La ville qui n’existait pas (Christin & Bilal)

Christin – Bilal © Les Humanoïdes Associés - 2001
Christin – Bilal © Les Humanoïdes Associés – 2001

Début des années 80 dans les Flandres. Une petite ville ouvrière vit une crise sans précédent. Les ouvriers manifestent contre le plan de restructuration de l’usine. La grève qu’ils ont engagée semble s’enliser et les syndicats restent prudents sur les garanties qu’ils pourront obtenir.

Paulo est un enfant d’une dizaine d’années. Il observe les événements sans en maitriser les tenants et les aboutissants. Ce qu’il voit sur le quotidien, c’est que les jours sans solde de son père obligent sa mère à travailler au noir pour assurer un minimum de rentrées d’argent.

C’est alors qu’on apprend la nouvelle du décès du PDG de l’usine. Compte-tenu de la mentalité des directeurs des différents pôles, l’entreprise familiale risque bien de péricliter. Mais le testament du vieux Hannard prévoit que ce soit sa petite fille qui reprenne les rennes de la société. Cette dernière est bien décidée à apporter quelques réformes…

Dernier récit de la trilogie des Légendes d’aujourd’hui, il a été publié en 1977. L’album dispose d’un scénario impeccable, les principaux protagonistes font progressivement leur apparition et au tiers de l’album environ, le lecteur a une vision complète de la situation. A l’instar des deux autres albums de la série (La croisière des oubliés et Le vaisseau de pierre), on évolue de nouveau dans l’huis-clos d’une petite bourgade rurale. Cependant, la trame fantastique n’est pas la même que les deux opus précédents ; nous sommes plutôt en présence d’une uchronie qui se construit autour d’éléments réalistes (ville ouvrière, scission entre le prolétariat et la classe dirigeante, chômage) et des concepts visionnaires. Pierre Christin réutilise des personnages déjà présents dans les deux premiers tomes. Ainsi, l’un d’eux pourrait bien être 50/22B que nous avons vu dans La croisière des oubliés et qui pourrait également être le jeune étranger qui s’était installé dans le village breton du Vaisseau de pierre. Je ne suis pas sûre d’avoir déjà fait ce lien par le passé et je n’aurai pas fait cette passerelle aussi facilement sans un échange que j’ai eu avec Lunch suite à sa chronique sur La croisière des oubliés. Quoiqu’il en soit, cet ouvrage offre un scénario très bien ficelé qui tient le lecteur de bout en bout.

Côté graphisme, les dessins d’Enki Bilal sont ici beaucoup plus maîtrisés que dans les précédents tomes. Le dessin gagne en précision, il s’est affiné. L’ambiance graphique n’écœure plus, on sent que le trait est moins gras ce qui offre beaucoup plus de fluidité aux visuels (mouvements, expressions…).

PictoOKDes trois histoires des Légendes d’aujourd’hui, La ville qui n’existait pas m’avait toujours laissé un bon souvenir. Cette lecture ne fait que confirmer ce ressenti, un très bon album que je vous invite à découvrir.

Les chroniques : Marion, Jeangs, Noosfere, Les mondes étranges.

Du côté des Challenges :

Petit Bac 2013 / Lieu : Ville

Tour du monde en 8 ans : Yougoslavie

Lieux imaginaires : dans la catégorie « Utopie » du Challenge

TourDuMonde PetitBac LieuxImaginaires

La ville qui n’existait pas

One shot / Troisième volet de la Série Légendes d’aujourd’hui

Editeur : Les Humanoïdes Associés

Dessinateur : Enki BILAL

Scénariste : Pierre CHRISTIN

Dépôt légal : novembre 2001

ISBN : 2-73161-186-3

Bulles bulles bulles…

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La ville qui n’existait pas – Christin – Bilal © Les Humanoïdes Associés – 2001

Auteur : Mo'

Chroniques BD sur https://chezmo.wordpress.com/

21 réflexions sur « La ville qui n’existait pas (Christin & Bilal) »

    1. J’ai relu les deux autres il y a peu et il n’y a pas à dire, celui-ci reste mon préféré de cette trilogie. Côté scénar, je trouve que les 3 récits se tiennent très bien (j’ai tout de même ma préférence pour celui-ci qui part moins sur des postulats tordus ^^) mais côté dessin, il y a une très nette progression. Je trouve l’ambiance graphique très agréable, pas aussi lourde que dans les deux tomes précédents.

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  1. J’ai retrouvé la croisière des oubliés chez mes parents ce week end en cherchant des Philemon (qui ont disparu purement et simplement et que je vais essayer de trouver à la bibli du coup). Je l’ai ramené à la maison mais je ne suis pas plus tenté que ça. M’est avis qu’il va rester un bout de temps dans ma pal, comme tant d’autres…

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    1. Oui ^^ On voit que côté couleurs, la BD n’est pas de première jeunesse ^^ Et puis le dessin est quand même lourd. J’ai comparé récemment Croisière des oubliés/Ville qui n’existait pas et j’ai eu l’impression que des années séparaient la réalisation de l’un et de l’autre alors qu’en fait, Bilal l’est a dessinées à deux ans d’intervalle. Quelle progression en si peu de temps
      Pour les Philémon, je me rappelle ce que tu m’avais dit concernant tes souvenirs de lecture. De plus, je ne sais pas si tu envisages de lire « Avant la lettre » en début de lecture ou pas. Quoiqu’il en soit, « Avant la lettre », « Le naufragé du A » j’ai aimé. Mais c’est vraiment à partir du « Piano sauvage » que j’ai plongé dans l’univers. A partir de cet album, les personnages sont vraiment installés et tout n’est plus que poésie et dépaysement 😉

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  2. C’est avec plaisir que je me replonge dans ces légendes d’aujourd’hui avec toi Mo’.
    J’ai hâte de reprendre ce 3ème opus à mon tour.

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    1. Je trouve que c’était une bien bonne idée que d’aller dans cette direction-là. Déjà, quand j’avais relu « Cœurs sanglants » il y a quelques mois, j’avais eu l’envie de reprendre les autres « vieux » Bilal. Et puis sorties et autres joyeusetés ont fait que je n’ai pas poursuivi. Là, je me sens hyper motivée pour me refaire les Phalanges et Partie de chasse… voire les Nikopol ! Vraiment, je me régale à constater que j’aime encore les albums de Bilal. Après les déceptions de ces dernières années (sauf Les fantômes du Louvre), j’avais une grosse appréhension à reprendre un de ses albums

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  3. Ah, et concernant le fameux « protagoniste », je ne suis pas certain qu’il s’agisse de celui du prélude de la Croisière (le fameux terroriste recherché)… dans la Croisière oui par contre, il en a tous les traits et il me semble logique qu’il soit celui qui réapparait dans le vaisseau de pierre.

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    1. Oui, certains de leurs albums sont « particuliers » je vais dire ^^ De mon côté, je ne garde pas un si bon souvenir que ça de Partie de chasse. Mais expliquer pourquoi, je ne peux pas. Ma dernière lecture date vraiment. Ça m’intéresse de m’y replonger pour voir si, les années faisant, l’accueil que je réserve à l’album a changé ou pas. Et si c’est toujours la même gêne, pouvoir mettre des mots m’intéressent plus qu’un vague ressenti

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