Mister Miracle (King & Norton & Gerads)

King – Norton – Gerads © Urban Comics – 2019

Né en temps de guerre sur la belle et harmonieuse Néo-Genesis, Scott Free a eu une enfance difficile. Son père, le très respecté et très bon Haut-Père, a dû sceller un pacte avec son ennemi juré, le vil et despotique Darkseid. Pour entériner l’armistice qui marquait la fin de sanglants combats menés entre les deux planètes, un pacte fut conclu entre les deux souverains. Ainsi, ils échangèrent leurs fils et Scott Free fut confié à l’odieux Darkseid. Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’il parvint à échapper à la surveillance de ses tuteurs et bourreaux. Scott décida de se réfugier sur Terre et y fit la rencontre de Mister Miracle, un artiste saltimbanque. A la mort de ce dernier, Scott décide de prendre sa suite. Il devient à son tour Mister Miracle et endosse le costume de son défunt mentor.

Ainsi, le mythique Mister Miracle est né. Il tente de mener une vie normale sur Terre, aux côtés de son ami Oberon et de sa douce et tendre guerrière Big Barda. Mister Miracle a tout pour vivre heureux désormais… mais c’est sans compter la profonde dépression qui le ronge et la folie dont il est la proie.

Il est pourtant obligé de composer avec sa mélancolie puisque le super-héros va devoir intervenir pour aider le Haut-Père, son père biologique, afin de contrer les plans machiavéliques de Darkseid visant à annihiler l’humanité.

Scott Free est pour le moins un super-héros atypique ! Tom King crée un personnage égocentrique et dépressif à souhait. Il est mu par ses états d’âme et ses introspections parfois (très) délirantes. Les traumatismes qu’il a vécu durant l’enfance ont fait de cet homme un individu brisé, blasé. Il s’est construit comme il a pu, un peu en biais, un peu sans raison, sans motivation mais les hasards de la vie lui ont permis de faire deux belles rencontres qu’il chérit comme un trésor. Il s’accroche à ces individus comme à une bouée. Il s’ancre à leurs destins comme si sa survie en dépendait. On suit donc le cheminement de cet homme, ses tentatives de reconstruction et ses auto-sabotages.

Etrangement, le héros est animé par un souffle d’humanité tenace. S’il ne s’aime pas, on ne peut nier qu’il aime son prochain. Il s’appuie sur de fragiles convictions qui lui permettent d’agir… De se démarquer… D’influencer à sa manière l’éternelle lutte du bien contre le mal. Et si le héros mène bon nombre de combats, il le fait moins par conviction que par devoir… un peu comme s’il assumait mécaniquement son rôle d’héritier du pouvoir… sans trop y réfléchir. La question du libre-arbitre est ténue – pour ne pas dire inexistante – chez ce personnage. Il se laisse porter par les désirs des autres mais est incapable d’en avoir lui-même… si ce n’est d’être aux côtés de sa compagne.

Personnage passif, il est étonnement doué pour mettre en place une stratégie de combat et affronter un adversaire au corps à corps. C’est le seul cas de figure où il est capable d’initiative. Pour le reste, c’est un personnage instable, torturé, fade. Le contre-pied du vide qui est en lui est son auto-dérision.

Surprenant, déstabilisant parfois, souvent drôle… voilà un album original qui fait sortir les super-héros des sentiers battus !

Une petite « BD de la semaine » qui se réunit aujourd’hui chez Noukette !

Mister Miracle
Editeur : Urban Comics / Collection : DC Deluxe
Dessinateurs : Mike NORTON & Mitch GERADS
Scénariste : Tom KING
Dépôt légal : mai 2019 / 328 pages / 28 euros
ISBN : 979-1-0268-1516-7

Hey June (Fabcaro & Evemarie)

Fabcaro – Evemarie © Guy Delcourt Productions – 2020

Elle a trente ans. Elle est célibataire, pleine de vie avec un penchant asocial. Elle aime les Beatles, est illustratrice et s’apprête à vivre une journée parmi tant d’autres. Elle est capricieuse, elle ronchonne. Un peu j’m’en-foutiste, loseuse sur les bords, elle pose un regard corrosif sur sa vie et fait preuve qu’une grande auto-dérision. « Hey June » nous fait vivre vingt-quatre heure de la vie de June, alter-ego de papier d’Evemarie. Du réveil au coucher… une journée ordinairement drôle et étrangement banale.

« Elle traverse sa journée comme un Beatles traverse la route, sans regarder et avec assurance, même si elle ne va nulle part. » (extrait du synopsis éditeur)

Une lecture commune que j’ai l’immense plaisir de partager avec un duo de choc : Noukette et Jérôme. Et ce serait dommage de ne pas faire une pierre deux coups !! Je profite de cet article pour venir me coller tout contre les participants de la « BD de la semaine » et cela faisait rudement longtemps, et cela fait rudement du bien de les retrouver (même si, soyons honnêtes, je ne suis pas certaine d’être hyper régulière cette année encore) !!

Au scénario, le génialissime Fabcaro qui reprend, pour le coup, la recette de base qu’il avait utilisée pour « ParapléJack » à savoir de consacrer à chaque page un gag en trois cases… Emballé c’est pesé, la blague est expédiée, réduite à son extrême : mise en situation, action et dénouement. Habillé ainsi de son plus simple appareil, le sketch va à l’essentiel. Le scénario pince la corde d’un cynisme désabusé tout en jouant les notes d’une partition humoristique.

Hey June – Fabcaro – Evemarie © Guy Delcourt Productions – 2020

Le sujet en lui-même semble narrer le quotidien de sa collaboratrice – et illustratrice de l’album – Evemarie. Entre ses rêveries complètement loufoques et ses râleries permanentes quant à (en vrac) son célibat/ses boulots de commande/son manque d’inspiration/les exigences des éditeurs/les dead-line/les voisins/l’éternel arrêt de la clope/l’éternelle reprise de la clope/l’éternel manque de clope/les copines et leurs mélodrames amoureux… June-Evemarie navigue à vue dans cet espace aux frontières floues, bordé de procrastination et d’obligations, de motivations et d’aquabonisme. « Hey June » n’ira pas au panthéon des ouvrages réalisés par Fabcaro car on l’a connu plus… inspiré. Pourtant, ce serait bigrement malhonnête de ne pas reconnaître qu’il y a quelques répliques bien placées et des chutes qui font mouche. Au final, l’album parvient à dérider même si le sujet en lui-même ne nous transcende pas.

Pour illustrer ces strips (dont tous portent le titre d’une chanson des Beatles), Evemarie tape dans la sobriété. Le dessin est efficace et fluide. Les personnages évoluent librement en premier plan tandis que les fonds de cases sont relativement dépouillés et la mise en couleurs est assez classique.

Un petit moment de lecture pas désagréable. Le must a été de faire cette lecture aux côtés de Noukette et Jérôme et je vous invite bien évidemment à lire leurs chroniques !

Sans compter les albums partagés par les participant.e.s de la « BD de la Semaine » . Allez faire un tour chez Stéphie pour découvrir la récolte du jour !

Hey June (one shot)

Editeur : Delcourt / Collection : Pataquès

Dessinateur : EVEMARIE / Scénariste : FABCARO

Dépôt légal : janvier 2020 / 104 pages / 9,95 euros

ISBN : 978-2-413-02249-7

I kill Giants (Kelly & Niimura)

Kelly – Niimura © Bragelonne – 2018

Barbara n’est plus tout à fait une enfant, pas encore une adolescente.

A l’école, Barbara n’y va pas par quatre chemins. Pourvue d’un bon sens de la répartie, la jeune fille dit ce qu’elle pense et cela ne plaît pas à l’équipe enseignante. Avec ses attitudes bizarres, ses lubies étranges et le fait qu’elle soit toujours le nez dans ses livres, les autres enfants préfèrent l’ignorer. Il n’y a que Taylor – la caïd de l’école qui rackette et tabasse tous ceux qui passent à sa portée – qui s’intéresse à Barbara, mais ses tentatives d’intimidation ne marchent pas sur Barbara, ce qui rend Taylor encore plus hargneuse.

A la maison, le rythme est assez soutenu ; entre sa grande sœur qui partage sans cesse les anecdotes de son travail, son frère qui est le parfait cliché de l’adolescent à l’humour douteux et qui se laisse vivre… et tout le reste… Barbara a vite pris l’habitude de s’échapper dans son monde imaginaire. Elle est convaincue qu’une attaque de géants est imminente. Elle cherche à alerter les adultes mais rien n’y fait, les autres restent sourds à ses propos.

Il n’y a bien que Sophia, son amie, et la nouvelle psychologue de l’école, Mme Mollé, qui semblent s’intéresser à ce que pense Barbara…

La présentation de l’éditeur m’avait totalement emballée. Tout à fait le genre de résumé capable de vous donner envie de plonger dans la lecture en un temps record et de vous convaincre que vous allez vous régaler de bout en bout dès que la lecture sera commencée.

Dès que j’ai eu l’album, je me suis donc lancée… et j’ai douté, me demandant si cet album était pour moi. L’album se découpe en plusieurs parties et les deux premiers chapitres m’ont vite fait changer mon fusil d’épaule. Le scénario y est saccadé et j’ai eu du mal à cerner le personnage principal. Il nous manque des éléments pour pouvoir faire des liens entre les différentes scènes, on passe parfois du coq à l’âne. La lecture du premier chapitre fut pour moi douloureuse et j’en suis sortie perplexe.

Butée comme je suis, j’ai tout de même poursuivi, grinçant des dents et soufflant, d’autant que le second chapitre confirme amplement mes premières impressions.

J’ai poursuivi encore… troisième chapitre… même tonalité et même ambiance influencées par la présence de cette enfant – Barbara – qui n’a pas toute sa tête. Elle dégage une forme d’étrangeté mêlée à une forme d’hypermaturité. Elle est obnubilée par un unique sujet : les géants. Elle sait tout d’eux : leurs points faibles, leurs motivations, pourquoi apparaissent-ils et comment les combattre. Rien ni personne ne semble être en mesure de la faire revenir à la réalité et de l’intéresser pour des sujets beaucoup plus terre-à-terre comme sa scolarité. Perchée. Son monde imaginaire chevauche la réalité. Barbara semble glisser lentement vers la psychose.

Et puis soudain, un élément est lâché dans le récit et intrigue. Au beau milieu du troisième chapitre arrive peu à peu ce qui va donner du liant à l’ensemble. Certes, on trouve vite l’enfant très touchante, un peu drôle sous ses airs hallucinés et ses oreilles d’animaux qu’elle se met en permanence sur la tête. Mais il y a soudain, un fil que l’on attrape.

Un fil qui intrigue.
Un fil prometteur qui nous convainc de poursuivre.

Les dessins de J.M Ken Niimura nous avaient préparés mais je n’avais pas correctement saisi jusqu’à ce moment où j’ai compris la métaphore des géants… et le scénario de Joe Kelly prend sens. Ensuite, vous connaissez cela aussi bien que moi : on est totalement pris par l’histoire et on tourne les pages avec la curiosité de celui qui veut connaître la suite. On s’appuie sur les émotions de la fillette et c’est vraiment là, dans cette boule d’énergie incontrôlée, que tout ce joue. Et c’est rudement bien mené.

Cette série avait été éditée une première fois en français sous le titre Je tue des géants ; le premier tome était passé inaperçu et je pense que c’est pour cette raison que l’éditeur n’avait pas poursuivi le projet. Ici cette fois, le label Hi Comics s’est saisi de l’œuvre et le propose d’entrée de jeu dans un volume intégrale. Il me semble que ça vaut le coup de découvrir.

Une « BD de la semaine » parmi la sélection d’albums que les bulleurs ont partagés aujourd’hui. Pour retrouver toutes les participations du jour, rendez-vous chez Moka !

I kill Giants

One shot
Editeur : Bragelonne
Collection : Hi Comics
Dessinateur : JM Ken NIIMURA
Scénariste : Joe KELLY
Dépôt légal : mai 2018
177 pages, 19.90 euros, ISBN : 978-2-8112-2398-4

Bulles bulles bulles

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I kill Giants – Kelly – Niimura © Bragelonne – 2018

Mon voisin Raymond (Troub’s)

Troub’s © Futuropolis – 2018

La maison de Troubs est tapie dans la campagne, en Dordogne. Seul un petit bois la sépare d’un modique hameau où vit Raymond, un vieil homme devenu son ami. D’une rencontre à l’autre, une amitié est née entre les deux hommes que plusieurs générations séparent.

Un album pour prendre le temps de profiter de l’instant présent… de contempler…
La nature dans sa robe automne. Le bal des oiseaux, la valse des feuilles, les odeurs de la terre…
La campagne endormie sous les frimas de l’hiver. Les gros manteaux, l’odeur du café chaud, la chaleur fruitée de la gnôle…
Le printemps et sa traîne joyeuse…
Les chaleurs estivales qui nous font vivre au ralenti…

Au rythme des saisons, on suit le quotidien tranquille des lieux et l’on découvre le quotidien de Raymond. Les conversations sont faites de peu de choses, d’un oiseau qui passe, de la météo ou de vieux souvenirs.

Un coup de main pour tailler la vigne, couper du bois ou boire un canon… l’intérêt de cet album est finalement un pied-de-nez au rythme effréné que l’on a tous. Ici, on est dans une bulle où le temps passe lentement… au rythme de la nature, de la cueillette des fruits et de la récolte du potager. A force de le côtoyer, Troub’s parvient à anticiper les questions de son ami Raymond.

Des petites phrases courtes, souvent des mots répétés, comme une lente leçon de la vie que son voisin lui raconte patiemment. Observer la nature, apprendre à faire des choses, à savourer, à observer, écouter, sentir…

Un soutien, une oreille, un rire… une bonne bouffée d’air au final.

La chronique de Jérôme.

Mon Voisin Raymond

One shot
Editeur : Futuropolis
Dessinateur / Scénariste : TROUB’S
Dépôt légal : mars 2018
96 pages, 17 euros, ISBN : 978-2-7548-2063-9

Bulles bulles bulles…

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Mon voisin Raymond – Troub’s © Futuropolis – 2018

Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée (Liew)

Liew © Urban comics – 2017

Il m’est difficile de résumer cet album de façon à être compréhensible. Alors vu que cela faisait longtemps que je ne l’avais pas fait… je m’autorise un petit copier-coller. Fraichement sorti du site de l’éditeur, voici donc le pitch de « Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée » :

« Charlie Chan Hock Chye, né en 1938 à Singapour où il vit toujours, est auteur de bande dessinée depuis l’âge de 16 ans. À 70 ans passés, il revient sur ses 50 ans de carrière. Ses récits se déroulent sous nos yeux en un éblouissant éventail de genres et de styles graphiques dont l’évolution reflète à la fois celle de la bande dessinée mais aussi celle du paysage politique et social de son pays natal. Composée des extraits de publications, illustrations, croquis et peintures originales de l’artiste fictionnel, cette fausse autobiographie a permis à son véritable auteur, Sonny Liew, de questionner l’Histoire de son pays et de créer avec Charlie Chan Hock Chye l’artiste de bande dessinée dont Singapour aurait pu rêver. En imaginant cette histoire alternative de la bande dessinée singapourienne, l’auteur offre en parallèle une exemplaire leçon de bande dessinée à travers l’évolution de ses codes et de ses genres. »

Ingénieux cet album. Il nous embarque dans la vie d’un auteur de manga. On sait tout de son enfance à Singapour et de sa passion précoce pour le dessin, de son adolescence où il fait une rencontre heureuse avec Wong, qui deviendra son scénariste pour quelques années. Les compères cherchent à inventer « quelque chose de nouveau » et inventent de nouvelles histoires qui vont leur permettre de s’entraîner, de s’améliorer. Bien sûr, ils veulent percer, trouver leur lectorat, se faire remarquer. Dans un premier temps, c’est grâce à l’oncle (imprimeur) de Wong qu’ils sont édités mais le succès n’est pas au rendez-vous. Pire encore… les ventes ne décollent pas. Ils ne se découragent pas et persévèrent tout en continuant de grandir. A côté de leurs jobs alimentaires, ils se retrouvent pour faire avancer leur projet.

Le plan était de créer assez de matériel pour une maquette de magazine… un échantillon de travail éblouissant qui intéresserait les éditeurs.

Les années passent, la passion de faire de la BD demeure.

Ces personnages fictifs injectent dans leurs histoires le contexte social dans lequel ils sont nés et ont grandi. Ainsi, des réelles figures historiques côtoient les personnages fictifs. Les événements historiques nourrissent les histoires qu’ils mettent en images : la grogne des chauffeurs de bus et le mouvement étudiant de 1955, les actions syndicales et Lim Chin Siong ou bien encore les travaux qui influencent les premières histoires que le duo de personnage réalisent (Osamu Tezuka, Wally Wood…).

C’est un album absolument passionnant. En tournant les pages, on découvre des perles. A feuilleter, on pourrait croire à un recueil de travaux mais le fil narratif nous fait très vite oublier l’éclectisme des dessins. En effet, tout se fond dans un récit cohérent, des premiers crobards naïfs de Charlie Chan à des illustrations maîtrisées et réalisées à la peinture, des planches de ses « premières séries » dessinées au feutre bleu sur du papier de mauvaise qualité aux planches mettant en scène le personnage principal dans son quotidien d’aujourd’hui, de vieilles photos, quelques coupures de journaux… voilà un patchwork graphique impressionnant pour réaliser cette biographie fictive la plus documentée qu’il m’ait été donné de lire. Et c’est une sacrée aventure !

Sonny Liew a mis les petits plats dans les grands. Il crée son propre avatar que l’on voit de-ci de-là et on sent souvent sa présence – à défaut de le voir – dans l’interview fictive qu’il fait mener à son personnage de papier. Il ne juge pas mais utilise Charlie Chan pour retracer l’histoire de son pays, la colonisation anglaise puis l’arrivée des Japonais, l’utilisation des communistes puis la chasse aux sorcières, de la guerre d’indépendance… sans compter que c’est aussi l’histoire du lent développement de la bande dessinée des années 1950 on lit plusieurs histoires en unes ; à la fois chronique sociale, science-fiction, récit intimiste. Par le biais de son héros de papier, Sonny Liew scrute à la loupe l’histoire de Singapour et de la Malaisie des années 40 à aujourd’hui.

Captivant, fascinant… N’hésitez pas à le découvrir si l’occasion se présente à vous !

Et un immense merci à Jérôme pour ce somptueux présent 😉

Le rendez-vous de « La BD de la semaine » est à retrouver chez Noukette aujourd’hui !

Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée

One shot
Editeur : Urban Comics
Collection : Urban Graphic
Dessinateur / Scénariste : Sonny LIEW
Dépôt légal : janvier 2017
328 pages, 22.50 euros, ISBN : 978-2-3657-7975-3
L’ouvrage sur Bookwitty.

Bulles bulles bulles…

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Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée – Liew © Urban comics – 2017

Tomsk-7 (Zezelj)

Zezelj © Mosquito – 2014

Tomks-7, la ville-prison absente de toutes les cartes. Vladimir y a été conduit après avoir détruit toutes les horloges d’un port et tabassé le policier venu l’arrêté. Vladimir est à Tomks-7 pour une durée indéterminée. Chaque jour, il fait le pain pour les habitants de la ville… et chaque jour il rêve de s’envoler pour rejoindre la femme qu’il aime.

M., la ville esseulée au cœur des terres. Seul un fleuve la relie à la met mais en été, il est presque à sec. A M., des gens rêvent de grands espaces, de voyages. Et Simon, le vieux matelot, n’a pas perdu l’habitude de lire ses cartes maritimes. Il s’accroche à un fragile espoir de pouvoir de nouveau prendre le large et initie son petit-fils à ce savoir.

Dealer, marin, catcheur, prisonnier… tous ont ce point commun d’être planté là, dans la ville qui les voit vieillir et qui les use. La ville qui bouffe leurs illusions et leurs rêves d’enfants.

… des rêveurs…

Que l’on soit à Brooklyn ou ailleurs, on remarque en premier lieu l’austérité qui entoure chaque chose, chaque individu. Des bâtiments qui mordent le ciel, la nuit qui englouti tout et fait naître la peur, le brouillard qui camoufle les bruits et invite le marcheur à presser le pas.

Danijel Zezelj est un auteur que j’ai eu l’occasion de lire à plusieurs reprises. Son coup de pinceau nerveux, la matière  qui fait le sel de ses illustrations, le côté vivant des univers qu’il crée… je m’en régale. Les jeux d’ombre et de lumière créent une ambiance qui n’a nul autre pareil. Il a l’art d’installer une ambiance dès la première case et de nous faire sentir le danger, la peur. Il a l’art de dresser des villes sur le papier où crépitent le bois qu’on brule, où craquelle la feuille que l’on déplie, où bruisse le feuillage et grincent les portes.

Tomsk-7 est un recueil de huit nouvelles. A chaque fois, on change de lieu, de personnages. A priori, ils ne se connaissent pas. Au lecteur d’attraper le fil. Ici pourtant, on est moins à l’instinct que dans ses albums muets (Chaperon rouge, Industriel ou Babylone). Ici des héros ordinaires parlent, échangent, pensent. La voix-off et les phylactères nous guident mais on ne peut s’empêcher d’être à l’affût et surtout, surtout !, on scrute/on mate/on contemple ces planches magnifiques toutes de noir et blanc bruts.

Pour les yeux et l’ambiance !

Tomsk-7

One shot
Editeur : Mosquito
Dessinateur / Scénariste : Danijel ZEZELJ
Dépôt légal : novembre 2014
80 pages, 13 euros, ISBN : 978-2-35283-282-9

Bulles bulles bulles…

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Tomsk-7 – Zezelj © Mosquito – 2014

D’autres pépites à découvrir chez les bulleurs de la « BD de la semaine » :

Blandine :                                         Fanny :                                                     Caro :

Mylène :                                               Iluze :                                                   Karine :

Nathalie :                                       Gambadou :                                          Moka :

Blondin :                                             Noukette :                                       Stephie :

Saxaoul :                                              Jérôme :                                              Jacques :

Madame :                                         Sylvie :                                                  Alice :

Soukee :                                              Bouma :                                            Aurore :

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