Pas de deux (Cuveele & Dawid)

Cuveele – Dawid © Editions de la Gouttière – 2018

La pépite était attendue.

Delphine Cuveele raconte une nouvelle histoire de Luce.

Dawid la met en dessins.

Il y a cinq ans, Luce perdait sa grand-mère. La belle métaphore du papillon de Passe-Passe accompagnait le jeune lecteur dans le récit de ce deuil. Tout en douceur.

Un an plus tard, avec Dessus Dessous, on partait à la rencontre d’un habitant indésirable du jardin familial. Une petite taupe allait ainsi donner du fil à retordre à Luce et à son petit frère.

Pas de deux est l’histoire d’une amitié qui naît. Elle commence le jour où Taali rejoint la classe de Luce en cours d’année scolaire. Taali n’a pas d’amis, il vient de s’installer dans le village avec sa famille. Il est un peu impressionné. Sa première journée d’école se termine lorsque, sur le trajet du retour, il s’aperçoit qu’il prend la même direction que Luce. Les enfants s’observent de loin, en silence. Personne n’ose faire le premier pas. Jusqu’à ce qu’une souris verte détalle sur la route. Ni une ni deux, Taali se lance à sa poursuite, très vite suivi par Luce. C’est à celui qui attrapera la petite souris verte en premier !

La fraicheur de cette aventure doublée des dessins chaleureux et sublimes de Dawid nous font replonger en enfance. Quant au jeune lecteur, il profite pleinement de cet album muet sur lequel il peut poser ses propres mots et ainsi s’approprier tant l’histoire que sa morale.

Un album qui nous montre qu’on a tout à y gagner à faire un pas de côté pour aller à la rencontre de l’autre et l’accepter dans sa différence.

Pas de deux

Récit complet
Editeur : La Gouttière
Dessinateur : DAWID
Scénariste : Delphine CUVEELE
Dépôt légal : avril 2018
40 pages, 10.70 euros, ISBN : 979-10-92111-75-0
L’album sur Bookwitty

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Pas de deux – Cuveele – Dawid © Editions de la Gouttière – 2018

SuperS, tome 3 (Maupomé & Dawid)

Maupomé – Dawid © La Gouttière – 2017

Les policiers continuent de piétiner dans leur enquête. Mais qui sont donc ces trois supers-héros qui viennent au secours de la veuve et de l’orphelin. D’autant que ces mystérieux alliés leurs ont livré, sur un plateau, un pyromane qui sévissait depuis quelques temps dans la ville. Sauf que lors de son interrogatoire, le pyromane a donné de précieux renseignements sur le profil de des trois super-héros qui l’ont pris la main dans le sac : il s’agit d’enfants.
Autour de Benji, Lili et Mat, l’étau se resserre. Vont-ils parvenir à garder l’anonymat ? Et l’enquête de l’assistante sociale ne va-t-elle pas conduire au fait qu’ils vont être placés ? Y a-t-il une autre solution qu la fuite ?
Dans leur cavale, ils vont pourtant trouver des alliés inattendus.

L’année 2015 était pour nous l’occasion de découvrir le premier tome de la série Supers. L’intrigue principale s’intéresse à trois enfants orphelins puis, en tournant les pages, on apprend qu’ils sont nés sur une autre planète. Un peu comme Superman, leurs parents les ont mis à l’abri sur notre planète et ils ont des super-pouvoirs ; ils peuvent voler, hypnotiser, porter des charges très lourdes… C’est leur secret et il est parfois lourd à porter. La journée, ils vont à l’école comme les autres enfants. Une fois chez eux, c’est Mat, le grand frère âgé de 13 ans, qui s’assure que les devoirs sont faits et que personne ne se couche trop tard. Mat veille au grain et est secondé par Al. Ce dernier est une nounou un peu particulière puisque c’est un robot qui les aide à grandir, à s’organiser, à entretenir la maison…

Le scénario imaginé par Frédéric Maupomé se construit donc autour de ces trois orphelins. Chaque tome nous permet de rentrer un peu plus dans le vif du sujet et de prendre conscience, en douceur, du fait que ce n’est pas toujours simple de vivre sans adulte. Bien sûr, pour l’enfant qui lit la série, il y a quelque chose de fascinant dans le postulat de départ. Il voit des enfants complètement autonomes. Leur situation a quelque chose de fantaisiste, de bricolé, un peu comme ces raviolis qui composent l’essentiel de leur alimentation.

Ces enfants imaginaires ont aussi beaucoup de point commun avec leurs lecteurs. Pour bien grandir et s’intégrer, ils font exactement la même chose : ils vont à l’école et font leurs devoirs, ils se couchent tôt, ils doivent respecter des règles, ils ont des amis. Petite touche de réalité supplémentaire : les relations entre les trois enfants sont plutôt bonnes malgré quelques désaccords ponctuels… des rivalités et des petites tensions qu’on retrouve dans toutes les fratries. Bien sûr, ce qui nous en met plein les yeux est à n’en pas douter le fait que les trois héros aient des pouvoirs surnaturels. De fait, on baigne entre un quotidien qui nous est familier et le monde des supers-héros où des gens seraient capables de voler ! Et c’est encore plus fascinant quand les super-pouvoirs sont utilisés pour faire le bien !

Tout est sans cesse sur un fil dans le scénario et cela donne l’impression que cette histoire est une aventure permanente, où chaque jour passé est une petite victoire en soi. Le jour, Mat (l’aîné) s’assure que le secret est bien gardé et la nuit, il prend la tête des opérations quand les enfants partent détrousser les délinquants, voleurs et autres tordus qui peuvent circuler en liberté.

Depuis le début, la série nous emmène dans son rythme d’autant que les illustrations de Dawid sont un petit voyage à elles seules. Des couleurs chaudes qu’il utilise pour certaines scènes aux teintes plus sombres qui nous font ressentir le froid mordant des nuits d’hiver, on est aux premières loges à chaque instant. Le dessin vit, les personnages s’animent sous nos yeux. Dans cet univers hyper réaliste, on se met à croire à quelque chose d’incroyable.

Un régal. A ce stade de la série, ce tome est plus posé et plus sombre que les autres. C’est aussi mon préféré. On est entré au cœur de cette famille atypique et passé le côté fascinant que peut avoir leur vie, on rentre dans le vif du sujet et on se rend compte que tout n’est pas si simple qu’il n’y paraît. J’aime beaucoup les questions soulevées par cette histoire.

Ma chronique du tome 1 et celle du tome 2.

SuperS

Tome 3 : Home Sweet Home
Série en cours
Editeur : La Gouttière
Dessinateur : DAWID
Scénariste : Frédéric MAUPOME
Dépôt légal : août 2017
112 pages, 18 euros, ISBN : 979-10-92111-53-8

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

SuperS, tome 3 – Maupomé – Dawid © La Gouttière – 2017

Supers, tome 2 (Maupomé & Dawid)

Maupomé – Dawid © Editions de La Gouttière – 2016
Maupomé – Dawid © Editions de La Gouttière – 2016

A la fin du premier tome de « Supers », nous avions laissé la jeune fratrie en bonne posture. L’installation dans leur nouvelle maison était en bonne voie, les années scolaires de chacun des trois enfants plutôt bien engagée si ce n’est pour Mat, l’aîné, un peu inquiet de toutes ces responsabilités qui lui incombent. D’autant que Lili, sa cadette, ne lui facilite pas la tâche en faisant la forte tête à l’école. Quant au benjamin, Benji, il s’agit de faire face aux questions qu’il peut avoir concernant leurs parents et de l’aider à trouver des repères suffisamment solides pour qu’il puisse s’épanouir sur cette nouvelle planète… la Terre.

Pas évident, d’autant qu’un pyromane sévit dans leur ville. La fratrie, dotée de supers-pouvoirs, décide de venir en aide à la population.

Frédéric Maupomé imagine un scénario improbable où une fratrie d’enfants serait livrée à elle-même… ou presque. Ayant été contraint de fuir leur planète natale, ils se retrouvent parachutés sur Terre. En guise de tuteur, un robot-nurse s’active à la maison 24 heures sur 24, gère l’intendance de la maison et fait office de fonction parentale. On adhère au postulat de départ même s’il interpelle ; ce n’est pas commun de devoir grandir loin de ses parents. L’histoire suit le quotidien de ces trois enfants hors du commun puisqu’ils sont dotés de pouvoirs : ils volent, on une force surhumaine, peuvent modifier leur apparence… et il n’est pas dit que les tomes à venir ne nous réservent pas d’autres surprises. Pour rythmer le récit, une alternance entre les temps scolaires et les interventions nocturnes destinées à rétablir l’ordre. En effet, ils vont mettre leur super-pouvoirs au service du bien en luttant contre la criminalité. C’est bien vu et cela donne une autre vision du super-héros qui bafouille, n’arrive pas à ses fins dès le premier essai, se pose des questions sur le modus-operandi est excité à l’idée d’agir, s’amuse ou a peur. Le cheminement des personnages est parfaitement accessible à aux jeunes lecteurs qui se laissent prendre par l’histoire. Les personnages sont sympathiques et le travail d’illustration de Dawid tend à créer un univers accueillant et chaleureux. Le dessin est agréable et bourré de détails et les couleurs chaudes rehaussent l’ensemble.

PictoOKOn attend le troisième tome…

Supers

Tome 2 : Héros

Série en cours

Editeur : Editions de la Gouttière

Dessinateur : DAWID

Scénariste : Frédéric MAUPOME

Dépôt légal : août 2016

112 pages, 18 euros, ISBN : 979-10-92111-38-5

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Supers, tome 2 – Maupomé – Dawid © Editions de La Gouttière – 2016

Philippine Lomar, tome 1 (Zay & Blondin)

Zay – Blondin © Editions de la Gouttière – 2016
Zay – Blondin © Editions de la Gouttière – 2016

Philippe Lomar est une collégienne. Cette gamine futée veut devenir détective et elle n’a pas attendu l’âge de raison pour le faire.

« Mon nom c’est Lomar, Philippine Lomar. J’ai treize ans et demi.
Ce que je veux faire plus tard, je le fais déjà : je suis détective privée.
J’écrabouille les embrouilles, et il vaut mieux s’offrir mes services que de subir mes sévices, parce que si je vous prends en grippe, vous n’avez pas fini de vous moucher.
Cette fois, l’affaire à laquelle j’étais confrontée sentait vraiment mauvais, une histoire de racket et le racket a une odeur, une sale odeur de terreur. Les frappes qui voulaient extorquer de l’argent à ma jeune cliente avaient même essayé de m’intimider, les boulets ! Mais ils venaient de faire une grave erreur : ils m’avaient énervée… »

(extrait de la fiche éditeur).

Contactée par la jeune Swong, Philippine décide de venir en aide à la jeune victime. Pour comprendre à qui elle a à faire et quelles sont leurs motivations, Philippine sollicite ses amis Mok et Gégé.

Malice au pays des magouilles – Zay © Editions Magnard – 1999
Malice au pays des magouilles – Zay © Editions Magnard – 1999

Avec Dominique Zay aux commandes du scénario, il fallait s’attendre à ce que l’intrigue ait de la gueule et du panache. Cet auteur qui a déjà fait ses preuves dans le domaine du roman policier jeunesse (voir sa bibliographie sur son site) et Philippine Lomar n’est pas née de la dernière pluie. La preuve en est puisque Philippine Lomar a fait sa première apparition en 1999 dans un roman jeunesse intitulé « Malice au Pays des Magouilles » (Editions Magnard). Sitôt l’album ouvert, on rentre dans le vif du sujet ; l’action bat son plein, Philippine est en fâcheuse posture, on ne connaît ni les tenants et les aboutissants… mais le peu d’éléments dont on dispose nous donne la conviction que cet album va être dévoré d’une traite. Passées ces quelques pages où les échanges fusent alors que Philippine tente de se dégager de l’étreinte qui la paralyse, on revient quelques jours en arrière et l’on s’installe dans l’ambiance. Jeune lecteur captivé interpelle ponctuellement parent lecteur pour des explications de termes présents à divers moments de la lecture… ni trop ni trop peu, ça passe d’autant que c’est l’occasion d’assimiler quelques mots de vocabulaire supplémentaire. Quant à la répartie de Philippine, c’est l’occasion de se frotter les mains car ils ne sont pas fréquents les ouvrages jeunesse qui emploient quelques noms d’oiseaux [sans vulgarité] et des répliques bien placées. Les quarante-huit pages de l’album nous font vivre une enquête rythmée qui a le mérite de s’attaquer à une situation vécue par de trop nombreux élèves : le racket.

Greg Blondin s’est quant à lui attaqué à l’ambiance graphique. Les illustrations installent facilement le rythme et les personnages, on comprend de suite que l’héroïne est une redoutable enquêtrice mais on perçoit en même temps qu’elle ne se prend pas au sérieux et ne manque pas d’humour. Les couleurs de Dawid rehaussent l’ensemble.

PictoOKUn bon tome de lancement pour ce polar jeunesse. Une série à suivre !

Philippine Lomar

Tome 1 : Scélérats qui rackettent

Série en cours

Editeur : La Gouttière

Dessinateur : Greg BLONDIN

Scénariste : Dominique ZAY

Dépôt légal : juin 2016

48 pages, 12,70 euros, ISBN : 979-10-92111-36-1

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Philippine Lomar, tome 1 – Zay – Blondin © Editions de la Gouttière – 2016

Supers, tome 1 (Maupomé & Dawid)

Maupomé – Dawid © Editions de La Gouttière – 2015
Maupomé – Dawid © Editions de La Gouttière – 2015

Mat, Lili et Benji font leur rentrée dans un nouvel établissement scolaire. Ce changement va de pair avec leur installation dans le quartier. Ils vivent seuls, sans parents, avec un robot pour tuteur. Ils ont ceci de particulier qu’ils viennent d’une autre planète et qu’ils sont dotés de supers pouvoirs. Cela facilitera-t-il leur intégration pour autant ? Cela soulage-t-il leur quotidien ?

En cette rentrée scolaire, le scénario proposé par Frédéric Maupomé nous parle… de rentrée scolaire et d’intégration. De nouvelles habitudes sont à prendre, de nouvelles amitiés ne demandent qu’à éclore. Les trois enfants vont devoir s’intégrer et se serrer les coudes en cas de difficultés. Le scénario traite avec naturel deux facettes d’une même réalité. D’un côté, la souffrance de ces enfants orphelins privés de l’amour et de la présence de leurs parents. De l’autre, la chaleur bienveillante qui les unit et qui les aide à se construire dans le quotidien. Ils devront faire preuve de bon sens et trouver eux-mêmes les mots pour exprimer ce qui leur semble juste. Je regrette seulement la présence de discours un peu trop convenus à mon goût ; il m’a semblé que le scénariste simplifiait les choses de manière précipitée. Mais rappelons aussi que cet album s’adresse à des enfants et finalement, le discours simple et explicite des personnages est parfaitement compris… et c’est bien là l’essentiel.

La situation de ces enfants ne manque pas d’interpeller le jeune lecteur qui questionne généreusement l’absence d’adultes dans leur vie et donnant l’impression qu’ils sont livrés à eux-mêmes. La fascination pour ces jeunes héros ne vient pas tant de leurs supers-pouvoirs qui – « logiquement » – s’expliquent par le fait qu’ils sont nés sur une autre planète. Par contre, bien que ce soit une fiction, il y a quelque chose de cruel qui prend le petit lecteur à la gorge : l’absence de parents pour panser les souffrances, pour anticiper les projets, pour aider à résoudre les petits soucis du quotidien… l’idée-même que des enfants soient obligés d’assumer des responsabilités qui ne leurs sont généralement pas dévolues. Je me suis rendue compte que l’histoire peut perturber et ce n’est pas tant la situation décrite qui crée l’incompréhension (des enfants orphelins) mais ce qui a pu se passer avant qu’ils n’arrivent sur Terre et leur devenir. La question du déracinement est très présente. Pourquoi leurs parents les ont-ils envoyés sur une autre planète ? Ils n’ont pas de grands-parents ? Ils ne verront plus leurs anciens amis ? Pourront-ils rentrer chez eux ?…

Au dessin, nous profitons une nouvelle fois du travail de Dawid (Passe-Passe, Dessus Dessous, Gaspard et le Phylactère magique…) qui donne une douceur bénéfique à l’univers. Les couleurs chaudes portent le lecteur durant sa découverte et bercent sa lecture d’une petite pointe de poésie rassurante. Des petits détails graphiques fourmillent dans les pages, une boule de papier qui traîne à même le sol donne l’impression que ce monde est vivant, une plaque indiquant « Ecole Flavie de Souzy » fait sourire celui qui s’intéresse un tant soit peu aux petites mains qui œuvrent dans l’ombre et permettent aux ouvrages de trouver le chemin de leur lectorat, les détails d’une affiche ou la présence d’un petit oiseau bleu renvoient sans cesse à notre réalité de lecteurs…

PictoOKLa sortie du tome de lancement de cette série était annoncée depuis quelques mois et il me tardait de le tenir en mains. Il s’agit là d’un album qui s’adresse à des lecteurs qui ont grandi avec Les Editions de La Gouttière et qui ont maintenant une petite dizaine d’années. Un ouvrage ludique et tendre qui interpelle son jeune lecteur.

L’avis de Louka (9 ans) : « C’était pas mal, drôle. Ça m’a plus, le grand frère essaye toujours de protéger son petit frère et sa petite sœur, ça m’a impressionné. C’est une belle histoire ».

La chronique de Moka.

la-bd-de-la-semaine-150x150Une lecture que je partage avec Noukette dans le cadre de « La BD de la semaine ».

Supers

Tome 1 : Une petite étoile juste en dessous de Tsih

Série en cours

Editeur : La Gouttière

Dessinateur : DAWID

Scénariste : Frédéric MAUPOME

Dépôt légal : août 2015

ISBN : 979-10-92111-25-5

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Supers, tome 1 – Maupomé – Dawid © Editions de La Gouttière – 2015

Dessus Dessous (Cuveele & Dawid)

Cuveele – Dawid © Editions de La Gouttière – 2015
Cuveele – Dawid © Editions de La Gouttière – 2015

Il fait beau dehors. Et tandis que les enfants regardent les émissions jeunesse à la télévision, le papa se lève pour prendre son petit-déjeuner. Mais en jetant un coup d’œil au jardin, il s’aperçoit que la pelouse est jonchée de moult monticules de terre significatifs de la présence d’une taupe. Sans attendre, le papa se rue sur internet afin de trouver un moyen de l’éradiquer.

Inquiets pour l’avenir de cette petite taupe, les enfants décident de venir en aide au petit mammifère en déjouant les pièges tendus par leur papa.

Les couleurs chaudes de Dawid nous accueillent dans cet univers réconfortant. On y retrouve la petite fille que l’on avait rencontrée dans « Passe Passe » ainsi que son papillon-grand-mère.

Le rythme de l’album est plein d’entrain et de tendresse. On y profite d’une belle complicité entre frère et sœur et la présence de ce papa pas très perspicace sert le comique de situation. Quoiqu’il en soit, malgré l’obstination mise au service de cet élan mortifère du papa à l’égard de la petite taupe, le lecteur est davantage pris dans le jeu entrainant des enfants. Nous nous laissons porter par chacune de leur victoire. Que ce soient les interventions du papa ou des enfants, chacune de ces actions produit un effet dans le monde sous-terrain, ce qui ne manque pas de susciter l’étonnement du mammifère quand à ces habitudes décidément bien étranges que peuvent avoir les habitants de la surface. A son tour, la taupe s’affairera à poursuivre la construction de son terrier, provoquant ainsi une nouvelle réaction. Il y a un effet boule-de-neige permanent… une sorte d’effet papillon.

Trois logiques se confrontent donc dans ce récit muet : le déterminisme du père à éradiquer l’intrus, l’amusement des enfants à venir en aide à l’animal et l’affairement naïf de la petite taupe qui agit indépendamment de ce que sa présence provoque à la surface. Ce jeu entre les différents protagonistes donne à l’univers un côté léger et entraînant. Il nous colle aux lèvres un sourire permanent.

PictoOKDe nouveau, le duo formé par Delphine Cuveele (au scénario) et Dawid (au dessin) fait mouche. Il y a ici une petite poésie qu’on ne trouve nulle part ailleurs. A lire.

La chronique de Moka.

Dessus Dessous

One shot

Editeur : La Gouttière

Dessinateur : DAWID

Scénariste : Delphine CUVEELE

Dépôt légal : juillet 2015

ISBN : 979-10-92111-24-8

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Dessus Dessous – Cuveele – Dawid © Editions de La Gouttière – 2015

Passe-Passe (Cuveele & Dawid)

Cuveele – Dawid © Editions de la Gouttière – 2014
Cuveele – Dawid © Editions de la Gouttière – 2014

Elles sont belles les couleurs diffusées par un coucher de soleil un soir d’été. Un peu d’ocre qui vient faire briller les plantations des champs qui n’ont pas encore été moissonnés. Un peu de carmin qui vient soufrer la terre fraichement labourée. Un peu de jaune qui vient éclaircir la poussière des sentiers. C’est l’heure où les ombres commencent à s’étirer, où le petit vent vient caresser les feuillages.

C’est dans ce décor champêtre qu’une petite fille vient passer ses vacances d’été chez sa grand-mère. Entre elles, c’est la complicité parfaite et tandis qu’en cette fin d’après-midi, elles sont toutes deux assises sur le banc du jardin, un papillon vient voleter nonchalamment au-dessus de la tête de la vieille dame… comme s’il était parvenu à destination… à cet endroit précis où se trouve son âme sœur.

Quelques instants plus tard, la métamorphose commence.

Delphine Cuveele s’attaque à un sujet qu’il est toujours délicat d’aborder avec les enfants. Dans « Passe-passe », il s’agit du décès de la grand-mère. La disparition se matérialise progressivement jusqu’à ce qu’on en ait pleine conscience. L’atout majeur du scénario est que cette perte n’est pas montrée sous son côté le plus triste. Elle nous apparaît ici comme un jeu, comme quelque chose de naturel. La scénariste montre que si les prémices de la disparition nous surprennent toujours, on finit par s’y habituer, que c’est dans l’ordre des choses et que la vie finit par reprendre le dessus. Elle montre aussi que si la mort est douloureuse pour celui qui reste, ce dernier continue malgré tout à posséder les souvenirs d’instants passés avec l’être disparu. Delphine Cuveele est parvenue à rendre compte de cette transition avec une justesse incroyable.

Passe-Passe – Cuveele – Dawid © Editions de la Gouttière – 2014
Passe-Passe – Cuveele – Dawid © Editions de la Gouttière – 2014

C’est à Dawid qu’est revenue la tâche d’illustrer ce récit et son trait rond, doux, aérien se prête parfaitement à cet univers. A son tour, il écarte délicatement tout le pathos qui pourrait venir alourdir ces derniers instants passés entre une petite fille et sa grand-mère adorée. Le dessinateur intègre la métaphore à son jeu de couleurs et retranscrit en douceur cette passation progressive de couleurs qui s’opère entre la vieille dame et le papillon. De fait, le souvenir de l’aïeule se matérialise à l’aide de ce magnifique petit insecte.

Quant à l’ambiance graphique de l’album, les ocres chaleureux dont je parlais en début d’article viennent renforcer la poésie présente à chaque page et prive ainsi l’enfant d’avoir à se heurter à une lecture qui lui serait trop douloureuse. Bien au contraire, le petit lecteur sort satisfait de ce voyage onirique et n’hésitera pas à piocher quelques jours plus tard dans la bibliothèque afin de revivre ce moment. Dans « Passe-Passe », on suit presque joyeusement un instant qui habituellement nous empoigne.

PictoOKUn album à mettre entre toutes les petites mains !

Un récit à la portée de tous les jeunes lecteurs qui pourront l’investir à leur guise, à leur rythme, à leur convenance puisque l’ouvrage s’affranchit de mots… car finalement, ce qui compte, c’est bien que l’enfant qui découvre cet album puisse y poser ses propres mots, réflexions, émotions…

Et le clin d’œil à La Revue dessinée (page 15), vous l’aviez remarqué ?

Les chroniques de Moka, Noukette, Jérôme, Lunch et David.

Passe-Passe

One shot

Editeur : La Gouttière

Dessinateur : DAWID

Scénariste : Delphine CUVEELE

Dépôt légal : avril 2014

ISBN : 979-10-92111-06-4

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Passe-Passe – Cuveele – Dawid © Editions de la Gouttière – 2014