The End (Zep)

Zep © Rue de Sèvres – 2018

Pyrénées espagnoles. 32 personnes meurent, décimées d’un coup, terrassées par un mal mystérieux, fauchées dans la vie sans aucun signe précurseur. Scientifiques et enquêteurs tentent de trouver une cause rationnelle à ce drame.
A la même période, Théodore rejoint l’équipe du Professeur Frawley, un inconditionnel des Doors qui étudie la flore. Pour ce dernier, les arbres communiquent entre eux. Parce qu’il a présenté les résultats de cette recherche à la communauté scientifique, il est passé pour un illuminé et mis sur la touche. Depuis, il cherche à corroborer sa théorie et poursuit ses explorations en Suède afin de démontrer que les arbres détiennent la mémoire de l’Histoire de la Terre. Théo est rapidement mis dans le bain des motivations du professeur et se rallie peu à peu à son point de vue.

Donc, lorsque vous approchez un arbre, approchez-le en ami ! Si vous venez en prédateur, il escamotera les informations dans les airs ou profondément sous la terre, par le réseau des racines. J’espère que vous avez bien compris ce point… car il est essentiel dans notre recherche.

Aidée de Théo, l’équipe du professeur va constater d’étranges phénomènes dans l’écosystème qu’ils vont chercher à comprendre.

Fable écologique sur ton de thriller ou récit d’anticipation ? Un peu des deux je crois.

Contrairement à l’avis que Zep exprime dans une interview relayée sur le site de l’éditeur, j’aime croire la fin de The End comme possible. Loin de moi l’envie de dévoiler le dénouement mais je trouve qu’il y a quelque chose de rassurant dans l’idée que la nature – par l’intermédiaire des arbres – a la possibilité d’intervenir en vue de réguler les déséquilibres causés par une espèce sur son environnement.

« Un jour, mon fils m’a raconté cette incroyable histoire des koudous du Transvaal, morts mystérieusement… On a mis très longtemps avant de comprendre que c’étaient les acacias qui avaient modifié leur tanin pour les assassiner parce qu’ils étaient devenus nuisibles. Cette anecdote, encore controversée, a déclenché les recherches sur l’intelligence des arbres dont on parle beaucoup aujourd’hui. J’ai imaginé cette histoire inquiétante d’un groupe de chercheurs qui observent la nature et qui vont se rendre compte que c’est la nature qui les observe… » (extrait de l’interview).

Bien que l’histoire et la théorie que l’auteur développe soient purement fictionnelles, il a pourtant effectué des recherches pour rendre crédibles ses dires et rencontré quelques spécialistes (botanistes) qui ont suivi son travail de création. Un scénario très abouti qui permet au lecteur de rentrer rapidement dans l’histoire. Une fois la lecture commencée, impossible de lâcher l’album en cours de route. Depuis 2013, Zep réalise des albums destinés à un autre lectorat que celui féru de Titeuf ; si j’avais bien apprécié Une histoire d’hommes lors de sa sortie en 2013, Un bruit étrange et beau m’avait quant à lui convaincue que l’univers de cet auteur était finalement assez loin de mon univers de lectrice.  The End est parvenu à me faire de nouveau changer d’avis sur les œuvres de cet artiste et je trouve qu’il y a là beaucoup de maturité dans la manière de construire l’intrigue et de nous emmener progressivement vers un dénouement qui – bien qu’attendu compte-tenu de la teneur des premières pages – parvient à nous surprendre très agréablement. Ce regard sur les agissements de l’Homme n’a rien de convenu et permet d’aborder les dérives

Le dessin est dans la même veine graphique que les deux autres albums que j’ai déjà cités. Une succession de planches bichromiques mais dans des teintes qui varient (bleu-gris, marron-jaune, vert-vert…) et qui viennent marquer de leur petite musique le rythme du récit.

Un album qui m’a permis de passer un moment agréable. Pas l’album de l’année certes mais une belle découverte tout de même.

Un ouvrage que j’ai sorti plus rapidement que prévu de ma PAL après avoir lu la chronique de Jacques. Une lecture commune avec Noukette et Antigone.

Je me joins aux bulleurs de la « BD de la semaine » pour ce rendez-vous hebdomadaire qui se pose aujourd’hui chez Moka.

The End

One shot
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur / Scénariste : ZEP
Dépôt légal : avril 2018
90 pages, 19 euros, ISBN : 978-2-36981-605-8
L’album sur Bookwitty

Bulles bulles bulles…

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The End – Zep © Rue de Sèvres – 2018

Auteur : Mo'

Chroniques BD sur https://chezmo.wordpress.com/

49 réflexions sur « The End (Zep) »

    1. Les albums « adultes » de Zep me font aussi cet effet de froideur quand je les feuillète. Mais une fois la lecture entamée, on parvient à s’appuyer sur eux très facilement et on investit plutôt bien les personnages 😉

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  1. J’avoue que j’aime beaucoup quand Zep se fait observateur de l’âme humaine, j’espère qu’il va continuer à explorer ce chemin là ! Merci pour la lecture MoChewie ! 🙂

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    1. Avec plaisir MaNouketteAdorée :mrgreen:
      Je suis curieuse de savoir quel sera son prochain sujet. Mais oui, bien tentée pour le lire également 🙂

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  2. Une belle découverte oui !! Mon fils (13 ans) a beaucoup aimé aussi, très surpris que cet album soit de la même plume que les titeufs qu’il connaît aussi. 😉 Un monsieur ZEP à suivre dans cette veine… Merci pour le partage de lecture !!!

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    1. Mon grand a presque le même âge que le tien (il a 12 ans le mien 😉 ) ! Je lui ai proposé de lire « The End » mais… il a fait la moue. Bon, il sait aussi où l’album est rangé. Il y viendra quand il se le sentira 🙂

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  3. A part quelques réflexions sur la solitude et le silence, j’avais trouvé « Un bruit étrange et beau » bourré d’incohérences, dégoulinant de bons sentiments et de philo à deux sous… Du coup, je n’ai même pas calculé ce nouvel album.

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    1. Je suis en tous points d’accord avec toi sur « Un bruit étrange et beau ». Je n’ai pas cru une seconde à ce moine, pas cru une seconde à cette histoire. En le refermant, je m’étais dit que c’était bien dommage parce que j’avais vraiment apprécié « Une histoire d’homme »
      Du coup, je pensais faire l’impasse sur cette sortie-là. Et puis contre toute attente, l’éditeur me l’a envoyé. J’ai fait la grimace d’autant que la couverture de « The End » me pique bien les yeux. Comme je l’explique rapidement dans ma chronique, Jacques en a parlé la semaine dernière et il l’a fait avec des arguments de poids. C’est cet avis-là qui m’a fait changer mon fusil d’épaule. Je ne regrette pas 😉 Tentes 😉

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  4. Mon commentaire n’apparaît pas…
    Le revoici donc: Je pense aussi que la Terre sait nous rappeler à l’ordre et se manifester face à nos agissements.
    Quant à l’album, malgré sa couverture que je n’aime pas et un brin clichée, voire réductrice (écolos = cheveux longs + sarouel), vos trois avis du jour m’encouragent à aller le découvrir.

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    1. Ah oui ! Enfin toi qui partage exactement la manière dont je perçois la couverture ! C’est vrai aussi que je n’en ai pas touché un mot dans mon article mais oui, après les couleurs qui sont pour moi un brin criardes, j’ai trouvé que pour un album ayant un tel sujet, l’accroche visuelle était très très cliché !

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  5. A emprunter en médiathèque peut-être… Mais ce ne sera pas une priorité car le scénario ne m’attire pas vraiment.

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    1. Si tu ne le sens pas, je crois que tu as tout intérêt à jeter ton dévolu sur d’autres titres ! Il y a tant à lire que ça ne vaut pas le coup de se forcer à rentrer dans un livre qui ne nous dit rien qui vaille 😉 😀

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    1. Je n’ai pas publié beaucoup (grosse pause qui a couvert fin mars et tout avril). Je reprends le fil depuis peu 😉
      Et, au passage, je me rends compte que je n’ai plus les notifications de tes articles. Je vais aller me réabonner aussi 😉

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        1. J’aimerais pouvoir m’abonner à ton blog via des notif par mail mais… c’est absolument impossible à faire chez toi ! On a peu de choix : Netvibes, les marques pages dynamiques ou Yahoo…
          … alors j’ai dépoussiéré Netvibes et on verra bien !

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  6. Pas fan de Titeuf, et pas plus que ça du graphisme en général des albums de Zep, je ne suis jamais allée plus loin. Mais celle-ci m’emballe un peu plus. Je l’ai entendu aussi à La grande librairie, intéressant, je la lirais sans doute.

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