Chronosquad, tome 3 (Albertini & Panaccione)

Albertini – Panaccione © Guy Delcourt Productions – 2017

L’enquête de l’équipe des Chronosquad se poursuit.
Après le triste constat que les deux adolescents fugueurs sont sortis de l’Egypte des pharaons (voir tome 1), après quelques enquêtes parallèles aux ères paléolithique et précolombienne et une romance dans l’Italie à l’épique de Léonard de Vinci, les trois agents reprennent la piste des adolescents et, au passage, débusquent tout un réseau clandestin de tours opérateurs qui vantent les louanges de leurs séjours dans le temps mais, pour achalander le client, commettent des infractions, totalement étanchent à la législation qui encadre ces voyages temporels afin d’éviter que le cours de l’histoire ne soit impacté par la présence des touristes  du futur.

Bloch, Penn et Beylogu se fondent dans les époques pour retrouver les deux adolescents qui sont portés disparus. L’enquête piétine et pour cause ! Une succession d’événements ne cessent de les tirer vers de nouvelles pistes. Le tout est de savoir si toutes ces pièces font partie d’un seul et même puzzle.

J’étais sortie totalement emballée de ma lecture des deux premiers tomes. Une bonne accroche avec les personnages, un postulat de départ original et une trame narrative qui tient la route… Alors que cela faisait plusieurs années que je ne lisais plus de S.F., trouvant que le genre avait du mal à se renouveler, voilà enfin une série qui me remettait le pied à l’étrier (aidée en cela par la série « Infinity 8 » en cours chez Rue de Sèvres).

Giorgio Albertini se lance dans la bande dessinée après une carrière d’archéologue. On imagine donc à quelque point cet exercice peut être ludique pour un passionné d’Histoire comme lui. Il se glisse comme une anguille dans les différentes époques et ancre le « présent » des personnages principaux dans une période identique à la nôtre si ce n’est que les hommes ont débusqué la bonne formule qui permet les voyages dans le temps.

Au dessin, on sent aussi que Grégory Panaccione se régale d’autant qu’avec cette pagination conséquente, il a tout loisir d’installer ses ambiances, de prendre le temps de nous régaler de quelques passages sans texte montrant une fois encore (voir « Un océan d’amour ») son talent d’illustrateur, son aisance à explorer toutes les mimiques possibles de la trogne d’un personnage et à camper des décors qui nous clouent sur place.

A la fin du second tome, les rebondissements de « Chronosquad » allaient déjà bon train et il me semblait que tous les éléments étaient en place. En attaquant ce troisième (et avant-dernier tome de la série), je m’attendais donc disons « logiquement » à ce que quelques-uns de ces éléments trouvent leur dénouement. Il n’en est rien, au contraire. Les auteurs semblent avoir jeté toutes les cartes sur la table et s’amuser à les battre et à les mélanger à l’infini. Chaque nouvelle époque de l’Histoire apporte son lot de mystères et je me demande comment un seul et ultime tome permettra d’arriver au bout de toutes ces pistes narratives qui sont béantes. La seule qui me semble suivre son fil sans broncher, c’est ce regard critique sur nos sociétés et ce penchant qu’à l’espère humaine à corrompre tout ce qui est à sa portée ; l’appât du gain, la recherche d’adrénaline, l’envie d’avoir du pouvoir.

Pour tout dire, même si ce troisième tome ne nous laisse pas le temps de souffler et s’il nous permet de découvrir de nouvelles facettes du trio central ; la mystérieuse et charismatique Penn brise un peu sa carapace, Bloch gagne en assurance et se révèle être un personnage tout à fait fascinant (il n’est pas sans me rappeler les personnages maladroits qu’avait incarné Pierre Richard). Quant à Beylogu, il est constant ; loyal, bienveillant et un peu naïf, comme à la première page de la série.

Ce troisième tome me laisse perplexe. Je crois qu’il s’éparpille. Tous s’y agitent et les plus flegmatiques en perdent leur latin. Tout se brouille. Où va l’intrigue ? Que nous raconte-t-elle ? Comment les auteurs vont-ils parvenir à dénouer tous ces nœuds en un peu plus de 200 pages (comme les trois premiers tomes de « Chronosquad » ) ? Bref, ce tome m’a mise à bout de souffle. Je suis curieuse de découvrir le dernier tome prévu pour septembre 2017.

Chronosquad

Tome 3 : Poulet et Cervelle de Paon à la romaine
Tétralogie en cours
Editeur : Delcourt
Collection : Neopolis
Dessinateur : Grégory PANACCIONE
Scénariste : Giorgio ALBERTINI
Dépôt légal : mai 2017
232 pages, 25,50 euros, ISBN : 978-2-7560-7415-3

Bulles bulles bulles…

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Chronosquad, tome 3 – Albertini – Panaccione © Guy Delcourt Productions – 2017

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