Un Zoo en Hiver et bio de Taniguchi

un Zoo en hiver
Taniguchi © Casterman – 2009

Kyoto, décembre 1966. Hamaguchi (pour ne pas dire Taniguchi) travaille dans une entreprise de textile. Solitaire, dévoué, il ne se plaît pas dans le poste qu’il occupe. Ses compétences ne sont pas reconnues, il se retrouve en situation de surveiller les déplacements et fréquentations de la fille de son patron… il envisage de quitter son travail.

Lors d’une visite à Tokyo, il retrouve son meilleur ami qui lui offre une occasion de faire un essai pour un poste d’assistant mangaka…


L’introduction est faite, Taniguchi se remémorre dans cet album ses premières années de mangaka et l’organisation dans les ateliers de mangakas. Un récit intimiste.

Cet auteur n’est plus à présenter, ses ouvrages occupent toujours une place de choix dans les bacs des libraires.

Un style personnel, un graphisme maîtrisé, des personnages très sensibles… mais aussi des thèmes de prédilection : le travail, les relations affectives, le rapport aux proches, la mort… Voici les ingrédients incontournables du maître mangaka.

Imaginer Taniguchi en situation d’apprentissage est un exercice de style qui n’est pas évident, tant ses albums sont toujours soignés. Dans cet album, Taniguchi nous confie à livre ouvert les appréhensions qui l’ont animées et qui l’animent encore : la difficulté de trouver un scénario, la difficulté de représenter au plus juste les sentiments des personnages de ses fictions, la peur de na pas satisfaire ses lecteurs… Et la peur, un jour, de ne plus pouvoir donner libre cours à sa passion : raconter des histoire.

On retrouve dans cet album un personnage assez solitaire (Le Journal de mon Père, Le Gourmet Solitaire…) mais ce qui reste incroyable chez Taniguchi, c’est que quelque soit l’œuvre ou le thème principal de l’ouvrage, l’auteur parvient toujours à s’adresser au lecteur de manière personnelle. Comme une petite conscience qui nous murmure des leçons de vie et nous force doucement à nous reprendre en main, à ne plus nous mentir.

Avec cet album très autobiographique, on retrouve du rythme et un récit construit. Un très bel album, intime, où l’auteur nous permet de le connaître un peu mieux, sans qu’à aucun moment ne naisse une sorte de curiosité malsaine.

Une difficulté à rentrer dans l’album… et puis d’un coup, on est pris par l’histoire. Cette BD ne fait pas, pour moi, partie des meilleurs titres de Taniguchi même si, comparé au Promeneur (sorti l’année dernière), on retrouve un récit plus rythmé et moins contemplatif. Je me languit du plaisir que j’ai eu à lire cet auteur sur d’autres séries comme Le Sommet des Dieux.

Un Zoo en Hiver

One Shot

Éditeur : Casterman

Collection : Écritures

Dessinateur / Scénariste : Jiro TANIGUCHI

Dépôt légal : Juin 2009

ISBN : 9782203020993

Bulles bulles bulles

De magnifiques paysages en extérieur, le plaisir de retrouver des décors enneigés que Taniguchi reproduit à merveille (allez voir Le Sommet des dieux et K si vous ne les avez pas lus).

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Un Zoo en Hiver – Taniguchi © Casterman – 2009

Et le petit plus : des planches des premiers mangas de Taniguchi sont insérées dans l’album.

Pour le plaisir d’en savoir un peu plus, voici une petite biographie que j’ai prise sur le net et qui reprend des points que Taniguchi aborde dans Un Zoo en Hiver.

Jirô Taniguchi est né le 12 Août 1947 à Tottori. A l’âge de 4-5 ans, il commence à dessiner en imitant le mangaka célèbre de l’époque : Osamu Tezuka, puis à partir du collège, il s’intéresse aux Gekiga (Mangas avec une histoire réaliste visant un public adulte). A son arrivée dans la vie active, il travaille quelques temps dans une compagnie mais comprenant rapidement que ce type de métier n’est pas pour lui, il laisse tomber. Il est alors embauché, à l’âge de 19 ans, comme assistant de l’auteur de BD Kyûta Ishikawa. Il travaillera pour lui pendant 6-7 ans tout en continuant de dessiner de son côté.
Il s’installe finalement à son compte au début des années 70 et démarre sa carrière avec Un Été Desséché. Cependant, ses histoires basées sur des animaux sauvages ne semblent pas emballer les foules et il lui faudra attendre 1975 et sa rencontre avec le scénariste Natsuo Sekikawa pour que sa carrière prennent un nouveau tournant, même si le succès ne sera pas au rendez-vous dès le début de leur collaboration. Ensemble, ils composent plusieurs manga de type Hard Boiled (genre assez violent dont les héros sont souvent des détectives privés, des tueurs à gages) comme Hotel Harbour View, Lindo 3, Trouble is my business dont certains ont été traduits en anglais chez Viz Comics. En 1986, ils décident de changer de style et de s’attaquer à un projet qu’avait Sekikawa de se replonger dans l’ère Meiji. C’est ainsi que se construira pendant plusieurs années la série en 5 tomes de Au temps de Botchan retraçant la vie d’auteurs célèbres de cette période dont, notamment, Natsume Soseki. En 1998, cette oeuvre remporte le Grand Prix aux Osamu Tezuka Award. A noter aussi que sa publication a commencé en 2002 en France aux éditions du Seuil.
En parallèle, Taniguchi travaille sur d’autres projets comme Kaze no Shô, Yagyu Jûbei avec le scénariste Kan Furuyama ou en solo sur Inu o Kau qui remporte en 1992 le 37ème Shogakukan Manga Award. En 1992, il commence la série de L’Homme qui marche, publié à un rythme étonnamment lent dans son pays d’origine. Par la suite, il va alterner mangas intimistes (Le Journal de mon Père, Quartier Lointain) et mangas d’action (Blanco). Depuis 2001, il travaille en collaboration avec Baku Yumemakura sur Kamigami no itadaki, une nouvelle aventure d’alpinisme. En 2003, Jirô Taniguchi a remporté 2 prix au Festival de la BD d’Angoulême pour son magnifique Quartier Lointain.
Parmi les auteurs qui l’ont marqué, il cite Osamu Tezuka, Mitsuyoshi Sonoda et Ike Miyoichi pour les Japonais et Crespin, Caza et surtout Moebius pour les occidentaux. Il collabora d’ailleurs avec ce dernier en 1997 sur la BD Icare publiée dans l’hebdomadaire japonnais Morning.

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11 commentaires sur « Un Zoo en Hiver et bio de Taniguchi »

  1. Bonjour, je découvre votre bar à bd et votre avis sur ce très bel album de Jirô Taniguchi. Pour ma part, j’ai fait connaissance avec l’auteur grâce à ce manga qui m’a enchanté de par sa lecture… Merci de l’avis que vous fa^tes sur votre blog et qui souligne bien mon avis positif. Je vous avoue alors que je vais vite me procurer les autres albums de l’auteur et les lire au plus vite !!!!! Bonne journée.

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  2. Article fort complet, dis donc! j’ai bien fait d’aller fouiner un peu. Autobiographique mais il y a quand même une belle histoire qui nous touche, tu as raison.

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  3. Je te rejoins sur Le sommet des dieux qui m’a scotchée (on avait froid avec le personnage, ah les montagnes, que c’était bien dessiné) alors que franchement, l’alpinism et moi… bof! Et j’ai dévoré les cinq tomes!

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    1. Merci à toi car c’est un vieux billet et j’essaye d’étoffer un peu plus le contenu maintenant. Taniguchi est un auteur très complet, il réussit tout ce qu’il touche ^^

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