Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Jonasson)

Chuuuttt… Je suis secrètement missionnée par les services secrets des organisations de bédéphiles pour espionner les instances littéraires de la haute blogosphère francophone ! Mais quelle ne fut pas ma surprise de constater que peu à peu, j’ai pris plaisir à ce travail effectué aux yeux et à la barbe de lecteurs crédules. Car avouez-le, vous étiez à mille lieues de penser qu’il était nécessaire de vous méfier d’une lectrice de miquets dans mon genre. Bref. Tout chancela le jour où je me suis surprise à offrir ce « Vieux » à ma belle-mère… livre que je n’avais même pas lu !! Et sur la bonne foi de quoi ?? De qui ?? Des lecteurs que je devais espionner !??

Force est de constater que les bédés m’ont habituée à vous côtoyer, à me familiariser avec vous, à prendre plaisir à vous lire et à en conclure que, non contents de m’influencer dans le choix des albums, vous êtes également parvenus à influencer une facette jusque-là non dévoilée de mon identité : celle de la lectrice littéraire.

Me voici donc une nouvelle fois (voir chronique de la semaine dernière) aux commandes de la rédaction d’une chronique littéraire.

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
Jonasson © Pocket – 2011

 » Franchement, qui a envie de fêter son centième anniversaire dans une maison de retraite en compagnie de vieux séniles, de l’adjoint au maire et de la presse locale ? Allan Karlsson, chaussé de ses plus belles charentaises, a donc décidé de prendre la tangente. Et, une chose en entraînant une autre, notre fringant centenaire se retrouve à trimballer une valise contenant 50 millions de couronnes dérobée – presque par inadvertance –à un membre de gang. S’engage une cavale arthritique qui le conduira à un vieux kleptomane, un vendeur de saucisses sur-diplômé et une éléphante prénommée Sonja… « 

(présentation officielle)

Ce road-movie décapant nous emmène donc dans la cavale hilarante d’un vieux centenaire polyglotte et qui, de surcroît, a oublié d’être sénile. Force est de constater que lorsqu’on parvient encore à « faire le mur » le jour de ses 100 ans, c’est que l’on a encore quelques tours dans son sac et une bien grande soif de sillonner les routes de Suède et de Navarre. Sur fond d’enquête policière, la découverte de ce surprenant personnage va nous conduire de surprise en surprise.

En 2005 tout d’abord, année durant laquelle l’épopée a lieu. Par un heureux (ou malheureux, tout dépend dans quel état d’esprit on se trouve)… par un heureux concours de circonstances donc, Allan Karlsson va être amené à faire la connaissance de non moins surprenants acolytes qui prendront la décision, pour des raisons qui leur sont très personnelles, de lui emboîter le pas. Les situations cocasses qu’ils rencontrent – et dont ils se dépêtrent avec humour et intelligence – vont donner du rythme à ce récit totalement déjanté.

Ensuite, je fus quelque peu surprise, dans un premier temps, de constater la présence d’un chapitre intitulé « 1905-1929 » où l’on va découvrir, en parallèle du récit principal, quel fut le parcours d’Allan de sa naissance à son 100ème anniversaire. Je me suis finalement résignée avec grand plaisir à la présence de ces flash-backs aussi fantasques que malicieux, une bien belle occasion de revisiter d’un œil amusé les moments historiques de l’Histoire mondiale. Flegmatique, inventif, doté d’une redoutable répartie et au demeurant fort sympathique, c’est avec cet énergumène que Jonas Jonasson parvient à nous tenir en haleine 500 pages durant. On ne comptera pas les retournements de situation ubuesques auxquels l’auteur recourt pour relancer son épique récit mais la tournure des événements colle si bien à la personnalité du héros que je n’ai pas tiqué l’ombre d’un instant durant ma lecture. L’étonnement a rapidement laissé la place à la satisfaction de découvrir toutes les cordes qu’Allan avait mises à son arc durant son siècle de vie. C’est finalement avec délectation que j’en suis venue à percevoir les odeurs de vodka ou autres breuvages alcoolisés qui font leur apparition tout au long du récit… et à pouffer de rire à une fréquence telle que la décence m’oblige à en taire l’énumération. Presque un siècle d’Histoire défile ainsi sous nos yeux. La patience et l’obstination d’Allan – à ne rallier aucune cause politique ou religieuse – priveront ses interlocuteurs de leurs meilleurs arguments… arguments qui avaient pourtant faits massivement leur preuve. Qu’ils s’appellent Franco, Staline, Truman, Mao (et j’en passe !!), rien ne convaincra Allan que la chose politique est digne d’intérêt.

Quant à certains voyous comme par exemple « un jeune dégingandé aux cheveux blonds longs et gras, à la barbe clairsemée et portant une veste en jean avec dans le dos l’inscription Never Again », lui aussi semble être à bouts d’arguments pour convaincre Allan d’obtempérer.

Je remercie tous les jeunes et les moins jeunes lecteurs qui, par le biais de leur critique littéraire, ont mis ce roman sur mon chemin. Bien évidemment, j’invite les autres jeunes et moins jeunes lecteurs qui n’auraient pas encore lu ce roman à se le procurer.

« J’ai une fois de plus la confirmation qu’il ne sert à rien de commencer sa journée en essayant d’imaginer ce qui va se passer » (Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire).

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Récit complet

Éditeur : Pocket

Collection : Romans étrangers

Auteur : Jonas JONASSON

Dépôt légal : 2011

ISBN / EAN : 9782266218528

16 commentaires sur « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Jonasson) »

    1. Aïe ! Prise la main dans le sac !! ^^ Mais c’est parce que j’ai bien aimé cet ouvrage que j’ai eu envie de rédiger une note de lecture ^^ Un roman déridant 😉

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  1. hé hé…je me disais exactement la même chose que Marie… (en fait, je me suis dis : « elle va le coller dans quelle catégorie du petit bac celui la? » 😉
    Une libraire m’en avais parlé cet été et j’avais hésité…alors je vais peut-être me laisser tenter 😉

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    1. Rhôôô ! Je n’ai pas osé te demandé si « vieux » pouvait être considéré comme une fonction (fonction sociale ?? ^^) 😛 Et puis en l’état actuel des choses, j’ai plus besoin d’une couleur ou d’un animal… alors cela ne faisait pas avancer mon affaire ^^

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      1. J’y pense maintenant, j’aurai pu le prendre comme « gros mot » 😉
        J’ai beaucoup aimé aussi, la lecture audio lui correspondait vraiment bien 😉

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        1. Je souris en te lisant et en repensant au second commentaire que je t’ai déposé tout à l’heure ^^
          Pour la lecture audio, je me fais doucement à l’idée de m’y mettre. Profiter des embouteillages et de certaines balades pour découvrir cela. J’ai encore besoin de temps mais ça chemine ^^

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  2. La littérature scandinave actuelle recelle quelques pépites qui valent vraiment le détour.
    Très beau billet, une fois de plus. J’espère qu’il inaugure (avec le précédent) une longue série de chroniques littéraires à venir^^

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    1. J’aime beaucoup la littérature scandinave. Je me suis régalée avec de nombreux romans de Paasilinna et je me rappelle avoir allègrement pioché, il y a quelques années, dans le rayon de la littérature scandinave de ma médiathèque. A l’époque, je n’avais pas de blog, j’ai oublié la majorité de ce que j’ai lu (c’est bien l’avantage du blog : se poser sur un écrit pour parler d’une lecture… rien de tel pour ancrer le récit dans la mémoire du lecteur !)

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    1. C’est vrai que cela fait un moment que je n’ai pas vu passer d’album chez toi. On fait ce qu’on peut avec le temps qu’on peut consacrer au blog 😉 Pas d’autres billets littéraires prévus chez moi pour le moment (pas de romans dont j’ai envie de parler en tout cas). Mais ce petit exercice d’écriture est fort sympathique en tout cas 😉

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  3. Je me suis régalée avec le livre audio. Certains passages sont vraiment drôles, cocasses et déroutants! C’est vrai que le récit est très alcoolisé, mais ce n’est pas le genre de détail qui me dérange. En revanche, j’ai un peu tiqué sur la fin, un peu énorme à mon goût mais dans le contexte… Pourquoi pas! 😉

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    1. Oui, la fin est un peu tirée par les cheveux mais bon… j’ai accepté sans sourciller. « Pourquoi pas » comme tu dis, ça colle bien avec le personnage principal en fait ^^

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