Las Rosas (Pastor)

Las Rosas
Pastor © Actes Sud L’an 2 – 2010

Sud du Mexique. De nos jours.

Parce qu’elle deale et qu’elle se met en danger, Flecha – le shérif – décide d’emmener Rosa dans un coin tranquille dans le désert, en retrait de la ville. Ce coin, c’est une communauté gérée par Marisol, un lieu qui n’accueillent que des femmes, un lieu où il n’y a rien à faire, juste se mettre à l’abri de la violence des hommes. Mais l’arrivée de Rosa à Las Rosas coïncide avec le moment où Angel, le fils de Marisol, sort de prison après une longue détention. Du coup, Pedro (le père d’Angel) traîne dans les environs de Las Rosas pour voir son fils et provoquer leur ultime confrontation.

Flecha est sur les nerfs. Il multiplie les patrouilles à Las Rosas pour éviter le drame. La tension est à son paroxysme d’autant que personne ne sait où est passé Angel ni quand il fera apparition.

Comment se mettre le doigt dans l’œil en pensant qu’on va lire un bon comics ? En pensant comme moi qu’Anthony Pastor est un auteur américain. Ce qui n’est pas le cas. Il n’empêche, Las Rosas a une odeur de comics, de graphic novel dirais-je même en me la jouant un peu ; est-ce le noir & blanc, la manière de traiter le sujet ou la psychologie des personnages ? Un peu de tout cela je pense.

L’ambiance graphique nous transporte dans la chaleur écrasante d’un désert. Le climat est aride, les individus économisent leurs gestes et leur salive. Quant à nous, lecteur, on regarde farouchement ces cactus qui en imposent et mettent en garde, toutes épines dehors, ceux qui chercheraient à s’en prendre à eux.

Les personnages ensuite. Si justes, si humains tant ils sont paumés, si injustes tant ils se retranchent derrière leurs carapaces. Les personnages féminins sont touchants, crédibles et les quelques hommes qui gravitent autour de la communauté aident à la construction de cette intrigue. A commencer par Angel qui apparaît sur le tard mais son absence n’est qu’un leurre pour le lecteur ; en effet, il est présent dans l’esprit de chaque personnage et ce, dès le début de Las Rosas. Et même Rosa, qui ne le connait pas, en vient à l’attendre. En miroir, le lecteur se retrouve inconsciemment dans le même état d’esprit.

On ressent le poids du passé, celui des non-dits, le besoin de les balayer pour pouvoir aller de l’avant mais je reconnais que comme Rosa, j’ai eu envie d’en savoir plus. Et le fait qu’elle fouine pour obtenir des renseignements n’a pas été pour me déplaire. Quoiqu’il en soit, l’auteur a été attentif à soigner la psychologie de ses personnages, on s’enfonce dans ce thriller avec beaucoup de plaisir et on en ressort satisfait.

Au niveau du graphisme, le dessin va à l’essentiel. Pastor s’amuse avec les jeux d’ombre et de lumière, les trames sont apparentes et remplacent les jeux de hachures parfois agressives d’autres auteurs. La découpe des planches et la finesse des illustrations donnent des détails précieux sur les sentiments des personnages mais rien n’est surjoué. Le lecteur est légèrement décalé par rapport à ce qui se joue, gardant ainsi sa place d’observateur ; il eut ainsi s’imprégner des interactions humaines qui se créent dans cet huis-clos sans être pris à la gorge. On garde toujours suffisamment de recul pour apprécier ce qui se passe, ce qui n’empêche pas d’investir les personnages et de s’identifier à certains d’entre eux. Me concernant, ce fut à l’égard du Shérif que j’ai projeté ^^

PictoOKBelle découverte.

Anthony Pastor a peu publié. Son premier ouvrage, Ice Cream est sorti en 2006. Me semble être un bon angle d’attaque pour poursuivre sur la découverte de son univers d’auteur.

Les chroniques : La Soupe de l’Espace, Yvan, David, Clara et Guillaume Dumora (libraire : video).

Las Rosas

Challenge Petit Bac
Catégorie Végétal

One Shot

Éditeur : Actes Sud – L’An 2

Dessinateur / Scénariste : Anthony PASTOR

Dépôt légal : janvier 2010

ISBN : 978-2-7427-8720-3

Bulles bulles bulles…

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Las Rosas – Pastor © Actes Sud – L’An 2 – 2010

8 commentaires sur « Las Rosas (Pastor) »

    1. Pas si « à l’eau de rose » tout de même ! Je fais souvent rimer cette expression avec « gnan gnan » et cet album-là ne l’est pas ^^

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