Paul à la pêche (Rabagliati)

Rabagliati © Editions de La Pastèque – 2006
Rabagliati © Editions de La Pastèque – 2006

L’été arrive et avec lui, les vacances. Paul et Lucie se font une joie de rejoindre Monique (la sœur de Lucie) et Clément, son conjoint. Ensemble, ils vont passer une semaine dans une pourvoirie. Clément est passionné par la pêche.

Dès leur arrivée, Paul et Lucie sont enchantés par le cadre idyllique. Ils vont habiter un petit chalet en bois qui donne directement sur le lac, la vue est imprenable ! Et puis, Lucie est enceinte et l’environnement est parfait pour prendre un peu de repos.

Entre passé et présent, Michel Rabagliati développe une nouvelle fois une belle chronique sociale, très humaine. Paul a une trentaine d’année et se prépare doucement aux joies de la paternité tout en se heurtant à la difficulté d’en avoir (le personnage de Lucie va connaitre deux fausses couches). De plus, l’auteur profite de cet opus pour aborder – par le biais des personnages de Monique et de Clément – le contexte socio-économique de Québec. Ainsi, il est question d’entraide avec la situation professionnelle de Monique qui intervient dans une association d’aide aux mères célibataires. Quant à Clément et son poste dans une grosse entreprise d’aéronautique, il sera question des nouvelles techniques de management dans les entreprises, de capitalisation… et logiquement de plans sociaux en vue d’atteindre d’ambitieux objectifs de rentabilité. La course au profit au détriment de l’humain.

Grâce au personnage de Paul, les témoignages de vie convergent vers le lecteur qui prend ainsi connaissance, par petites touches, d’une réalité sociale proche de la nôtre. A ceci près que le vocabulaire employé et la présence d’expressions typiquement québécoises dépaysent. Ce qui est plaisant dans la série « Paul », c’est cette manière de profiter de la vie et d’être au monde. Les coups durs, les accidents de la vie, les joies du quotidien et les petits plaisirs simples ne sont pas plus pas moins présents que dans la réalité. Paul a une saine conception des choses et sa tendance à prendre la vie du bon côté offre – à cet univers semi-fictif – l’opportunité de s’appuyer sur une ambiance douce, sereine. Le « héros » relativise assez rapidement en cas de difficulté et ne laisse jamais la situation lui échapper totalement ; pour autant, on ne le sent jamais lutter réellement sur un problème, excepté peut-être lorsqu’il s’agit de ses échéances professionnelles.

Le trait de Michel Rabagliati porte cette forme de nonchalance à merveille et contribue à rendre les personnages touchants, accessibles. Adepte de la ligne claire, Michel Rabagliati réalise une ambiance graphique dépourvue d’artifices superflus.

PictoOK« Paul à la pêche » est un album on ne plus agréable. Comme à son habitude, l’auteur y propose de nombreuses parenthèses durant lesquelles, par association d’idées, Paul se remémore le passé et nous fait profiter de quelques anecdotes quant à son parcours et/ou celui de ses proches.

La chronique de Sabine.

Paul

Tome 5 : Paul à la pêche

Série en cours

Editeur : La Pastèque

Dessinateur / Scénariste : Michel RABAGLIATI

Dépôt légal : septembre 2006

199 pages, 24,60 euros, ISBN : 978-2-922585-39-1

Bulles bulles bulles…

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Paul, tome 5 – Rabagliati © Editions de La Pastèque – 2006

8 commentaires sur « Paul à la pêche (Rabagliati) »

    1. J’ai pris la résolution de relire « Paul en appartement » car, jusqu’à présent, c’est le seul titre de la série qui ne m’a pas plu. Mais, j’ai découvert Paul avec cet album et je crois que l’idée que je me faisais du personnage était fausse à l’époque. Je voudrais donc vérifier deux ou trois choses maintenant que je suis familiarisée avec l’univers.
      En tout cas, j’ai maintenant le même plaisir à retrouver ce personnage, son environnement. Je savoure le fait que les choses se passent dans le calme, les allées et venues entre passé et présent, le fait de pouvoir accéder à ce quotidien tranquille…

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    1. Oui oui oui !!! D’ailleurs, je t’avais dit que je t’attendais pour lire celui-ci et puis… j’ai craqué en fait. Après « Fatherland », j’ai eu envie de quelque chose de plus léger tout en restant dans le noir et blanc. Alors Paul s’est imposé à moi, sitôt sorti de la PAL et sitôt dévoré 😳

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    1. J’ai hésité à en faire de même. Y’a pas mieux qu’un Paul pour retrouver le sourire, même si certains sujets sont parfois durs (« Paul à Québec » par exemple) !

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