La Saga de Grimr (Moreau)

Moreau © Guy Delcourt Productions – 2017

L’Islande. Une île qui vit au rythme de son volcan.
Eruptions. Tremblements de terre. Les habitants se plient à la terrible de loi de la nature.

Maudite Islande. Sublime Islande. Comment peux-tu être si belle ? Ce matin, je n’ai plus rien et toi, tu es plus belle que jamais. Cette beauté est insolente pour moi qui ai tout perdu. Ne pourrais-tu pas être laide ? Aussi laide que la douleur que j’ai à vivre. Tu es méprisante, égoïste. Arrogante… et moi, dans toute ma faiblesse, je succombe à ta beauté.

Un jour, dans cette immensité à perdre de vue, il y eu une éruption volcanique. Dès lors, Grimr fut orphelin.
Il a dû apprendre à se débrouiller seul jusqu’à ce que sa route croise celle de Vigmar. Vigmar le voleur, Vigmar le rusé… mais Vigmar intègre, fidèle à ses convictions. Vigmar qui est devenu un père de substitution. C’est sous son œil bienveillant que Grimr va grandir et apprendre à maitriser sa force surhumaine.

Grimr, ce fil tendu entre le début de ta vie et la fin de ton existence, c’est ton champ d’action. Après, c’est fini. S’il y a une chose d’immortelle en ce monde, s’il y a une chose qui reste après ton existence, Grimr, c’est ta réputation.

Grâce à Vigmar, Grimr va devenir ce jeune adulte courageux que l’on côtoie au fil des pages de l’album. Vigmar va lui apporter l’affection dont il avait besoin pour acquérir cette confiance qui l’aidera à affronter les épreuves. En échange, Grimr veille sur Vigmar ; il le protège. Ils s’entraident. Vigmar – l’homme rusé et instruit – apprend à Grimr à s’occuper de son corps, à maîtriser son incroyable force physique et donne à ce fils providentiel des nourritures plus spirituelles.

Et de loin en loin, Einnar, un poète qui souhaite écrire une nouvelle légende (une « saga » comme il est coutume de les appeler en Islande) s’en remet au hasard pour croiser la route de Grimr.

Si lorsque j’ai appris la publication de cet album, le nom de Jérémie Moreau m’a immédiatement donné envie de lire cet ouvrage… le visuel de couverture a eu quant à lui un effet « douche froide » … Car plutôt que d’imaginer aller me perdre dans les paysages somptueux que l’on voit en arrière plan, j’ai eu comme un mouvement de recul en voyant ce jeune homme déterminé qui est au premier plan.

Et puis, les premiers avis de lecteurs sont arrivés. Moka, Noukette, Alice, Sabine, Hélène, Joëlle, Enna, … Chaque chronique m’a permis de me rapprocher un peu plus de cette lecture, faisant grandir peu à peu l’envie de découvrir « La Saga de Grimr » à mon tour.

Et le voilà ce moment finalement tant attendu de la lecture. L’appréhension de me confronter à cette ambiance graphique est restée très présente même après plusieurs moments passés à feuilleter l’album. En cause ces teintes terreuses appuyées de touches verdâtres assez marquées qui, je trouve, assombrissent les planches. Un univers froid et austère malgré la présence de paysages à perte de vue. Pourtant, au contact de ce jeune homme au moral d’acier, on ne ressent ni la morsure du froid, ni la faim, ni la peur. Qu’il soit haut comme trois pommes ou dans la fleur de l’âge, on est attentif à ses moindres faits et gestes. Jérémie Moreau a créé un personnage mystérieux, peu bavard. Une force de la nature, un homme à l’état brut, à la fois spontané et farouche. Un récit que l’on prend tel qu’il vient, sans arrière-pensée ni second degré. Un livre qu’on ne peut effleurer. Un livre qui nous prend à bras le corps et dans lequel on entre tout entier, sans réfléchir. Un récit qui nous fait finalement ressentir cette épopée avec nos tripes et avec émotions.

Cette lecture est l’occasion de faire un voyage dépaysant, déroutant. Ce n’est pas le coup de cœur espéré mais un livre inoubliable.

La Saga de Grimr

One shot
Editeur : Delcourt
Dessinateur / Scénariste : Jérémie MOREAU
Dépôt légal : septembre 2017
232 pages, 25.50 euros, ISBN : 978-2-7560-8064-2

Bulles bulles bulles…

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La Saga de Grimr – Moreau © Guy Delcourt Productions – 2017

23 commentaires sur « La Saga de Grimr (Moreau) »

    1. Spéciale cette couverture oui ! Je trouve vraiment que le personnage se montre très antipathique ; pas le genre de personne avec qui j’ai envie de passer une heure… même si c’est le personnage d’un ouvrage

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    1. Pour moi, il y a eu les bonnes critiques des lecteurs et le fait que j’avais lu « Le Singe de Hartlepool » (l’album m’a marqué). Sans ces deux éléments, je ne suis pas certaine que j’aurais pris le temps de le lire (même s’il a eu un Fauve à Angoulême)

      Aimé par 1 personne

  1. Mince alors, j’étais certain de voir les deux pouces levés sur cet album ! Pas grave, je continue à en faire une de mes plus grosses priorité de 2018 😉

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    1. Je pensais aussi prendre une grosse claque en lisant l’album et j’ai limite été déçue de ne pas la sentir.
      Un bon album, indéniable… mais pas suffisant pour vibrer au point que j’en fasse un coup de coeur 😉

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    1. C’est vrai que c’est dommage de bloquer sur une couverture mais tout de même, je trouve que les premiers plats doivent avant tout donner l’envie d’ouvrir l’album. Là, la manière dont Grimr apparaît sous le titre me donne plutôt envie de fuir 😛

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  2. Ben moi y’a pas que la couve. Vraiment du mal avec le graphique. Pourtant je viens de lire le Singe de Hartlepool et j’ai pas eu de soucis visuel. Bon, vue la ligne +++ unanime des avis, faudra que j’y passe quand je le verrais à la bibli…

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    1. Ça m’a fait le même effet. A chaque fois que je feuilletais je me disais que ça n’avait pas l’air très engageant. Mais les chroniques des lecteurs m’avaient quand même convaincue que ça valait le coup de découvrir. Et puis je n’avais rien lu de Jérémie Moreau depuis « Le Singe… » et j’avais bien envie de voir ses dessins quelques années après son premier album. Et pour le coup, il y a des paysages à couper le souffle dans Grimr 😉

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  3. Il figure dans notre nouvelle commande du CDI… c’est vrai que la couverture a de quoi refroidir un peu! Mais ton avis me donne envie d’aller au-delà!

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    1. Je crois que si je n’avais pas lu « Le Singe de Hartlepool » et vu ce que Jérémie Moreau était capable de réaliser… je crois que je ne serais pas parvenue à aller au-delà de cette couverture austère 😉

      Aimé par 1 personne

    1. 😀
      Pas de souci ! La blogo des lecteurs est très prolifiques en articles et je sais bien que c’est compliqué d’être partout (à mon niveau, j’en suis à me battre pour parvenir à répondre aux commentaires qu’on me laisse dans un délai « correct » … cette semaine c’est plutôt « pas mal » pour une fois… ^^)

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