre la dite-demoiselle-sans-sou et un vieil acteur porno aveugle et complètement traumatisé par des cauchemars affreux qui peuplent ses nuits. Il était une fois une quête de remède contre ses mauvais rêves en échange d’un peu d’argent….

Oui, ça donne un peu les chocottes !

On retrouve l’univers foisonnant, riche, fantastique, dingue, étrange de Véronique Olvadé (d’ailleurs ça fleure bon son dernier roman !). Les illustrations de Véronique Dorey, noires, envoûtantes, sublimes donnent un aspect plus sombre au texte poétique. C’est un peu poisseux, un peu irréel, un peu magique, un peu funèbre…. C’est superbe !

J’ai drôlement aimé cet étrange petit livre, dévoré en rien de temps et qui me hante encore des nuits et des nuits après héhé !

Le billet de ma Noukette c’est par là 😉

 

Les premières pages (extrait)

Quand j’avais dix-sept ans j’ai quitté Mexico pour aller à Santa Colonna sur la côte Pacifique. . Je portais les bijoux aztèques de ma grand-mère (des babioles en argent aussi légères que du papier de soie) et mon petit sac de velours dans lequel je n’avais rien mis. Je ne voulais rien de ce qui appartenait à ma mère.
Je voulais simplement voir l’éclipse de soleil qu’on m’avait promise. La comète Johnson passait devant la lune en même temps que la lune passait devant le soleil.
Je suis arrivée à Santa Colonna qui n’était pas la bourgade la plus riante qui soit.
Le front de mer était un front de mer pour les touristes à une époque où il n’y avait plus de touristes – à mon arrivée je ne savais pas encore bien pourquoi : étions-nous en récession ? était-ce la morte saison ? Le fait est qu’il n’y avait pas grand monde, que la supérette était déjà fermée à 16h30 et que ça sentait le renfermé même au grand air.
Je suis allée sur la plage. Je me suis étonnée qu’il n’y ait que moi sur cette plage excepté deux trois surfers polytoxicomanes et quelques chiens errants.
J’ai fini par comprendre qu’on m’avait raconté un bobard. Nulle éclipse. Nulle comète Johnson. Je me suis demandée comment j’avais fait pour croire à un truc pareil. Je n’avais plus un sou vaillant alors je suis restée à Santa Colonna.
Santa Colona avait quelque chose de fondamentalement féodal: il n’y avait pas de classe moyenne. Sur le front de mer les gens vivaient dehors ou dans d’anciennes villas témoins ou dans des mobil-home montés sur des parpaings, abrités pas des palmiers noircis comme passés au napalm et sur les hauteurs les gens vivaient dans des villas ultrasécurisées qui se regroupaient et rayonnaient autour des cliniques de chirurgie esthétique (pivot névralgique de nos collines). Et leurs palmiers étaient aussi verts et solides que s’ils avaient été conçus en résine ignifugée.
Il y avait eu une histoire d’usine d’amiante sur les collines au nord et on disait que la plage était contaminée (contaminée c’est un mot qui fait tellement peur, alors me demanderez-vous avec finesse pourquoi les multimillionnaires étaient restés sur les hauteurs de Santa Colonna, si le littoral était en si piteux état. C’est parce que Santa Colonna bénéficie d’une particularité géographique qui la met à l’abri des typhons, et des raz-de-marée, et de grâce ne m’en demandez pas plus, je ne sais rien, d’ailleurs je ne crois ni à cette affaire de coulures d’amiante ni à ce paradis épargné par les caprices climatiques, je suis un être plutôt sceptique sauf quand il s’agit d’éclipse de soleil).

 

 

 

La science des cauchemars, Véronique Olvadé et Véronique Dorey, Thierry Magnier, 2016.

Le beau Voyage (Zidrou & Springer)

Zidrou – Springer © Dargaud – 2013
Zidrou – Springer © Dargaud – 2013

Animatrice d’une émission télévisée qui cartonne auprès des jeunes, Léa semble avoir réussi dans la vie sans trop de difficulté. Jolie, blonde, coquette, cette midinette d’une vingtaine d’années saute sur la moindre occasion de s’envoyer en l’air. D’ailleurs, elle est en plein coït lorsqu’elle reçoit l’appel qui lui annonce la mort de son père.

Ce deuil fait remonter des souvenirs qu’elle avait enfouis au plus profond de sa mémoire.

Après deux albums de Zidrou que j’ai découverts coup sur coup et qui m’ont satisfaite (« Les beaux étés », « Pendant que le roi de Prusse… »), il fallait forcément que cela arrive. Je l’ai déjà constaté, avec ce scénariste, « ça passe ou ça casse ». Et concernant l’album du « Beau voyage », le plaisir était loin d’être au rendez-vous. Alors je reconnais que cette jeune femme est touchante. A vingt ans, elle a déjà passé un certains nombres d’épreuves qui en auraient terrassé plus d’un. Oui… mais.

Vous allez certainement me dire que « la vie c’est comme ça », que « tout ne peut pas être rose », qu’il y a « des hauts et des bas » et qu’elle les incarne plutôt bien. Pourtant, même si je suis bien consciente que pour certaines personnes, la vie ressemble à ce qui est décrit dans « Le beau voyage », le personnage principal a eu du mal à m’émouvoir. Malgré le contexte de sa naissance, malgré son enfance de fillette mal aimée, malgré ses frasques d’adolescente, ses choix d’adulescente… tout est entendable mais tout tombe abruptement, trop abruptement. Où que l’on regarde, l’horizon semble chargé pour elle. Sa force tient peut-être dans son insouciance et dans sa capacité à balayer les problèmes d’un revers de la main. Zidrou dépeint le portrait d’une jeune fille en mal de vivre qui n’a eu d’autre choix que de se construire grâce aux épreuves qu’elle a dû traverser. Ce qui est étonnant, c’est la manière dont les choses sont abordées. Au détour d’une séance de maquillage, on en apprend davantage sur son enfance, l’attitude de sa mère, le comportement de son père. Les positions parentales décrites ne sont pas fictives mais elles viennent compléter un tableau narratif déjà bien chargé. Pourtant l’album ne fait qu’une cinquantaine de pages, pourtant le personnage principal n’a qu’une vingtaine d’années… mais en refermant l’album, j’ai eu la désagréable impression d’être face à un être pluriel, dont la vie n’est qu’une accumulation de faits, de bribes d’existence appartenant à d’autres et dont – par l’effet d’un quelconque miracle – se seraient retrouvées agglutinées là, caractérisant cette jeune femme que l’on n’envie pas. Certes, elle vient d’une famille aisée, certes elle n’est pas dans le besoin. Voilà en tout et pour tout la seule note positive que l’on peut relever.

Au dessin, Benoît Springer que j’ai connu plus en verve et plus talentueux (je me réfère une nouvelle fois à l’excellent « Les Funérailles de Luce »). Capable de donner une profondeur troublante à ses personnages, capable de créer un univers coloré alors que les planches font apparaître un noir et blanc basique, il opte ici pour la couleur et un trait très ligne claire qui lui correspond mal. Ce clinquant de couleurs harmonieuses vient renforcer l’idée qu’il ne suffit pas de vivre dans l’aisance pour être heureux mais à l’instar du scénario, l’ambiance graphique me semble sonner faux.

pictobofUn album qui a déjà fait un beau voyage grâce aux lecteurs. Les chroniques dithyrambiques sont légion sur la toile. La mienne est discordante… dissonante. J’ai du mal quand on force autant à la compassion.

Une réelle déception qui n’est atténuée que par le dénouement. J’avoue qu’il m’a surprise. Si seulement tout l’album avait été sur ce ton…

Le Beau voyage

One shot

Editeur : Dargaud

Dessinateur : Benoit SPRINGER

Scénariste : ZIDROU

Dépôt légal : janvier 2013

55 pages, 14,99 euros, ISBN : 978-2-5050-1633-5

Bulles bulles bulles…

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Le beau voyage – Zidrou – Springer © Dargaud – 2013