Florida (Dytar)

Dytar © Guy Delcourt Productions – 2018

Londres.
Dix ans après le massacre de la Saint-Barthélemy, Walter Raleigh sollicite Jacques Le Moyne, un ancien cartographe, pour qu’il témoigne de son expérience en Floride. Lorsqu’il était plus jeune, Jacques a fait partie d’une expédition française conduite par les commandants Jean Ribault et René Goulaine de Laudonnière. Le but était de fonder une nouvelle colonie en Amérique.
Jacques refuse et fuira longtemps les sollicitations qui lui sont faites de transmettre son témoignage. Sa femme, Eléonore, ne comprend pas l’attitude de son mari jusqu’au soir où, vingt ans après les faits, Jacques Le Moyne de Morgues s’ouvre enfin et lui fait le récit dans les moindres détails de ces deux années éprouvantes.

Un important travail de recherche a été mené par Jean Dytar pour parvenir à réaliser cet album ; plusieurs articles de son site en témoignent (comme ici par exemple).

Avant de se pencher sur l’épisode de l’expédition huguenote au « Nouveau Monde » la traversée de l’Atlantique et Jean Dytar s’intéresse en premier lieu au couple de Jacques Le Moyne. A sa femme tout d’abord ; elle se heurte à l’incompréhension, elle tente d’identifier la raison qui explique le silence de son homme. Pourquoi a-t-il toujours refusé de parler de son expérience en Floride ? Pourquoi, depuis son retour, refuse-t-il de réaliser des cartes topographiques ? Pourquoi passe-t-il son temps à dessiner minutieusement des fleurs (que les dames de la cour utiliseront pour faire leurs broderies) et refuse-t-il obstinément toutes autres formes de sollicitations professionnelles ?

Car c’est elle, Eléonore Le Moyne qui est notre guide dans cette histoire. C’est elle qui prend la parole le plus souvent. C’est elle qui tente de maintenir son homme à flots et qui se bat chaque jour pour qu’il retrouve la force de vivre, de se battre, de ne plus être un fantôme au sein de sa propre famille. Elle ne sait rien de ce qui s’est passé en Floride ; son époux a toujours refusé d’en parler. Elle sait juste qu’elle a réussi à la convaincre d’accepter de partir, arguant qu’une telle opportunité ne se présente qu’une fois dans une vie et qu’elle, en tant que femme, n’aura jamais une telle occasion.

Ecoute Jacques. Si tu n’y vas pas pour toi, vas-y pour moi ! Sois mes yeux et mes sens. (…) C’est peut-être dur à comprendre, mais… je veux rêver à travers toi. Pars ! Et à ton retour, épouse-moi ! Je promets de t’attendre et tu me raconteras ce qu’il y a de l’autre côté.

Elle ne sait que penser de l’expérience qu’a vécue son époux excepté, elle ne peut qu’imaginer le pire… elle ne peut que rêver à ces terres lointaines. Elle l’a vu partir inquiet à l’idée de cette expédition à laquelle il avait accepté de participer. Elle l’a vu revenir changé, amaigri et plus taciturne que jamais.

Jean Dytar nous explique, à l’aide des souvenirs d’Eléonore, les événements qui ont précédés ce grand voyage. Durant tout l’album, deux ambiances graphiques se relaient : des tons sépia pour le « présent » des personnages et de magnifiques aquarelles généreusement pourvues de bleus pastels et de verts d’eau pour le passé. Grâce à Eléonore, on commence à comprendre. L’auteur nous montre comment pendant des années, elle a tenté de faire parler son mari ; pour assouvir sa propre curiosité d’abord mais très vite, pour pouvoir lui venir en aide. Jean Dytar nous cuisine un peu car il faudra attendre avant que son personnage de Jacques Le Moyne de Morgues se mette à table. De la difficile traversée de l’Atlantique, des premiers pas balbutiants de l’expédition en Amérique et de la tournure prise ensuite par les événements, le lecteur finira par tout savoir. Je pourrais vous expliquer les temps forts du récit par le menu que je ne spoilerais rien, l’histoire de cette expédition (dont je ne connaissais rien avant de lire cet album) est écrite partout (dans les livres, sur la toile…).

Un album qui, assez logiquement je crois, m’a fait penser à Terra Australis. Que ce soit sur la forme ou sur le fond, la qualité est au rendez-vous.

Le rendez-vous hebdomadaire des bulleurs est à retrouver aujourd’hui chez Stephie.

Florida

One shot
Editeur : Delcourt
Collection : Mirages
Dessinateur / Scénariste : Jean DYTAR
Dépôt légal : mai 2018
264 pages, 29.95 euros, ISBN : 978-2-413-00978-8

Bulles bulles bulles…

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Florida – Dytar © Guy Delcourt Productions – 2018

Opération Copperhead (Harambat)

Harambat © Dargaud – 2017

Silence !

Moteur !

On tourne !

Egypte.
C’est la fin des années 70. Sur les rives du Nil, une équipe de tournage film les scènes de l’adaptation du célèbre roman d’Agatha Cristie « Mort sur le Nil » . David Niven, incarnant le Colonel Race, donne la réplique à Peter Ustinov qui s’est glissé dans la peau d’Hercule Poirot. Tous deux savourent cette opportunité de se retrouver. Lorsqu’ils ne travaillent pas, les deux amis prennent plaisir à savourer ensemble un bon thé et à se rappeler quelques souvenirs… en particulier ceux qui les ramènent à Londres en 1943.

A cette époque, la guerre bat son plein. L’espion insaisissable Karlinski échappe aux forces de l’ordre, la belle Véra brise les cœurs, les alertes récurrentes invitent la population à se réfugier dans les abris et Churchill, en fin stratège, veille comme un vieux lion rusé et bienveillant sur son pays. Afin de tromper Hitler, il donne le feu vert à l’ « opération Copperhead » et charge Dudley Clarke (qui a eu l’idée de ce stratège) de coordonner la mission. Dudley contacte David Niven et lui demande d’organiser le tournage d’un film de propagande qui servira de couverture à l’Opération.

L’idée est venue au colonel Dudley Clarke – en visionnant le film de Billy Wilder – qu’un sosie pourrait incarner le général Montgomery pour tromper les nazis. Il en avait alors fait la proposition à Churchill. Le général Montgomery avait un visage bien caractéristique. Il était devenu immanquablement identifiable lorsqu’il avait été nommé à la tête de l’armée alliée. L’armée lui donnait même un petit nom : « Monty ». L’objet de l’opération était de sauver des vies en mobilisant les nazis loin du véritable débarquement. A cette fin, il nous fallait trouver, recruter et former un acteur capable d’être une doublure convenable du général Montgomery et promener cette doublure en Afrique du Nord.

Le dessin est un peu mordant et nerveux, son aspect anguleux et sec me fait un peu penser aux dessins satiriques. Deux scènes se déroulant dans les années soixante-dix bordent comme une parenthèse le récit de ce souvenir vécu par Niven et Ustinov ; l’une introduit le récit et l’autre vient la conclure avec nostalgie et optimisme. Les faits historiques réels sont le ciment du scénario de Jean Harambat qui se plait ensuite à se mettre dans la peau des protagonistes pour revivre les événements.

C’est comme si on y était, comme si le film se déroulait sous nos yeux et que les deux témoins sont devenus des personnages superbement bien interprété par des acteurs de talents. Le film se tourne en permanence. L’histoire est racontée à la manière d’un film (par scène, par bribe) mais toujours de façon chronologique.

On passe d’une scène choisie à une autre, les décors changent et le plateau de tournage est la ville de Londres dans son ensemble. Les scènes sont plus ou moins longues (une demi-douzaine de planches tout au plus) et la complicité entre Niven et Ustinov fait plaisir à lire. Ces deux gentlemen anglais rendent l’atmosphère joyeuse et détendue. Et l’on chemine ainsi de leur rencontre en 1943 au débarquement de Normandie en juin 1944.

Et puis il y a ce côté grandiloquent qu’apporte la présence constante de l’industrie du cinéma de cette période. On entend les radios et les gramophones grésiller, on respire l’air encombré de fumée et de vapeur d’alcool des cabarets.

L’album dispose d’une très belle ambiance graphique pour illustrer ce récit d’espionnage divertissant.

C’est le Prix René Goscinny 2018 (remis lors du Festival International de la BD d’Angoulême) que j’ai eu le plaisir de lire grâce à Price Minister et Rakuten dans le cadre de « La BD fait son Festival » :

Il est demandé d’attribuer une note, alors j’attribue un 15/20 à cet album.

Opération Copperhead

One shot
Editeur : Dargaud
Dessinateur / Scénariste : Jean HARAMBAT
Dépôt légal : septembre 2017
170 pages, 22.50 euros, ISBN : 978-2205-07484-0

Bulles bulles bulles…

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Opération Copperhead – Harambat © Dargaud – 2017

La Boîte à musique, tome 1 (Carbone & Gijé)

Carbone – Gijé © Dupuis – 2018

Nola est une petite orpheline qui a perdu sa maman.

Pour ses 8 ans, son père lui offre un superbe cadeau : la boîte à musique qui appartenait jadis à la maman de Nola. Alors qu’elle rêvasse devant l’objet, bercée par ses mélodies, Nola voit soudain un mouvement dans la boîte à musique. En y regardant de plus près, elle aperçoit une petite fille qui lui fait signe d’approcher. En tendant l’oreille, Nola comprend que l’autre fillette lui demande d’entrer dans la boite à musique.

Tu dois faire un tour à droite, deux tours à gauche et mets la main sur le gobe ! Prête à nous rejoindre !

Sans trop comprendre comment elle est parvenue à ce tour de passe-passe, Nola entre dans la boîte à musique. Elle fait la connaissance d’Andréa et de son frère Igor mais surtout, découvre le monde de Pandorient, un royaume fascinant et dangereux. Elle sympathise très vite avec sa nouvelle amie qui lui demande de sauver sa mère qui est en train de mourir.

La Boîte à musique, tome 1 – Carbone – Gijé © Dupuis – 2018

Dépaysement garanti pour ce premier tome d’une nouvelle série d’aventures. Au scénario, Carbone nous livre très vite les éléments qui vont nous accrocher au récit : une fillette, un monde merveilleux, un voyage qui n’est pas sans dangers.

Au dessin, c’est Gijé qui s’y colle et son trait rond et généreux fait le reste. Une atmosphère largement saupoudrée de paillettes et de teintes rose bonbon qui, en temps normal me fait fuir. Pourtant, en compagnie de cet album jeunesse ce ne fut pas le cas. Cette fillette très dégourdie pour son âge a l’art de piquer au vif notre curiosité. A force de me dire « encore une page et j’arrête » , c’est tout l’album que j’ai dévoré en un rien de temps, intriguée par les expressions de surprise de l’enfant dont on suit l’histoire. Les yeux de Nola ne cessent de s’écarquiller face à tout ce qu’elle découvre et comme elle, on a réellement envie d’en savoir plus sur cet univers.

Pas le temps de faire une pause une fois la lecture engagée, on est pris dans les rebondissement et la vivacité des personnages. Un premier contact avec un univers beau et intriguant, une vraie richesse à exploiter. Une atmosphère de défiance ? Différentes espèces qui cohabitent dans une même cité ? Des règles qui interdisent à certains individus de s’aimer ? Un secret préservé depuis longtemps et que l’on confie enfin à Nola ?

Les auteurs posent très vite le décor et l’enrichissent à chaque page de petits indices qui épicent le récit. On y ajoute un peu de bonne humeur et une rencontre entre des fillettes de deux mondes différents et la magie opère très vite. Sans compter toutes les possibilités de voyages offertes par la petite boîte à musique. Voilà un tome de lancement réussi et on dit vivement la suite !

La chronique de Au fil des livres.

La Boîte à musique

Tome 1 : Bienvenue à Pandorient
Série en cours
Editeur : Dupuis
Dessinateur : GIJE
Scénariste : CARBONE
Dépôt légal : janvier 2018
56 pages, 12 euros, ISBN : 978-2-8001-7319-1

Bulles bulles bulles…

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La Boîte à musique, tome 1 – Carbone – Gijé © Dupuis – 2018

La Saga de Grimr (Moreau)

Moreau © Guy Delcourt Productions – 2017

L’Islande. Une île qui vit au rythme de son volcan.
Eruptions. Tremblements de terre. Les habitants se plient à la terrible de loi de la nature.

Maudite Islande. Sublime Islande. Comment peux-tu être si belle ? Ce matin, je n’ai plus rien et toi, tu es plus belle que jamais. Cette beauté est insolente pour moi qui ai tout perdu. Ne pourrais-tu pas être laide ? Aussi laide que la douleur que j’ai à vivre. Tu es méprisante, égoïste. Arrogante… et moi, dans toute ma faiblesse, je succombe à ta beauté.

Un jour, dans cette immensité à perdre de vue, il y eu une éruption volcanique. Dès lors, Grimr fut orphelin.
Il a dû apprendre à se débrouiller seul jusqu’à ce que sa route croise celle de Vigmar. Vigmar le voleur, Vigmar le rusé… mais Vigmar intègre, fidèle à ses convictions. Vigmar qui est devenu un père de substitution. C’est sous son œil bienveillant que Grimr va grandir et apprendre à maitriser sa force surhumaine.

Grimr, ce fil tendu entre le début de ta vie et la fin de ton existence, c’est ton champ d’action. Après, c’est fini. S’il y a une chose d’immortelle en ce monde, s’il y a une chose qui reste après ton existence, Grimr, c’est ta réputation.

Grâce à Vigmar, Grimr va devenir ce jeune adulte courageux que l’on côtoie au fil des pages de l’album. Vigmar va lui apporter l’affection dont il avait besoin pour acquérir cette confiance qui l’aidera à affronter les épreuves. En échange, Grimr veille sur Vigmar ; il le protège. Ils s’entraident. Vigmar – l’homme rusé et instruit – apprend à Grimr à s’occuper de son corps, à maîtriser son incroyable force physique et donne à ce fils providentiel des nourritures plus spirituelles.

Et de loin en loin, Einnar, un poète qui souhaite écrire une nouvelle légende (une « saga » comme il est coutume de les appeler en Islande) s’en remet au hasard pour croiser la route de Grimr.

Si lorsque j’ai appris la publication de cet album, le nom de Jérémie Moreau m’a immédiatement donné envie de lire cet ouvrage… le visuel de couverture a eu quant à lui un effet « douche froide » … Car plutôt que d’imaginer aller me perdre dans les paysages somptueux que l’on voit en arrière plan, j’ai eu comme un mouvement de recul en voyant ce jeune homme déterminé qui est au premier plan.

Et puis, les premiers avis de lecteurs sont arrivés. Moka, Noukette, Alice, Sabine, Hélène, Joëlle, Enna, … Chaque chronique m’a permis de me rapprocher un peu plus de cette lecture, faisant grandir peu à peu l’envie de découvrir « La Saga de Grimr » à mon tour.

Et le voilà ce moment finalement tant attendu de la lecture. L’appréhension de me confronter à cette ambiance graphique est restée très présente même après plusieurs moments passés à feuilleter l’album. En cause ces teintes terreuses appuyées de touches verdâtres assez marquées qui, je trouve, assombrissent les planches. Un univers froid et austère malgré la présence de paysages à perte de vue. Pourtant, au contact de ce jeune homme au moral d’acier, on ne ressent ni la morsure du froid, ni la faim, ni la peur. Qu’il soit haut comme trois pommes ou dans la fleur de l’âge, on est attentif à ses moindres faits et gestes. Jérémie Moreau a créé un personnage mystérieux, peu bavard. Une force de la nature, un homme à l’état brut, à la fois spontané et farouche. Un récit que l’on prend tel qu’il vient, sans arrière-pensée ni second degré. Un livre qu’on ne peut effleurer. Un livre qui nous prend à bras le corps et dans lequel on entre tout entier, sans réfléchir. Un récit qui nous fait finalement ressentir cette épopée avec nos tripes et avec émotions.

Cette lecture est l’occasion de faire un voyage dépaysant, déroutant. Ce n’est pas le coup de cœur espéré mais un livre inoubliable.

La Saga de Grimr

One shot
Editeur : Delcourt
Dessinateur / Scénariste : Jérémie MOREAU
Dépôt légal : septembre 2017
232 pages, 25.50 euros, ISBN : 978-2-7560-8064-2

Bulles bulles bulles…

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La Saga de Grimr – Moreau © Guy Delcourt Productions – 2017

Le célèbre Catalogue Walker & Dawn (Morosinotto)

Morosinotto © L’Ecole des Loisirs – 2018

P’Tit Trois, Eddie, Julie et Min sont quatre amis inséparables. Ils ne ratent pas une occasion pour se défiler à leurs tâches quotidiennes pour pouvoir se retrouver dans la cabane qu’ils ont construite au beau milieu du bayou.

Un jour, alors qu’ils sont en train de pêcher, une vieille boite de conserve s’accroche à la ligne. En déversant son contenu par terre, ils découvrent trois dollars au milieu de la boue. Les quatre amis décident alors dépenser leur butin dans le célèbre catalogue des bonnes affaires de Mister Walker & Miss Dawn ! Ensemble, ils passent commande d’un revolver de police et s’imaginent déjà promu au rang de shériff de leur petite ville. Sauf qu’en lieu et place d’un revolver, le colis qu’ils reçoivent contient une vieille montre cassée. Ils sont bien décidés à se faire rembourser ! Mais les événements qui vont se produire ensuite vont les amener à prendre une décision qui les changera à jamais et va les conduire à faire un long voyage de la Louisiane jusqu’à Chicago.

Un roman jeunesse qui se lit vite et cela tient au fait que les narrateurs sont des enfants ; le vocabulaires est simple sans être simpliste, le temps narratif consacré à décrire l’environnement a la parfaite longueur, on va à l’essentiel tout en ayant une bonne visibilité de ce qui se passe. Quelques bribes d’insouciance percent en permanence mais leur jeune âge ne les empêchent pas de mener à bien leur projet. Ils sont déterminés et rien ni personne ne semble être capable de leur faire changer d’avis.

Un roman qui se lit avec gourmandise car l’auteur ne laisse jamais le temps à la morosité ou à la peur de s’installer. On accompagne l’épopée de ces quatre gamins avec beaucoup de curiosité et leur bonne humeur nous accompagne de bout en bout. Davide Morosinotto propose le récit d’une aventure en le découpant afin de marquer les grandes étapes de ce projet : une vie dans le bayou, le voyage vers La Nouvelle-Orléans et une fois habitués au goût addictif de l’aventure, le romancier prend le temps d’accompagner ces quatre graines de héros vers le dénouement. A chaque nouvelle partie, il donne la parole à un membre du groupe différent, ce qui a pour effet de relancer le récit en lui donnant un autre rythme, un autre regard… et cela nous permet de bien comprendre la personnalité de chacun.

C’est aussi un voyage dans l’Amérique du siècle dernier : racisme, révolution industrielle, travail des enfants, essor du journalisme, capitalisme… Le fait de remonter le Mississippi nous permet aussi de voir le contraste entre les différents cultures des états traversés. C’est très bien fait.

Un gout de Tom Sawyer ou du moins cette ambiance où tout est possible, où l’on respire à pleins poumons, comme un vent de liberté. Un voyage extraordinaire qui nous amène à remonter le Mississippi. Avec nos yeux d’enfants, on sort de notre petit bayou pour la première fois et l’on pose nos yeux émerveillés sur des technologies dont on n’avait même pas imaginé l’existence : une montre, un bateau aussi haut qu’un immeuble, un pont… un train ! Une voiture !!! Un ouvrage qui me semble capable de captiver petits et grands.

Le Célèbre catalogue Walker & Dawn

Roman jeunesse
Editeur : L’Ecole des Loisirs
Auteur : Davide MOROSINOTTO
Dépôt légal : février 2018
428 pages, 18 euros, ISBN : 978-2-21123368-2

Infinity 8, tome 6 (Trondheim & Guibert & Biancarelli)

Trondheim – Guibert – Biancarelli © Rue de Sèvres – 2018

Sixième reboot lancé par le Capitaine de l’YSS « Infinity » pour tenter de découvrir qui est le commanditaire de cet énorme mausolée qui bloque le passage du vaisseau de croisière. Cette fois, il fait appel à l’agent Leïla Sherad de la Brigade volante des douanes. Sitôt mandatée, elle demande à pouvoir être secondée par l’historien Bert Numal qu’elle avait tenté d’épingler quelques heures auparavant pour détention illégale d’une antiquité.

Après un rapide point de la situation, le duo part en exploration et tombe rapidement sur un suspect. Cet « organisme végétal à l’appétit dévorant est prêt à s’étendre comme un cancer sur la nécropole et bien au-delà. Une plante qui pense, des morts qui parlent et des révélations décisives : une sixième mission qui sonne l’heure des premières répondes ! » (extrait du synopsis éditeur).

Pour cette sixième exploration du nœud du problème, Lewis Trondheim s’associe avec Emmanuel Guibert pour réaliser le scénario. Et si j’avais un peu fait la moue sur les derniers tomes de la série (disons plutôt que je les ai appréciés avec plus de retenue que les deux premiers tomes), ce tome 6 m’a davantage intéressée.

Impossible pour moi de comparer cette série à une autre œuvre tant son concept est atypique et original ; c’est comme si nous nous mettions à explorer les différentes facettes d’une même réalité (même espace-temps)… et c’est donc un peu comme si Lewis Trondheim (qui a imaginé cette série) avait été face à plusieurs story-board pour déplier son histoire et que plutôt que de retenir un seul projet, il décidait de les sélectionner tous [je tiens à préciser que ce n’est pas le cas ici, cette hypothèse est une pure invention de ma part].

Au dessin, Franck Biancarelli propose une ambiance assez douce qui convient bien aux personnalités des personnages principaux. Le résultat est très agréable, l’œil navigue tranquillement dans les illustrations et la présence du duo central est plutôt apaisante, même dans les scènes d’action.

Contrairement aux autres tomes déjà publiés, il faut avoir lu les cinq tomes précédents avant de découvrir celui-ci (alors qu’on peut faire une entorse dans l’ordre de lecture des tomes 1 à 5). On sait notamment qui a créé cette immense nécropole et dans quel but, mais ce ne sont que des premières réponses aux nombreuses questions ouvertes dans les tomes précédents.
Le septième et avant-dernier tome sort dans moins d’un mois et je suis assez curieuse de le découvrir. Il est étrangement intitulé « Et rien pour finir » …

Infinity 8

Tome 6 : Connaissance ultime
Série en cours
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Franck BIANCARELI
Scénaristes : Lewis TRONDHEIM & Emmanuel GUIBERT
Dépôt légal : janvier 2018
94 pages, 17 euros, ISBN : 978-2-36981-269-2

Bulles bulles bulles…

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Infinity 8, tome 6 – Trondheim – Guibert – Biancarelli © Rue de Sèvres – 2018

Chroniks Express 36

Bandes dessinées : La Valise (D. Ranville & G. Amalric & M. Schmitt Giordano ; Ed. Akiléos, 2018).

Jeunesse / Ados : La Passe-Miroir, livre 1 : Les fiancés de l’hiver (C. Dabos ; Ed. Gallimard, 2013), La Passe-Miroir, livre 2 : Les disparus du Clairedelune (C. Dabos ; Ed. Gallimard, 2015), La Passe-Miroir, livre 3 : La Mémoire de Babel (C. Dabos ; Ed. Gallimard, 2017), Rendez-vous n’importe où (T. Scotto & I. Mondy ; Ed. Ulule, 2017), Mickey et l’océan perdu (D-P. Filippi & S. CAMBONI ; Ed. Glénat, 2018).

Romans : Les Loyautés (D. De Vigan ; Ed. Lattès, 2018).

 

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Bandes dessinées

 

Ranville – Amalric – Schmitt Giordano © Akiléos – 2018

Une femme aux yeux de chat quitte son manoir isolé. Elle délaisse le calme de sa retraite pour descendre en ville. Elle tient fermement la poignée de sa valise. Sa chouette la précède, comme pour lui ouvrir le chemin et s’assurer de l’absence de danger.

En bas, la silhouette austère s’étire à perte de vue. Un immense mure entoure la ville empêchant quiconque d’entrer… ou de sortir. Pour pénétrer dans la cité, il faut se présenter devant une immense porte gardée, décliner son identité et tendre les autorisations de circuler. A l’intérieur, les gratte-ciels succèdent aux gratte-ciels et en son cœur, un bâtiment énorme au milieu duquel trône l’immense statue de l’homme qui dirige tout, un sauveur… un bourreau. Les cheminées des usines crachent leur fumée, les lumières des projecteurs balayent le ciel,les soldats font leurs patrouilles. Ceux qu’ils arrêtent vivent leurs dernières heures. A l’extérieur de la ville, le no man’s land, la forêt à perte de vue.

Un couple tente d’échapper à cet état policier. Parents d’un nourrisson, ils cherchant à offrir un meilleur avenir à cet enfant que les seuls murs de cette ville-prison. Ils ont rendez-vous avec la femme aux yeux de chat. Elle a la possibilité de les faire sortir clandestinement de la ville. Mais son aide a un coût et tous ceux qui recourent à ses services en payent le prix fort.

Récit fantastique dans une société qui ne ressemble en rien à ce que l’on connaît. L’architecture des lieux est telle que l’histoire pourrait se passer dans le passé (métaphore du fascisme ?) ou dans le futur.

C’est un récit qui dénonce les régimes despotiques. On retrouve les éléments habituels de ces univers : un régime répressif, un despote fanatique assoiffé de pouvoir [les auteurs soignent notamment tout ce qui a trait au culte de la personnalité : affiches, statues, cérémonie…) sans oublier le combat des opposants rebelles…

C’est l’éternel récit du bien contre le mal. Le résultat n’est pas inintéressant mais si vous êtes friands de ce genre d’histoires, préférez-lui « Le Désespoir du singe » qui est bien plus abouti tant sur le fond que sur la forme.

 

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Jeunesse / Ado

Dabos © Gallimard – 2013

Bienvenue sur Anima, une des Arches du Nouveau Monde. Les Arches sont des bouts de Terre éparpillés çà et là dans l’atmosphère, chacune est gouvernée par un Esprit. L’esprit d’Anima est Artémis qui est l’Ancêtre de tous les habitants d’Anima. Grâce à elle, les habitants de l’Arche ont hérité d’un don qui se manifeste de manière différente chez chacun d’entre eux.

Ophélie a hérité du don de pouvoir passer les miroirs. Ces derniers lui servent de portes pour se déplacer à sa guise dans les lieux qu’elle a déjà visité. En outre, elle possède le don de liseuse ; lorsqu’elle tient un objet entre ses mains, elle peut ainsi lire son histoire au travers des émotions de tous ses anciens propriétaires.

Sa vie est organisée autour de son petit monde, entre la vie de famille et son travail au musée. Mais son équilibre vole en éclats le jour où elle apprend que les Doyennes d’Anima ont organisé son mariage avec Thorn. Les conséquences de ce mariage arrangé sont importantes : Thorn vient d’une Arche lointaine appelée « Le Pôle » et le mariage implique qu’Ophélie quitte son Arche natale pour aller vivre sur celle de son futur époux, un homme froid et austère. Ce mariage permet également de consolider les relations diplomatiques entre les deux Arches.

Dès qu’elle arrive au Pôle, Ophélie prend la mesure de la rudesse de sa nouvelle vie. Gouvernés par Farouk (un des frères d’Artémis), les dons des habitants du Pôle sont bien différents de ceux qu’elle connaissait sur Anima. Ophélie va devoir apprendre à vivre dans ce monde hostile et corrompu où tous – à quelques rares exceptions près – voient son mariage avec Thorn d’un mauvais œil. Ophélie comprend vite que sa vie est en danger. La seule personne sur laquelle elle semble pouvoir se reposer est Bérénilde, la tante de son fiancé… mais peut-elle réellement compter sur la protection de cette femme qui consacre tout son temps aux frivolités de la Cour de Farouk ?

Pourquoi cette lecture ? Mon fils aîné fait désormais preuve d’un gout prononcé pour la lecture de romans, de préférence dans le registre de la fantasy. Je voulais lui faire découvrir un nouvel univers mais j’ai voulu savoir si cette lecture pouvait convenir à un lecteur de son âge. Résultat : j’ai engouffré le livre en deux jours tant il m’était impossible de le lâcher.

L’intrigue est riche, les sujets traités (rapports diplomatiques et politiques, peur de l’étranger, mensonge, corruption, sentiments, mariage arrangé, pouvoir surnaturel, respect des lois…) sont variés et Christelle Dabos prend ses lecteurs au sérieux. Son écriture est très agréable, très accessible. Son univers imaginaire fascine, ce mystère qui plane sur ce monde nouveau, la promesse de savoir que la lecture nous permettra de comprendre pourquoi notre monde actuel a volé en éclats et de comprendre peut-être comment sont nés les Esprits qui gouvernent chaque Arche.

Une lecture jeunesse que j’ai dévoré. Sitôt le premier volume terminé, je me suis empressée d’aller acheter la suite…

Le site de cet univers ainsi que les chroniques d’Yvan et de Bidib.

 

Dabos © Gallimard – 2015

Où l’on retrouve Ophélie qui cherche toujours à comprendre les codes qui régissent les rapports humains sur cette Arche austère, celle de Farouk. Le Pôle et ses habitants. Les nobles et les sans-pouvoirs. Alors que ces derniers sont les petites mains qui doivent effectuer toutes les tâches ingrates (travail à l’usine, valet, mécanicien…), les nobles quant à eux ne se préoccupent que d’une seule chose : se faire bien voir de leur Esprit de famille. Les nobles sont répartis en différents clans, chaque clan maîtrise un pouvoir qui lui est propre. Les clans dominants sont les Dragons (le mari d’Ophélie fait partie de ce clan), les Mirages (capables de créer n’importe quelle illusion, qu’elle soit temporaire ou durable) et la Toile (chaque membre de la Toile est relié mentalement à son clan et chaque individu est capable d’entrer dans les pensées de n’importe lequel de leur interlocuteur) … et puis il y a les clans déchus (bannis suite à une erreur d’un de leur membre).

Dans cet univers hostile, Ophélie doit lutter pour survivre. Elle se déguise et évolue en toute discrétion, dans l’ombre de Bérénilde. C’est ainsi que sous les traits d’un valet, elle entre à la cour de Farouk et a ainsi tout loisir de découvrir enfin toute la laideur de cette société.

En parallèle, différentes occasions lui sont offertes de faire peu à peu la connaissance de son futur époux.

Rhoooo… deuxième volume de « La Passe-miroir » dévoré aussi vite que le premier tome. Cet univers m’a totalement fasciné. Christelle Dabos a cette capacité de vous projeter dans un lieu comme si vous y étiez. Un bureau et son fauteuil, un jardin et ses couleurs, une salle de jeu et son brouhaha… Christelle Dabos vous installe où elle veut, quand elle veut et parvient à vous faire percevoir une géographie des lieux comme vous n’en avez jamais vu. Tout est nouveau, des babioles de certains personnages à leurs somptueuses robes de bal et pourtant, tout vous est si familier.

En sus, une enquête policière, des sentiments amoureux, des pièges évités, des amitiés qui naissent sous nos yeux, un état de tension que l’on ne quitte pas (du fait de cet univers hostile) … Sitôt le deuxième volume terminé, je me suis empressée d’aller acheter la suite…

Dabos © Gallimard – 2017

Cela fait près de trois ans qu’Ophélie a été séparée de Thorn et contrainte de revenir sur Anima. Depuis trois ans, Ophélie a l’impression d’avoir été amputée d’une part d’elle-même. En secret, et avec l’aide de son Oncle, Ophélie fait des recherches sur les autres Arches. Compte-tenu des informations qu’elle est déjà parvenue à recueillir, elle est persuadée que Thorn se cache sur l’Arche de Babel.

Mais comment rejoindre Thorn alors que les Doyennes d’Anima ne cessent de la surveiller ? C’est alors que surgit de nulle part Archibald (l’ex-ambassadeur du Pôle) qui explique à Ophélie qu’il a trouvé une Rose des Vents qui lui permet de voyager d’une Arche à l’autre. Ophélie saisit alors l’occasion au vol et demande à son ami de lui montrer le chemin de l’Arche de Babel. Ophélie s’y rendra seule, Archibald et ses amis ont d’autres projets et la tante Roseline préfère rejoindre Bérénilde (la tante de Thorn) sur l’Arche de Farouk.

Ophélie découvre une nouvelle Arche, celle de deux Esprits de Famille : les jumeaux Hélène et Pollux. Elle doit apprendre de nouvelles règles de vie en société, elle découvre les pouvoirs de nouveaux nobles et la dure réalité des sans-pouvoirs de Babel. Ophélie ne peut se fier qu’à son instinct pour retrouver Thorn et plus elle se rapproche du but qu’elle s’est fixé, moins elle est sûre de retrouver un jour son mari.

Une fois encore, l’accroche est au rendez-vous-même si, pour le moment, ma préférence va au second tome de la série. Mais une fois encore, on navigue en plusieurs intrigues que l’auteur fait avancer sans jamais nous perdre et en continuant de donner de nouvelles perspectives à la série. La quête d’Ophélie (que je ne révèlerai pas ici) prend de plus en plus de consistance même s’il reste encore de nombreuses zones d’ombre.

Franchement, si vous ne l’avez pas lu, tester au moins le premier volume. Certes, les tomes sont épais mais ils se dévorent étonnamment vite ! Christelle Dabos travaille sur le tome 4 et il me tarde VRAIMENT de pouvoir le lire !

Quant à mon fils, il a souhaité terminer la série dans laquelle il était avant de commencer le premier volume de « La Passe-Miroir » . J’appréhendais que le livre ne lui tombe des mains ; en effet, il aime la fantasy mais il aime plus encore quand il y a de l’action et des scènes de combat. Avec « La Passe-Miroir » , il faut laisser à l’auteure le temps de placer les bases (riches et nombreuses) de son univers, comprendre qui sont les Esprits et se repérer un peu dans les Dons (pouvoirs) des différentes familles (Donc qui diffèrent d’une Arche à l’autre). Pourtant, il a passé ce cap et s’enfonce avec plaisir dans cette série.

 

Scotto – Monchy © Ulule – 2017

Où Madam’zelle et Monsieur décide de se rencontrer dans une semaine.

Où Madam’zelle et Monsieur se languissent à l’idée de se voir.

Où Madam’zelle et Monsieur s’écrivent chaque jour et dévoile peu à peu leurs sentiments.

Thomas Scotto met en mot cette correspondance amoureuse et invite, dans ce joli bal de mots, Mesdames Poésie et Métaphore pour parler des sentiments, de l’amour, du désir et… de l’attente.

Ingrid Monchy illustre ces amoureux éperdus, fous d’amour et ne désirant qu’une seule chose : prendre l’autre dans ses bras.

Où l’enfant s’amuse de les voir si gauches. Où l’enfant comprend très vite de quoi il en retourne mais qui s’amuse de voir deux adultes si empotés pour dire leurs sentiments.

Où l’enfant se réjouit et attend lui aussi le jour de la rencontre entre Madam’zelle et Monsieur.

Où cette jolie pépite a été déposée sous notre sapin par Noukette et où on se dit que décidément, les copines, il n’y a rien de meilleur sur Terre.

Filippi – Camboni © Glénat – 2018

« Le monde est enfin en paix après des années de conflit. Mickey, Minnie et Dingo sont récupérateurs. Leur mission : explorer les épaves de l’ancienne guerre en quête de ressources technologiques. Activité dans laquelle ils peuvent compter sur Pat Hibulaire pour leur mener la vie dure ! Un jour, répondant à une annonce, nos trois comparses mettent la main sur un cube étrange situé dans les profondeurs de l’océan. Ils n’imaginent pas les véritables motivations de leur commanditaire ni l’étendue des pouvoirs de cet artefact, à première vue inoffensif… » (synopsis éditeur).

Je ne suis pas du tout du genre à me ruer sur le dernier Mickey sorti. Pire encore, je ne suis pas-du-tout-Mickey… même si, plus jeune, j’ai passé des heures et des heures de lecture sur « Le Journal de Mickey », les « Mickey Parade » et j’en passe.

Je pensais que la fan de Mickey qui sommeille en moi était endormie pour toujours. Pour toujours ? Je n’en suis plus si sûre quand j’ai appris la sortie de cet album dans le catalogue de Glénat. J’ai acheté ans me soucier de l’histoire.

Ce qui m’a fait craquer ? Les illustrations de Silvio Camboni !

Et effectivement, graphiquement, on en prend plein les mirettes ! Tout est soigné, jusqu’au moindre détail. Les couleurs sont très agréables, les personnages identifiables au premier coup d’œil, les planches de toutes beauté. C’est l’aspect graphique qui m’a décidé à me procurer cet album et de ce point de vue-là, je ne suis totalement satisfaite.

Le scénario de Denis-Pierre Filippi met la barre un peu haute côté album jeunesse. Quelques mots de vocabulaire à expliquer, quelques transitions supplémentaires auraient été les bienvenues… bref, c’est un Mickey pour adultes qui est doté d’un scénario un peu confus.

Un bel album au demeurant mais on aurait aimé que l’histoire soit aussi succulente que les illustrations.

 

Romans

De Vigan © J-C. Lattès – 2018

Hélène enseigne au collège. Dans sa classe, un élève attire son attention. Il est discret, inhibé, silencieux… Hélène fait très vite le parallèle entre l’image que Théo renvoie aux autres et sa propre enfance. Elle est persuadée que Théo est victime de maltraitances. Entre doutes, hésitations et certitudes, Hélène s’agite.

Il me tardait finalement de retrouver la plume de Delphine De Vigan et je n’ai pas résisté à l’opportunité de découvrir son dernier roman sorti ce mois-ci. « Les Loyautés » est un roman très court comparé aux deux autres récits que j’ai pu lire (« Rien ne s’oppose à la nuit » et « D’après une histoire vraie » ). Ici, en tout juste 200 pages, elle dresse un portrait saisissant d’un quotidien dans lequel on pressent très vite le drame. Pourtant, on ne sait par quel biais va surgir l’instant fatal qui va conduire à déstabiliser ce fragile équilibre.

Dans ce récit, on côtoie deux adolescents sur le fil, une mère de famille en pleine remise en question et une enseignante en proie à ses démons. Le scénario se découpe en plusieurs chapitres et donne la voix tour-à-tour à chacun d’entre eux. Leur point commun : tous ces personnages courent à toutes ces générations est la quête d’identité à laquelle ils se consacrent ; certains cherchent leurs limites, d’autres cherchent des repères, tous souhaitent donner du sens à leurs actes… à leur parcours de vie.

Delphine De Vigan distille une ambiance inquiétante dès les premiers mots de son roman. Une peur sourde nous envahit et nous ne nous lâchera plus jusqu’à ce que l’on atteigne le dénouement se son récit. Et lorsqu’on referme l’ouvrage… le destin de ses personnages continue de nous hanter pendant quelques jours.

La chronique d’Au fil des Livres, Pierre Darracq, Cuné, …