L’Accablante apathie des dimanches à rosbif (Lahrer & Vassant)

L'Accabante apathie des dimanches à rosbif
Lahrer – Vassant © Futuropolis – 2008

Comique de métier, Brice FOURRASTIER vient à peine de fêter ses 40 ans lorsqu’il apprend qu’il n’en a plus que pour « trois mois, peut-être six » à vivre.

Passé le choc de la nouvelle, Brice se met alors en devoir de gravir minutieusement son petit escalier… chaque marche représentant un de ses proches à informer du diagnostic. Brice cherche à relativiser la situation, aussi dure soit-elle à encaisser, en organisant son dernier spectacle. Il tirera sa révérence devant ses proches, ce qui l’aidera également à mettre en mots ses peurs, son incompréhension et à accepter lentement qu’il doit s’éteindre.

Ce titre est aussi celui du spectacle de Brice FOURRASTIER au début du one-shot (il est en tournée). Provocateur car quelque peu déraisonnable (et déraisonnablement long), sans signification à moins d’avoir lu ce livre et uniquement ce livre, il semble avoir attiré la curiosité de certains lecteurs qui ont pris le temps de voir de quoi il en retournait… telle Lo qui me l’a conseillé dans le « Faites-moi lire de décembre.

Ce livre nous invite donc à réfléchir sur la mort et ce qu’elle représente pour nous. Si vous saviez combien de temps il vous restait à vivre, que feriez-vous ? Comment rempliriez-vous ce petit bout d’existence qu’il vous reste à parcourir ? Accepteriez-vous d’en perdre une minute ? Une heure ? Une journée… dans la contemplation passionnante des habitudes d’une coccinelle ou tout simplement de vous égarer dans vos pensées ?

Le ton employé par les auteurs évite complètement de tomber dans l’écueil du pathétique. L’humour est régulièrement instrumentalisé par le scénario qui touche à un thème plus que risqué. Les remerciements en début d’album nous y préparent, tel ce « A ma Maman et mon Papa, qui m’ont toujours laissé pousser, même de traviole » de Gilles LARHER. Beaucoup de dérision… il en faut bien pour faire passer la pilule et permettre à ce récit d’être … disons… si simplement pertinent.

Le décalage entre le comique de situation employé et la gravité du thème fonctionne à merveille, la mayonnaise prend rapidement : on s’attache au personnage, à son entourage, on adhère à ses principes… pourtant, je trouve que la lecture se fait par à-coups. L’épaisseur de l’ouvrage (250 pages environ) et le rythme de narration ont failli me décourager. Je n’ai pas cédé à l’envie régulière de lâcher ma lecture en cours de route ; la cause en est principalement la médiocrité de l’humour des spectacles de FOURRASTIER (des extraits de spectacles s’immiscent régulièrement dans le récit, servant de transitions entre les « tranches de vie »). En revanche, l’excellence de voir FOURRASTIER évoluer dans son monde et travailler à l’acceptation progressive de sa mort (il tente notamment de s’investir dans un soutien psychologique avec la belle Alexandra), fait largement oublier l’ennui des extraits de sketches de son spectacle. N’aurait-on pas pu y couper à ces sketches ??!!

Visiblement, Brice FOURRASTIER est un personnage purement fictif. Mais la justesse de certaines réflexions, la retranscription de cette lente acceptation de la mort, le flottement ou plutôt l’hésitation des personnages secondaires qui tâtonnent entre le besoin d’exprimer leur propre tristesse ou la nécessité de soutenir Brice dans cette douloureuse situation… tous ces éléments sont très crédibles. En revanche, je n’accroche pas au graphisme.

PictoOKVoilà bien une lecture qui m’a prise en traître car pendant un long moment, je ne pensais pas en arriver un jour au bout. Je l’ai curieusement regardé du coin de l’œil pendant un long moment… et puis l’émotion a fini par monter… l’air de rien… irrémédiable, inévitable.

La chronique de Lo.

Extraits :

(Pleurer) « Peut-être que pleurer comme un con au cinoche est une forme de soulagement… tandis que côtoyer le corps d’un ami n’en permet aucun » (L’Accablante apathie des dimanches à rosbif).

(Réflexion sur les femmes) « On passe nos vies, nous les hommes, à essayer de les comprendre, et on n’y arrive pas. On les côtoie de la naissance à la mort sans jamais cesser de passer à côté » (L’Accablante apathie des dimanches à rosbif).

« Je suppose que ça fait partie de la malédiction d’être humain, passé un certain âge : assister à l’enterrement des autres jusqu’à ce que d’autres assistent au sien » (L’Accablante apathie des dimanches à rosbif).

L’Accablante apathie des dimanches à rosbif

One Shot

Éditeur : Futuropolis

Dessinateur : Sébastien VASSANT

Scénariste : Gilles LARHER

Dépôt légal : janvier 2008

ISBN : 9782754801041

Bulles bulles bulles…

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L’Accablante Apathie des dimanches à rosbif – Lahrer – Vassant © Futuropolis – 2008

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12 commentaires sur « L’Accablante apathie des dimanches à rosbif (Lahrer & Vassant) »

  1. c’est marrant j’ai aussi eu bcp de mal à entrer dans la lecture je ne me rappelle plus des sketch de fourrastier mais visiblement ils te laissent sans un sourire ! 🙂 qu’est-ce que tu n’aimes pas dans le graphisme ?

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  2. Encore une fois, ravie que tu sois contente de cette lecture. Pour moi c’était dur mais très beau et poignant. La qualité du dessin ne m’a pas arrêtée. Par le trait il se dégage aussi une brutalité qui va avec le texte je trouve.

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  3. La qualité du dessin ne m’as pas arrêté non plus ! Un agréable moment de lecture de la vie sur la mort … !! Le poisson sur la couverture … je cherche encore sa signification … est-ce de par le fait qu’il termine sa vie dans l’eau … ? Il n’est pas mort alors, il s’est transformé, ré-incarné ?? Bon, j’ai un esprit tordu et qui fuse très loin à presque 5 heure du matin ^^

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    1. Bonjour Arsenul, et bienvenue ici.
      L’Accablante est un bon album, j’ai vu que tu étais passé sur kbd… tu as pu donc constater l’accueil que différents lecteurs ont réservé à cet album

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