Les pieds bandés (Li)

Li © Kana – 2013
Li © Kana – 2013

« Le bandage des pieds est l’héritage de plusieurs dizaines de générations (…). Accompli chez une enfant trop jeune, il nuira à la vitalité du pied ; plus âgée, les os seront trop durs. L’âge idéal est six ou sept ans, quand la peau est douce et les articulations tendres. (…) Je m’en souviens encore. Ma mère s’en était bien sortie. Elle a tué le coq en deux temps trois mouvements. Son sang a immédiatement détendu mes pieds. Puis elle les a pris sur ses genoux, a saisi quatre orteils dans sa main… et les a recourbés avec force contre la plante de mon pied. Un coup rapide. Avant même que je comprenne ce qui se passait, mes orteils étaient déjà resserrés en boule. Tout en appuyant sur le gros orteil, elle effectuait un bandage de la plante vers le dos du pied qu’elle serrait, en entourant le coup-de-pied et en l’entourant autour du talon. Elle répétait plusieurs fois cette opération. Ma mère ne perdait pas une minute, un coup à gauche, un coup à droite, les cinq orteils étaient enveloppés et parfaitement serrés. A ce moment-là, même si vous l’aviez voulu, vous ne pouviez plus revenir en arrière » (Les pieds bandés).

Début du XXème siècle. Chunxiu a 6 ans lorsque sa mère la confie pendant trois jours à une amie de la famille. Cette dernière est bandeuse de pieds. L’enfant s’oppose pourtant farouchement à cette pratique mais elle doit céder face à la pression familiale. Dix ans plus tard, l’adolescente a totalement intégré les codes et les traditions de son pays. Ses petits pieds sont sa fierté et lui attire de nombreux prétendants. Mais Chunxiu n’aura pas l’occasion de convoler en justes noces. Elle a 16 ans lorsque l’interdiction de bander les pieds est énoncée par la République populaire de Chine. Les femmes aux pieds bandés doivent se signaler. Chunxiu décide alors de fuir et de revenir dans sa province natale.

A l’âge de 63 ans, elle décide de revenir en ville et se fait embaucher en tant que nourrice. Chunxiu fut ainsi la nourrice de l’auteur. Elle lui racontera les vieilles légendes chinoises mais témoignera également de ce qui fut sa vie. Devenu adulte, il décide à son tour de transmettre ce pan de la culture chinoise.

Madame Chunxiu nous racontait souvent la légende de Chang’e, la période féodale, le bandage des pieds, etc. Tout cela, je n’ai pas manqué de le dépeindre sous ma plume.

Li Kunwu, l’auteur d’Une vie chinoise, aborde donc les coutumes héritées de la période féodale. Son trait redonne vie à une Chine d’antan, où il était de bon ton d’aller faire ses courses au marché, où l’attraction principale était encore l’Opéra, où les hommes portaient la natte et les femmes se bandaient pieds et seins. Quant aux pratiques de bandages de pieds, on apprend notamment dans cet album qu’il existait trois catégories de pieds bandés, la quintessence étant le lotus d’or ; les « pieds en lotus d’or » étaient le nom donné aux pieds bandés qui ne dépassaient pas la taille idéale de 7,5 centimètres !

pieds bandes

Li © Kana – 2013
Li © Kana – 2013

On assiste horrifié au premier bandage de pieds de Chunxiu et on mesure le traumatisme infligé à la fillette, on compatit à la souffrance des premiers jours puis, des années plus tard, on ressent tout à fait la fierté qu’elle a de pouvoir répondre aux canons de beauté de l’époque.

Le récit est quelque peu saccadé, s’intéressant tantôt à Chunxiu, tantôt à un membre de son entourage, tantôt à la description plus générale du contexte historique. Pourtant, à aucun moment l’auteur ne perd de vue son sujet et peu à peu, on investit cette femme meurtrie.

PictoOKUn manhua que je vous invite à découvrir à votre tour.

Le lundi 18 mars 2013 aura lieu une conférence à la Maison de la Chine – Paris (18h30) intitulée « LES PIEDS BANDES, récit en images de Liu Kunwu. Liu Kunwu – est né en 1955 dans la province du Yunann. Il présentera son travail et expliquera comment ses dessins permettent de connaître l’histoire de la Chine ».

La chronique de Marie Rameau et celle de Zaelle.

Article sur Wikipedia consacré aux pieds bandés et le dossier de Kana consacré à l’album.

Extraits :

« Mais savez-vous, une paire de petits pieds, c’est une grande jarre de larmes. A l’époque, je souffrais tant que je désirais mourir » (Les pieds bandés).

« Les pieds bandés doivent obéir aux critères suivants : menus, minces, pointus, parfumés, souples ! Menus, c’est-à-dire mignons comme tout ; minces, mais ils doivent être bien proportionnés ; pointus mais avec un angle ravissant ; parfumés avec une odeur enivrante ; et souples… vous voyez mon petit doigt ? Exactement comme cela » (Les pieds bandés).

« Ce que l’on regarde en premier chez une jeune fille n’est pas son visage, ni même son corps, mais sa paire de pieds ! Avec des petits pieds, une jeune fille peut épouser un homme de haut rang et tout le monde la respectera. Elle mangera des plats raffinés, elle aura des vêtements de satin et de soie à profusion. Tout ce qu’elle désirera » (Les pieds bandés).

Du côté des challenges :

Challenge Histoire : la tradition chinoise des pieds bandés

Tour du monde en 8 ans : Chine

Petit Bac 2013 / Partie du corps : pieds

TourDuMonde PetitBac Histoire

Les Pieds bandés

One Shot

Editeur : Kana

Label : Made In

Dessinateur / Scénariste : Kunwu LI

Dépôt légal : mars 2013

ISBN : 978-2-5050-1691-5

Bulles bulles bulles…

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Les pieds bandés – Li © Kana – 2013

Yumenosoko (Iwaoka)

Yumenosoko
Iwaoka © Kana – 2007

Une petite fille découvre un pays imaginaire. Peu de temps après son arrivée, elle entre dans un combini et fait la connaissance du propriétaire des lieux. Il lui apprend que non loin de là, il y a une fabrique de rêves. D’ailleurs, c’est l’heure à laquelle les livreurs de rêves arrivent pour acheter leurs repas avant de partir faire leur tournée. Puis, c’est au tour d’un petit garçon de faire son entrée… un ancien camarade de classe qui a été victime d’un grave accident de la route…

Peu à peu, des questions surgissent : où est-elle exactement ? Est-elle, elle aussi, plongée dans un profond sommeil ? Comment peut-elle rentrer chez elle ? Mais les réponses se font discrètes, elle décide donc de prendre son mal en patience, demande l’hospitalité au petit commerçant et s’installe dans sa « nouvelle vie ».

Nous voici plongé dans un monde fantastique que l’on va découvrir au gré des envies et des questions de cette petite fille. Le lecteur comprend la raison de sa présence au pays des rêves vers la moitié de l’album sans avoir rencontré ni crainte, ni angoisse, ni insécurité. De découvertes en surprises, on se laisse bercer par chaque personnage, tous sont foncièrement bons. Yumenosoko est une histoire agréable, entre poésie et naïveté enfantine, quoiqu’un peu légère sur de nombreux passages. La narration se découpe en plusieurs chapitres aux fins parfois abruptes. Ponctuellement, j’aurais aimé accéder que les dénouements soient plus aboutis, voir certains aspects de ce monde plus étoffés. Mais finalement, ce manque de consistance dérange assez peu dans la lecture.

Le graphisme quant à lui est tout en rondeur, Hisae Iwaoka a réalisé des décors  foisonnant de détails. Les décors sont dessinés avec minutie, la présence d’une multitude de petits détails remplis l’arrière-plan et donnent l’impression que des gens vivent là depuis longtemps, comme par magie. L’ambiance est légère, onirique.

En bonus, des scènes de quelques pages qui n’ont pas été insérées dans l’album. Ces passages se veulent cocasses, je les trouve puériles. Leur extrême naïveté dénote réellement avec le récit principal. C’est pourtant sur ces planches que l’album se referme… me laissant sur un sentiment ambivalent.

PictoOKDans l’ensemble, je garderai un agréable souvenir de cet album fantastico-lyrique  car il est réellement surprenant. Un mélange de joie et de vague-à-l’âme, d’humour et de poésie. Une expérience étrange durant laquelle j’ai oscillé entre me plonger totalement dans cet univers et l’observer avec beaucoup de recul.  et surprenant malgré son manque de consistance. L’auteure a mis quatre années à construire un ouvrage qui nous offre une jolie réflexion sur les sentiments et le sens de la vie et/ou de la mort.

Les avis de David, Lamiri et La Mangathèque.

Extraits :

« – Alors, qu’est-ce qu’il y a dans ces cannettes ?
-Toutes sortes de sentiments.
-Des sentiments ?
-Mais oui. Vous savez-bien. Il y a des choses si importantes qu’on n’arrive pas à les dire. On me confie ces sentiments pour que je les garde » (Yumenosoko).

« Quand les regrets sont trop forts, les sentiments s’éparpillent tellement qu’on peine terriblement à tout nettoyer » (Yumenosoko).

Yumenosoko

– Au plus profond des rêves –

One Shot

Éditeur : Kana

Collection :  Made In

Dessinateur / Scénariste : Hisae IWAOKA

Dépôt légal : mai 2007

ISBN : 9782505001041

Bulles bulles bulles…

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Yumenosoko – Iwaoka © Kana – 2007

Pour Sanpeï, tome 2 (Kouno)

Pour Sanpeï, tome 2
Kouno © Kana- 2009

« Sanpeï est un sexagénaire à la retraite, un peu bougon et renfermé de nature. Après la mort de sa femme, il emménage chez son fils. En triant ses affaires, il tombe par hasard sur un carnet, une sorte de journal de bord tenu par sa femme. A sa lecture, Sanpeï découvre que Tsuruko a pris le temps de mettre par écrit tout ce qui pourrait être utile à son époux afin de lui faciliter la vie, afin qu’il puisse vivre plus en harmonie avec son entourage : les goûts de sa petite-fille, le caractère de son fils, les recettes de cuisine essentielles, comment recoudre un bouton, comment repasser, tec. C’est maintenant à lui de se débrouiller » (synopsis du Quatrième de couverture).

Avec un plaisir non dissimulé, j’ai retrouvé Sanpeï dans sa quotidienneté déjà bien rythmée (mon avis sur le tome 1). Un personnage serein, confiant, aimant et aimé qui a trouvé sa place auprès de ses proches. Sans complexe, on savoure cette ambiance chaleureuse qui nous fait découvrir la quotidienneté d’une famille et quelques traditions japonaises. Une tendresse particulière émane de cette série, comment rester insensible à ce récit, comment ne pas être touchés par ses personnages ? On partage avec eux, on s’émeut, on sourit.

De nouveau, la narration est fluide et le trait est délicat, les ambiances soignées et le ton du récit mi-réaliste mi-poétique. Des petits gestes anodins, témoins de l’affection de Sanpeï vis-à-vis de sa petite-fille, sa bru ou son fils, sont omniprésents dans le récit. Une succession de planches muettes mettent en valeur ces moments. Je trouve ce choix pertinent, Fumiyo Kouno nous montre que la compréhension de ces gestes d’amour se passe sans problème des artifices narratifs existants.

Une postface signée de l’auteure clôt cet album… un moment de partage avec l’auteure :

PictoOKFin du diptyque que je n’ai pas pu vous présenter en une seule chronique. Une lecture que je conseille à tous.

L’avis de Tiphanya et de Faelys.

Extrait :

« Sanpeï. Tu dois vivre pleinement ce que j’ai pu gâcher. Prends soin des gens que tu as négligés à cause de moi et un jour, viens m’apporter un peu de jalousie en cadeau » (Pour Sanpeï , tome 2).

Pour Sanpeï

Tome 2

Diptyque terminé

Editeur : Kana

Collection : Made In

Dessinateur / Scénariste : Fumiyo KOUNO

Dépôt légal : mai 2009

ISBN : 9782505005704

Bulles bulles bulles…

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Pour Sanpeï, tome 2 – Kouno © Kana – 2009

Monster, série en 18 tomes (Urasawa)

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1986. Kenzô Tenma est un neurochirurgien brillant de Düsseldorf. Ses fiançailles avec Eva, la fille de son Directeur, lui ouvrent les portes d’une belle carrière, même si ce jeune et modeste japonais n’avait aucune prétention carriériste à la base. Réservé, dévoué, respectueux, il accepte sans dire un mot les injonctions de son futur beau-père, tout en ayant conscience qu’il est instrumentalisé. Tenma est un pion au service d’une Institution mais les stratégies politiques et financières de l’Hôpital. Cette situation le met à mal d’autant qu’on l’oblige parfois à changer de bloc opératoire, reportant ainsi l’intervention chirurgicale sur un patient sous prétexte que l’avenir de ce dernier (un travailleur turc émigré) passe après celui d’un chanteur d’opéra hautement apprécié dans la bourgeoisie de Düsseldorf. Las de devoir piétiner ses principes d’éthique et de déontologie, il décide de tenir tête à sa Direction lorsque ce cas de figure se reproduit quelques jours plus tard. Il refuse ainsi d’intervenir sur le Maire de la ville, argumentant que ce dernier a été transféré à l’Hôpital après l’enfant de 10 ans qu’il s’apprête à  opérer. Cet enfant est grièvement blessé par balle à la tête. Tenma parvient à sauver l’enfant mais ses confrères échouent et le Maire décède. La sanction ne se fait pas attendre : le Directeur le rétrograde, les fiançailles avec Eva sont rompues et de nombreux confrères le jugent irresponsable. Quant à Tenma, il se satisfait de son choix, certain d’avoir agit selon ses convictions. La vie de Johann, le jeune patient, n’est plus en danger même si l’enfant est encore plongé dans un profond coma. Pendant ce temps, Anna, la sœur jumelle de Johann, est en état de choc suite aux événements. Son frère blessé, ses parents assassinés, la jeune fille est traumatisée.

Peu de temps après, deux événements majeurs agitent l’Hôpital : les corps du Directeur et de deux médecins sont retrouvés (l’autopsie conclut à un empoisonnement) et le jumeaux sont introuvables. Une enquête de police débute, Tenma est le principal suspect. En effet, vu que le Conseil d’Administration l’a nommé Chef de service, il semblerait que le Japonais soit le seul à qui les trois meurtres profite. Mais l’enquête finit par être classée, l’Inspecteur Runge ne parvenant pas à réunir suffisamment d’éléments pour étoffer cette hypothèse.

Dix ans plus tard, une série de meurtres ébranle l’Allemagne. Par un concours de circonstances, Tenma comprend que l’auteur de tous ces meurtres n’est autre que Johann, le jeune patient qu’il avait sauvé.

Rassurez-vous, ce long synopsis ne résume pas le dixième de cette série ! Vous comprendrez donc que l’intrigue est riche, complexe… et que je ne vous gâche en rien le plaisir que vous aurez à découvrir ce thriller palpitant.

Plus de deux ans que cette série végétait dans ma bibliothèque et ce, malgré les incitations régulières de mon Golgoth à la lire. Bon, autant dire que l’idée de se lancer dans 18 tomes était un frein. Mais dès que j’ai ouvert le premier tome, j’ai immédiatement été happée par le grand pouvoir addictif qui émane de ce récit. Six jours pour lire cette série dans son intégralité et quelques pauses faites à contre cœur. Un récit haletant et une foule de personnages secondaires pour épauler Tenma. Des rebondissements à tour de bras, des intrigues bien menées… une petite lassitude à partir du tome 15 : il faut dire que passer autant de tomes sans obtenir de réponse satisfaisante, autant de tomes qui continuent à ouvrir de nouvelles pistes et qui alimentent sans relâche le suspens, injectent de nouveaux nouveaux éléments ou de nouveaux personnages… cela m’a agacé. J’ai pourtant lu les trois derniers tomes sans rechigner mais le dénouement final me laisse perplexe. « Tout ça pour ça !! » comme le dit si bien mon Golgoth. Mais oui, je confirme qu’à la fin, on a bien peu de réponses concrètes… il faut donc savoir se contenter de celles qu’on avait imaginées pendant la lecture.

Roaarrr ChallengeUne série qui a obtenu le Grand Prix du Jury du Prix Culturel Osamu Tezuka en 1999 ainsi que trois Japan Expo Awards (Prix du Jury du Meilleur Seinen et Prix du Scénario en 2006, Prix du Public du Meilleur Seinen en 2007).

De Naoki Urasawa, je ne connaissais rien, excepté la série 20th Century Boys dont j’avais commencé à vous parler sur ce blog (j’ai arrêté au cinquième tome, ne voyant pas pour vous l’intérêt que je présente tome par tome une série de 24 albums !). Quoi qu’il en soit, voilà une belle occasion de vous présenter une série complète. Monster a été prépubliée au Japon dans le Magazine hebdomadaire Big Comic Original à partir de 1997. Elle a fait un carton auprès des lecteurs du magazine. C’est en 2002 qu’elle débarque en France et connaîtra un engouement identique auprès des lecteurs de l’Hexagone. Bref, un bon rythme pour cette cavale imaginée par un Japonais, dont l’intrigue se passe en Allemagne… et dont la traduction française est excellente ! ^^

L’intrigue s’étale sur une durée de 16 ans, période durant laquelle on suit Tenma dans sa cavale sans fin, entre Düsseldorf, Munich, Francfort… puis en République Tchèque. Au passage, il sera question de politique des soins (c’est moins incisif que dans Say Hello to Black Jack de Sato), de manipulation, d’adoption, d’espionnage, de fratrie, de bons et de mauvais sentiments. Un univers riche et prenant dans lequel on s’attend sans cesse au pire pour finalement sortir des 18 tomes relativement épargnés (une seule scène choc me concernant). A partir du tome 11, une présentation des différents personnages est systématiquement présente dès la page de garde passée. Cela permet de se remémorer des personnages qui peuvent avoir été absents deux tomes durant et qui refont leur apparition dans l’histoire. Les personnages sont construits et ce qui m’a plut, c’est qu’Urasawa a réellement pris le temps de dresser le portrait psychologique de chacun au point que vers les derniers tomes, on en vient à douter de tout monde tant les pistes d’ouverture sont nombreuses.

Au niveau du dessin de Naoki Urasawa, j’ai peu de choses à dire en revanche : le dessin est fluide, on a une bonne perception des mouvements. Les fonds de cases sont riches en détails, les  expressions des personnages sont rarement exagérées -si peu que cela m’a marqué- alors que c’est souvent le cas dans les mangas. En revanche, on peut faire le même reproche à Monster que celui fait à d’autres mangas : sortis des personnages – phare de la série, les autres se ressemblent trop pour qu’on puisse les identifier du premier coup d’œil. Cela freine légèrement la lecture sur certains passages et crée quelques confusions temporaires.

Enfin, ce qui m’a plu, c’est le contenu des bonus des tomes de la série. Un gros travail a été ici réalisé par Kana puisque la Maison d’Édition propose tour à tour : une présentation du parcours de Naoki Urasawa, sa bibliographie complète, une sélection de courriers de lecteurs (de Monster) et les réponses apportées par l’éditeur, une explication des recherches qu’Urasawa a réalisée pour alimenter l’intrigue , des articles sur la culture et le mode de vie japonais… Un contenu riche et varié pour ces extras présents en fin de tomes qui contribuent largement à ce que le lecteur accroche à cet univers.

Une lecture conseillée par mon Golgoth et qui intègre le Challenge Pal Sèches

Envie d’un bon thriller ?? Et bien… vous savez ce qu’il vous reste à lire dans ce cas ! ^^

Monster

Série terminée en 18 tomes

Editeur : Kana

Collection : Big Kana

Dessinateur / Scénariste : Naoki URASAWA

Dépôt légal : octobre 2001 à janvier 2005

Bulles bulles bulles…

Monster, série – Urasawa © Kana – 2001

Bakuman, tome 1 (Ohba & Obata)

Bakuman, tome 1
Ohba – Obata © Kana – 2010

Moritako Mashio a 14 ans. Jeune lycéen assez réservé, il n’aspire qu’à une chose : se fondre dans la masse. Un jour, il oublie un de ses cahiers en classe et vu qu’il y consigne aussi bien ses notes de cours que les croquis qu’il fait (d’une jeune fille de sa classe), il décide de retourner récupérer l’objet.

Sur place, il est accueilli par Akito, un camarade de classe qui, non content d’avoir pu constater les dons de Mori pour le dessin, lui fait la proposition de former une équipe de mangakas.

J’ai découvert cette série en lisant la chronique de David. Sans même avoir le temps d’en oublier le titre, je découvre en ouvrant un colis contenant cet album, que je suis la première a être sortie du chapeau lors du tirage au sort de Loula (Manga Loto de décembre). Si ce n’est pas de la coïncidence…

Je remercie donc Tiphanya pour la découverte !

Me voilà donc partie dans la lecture de Bakuman avec un apriori assez positif en tête, sensation qui se confirme pendant la lecture. Je n’irais pas non plus jusqu’à dire que j’ai complètement perdu la raison en courant m’acheter les quatre autres tomes parus en France entre juillet 2010 et janvier 2011, mais je suis certaine que je poursuivrais la série.

Le récit est simple, l’ambiance agréable et le fait de ne pas savoir faire la part des choses entre les faits réels et les événements romancés a attisé ma curiosité (en effet, il semblerait qu’il y ait quelques similitudes entre le duo de Bakuman et le duo Ohba-Obata). Pour le reste, beaucoup d’humour et de dérision dans cette histoire et, à mon étonnement, le récit de la quotidienneté de ces deux ados est rythmé et intéressant.

J’ai également apprécié le graphisme, détaillé et précis. Les visages sont expressifs et reconnaissables, il y a un bon rendu dans les mouvements et les agencements de planches rendent la lecture dynamique. En intercalaires, quelques nemus (croquis d’un auteur avant agencement final, sorte de story-board) d’Obha côtoient les nemus d’Obata, un partage très plaisant pour le lecteur.

PictoOKBelle découverte, un duo d’auteurs qui a également écrit Death Note. Je poursuivrais la série, assez convaincue par ce premier opus.

La bande-annonce sur Dailymotion et le lien vers le site bakuman.fr.

D’autres avis : sur krinein, Kameyoko, Alsj.

Bakuman

Tome 1

Série en cours

Label : Kana

Dessinateur : Takeshi OBATA

Scénariste : Tsugumi OHBA

Dépôt légal : juillet 2010

ISBN : 9782505008262

Bulles bulles bulles…

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Bakuman, tome 1 – Ohba – Obata © Kana – 2010

Pour Sanpeï, tome 1 (Kouno)

Pour Sanpeï, tome 1
Kouno © Kana – 2009

La vie de Sanpeï, un vieux retraité bourru, est morose depuis le décès de sa femme. Le voyant dans cette situation, son fils lui propose de venir s’installer chez eux. Sanpeï accepte mais rapidement, le fait d’être une charge supplémentaire pour sa belle-fille lui pèse. Il se sent inutile. Quelques temps plus tard, Sanpeï retrouve par hasard le carnet que sa femme écrivait. Avec beaucoup d’émotions, il l’ouvre et découvre qu’il contient des notes sur tout ce qui fait le quotidien, sorte de recueil de fiches techniques du « savoir rendre son intérieur chaleureux » : cela va de la préparation de petits plats à l’art de veiller un malade… jusqu’à l’attention spécifique à donner à chaque membre de la famille.

A l’aide de ce précieux carnet, Sanpeï va donner un second souffle à sa vie. Lui qui jusque-là ne s’était soucié que de sa propre personne, il décide de se consacrer aux autres. De gestes attentionnés en paroles réconfortantes, il se rend compte que le fait de se consacrer à sa famille lui apporte bien plus que ce qu’il n’aurait imaginé. Petit à petit, il va parvenir à trouver sa place dans cette nouvelle configuration familiale…

Tout d’abord, je voudrais remercier Saxaoul. Nous étions toutes les deux inscrites au Manga Loto organisé par Loula et Saxaoul avait inscrit ce titre en complétant sa participation au jeu. Gagnante de ce Loto, j’ai eu la chance de recevoir quatre mangas, dont celui-ci qui figurait dans mes envies de lecture depuis un bon moment.

L’écriture de Pour Sanpeï a débuté au moment de la parution du Pays des Cerisiers au Japon (2003). Comme dans de nombreux mangas, on y retrouve l’image d’un foyer chaleureux où cohabitent trois générations d’une même famille. Mais au-delà de ça, Pour Sanpeï est un récit touchant qui ne se contente pas d’aborder la quotidienneté d’une famille japonaise. Avec beaucoup de pudeur et de respect, cet album aborde la question de la vieillesse à commencer par le nécessaire travail d’acceptation d’une nouvelle vie sociale que le vieil homme doit faire : « Papa. Grand-Père. En y réfléchissant, il n’y a plus personne pour m’appeler Sanpeï maintenant… ». A demi-mot, il est aussi question de sénilité mais le recourt à l’humour permet d’éviter les lourdeurs de ce sujet avec finesse. Là où Fumiyo Kouno nous surprend, c’est en insérant de très belles envolées lyriques dans ce récit, permettant ainsi de faire sortir le personnages des stéréotypes dans lesquels on enferme souvent les septuagénaires. Le voir remonter ses manches pour mettre en pratique les notes de sa femme, apprendre de nouvelles habitudes de vie à son âge avancé ou bien encore être pris au dépourvu face aux réactions spontanées et étonnantes de sa petite-fille… quel régal !!

Fumiyo Kouno a construit ce livre avec tout un tas de petits riens pourtant, l’ambiance qui se dégage ici est agréable. Les pages se tournent sans impression de redondance ou de lassitude. Le trait est doux et élégant, reconnaissable du premier coup d’œil. Je me suis fait une place dans cette petite famille japonaise où les rôles de chacun ont tendance à s’inverser. On est attendri par les moments complices que Sanpeï passe avec la petite fille ou tout simplement par les membres de cette famille qui réapprennent à se connaître. Au final, je crois que j’y ais pris beaucoup de choses à titre personnel : une vision rassurante de la vieillesse, un regard optimiste sur la sphère familiale et plein de petites informations qui seront injectées dans mon propre quotidien.

Une lecture que je partage avec Mango et les participants aux

Mango

Choisit par Saxaoul dans le cadre de sa participation au Manga loto organisé par Loula, cette lecture intègre le Challenge PAL Sèches

PictoOKJ’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cet album. Un manga aussi délicieux que l’extrait que je vous propose !

Ils en parlent très bien : Saxaoul, Tiphanya, Kaeru, Harpye.

Extrait :

Cette fois, pas de citation. La lecture de Pour Sanpeï m’a redonné envie de préparer des plats japonais (cela faisait si longtemps !!). Hier, j’ai donc cuisiné un Nikujaga… tout simplement délicieux !

« Prendre quatre pommes de terre, les éplucher et les couper en quatre ou en six morceaux. Les laver rapidement à l’eau froide.
Prendre un oignon, l’éplucher, le couper en deux puis en petits morceaux de six à sept millimètres.
Verser un verre d’eau dans une marmite, ajouter deux cuillères à soupe de sucre, trois cuillères à soupe de sauce de soja. Faire bouillir.
Lorsque la sauce arrive à ébullition, rajouter l’oignon et la viande (environ 200 grammes de bœuf ou de porc coupé fin). Lorsque la viande change de couleur, rajouter les pommes de terre.
Mettre le couvercle sur la marmite et laisser cuire à feu doux. Lorsque les pommes de terre sont tendres, c’est prêt.
Si possible, laisser reposer 30 minutes de plus, c’est encore meilleur ».
Le tout est bien sur accompagné d’un bol de riz.

Pour Sanpeï

Tome 1

Diptyque terminé

Éditeur : Kana

Label : Made In

Dessinateur / Scénariste : Fumiyo KOUNO

Dépôt légal : avril 2009

ISBN : 9782505005605

Bulles bulles bulles…

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Pour Sanpeï, tome 1 – Kouno © Kana – 2009