Les Vieux Fourneaux, tome 4 (Lupano & Cauuet)

Lupano – Cauuet © Dargaud – 2017

Cet été-là, Antoine a accompagné Sophie durant toute la tournée du spectacle de marionnettes « Le Loup en slip » . Bien qu’Antoine ne soit pas parvenu à soutirer à Sophie des informations sur le père de Juliette (son arrière-petite-fille), il est tout de même ravi d’avoir passé du temps en famille… mais ses vieux os ne sont pas mécontents de retrouver un bon lit et les copains du bistrot du village. Par contre, pendant son absence, une espèce protégée a eu la mauvaise idée de venir s’installer dans le champ de Berthe. Et le champ de Berthe, c’est exactement l’endroit où Garan-Servier avait prévu de faire ses travaux pour agrandir son usine.
Alors voilà que les zadistes sont arrivés en renfort sur le site de Garan-Servier ! Et ce n’est pas les gens du coin qui vont s’en plaindre… Sauf peut-être Antoine qui voit d’un mauvais œil ce violent coup de frein à la reprise de l’activité économique de la région. « Moi j’ai fait ma véranda plein sud et… », « Pis c’est mon coin à champignons le bois de chez Berthe » , « sans compter que les nouveaux employés ne viendront pas à La Chope » … Autant de faux arguments qui chauffent suffisamment les oreilles d’Antoine pour que ce dernier décide d’aller s’expliquer avec les « rastaquouères » écolos.

Les vieux fourneaux, tome 4 – Lupano – Cauuet © Dargaud – 2017

Wilfrid Lupano passe au karcher des sujets d’actualité épineux et dont les médias font leurs choux gras. L’auteur décape, défrise, déride et décale ces questions de société à coup d’humour déjanté et un brin alcoolisé. Protection de l’environnement, migrants, délocalisation, relance économique, désert médical… et puis sans l’amouuuur, le tableau ne serait pas complet ! L’ambiance pourrait être électrique mais jamais ô grand jamais on se crispe ou on se lasse. C’est limpide, cinglant comme on aime et surtout, plein de bonne humeur. Parfaitement dans la continuité des tomes précédents, peut-être un poil plus affirmé, un scénario plus mordant et plus que jamais engagé. La qualité de chaque tome est réelle. Le scénariste est d’une lucidité aussi affutée qu’un couteau, fait fuser les répliques avec beaucoup de naturel. Les personnages sont plus vivants que jamais et on leur envie leur sens de la répartie. Il y a très peu de temps morts dans cet album mais on n’a pas l’impression d’être bombardé de rebondissements alambiqués qui seraient difficiles à répertorier. Bien au contraire, ces cinquante-quatre pages filent à la vitesse de la lumière et la fin de ce tome tombe comme un couperet et annonce un cinquième tome… que j’attends déjà avec impatience.

Les vieux fourneaux, tome 4 – Lupano – Cauuet © Dargaud – 2017

Paul Cauuet s’applique à dessiner ces silhouettes qui ne répondent à aucun des canons de la mode. Méticuleusement, il s’applique sur les rides et les bedaines, les cheveux hirsutes, les trognes improbables animées par des moues, des rictus, des bouches en cœur ou des grimaces de colère. Les illustrations nous réservent toujours une place de choix pour observer cette bande de sympathiques énergumènes se battre avec les aléas de la vie, se harpouiller et se serrer les coudes.

Ce quatrième tome est vraiment excellent. On retrouve le panache qui m’avait fait tant apprécier la série au premier tome. Une critique sociale loufoque que l’on a plaisir à lire et à relire.

Une belle lecture commune avec Sabine. Je vous laisse d’ailleurs avec les mots de Sabine qui sans nul doute en parlera mieux que moi.

Une lecture que nous partageons pour le rendez-vous de la « BD de la semaine » qui s’est posé [deuxième mercredi du mois oblige] chez Stephie !

Les Vieux Fourneaux

Tome 4 : La Magicienne
Série en cours
Editeur : Dargaud
Dessinateur : Paul CAUUET
Scénariste : Wilfrid LUPANO
Dépôt légal : novembre 2017
54 pages, 11.99 euros, ISBN : 978-2-5050-6542-5

Bulles bulles bulles…

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Les vieux fourneaux, tome 4 – Lupano – Cauuet © Dargaud – 2017

Le Loup en slip (Lupano & Cauuet & Itoïz)

Lupano – Itoïz – Cauuet © Dargaud – 2016

Au-dessus de la forêt vit le loup.
Un cri qui glace, un regard fou.
Dans la forêt, on le sait,
Ne laisse pas traîner
tes fesses quand le loup
descend pour manger.

Nous voilà mis en garde et pourtant… pourtant… impossible de résister à la tentation de tourner la page et d’entrer dans cette forêt. Le loup y rôde, croque d’un coup de dents les malheureux qui avaient pourtant risqué d’aller promener leurs fesses dans les chemins de traverse. Alors la faune s’organise. Solidaires, les animaux de la forêt se concertent, s’informent, s’équipent de pièges à loup, installent leur cabane sur les hautes branches, prennent des cours de self-défense… Qu’ils soient à plumes ou dotés d’une carapace, qu’ils volent, rampent ou courent à quatre pattes, tous ont peur. Mais la rumeur est pire que tout. Car de loup aux poils hirsutes et aux dents tranchantes, voilà bien une légende.

Le vrai loup de ce bois ne ressemble pas à ça.
Le vrai loup de ce bois pourrait même se balader en pyjama.
Mais rien de tout cela.
Car le vrai loup de ce bois…
… est en slip.
Un beau slip à rayures rouges et blanches.
Un slip confortable qui a changé sa vie.

Un album jeunesse drôle et pétillant réalisé par le duo Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, auquel se joint pour l’occasion l’illustratrice Mayana Itoïz. On y parle de peur, de très grande peur même mais quand celle-ci vient à être révélée à tous forcément… elle fait moins peur puisque désormais, on sait la nommer, on en connaît la raison. De fait, on se trouve un peu bête d’avoir eu une si grande peur mais surtout, d’avoir écouté la rumeur.

Frais, beau, plein d’humour, un petit album qui donne le sourire et fait réfléchir. Le petit lecteur commente, analyse, objecte, rit… et relit ma foi. C’est bien bon !

Le chroniques de Jérôme, Leiloona et Sabine.

Le loup en slip

Album / Récit complet
Editeur : Dargaud
Dessinateurs : Mayana ITOÏZ & Paul CAUUET
Scénariste : Wilfrid LUPANO
Dépôt légal : novembre 2016
36 pages, 9,99 euros, ISBN : 978-2-505-06720-7

Bulles bulles bulles…

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Le loup en slip – Lupano – Itoïz – Cauuet © Dargaud – 2016

Les Vieux Fourneaux, tome 3 (Lupano & Cauuet)

Lupano – Cauuet © Dargaud – 2015
Lupano – Cauuet © Dargaud – 2015

Antoine a repris son existence paisible dans le sud-ouest de la France. Pendant que Sophie – sa petite-fille – anime des spectacles de marionnettes dans la région, il garde Juliette (son arrière-petite-fille). Les soirées de papy-sitting sont animées d’autant plus qu’il les partage avec Mimile, son pote d’enfance qui a définitivement quitté la maison de retraite Meuricy.

Enfin, à Paris, Pierrot continue son combat avec le collectif « Ni Yeux ni Maître ». Sa dernière action sur la place publique lui vaut une garde-à-vue de quelques heures au Commissariat de Police. Au moment de sa sortie, il apprend que Mimile est tombé dans le coma. Il décide de se rendre illico au chevet du malade, dans le sud-ouest de la France.

Le trio de vieux baroudeurs est de nouveau reconstitué… pour le meilleur et pour le pire.

Autant dire que la sortie du troisième opus des « Vieux Fourneaux » était attendu de pieds fermes. La bonne humeur de la série y est pour beaucoup. Wilfrid Lupano scénarise son petit monde avec poigne et fait cohabiter des personnages au caractère bien trempé, chacun veillant au respect de ses valeurs et de ses opinions. Les désaccords donnent parfois lieu à de tonitruants conflits mais jamais ô grand jamais l’animosité ne s’enkyste dans les rapports des protagonistes. Deux générations se côtoient en permanence, celle des trois vieilles branches (Mimile, Pierrot et Antoine) et celle de Sophie. Un choc de culture dans lequel tout le monde trouve son compte, à la fois enrichissant et stimulant. Cette alchimie donne son rythme au récit et permet au lecteur de s’approprier l’histoire sitôt la lecture entamée. Ce troisième tome vient apporter de nouveaux détails à un univers que nous connaissons depuis deux albums. Et si le premier tome se consacrait en grande partie au parcours d’Antoine, si le second s’arrêtait plus longuement sur l’engagement militant de Pierrot, ce nouveau volume donne des clés de compréhension pour mieux cerner le mystérieux Mimile.

Au beau milieu de cette vieille testostérone d’un autre siècle, la jeune Sophie tire parfaitement son aiguille du jeu et parvient à se faire entendre… quitte à pousser la voix de temps en temps.

Au dessin, Paul Cauuet vient caresser une nouvelle fois de son crayon ces corps voûtés et ces crânes dégarnis. Les formes de Sophie contrastent dans ce microcosme de vieillards ; filiforme et tonique, elle donne une bouffée d’air et la perspective d’un avenir finalement assez doux pour ces trois hommes.

PictoOKSi vous ne l’avez pas déjà fait, cette série est à découvrir.

Le tome 1 et le tome 2 sont déjà présents sur ce blog.

Les chroniques de Sabine, Jérôme, Noukette, Yvan et Violette.

Extrait :

« Pfffiou ! Dis donc, parler à des flics, ça reste quand même le dernier grand vertige intellectuel. A nos âges, on devrait être dispensés » (Les Vieux Fourneaux, tome 3).

Les Vieux Fourneaux

Tome 3 : Celui qui part

Série en cours

Editeur : Dargaud

Dessinateur : Paul CAUUET

Scénariste : Wilfrid LUPANO

Dépôt légal : novembre 2015

ISBN : 978-2-5050-6352-0

Bulles bulles bulles…

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Les Vieux Fourneaux, tome 3 – Lupano – Cauuet © Dargaud – 2015

Les vieux Fourneaux, tome 2 (Lupano & Cauuet)

Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014
Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014

Et c’est reparti pour un tour avec le trio des vieux emmerdeurs que sont Mimile, Pierrot et Antoine. Ils ont quitté l’Italie de Ceux qui restent (voir chronique du tome 1) pour rentrer en France. Chacun a repris le fil de sa vie. Sophie a accouché d’une petite Juliette. Mimile est rentré à sa maison de retraite, Pierrot a repris ses activités militantes à « Ni Yeux ni maître » et Antoine a fait son deuil.

Ce nouvel opus démarre de façon fracassante puisque Pierrot reçoit un colis rempli de billets de banque. On imagine la déflagration que cela peut produire chez ce vieil anar’. Et comme le battement d’ailes d’un papillon a toujours des répercussions insoupçonnées, les deux autres s’agitent aussi dans leur coin. Antoine monte à Paris pour participer à une manifestation orchestrées par les vieux militants de « Ni Yeux ni Maître ». Il doit d’ailleurs retrouver Pierrot dans un rade parisien où il va contribuer, malgré lui, à un « attentat gériatrique »… (pour comprendre, vaut mieux lire l’album). Mais l’entrain de Pierrot a été stoppé net par l’arrivée du colis providentiel qui contenait une lettre signée « Ann Bonny »… le passé remonte de nouveau à la surface…

Complètement déjanté !

Voilà en deux mots ce que je pense de ce nouveau scénario concocté par Wilfrid Lupano. Loufoque et désopilant, le scénariste ne se refuse aucun délire et donne un grand coup de pied dans les clichés habituels. Les personnages se démènent pour soutenir des causes parfois absurdes pourtant, il y a un subtil fond de vérité qui permet au lecteur de ne jamais perdre le fil et d’investir des combats complètements insensés. Défrisante épopée menée tambours battants ; elle se nourrit de références surprenantes comme Skylanders® et de pirouettes narratives dont découlent d’improbables retournements de situations. On ne peut que se laisser surprendre et s’amuser de la tournure que prennent les choses. Cet enchaînement permanent d’événements fait le sel de cette série et le charme de ses personnages.

Ce second tome s’arrête un peu plus sur le personnage de Pierrot et nous permet de mieux comprendre l’état d’esprit du collectif des vieux anarchistes – « Ni Yeux Ni Maître » – qui ne se limite pas à une simple envie de semer la zizanie sur n’importe quel prétexte fallacieux.

Au programme de cette lecture, des rires, un peu d’émotions et beaucoup d’empathie. Comme dans le premier tome, le dessin sec et nerveux de Paul Cauuet porte parfaitement cet univers et son humour décapant. Surprise par le côté un peu rance des couleurs de la couverture, j’ai retrouvé le piquant qui m’avait fait accrocher au tome 1. Le fait que des sujets de sociétés soient présents « juste ce qu’il faut » permet de ne pas alourdir le propos ; le lecteur peut ainsi tricoter sa réflexion à sa guise. Sans papiers, société de consommation, environnement / écologie… autant de thèmes qui s’invitent pêle-mêle à la table des Vieux fourneaux.

PictoOKPictoOKCe que j’aime par-dessus tout dans ce récit, c’est l’impression que tout est possible, il suffit juste d’un peu de bonne volonté. Lupano ne s’encombre d’aucun tabou, il n’a aucun complexe et le résultat donne quelque chose de très optimiste. Même la cécité et l’incontinence peuvent être perçues comme des avantages… avouez qu’il fallait tout de même oser !

Sans compter les jeux de mots en tous genres du viager au « viajeune », de la colocation entre des individus appartenant à des générations très différentes et de cette solide amitié entre notre trio principal qui semble leur donner la force de repousser n’importe quelle montagne… Bref, si vous avez du mal à être de bonne humeur en ce moment, lisez Les Vieux Fourneaux… votre état devrait s’arranger !

LABEL LectureCommuneLecture commune faite en compagnie d’un duo de choc ! Je vous invite à lire les chroniques de Jérôme et de Noukette sur ce titre.

Une lecture que je partage également avec Mango :

Logo BD Mango Noir

Les Vieux Fourneaux

Tome 2 : Bonny and Pierrot

Série en cours

Editeur : Dargaud

Dessinateur : Paul CAUUET

Scénariste : Wilfrid LUPANO

Dépôt légal : octobre 2014

ISBN : 978-2-5050-6163-2

Bulles bulles bulles…

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Les Vieux Fourneaux, tome 2 – Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014

Les vieux fourneaux, tome 1 : Ceux qui restent (Lupano & Cauuet)

Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014
Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014

Fourneau : « (Populaire) (Désuet) Vagabond, mendiant (par métonymie : habitué au fourneau de charité) ; d’où misérable, bon à rien, naïf, imbécile. Fourneau, signifie crétin, imbécile. Quand on imprime dans les journaux que nos ministres et nos députés sont des fourneaux, ils ne sont pas, je pense, habitués des asiles de nuit. — (Charles Virmaître, Dictionnaire d’argot fin-de-siècle, 1894) » (source : Wiktionary).

Trois amis d’enfance se retrouvent pour un enterrement. Cela faisait des années que Pierrot, Mimile et Antoine ne s’étaient pas vus. Pourtant, ils se connaissent tellement bien que c’est comme s’ils s’étaient quittés la veille. Et puis, quand on est septuagénaire, on relativise un peu les choses. Ce sont donc eux « les vieux fourneaux ». Un trio de choc que Sophie – la petite-fille d’Antoine qui est enceinte de 7 mois – va rejoindre. Ensemble, ils vont vivre une escapade dépaysante. En chemin, on croisera entre autres le « Théâtre du Loup en slip », une vieille bagnole truffée de fientes d’oiseaux, un mouroir qui répond au doux nom de « Meuricy » et des « privette joque ».

Tout commence donc avec la mort de Lucette, la femme d’Antoine. Après plus d’un demi siècle de vie commune, elle quitte la scène en laissant une lettre à son Antoine… lettre qu’il va devoir aller chercher chez le notaire. Lui, le vieux syndicaliste, plus enclin à monter au créneau qu’à se pencher sur la paperasse ! Il va pourtant respecter les dernières volontés de sa femme. Les révélations qu’elle lui fait dans cette lettre posthume vont mettre le feu aux poudres et marquer le début d’une escapade complètement déjantée qui nous conduira en Toscane.

L’histoire nous propose un mélange passé-présent très sympathique, où une douce nostalgie vient narguer de façon espiègle l’esprit bravache affiché par ce trio de vieilles canailles. L’arthrite, la cécité, l’incontinence… rien ne les arrête. Ces flibustiers décrépits balayent leurs maux d’un rapide revers de la main et affichent un sens de la répartie certain.

A l’instar de Ma révérence, Wilfrid Lupano reprend les ingrédients narratifs qui tordent les clichés habituels qu’on peut avoir ; en l’occurrence ici, on retrouve le même plaisir qu’on avait eu en découvrant les retraités présents dans Les petits ruisseaux ou Fais péter les basses Bruno [trop peu d’albums proposent ce genre de personnages, autant y faire référence].

Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014
Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014

Le scénario ne manque pas de nous surprendre. On se retrouve à bord d’un vieux combi rouge en route vers la Toscane afin d’empêcher un acte improbable. De scènes cocasses en situations extravagantes, le récit nous installe aux côtés de personnages au caractère bien trempé. Difficile de retenir quelques éclats de rire tant on est pris au dépourvu par certaines réactions. Pour ne rien gâcher, le rythme du récit est enlevé et les quelques respirations qui nous sont accordées sont dues à des souvenirs que ces vieux ressassent et dont ils parlent avec un plaisir non dissimulé. On en vient à naviguer entre plusieurs ambiances graphiques ;  le noir et blanc est retenu pour l’enfance, la couleur marque le présent tandis que des tons sépia viendront plutôt compléter la période intermédiaire. Et je trouve qu’il est de bon ton d’avoir ainsi fait référence à cette habitude qu’ont les seniors de regarder sans cesse dans le rétroviseur ; d’autant qu’ici, avec sept décennies d’amitié, il y a réellement matière ! Les dialogues sont très imagés et donnent davantage de relief aux différentes personnalités. Le scénariste puise pour beaucoup dans le vocabulaire argotique ; il n’est pas une page qui passe sans que l’on profite d’une expression fleurie et d’une métaphore explicite. Cela accroît le charme de ces vieux.

Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014
Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014

Le dessin de Paul Cauuet ne cherche pas à épargner les protagonistes. Nerveux, fluide, il illustre de façon amusée les ventres bedonnants qu’un pantalon recouvre jusqu’au-dessus du nombril. Avec générosité, il s’arrête sur de larges sourires édentés, griffe avec humour les trognes parfois renfrognées de ces papis à qui on ne la raconte plus depuis longtemps. Et cette jeune femme – embarquée un peu malgré elle dans cette escapade – vient apporter un supplément de fraicheur à cette troupe atypique ; la rondeur de son ventre fécond ne sera en aucun cas un frein au projet déjanté des anciens. Quoiqu’il en soit, ces rides, ces nez poilus, tous ces petits défauts inesthétiques sont ici travaillés avec beaucoup de tendresse par l’auteur. Habitué au registre fantastique et totalement fictif, Paul Cauuet illustre pour la première fois un univers réaliste… et c’est une réussite.

PictoOKPictoOK Une comédie sociale déjantée.

Le premier tome des Vieux fourneaux nous apporte une histoire complète (présentation des personnages, intrigue et dénouement). On embarque facilement dans ce road-trip prenant dont le second tome est déjà annoncé pour la rentrée (octobre 2014) ! Cette série originale s’annonce prometteuse.

Les chroniques de Jérôme, Noukette, Pierre Darracq, Moka et la pétillante dame du Petit Carré Jaune ! Sans compter la très belle synthèse de kbd (regroupant les avis de Lunch, Yvan, Badelel et Legof).

Du côté des challenges :

Roaarrr Challenge : Prix des libraires 2014 et Prix du Public Cultura (Angoulême 2015)

Roaarrr Challenge
Roaarrr Challenge

Les vieux fourneaux

Tome 1 : Ceux qui restent

Série en cours

Editeur : Dargaud

Dessinateur : Paul CAUUET

Scénariste : Wilfrid LUPANO

Dépôt légal : avril 2014

ISBN : 978-2-5050-1993-0

Bulles bulles bulles…

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Les vieux fourneaux, tome 1 – Lupano – Cauuet © Dargaud – 2014