Plus cool tu meurs (Robinson)

Plus cool tu meurs
Robinson © Rackham – 2009

Andy est un jeune quadra qui a tenté à plusieurs reprises d’arrêter de fumer, sans réussite. Cette fois, il accepte de faire confiance à Lynn, son épouse, et se rend dans un centre holistique. Il va y faire l’expérience d’une séance d’hypnose qui a pour prétention de parvenir à le soigner de sa dépendance. Sceptique, Andy se laisse pourtant faire et se retrouve parachuté quelques jours seulement avant sa première cigarette… Il a 15 ans et la maturité d’un homme de quarante ans.

Voilà une expérience de lecture intéressante et qui fait quelque peu écho en moi.

Les clins d’œil présents ça et là dans l’album (airs de musique, des affiches d’acteurs…) donnent un peu de relief aux décors. Le graphisme est très agréable. Détaillé, évocateur, il propose des planches savoureuses et originales. Les visuels laissent donc une bonne impression.

La question de l’addiction (au tabac) est abordée de manière ludique mais est vulgarisée. C’est trop simpliste ! C’est dommage car le personnage principal est intéressant, attachant et sa personnalité aurait permis de construire un récit plus pertinent. Le cumul d’éléments hypnose / addiction / passé circule bien, mais ça ne suffit pas. J’ai beaucoup de regrets à lister pour cette lecture. Andy a du mal à se remettre dans « l’ambiance » de ses années lycée (codes de conduite, franc-parler…). Volontaire ou non, il y a un décalage entre l’image que l’auteur montre des adolescents et la réalité (on reste dans le cliché). Et puis, sans aller jusqu’à tomber dans le larmoyant, le récit n’évite pas le pathos. Pavé de bonnes intentions, le personnage garde en tête qu’il ne doit pas trop changer le passé… il en profite tout de même pour lâcher quelque « je t’aime », « sois forte » et « si j’avais su »… C’est compréhensible (vous auriez l’occasion de revoir des personnes que vous avez perdues, vous feriez de même) mais pas toujours très convaincant.

Enfin, pour le thème en tant que tel, je suis assez sceptique sur la manière dont est traitée la question de l’addiction… Mon travail consistant à accompagner des personnes dépendantes dans leurs démarches de soins, je suis sensibilisée à cette question et aux difficultés qui y sont liées. Plus cool tu meurs m’a donné l’impression de faire un voyage dans le monde de Casimir. On pourra se réjouir que le personnage principal ait trouvé une solution qui lui convienne pour arrêter de fumer, mais la conclusion est hâtive. Si la Dépendance était aussi simple à traiter, les Centres de Soins n’auraient aucune raison d’être. Ce serait certainement une bonne nouvelle pour certains, malheureusement ce n’est pas le cas. Un album à ne pas confier à un lacanien j’en suis sûre ^^

Une lecture plutôt agréable, qui fait souvent sourire… mais l’ensemble reste peu plausible et le laïus lancinant « aime ton prochain » viennent gâcher la lecture. Je me suis consolée côté graphisme.

L’avis de bd-blogs.sud-ouest, un projet d’adaptation cinématographique, album lapidé sur Fluctuat dans un billet intitulé Plus niais tu meurs.

Plus Cool tu meurs

One Shot

Éditeur : Rackham

Dessinateur / Scénariste : Alex ROBINSON

Dépôt légal : septembre 2009

ISBN : 978-2-87827-126-3

Bulles bulles bulles…

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Plus cool tu meurs – Robinson © Rackham – 2009

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9 commentaires sur « Plus cool tu meurs (Robinson) »

  1. tu as déjà lu « de mal en pis » ou « derniers rappels » du même auteur ? je connais des gens qui n’ont pas adhéré mais personnellement j’avais bien adhéré à ces deux (gros) pavés. surtout « derniers rappels ». Après c’est très « fleuve » donc bon.. pas sûr que ca te plaise.

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  2. Oui, De Mal en pis n’était pas mal mais pas époustouflant. Alex Robinson avait de bonnes idées de mises en scènes mais je ne suis pas certain qu’il avait la matière pour tenir 600 planches. Perso, j’ai survolé la fin car ma lecture était un mélange d’ennui et de « je veux savoir la fin ». Mais ça donnait un point de vue intéressant sur le travail d’auteur de comics. Pas mal de clichés dans son oeuvre tout de même. Ton analyse et celle de Fluctua confirme un peu mes impressions.

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  3. Désolé mais non, là il n’y aura pas de chroniques. C’est beaucoup, beaucoup moins bon que De Mal en pis dont je n’avais déjà pas parlé à l’époque. J’avoue ne pas bien comprendre l’engouement qu’il y a autour de cet auteur… mais j’ai sans doute mauvais goût. Ta remarque me fait penser qu’il faudra peut-être un jour que je parle de ces albums qui ne m’ont pas plus… Tiens pourquoi pas un black-IDDBD ?

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  4. La quoi ??? Ah non, je ne touche plus à ces trucs là depuis longtemps désolé 🙂 J’ai surtout comme principe de ne pas noter mes chroniques, après c’est aussi une question de temps, je préfère chroniquer des albums qui me plaisent 🙂 mais pourquoi ne pas chercher la bébête parfois ?

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